CHAPITRE VII
beau-père de deux imprimeurs célèbres, Vascosan et Robert Estienne. La presse roule , c’est-à-dire que les
Fig. 90. — Marque de Josse Bade d’Asch, représentant un intérieur d’imprimerie, en 1535 environ» Gravure à la croix de Lorraine.
formes ont été mises dans le train ou châssis mobile oui vient en glissant recevoir la feuille de papier et l’encre, et retourne sous la presse pour recevoir le coup
de barreau. Dans la pièce éclairée par deux fenêtres, les compositeurs travaillent. Sur le devant, un compagnon tient la barre, tandis que son camarade distribue l’encre sur les balles. Ces balles sont des tampons de cuir où l’on étend l’encre grasse, faite de noir de fumée et d’huile, pour en frotter plus facilement la forme après chaque coup. D’ordinaire, l’encreur a deux fonctions ; il prépare l’encre, la distribue et jette un coup d’œil sur les feuilles imprimées pour y relever les fautes, les taches ou les différences de teintes. Ici, cet ouvrier est simplement occupé des balles. Les feuilles tirées et les papiers préparés sont sur une table à côté du train. Ce train est composé du châssis roulant, du tympan et de la frisquette , autre tympan plus petit, qui se rabattent les uns sur les autres. C’est le tympan, comme nous l’avons dit, qui reçoit directement la frappe. Et il en fut ainsi pendant près de quatre siècles ; les moyens mécaniques de nos jours ont un peu changé ce travail, mais le principe est le même toujours.
Vers la fin du xvie siècle, une presse coûtait environ cent vingt-sept écus avec ses ustensiles divers, comme on le voit dans la pièce inédite analysée par M. le Dr Giraudet, de Tours, dans une très intéressante brochure, Une association d’imprimeurs et de libraires de Paris réfugiés à Tours au xvie siècle (Tours, Rouillé-Ladevèze, 1877, in-8°). L’atelier de Jamet Métayer, à Tours, valait quatre-vingt-trois écus de location, soit environ cinq cents francs de notre monnaie.
Les ouvriers se payaient alors à la journée , et ce devait être une de ces expressions alors si usi-