CHAPITRE PREMIER
terrible encore; un rival, Pierre Schoiffher, lui survécut, qui ne dut point ménager sa mémoire au profit de sa propre réputation ; et si, comme on le croit savoir, Gutenberg laissa des élèves et des héritiers, Henri Bechtermuncze, Ulrich Zell et Weigand Spyes,illui est arrivé ce surcroît de misères que Bechtermuncze est réputé aujourd’hui l’imprimeur du Catholicon dont nous disions l’histoire tout à l’heure. Il n’est pas jusqu’à Albert Pfister, un de ses ouvriers, congédié à la fin de ses travaux, qui, ayant obtenu de son maître quelques caractères de rebut, ne fût présumé plus tard avoir inventé l’imprimerie. On trouve ce praticien tout à coup installé à Bamberg vers 1460, où il compose des Bibles des Pauvres en caractères mobiles , les premières connues, entre autres, celle qui fut publiée vers 1461, et dont la Bibliothèque nationale conserve un spécimen dans sa salle d’exposition. Mais Albert Pfister prouve qu’il n’était point un inventeur par la médiocrité même de sa besogne, et surtout par les caractères usés qu’il emploie. S’il eût connu le secret de graver les poinçons, il eût refondu de nouvelles lettres et eûv produit des œuvres d’un aspect meilleur.
Tout se discute et se dément dans ces constatations. Ce qui reste certain, et les dates sont là pour le prouver, ce sont les progrès énormes et la production de Pierre Schoiffher. En 1459, il publie son troisième livre, le Rationale divinorum officiorum, de Durand, in-rolio. Comme pour le Psautier , Schoiffher emploie les lettres initiales tirées en rouge, ce qu’on n’avait pu taire dans l’atelier rival à propos du Catholicon , dont les rubriques devaient se peindre à la main, ainsi que dans les manu-
scrits. Entre temps, il avait lancé une seconde édition de son Psautier, toujours avec le nom de Fust accole au sien. Il s’est défait des caractères énormes du début, mais il rêve de faire mieux encore. En 1460, il donne les Constitutions Clémentines, du pape Clément V, avec une glose et des commentaires de Jean André.
£nsboc Ojpulcultij htiîtü ac côp!etü*ct ad eufcbiaj ta mduftric m muta te QJagunt tj perjobanné fiift auéct fSetrü fcboifflxr te gerafbepm dcricû tnoteF cmfdcj dV confus matü.Âtinomcàniacôiè PnicC'AVcccc*b:ij 'Invîgilia afîûmpcôis gfo f<? vi r g-nne tn ant*<
Fig. 7. — Signature de la Bible, imprimée en 14.62 par Fust et Schoiffher, qui est le premier exemple de date. 11 y a deux éditions différentes de cette signature. Celle-ci est de la seconde édition.
C’était la première manifestation d’un procédé fort en usage dans les manuscrits, mais dont la composition typographique était très difficile. Puis, en 1462, une nouvelle Bible en latin sort de leurs ateliers, en deux volumes in-folio, qui est la première édition datée. Elle porte 242 folios à deux colonnes pour le premier volume et 239 pour le second; elle commence par une Épître de saint Jérôme. Sur le dernier feuillet du second volume on voit la signature ci-dessus (fig. 7).