‹ Le livre--l'illustration--la reliureChapitre 24 sur 145 · CO · texte numérisé non relu

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par Nicolas Jenson fut entrepris, tant ledit voyage que semblablement de parvenir à l’intelligence dudit art et exécution d’iceluy audit royaume dont premier a fait

devoir dudit art d’impression audit royaume de France. » (Bibliothèque de l’Arsenal, Hf. 467, p. 410-11.)

Nicolas Jenson, à son retour, aurait trouvé tiède mine chez Louis XI, qui n’était pas absolument le continuateur des œuvres de son père. Il faut bien croire que cette froideur alla même assez loin, car Jenson prit le sage parti de se retirer à l’étranger, où son industrie trouverait mieux à s’exercer. Dix ans après la mission dont nous venons de parler, nous le voyons établi à Venise; son art de graveur de lettres, uni à celui d’imprimeur, enfante des chefs-d’œuvre. Sa Préparation évangélique d’Eusèbe, traduite par G. Trapezuntius et le Trogue Pompée de Justin, furent composés en 1470 avec des caractères si merveilleux et si clairs, que depuis ce temps les meilleurs typographes ont imité sa fonte. Malgré la réussite, il ne s’en tint point à ces lettres; il en fit aussi de gothiques, dont il imprima de préférence les ouvrages de piété.

En dépit des tentatives de Jenson au nom du roi de France — si tant est que ces tentatives aient eu lieu dans le sens que nous indiquions plus haut — l’invention n’avait point su s’imposer à la toute-puissante Université parisienne. En général et pour toutes les innovations à introduire dans le docte corps, il fallait batailler, lutter sans grandes chances de succès, sauf dans le cas où l’on avait une intelligence dans la place. Nous avons vu Jean Fust obligé de reprendre prestement la route d’Allemagne, fort envoie de se faire taxer de sorcellerie, ce qui n’était point une mince histoire. Pour d’autres, le cas de vente de livres non autorisés avait eu les plus tristes conséquences, sans que le Parlement

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