CHA PITRE III
Fig. 45. — Heures de Simon de Colines, avec la marque de la croix de Lorraine.
« Albert Durer, noble painctre allemand, est grandement
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à louer, qui a si bien mis en lumière son art de paincture en désignant les corps de géométrie, les rampards de guerre et les proportions du corps humain. » Il veut alors indiquer à ses contemporains la mesure vraie des lettres, « le nombre de points et de tours de compas à chascune d'elles requis ».
La partie la plus amusante de ce curieux traité est sûrement la petite préface académique, ou, sous une forme enjouée, le grand libraire étudie Torthographe de son temps et s'élève contre les forgéurs de mots nouveaux, contre les latiniseurs de notre langue, « les escumeurs de latin, plaisanteurs et jargonneurs... lesquels ne se mocquent seulement de leurs semblables, mais de leur propre personne ». Le passage tout entier fut copié par Rabelais, à peu près littéralement, et il indique chez son auteur un bon sens que, malheureusement, tous ses contemporains n'ont pas eu.
Il avait joint à ses théories une foule de dessins de lettres au compas, pour la partie technique. Puis il s'était, à la mode du temps, laissé entraîner à la suite des Grecs et des Romains, peut-être un peu plus loin qu'il ne convenait, perdant pied au milieu de dissertations oiseuses. A ces gravures de métier il avait joint de petites et charmantes figures qu'il disait être de Jean Perréal, puis des lettres emblématiques dans le genre de l'Y que nous donnons ici avec un texte explicatif et des commentaires. Pour lui, cet Y a deux branches, celle de vertu et celle de vice. Celle de la vertu porte des palmes, des couronnes, un sceptre et un livre ; celle du vice, des verges, une potence et le feu.
Avec l'importance que ne manquèrent point de lui