‹ Le Livre, illustration - la reliureChapitre 67 sur 140 · CHAPITRE I r î · texte numérisé non relu

CHAPITRE I r î

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d'abord celle d'Anvers, qui faisait rouler 17 presses, même à Tépoque où il périclitait; c'étaient ensuite les succursales de Paris et de Leyde, de moindre conséquence. Ce fut la seconde fille mariée à ^ ''\-^^^^^^^Ji'^ "'^^ " ^ Jean Moret, dit More- lii' wWy:^^^^^^-'"'^^ ^^ tus, à qui échut Ta- Df-"^ telier d'Anvers; Mo- éis^ retus et ses descendants continuèrent les impressions Jusqu'à nous. Aujourd'hui la maison du grand éditeur est un musée typographique.

L'officine de Plantin , officina Plantîniana , s'entend tout aussi bien de ses descendants que de luimême. La mode de la ^. ,, , „, .

Fig. 59. — Marque de Plaiitiii.

gravure en creux s'était répandue avant la mort du chef de la maison; ses successeurs continuèrent. On vit alors passer chez eux la plupart des graveurs au burin des Pays-Bas, les Wierix, les Galle, les de Passe, les Mallery, les van Sichem. Ce fut une véritable école d'illustration, qui créa peu à peu un genre précieux et ténu , non sans influence sur les artistes de l'époque. C'est de cette manière bien particulière que procédaient Thomas de Leu et Léonard Gaultier en France; et c'est

d^Anvers que sortirent ces petites images religieuses en taille-douce venues jusqu'à nous dans leur mysticisme incompréhensible.

Les frontispices de Tofficine plantinienne inaugurèrent les passe-partout taillés au burin, chargés et compliqués, dont le xyii* siècle devait faire son profit. Pour dire le vrai, ces échafaudages noircis d'encre s'arrangeaient assez mal avec les titres, et il y a loin de cette décadence aux livres ornés de bois des Italiens ou des Français du commencement du siècle. Il faut toutefois faire une exception en faveur de Rubens, qui donna les dessins de plusieurs de ces travaux. Seulement l'architecture lourde et écrasée d'alors était moins que tout autre propre à ces décorations; elle demeurait sans grâce.

Elle passa des Plantin en France par les graveurs; elle alla jusqu'à Rome avec Martin de Vos et Jean Sadeler; elle s'imposa partout et, de ce jour jusqu'à présent, elle n'a pour ainsi dire jamais cessé un instant. Au temps qui nous occupe, elle allait prendre son essor chez nous, et de là se répandre en Europe avec un succès extraordinaire.

La gravure en relief, maintenue jusque-là, céda petit à petit devant cet envahissement. Quand Henri IV monta sur le trône, le bois avait, à bien peu de chose près, fini son mouvement ascensionnel. Il demeurait encore dans les Canards ou pièces populaires vendues à vil prix, mais on devine sans peine quel pouvait être le mérite de ces vignettes hâtives.

Voilà donc, suivant ses grandes lignes, l'histoire du Livre et de sa décoration à travers le xvr siècle. Au début.

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