‹ Le Livre, illustration - la reliureChapitre 6 sur 140 · I. Adrian Junius, Batavia, i · texte numérisé non relu

I. Adrian Junius, Batavia, i

même, pour varier les textes, trouva-t-on moyen de remplacer des phrases entières par d'autres phrases, tout en conservant les figures primitives, et la lumière se fit ainsi chez ces praticiens occupés de la fabrication et de la vente de leurs livres.

D'après Adrian Junius, Laurent Jansson de Coster, c'est-à-dire le Trouveiir, aurait publié un de ces célèbres spéculum fort à la mode alors, et dont le côté mystique exerçait une si grande séduction sur les gens du xv^ siècle, le Spéculum hiimanœ salvationis. Écrit avant le milieu du xiv siècle, répandu par les manuscrits, en dépit de sa latinité fantaisiste et de sa prosodie, ce poème ascétique et indigeste avait tenté dès Tabord les xylographistes. Junius, on le voit, attribue à Laurent de Coster la première impression du spéculum, non plus l'impression purement xylographique des donats à composition fixe, mais celle déjà plus avancée en caractères'mobiles. Pour dire vrai, ce livre eut au moins quatre éditions semblables par les gravures et le corps de lettres, mais différant par le texte. Il faut donc admettre \di fonte déjà répandue, et Timprimerie découverte, car la même police ' ne pouvait convenir à plusieurs langues. D'un autre côté, les vignettes ne changeant pas indiquent assez la mobilité des caractères. Au rebours de ce qu'on peut constater dans des travaux postérieurs, les illustrations du spéculum ne sont pas des plus méchantes ; elles ont le côté à la fois naïf

I. Oa appelle police des lettres les rapports de ces lettres entre elles dans une langue. Le français emploie plus i^a, dV, de /, de m, que de x, de f , par exemple. Il faut donc, en français, plus de fonte d'un même caractère, qu'il ne faudrait en russe ou en- polonais de la lettre correspondante.

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