‹ Le Livre, illustration - la reliureChapitre 40 sur 140 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Thielman Kerver, dans ses œuvres à lui, s'était montré

Fig. 32. — Planche d'un Vivre d'Heures de Simon Vostre, reprcsentant le Massacre Jes Innocents.

le rival de Simon Vostre; les Hardouin, qui suivirent la

même fortune, ne paraissent pas y avoir trouvé les succès de leurs devanciers, et si Ton en excepte les Heures à l'usage de Rome, publiées en i5o3 par Gilles Hardouin sur le Pont-au-Change, à renseigne de la Rose^ ils imitèrent assez servilement leurs prédécesseurs. Il y eut aussi, parmi les disciples de Vostre, Guillaume Eustache, libraire du roi, « tenant la boutique dedans la grant salle du palais du costé de messeigneurs les présidens, ou sur les grans degrés du costé de la conciergerie à Tymage Saint-Jean levangelistc ». Eustache se servit de Pigouchet, de Kerver, pour ne parler que des imprimeurs de la fin du xv^ siècle.

Nous avons nommé les principaux, les heureux; mais qui saura jamais la foule des autres éditeurs dont les ambitions s'éveillèrent au bruit des succès de Vostre et de Vérard? Il y eut Denis Meslier avec les Heures de Bourges, in-4°; Vincent Commin, libraire de la rue Neuve-Notre-Dame, lequel appelait en vers les acheteurs :

Qui veult en avoir i On en treuve A très grand marché et bon pris A la Rose, dans la rue Neuve De Nostre-Dame de Paris.

Il y eut, en outre, Robin Chaillot, Laurent Philippe, et cent autres dont les noms sont morts avec eux, ou se sont effeuillés sur les pages déchirées de leurs œiivres.

Mais si les livres de ce genre trouvèrent à cette époque précise la vogue et le débit extraordinaires dont nous venons de parler, les marchands ne s'en tenaient point à ces publications pieuses. Par un sin-

Page 1