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CHAPITRE II

Belfort; à Foligno, avec Jean Numeister; Henri Alding entreprend la Sicile; André Vyel de Worms imprime à Palerme; Lambert Palmartest à Valence, en Espagne, en 1477; Nicolas Spindeler à Barcelone, Pierre Hagenbach à Tolède.

Plus près de Mayence, c’est, à Cologne, Ulrich Zell, un élève de Gutenberg, qui date son premier ouvrage de 1466; c’est Arnold TherHoernen, qui numérote un livre avec des chiffres arabes; c’est Koelhof qui, avant tous autres, emploie les signatures destinées à indiquer au relieur l’ordre des feuilles; c’est, à Eltvil, Henri Bechtermuncze, qui imprime son Vocabularium en allemand avec les caractères du Catholicon , suivant ce que nous avons dit déjà ; à Bâle, Berthold Rüppel de Hanau, le premier établi dans la ville qui, après Mayence, devait faire le plus pour la typographie ; à Nuremberg, Koburger, qui tiendra bientôt le meilleur rang parmi ses confrères, faisant rouler jusqu’à vingtquatre presses, et nommé par Bade le prince des imprimeurs. Et combien les choses ont marché ! L’année meme qui suivit la mort de Gutenberg, des moines — les Frères de la Vie commune de Marienthal en Rhingau — publient chez eux une copie des Indulgences accordées par Adolphe de Nassau, l’archevêque de Mayence. Avant 1480, l’Allemagne a partout des presses : à Prague, à Augsbourg, à Ulm, à Lubeck, à Essling, etc.

Une chose à remarquer, c’est que les Mayençais n’ont point ramifié en Hollande. Avaient-ils trouvé là les descendants de Laurent de Coster établis solidement dans leurs ateliers? Faut-il admettre la coexis-

tence, la marche simultanée de l'invention en Allemagne et dans les Pays-Bas? C'est un secret pour nous et pour bien d’autres; constatons cependant que ce sont des Flamands qui sont établis à Utrecht en 1473, à Delft, à Bruges, à Gouda, à Zwoll, à Anvers, à Bruxelles. A Louvain, il y a bien un Jean de Westphalie qui publie en 1474 un ouvrage de Pierre de Crescens sur les champs; mais il paraît être un isolé, et peut-être même plus simplement un libraire.

En Angleterre, c’est un ouvrier anglais venu de Cologne qui imprime à Londres en 1481. William Caxton avait donné, à Cologne, les Histoires de Troyes , traduites en anglais par lui, en 1471, in-folio; son premier livre dans son pays fut un Cicéron in-folio portant la date de 1481 .

L’envahissement, on le voit, avait été des plus rapides. En moins de quinze années, chaque ville importante avait suivi le mouvement et s’était prêtée à l’établissement d’ateliers de typographie. Si l’on en croit certaine pièce douteuse, Charles VII aurait, dès le 3 octobre 1458, envoyé à Mayence un de ses meilleurs graveurs en médailles de la Monnaie de Tours, pour étudier le procédé dont on disait merveilles :

« Le 3 octobre 1458, le roy, ayant sçeu que messire Guthenberg demourant à Mayense, au pays d’Allemaigne, homme adextre en tailles et de caractères de poinçons, avoit mis en lumière l’invention d’imprimer par poinçons et caractères, curieux de tel trésor, le roy avoit mandé aux generaux de ses monnoyes luy nommer personnes bien entendues à ladicte taille, et pour

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