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CHAPITRE II

ment imprimé à Ferrare, où il répandra les illustrations sur bois, d’un dessin excellent, mais d’une gravure pénible et relativement maladroite. Toutefois l’art du Livre ne pouvait rester médiocre dans cette ville où

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Fig. 14. — Frontispice du Calendario, premier titre orné

connu,

imprimé en 1476 à Venise.

les artistes entassaient les merveilles. Nicolas Jenson, le Français émigré dont nous avons parlé déjà, y avait créé, d’après les manuscrits italiens, cette romaine dont le type primitif devait venir jusqu’à nous, à peu près sans retouches. En 1481, à sa mort, son matériel avait passé aux mains d’André d’Asola dit André Torresani, qui ne laissa point tomber les bonnes traditions du

maître, et qui donna avant tous autres un livre portant signatures, réclames et chiffres de folios (Lettres de saint Jérôme, en 1488). Torresani était le beau-père d’Alde Manuce, qui allait illustrer à jamais la profession d’imprimeur à Venise et conduire son art au plus haut.

Mais si la décoration par des planches en relief trouvait en Italie un accueil favorable, et surtout une réunion d’artistes capables de la mener à bien, il y avait, au même temps, d’autres tentatives dans un ordre de conceptions différent. La découverte de Maso Finiguerra avait donné à l’art un nouveau procédé de reproduction, et les presses d’imprimerie devaient contribuer à rendre possible et pratique le tirage des planches en creux. Notre but n’est point de traiter à nouveau cette question, depuis les ouvrages si lumineux et si complets de MM. H. Delaborde et Georges Duplessis sur la gravure; toutefois, il est bon d’entrer ici dans quelques détails techniques pour faire bien comprendre ce qui va suivre.

Dans la figure en relief, comme dans le caractère d’imprimerie, c’est une saillie du bois ou du métal qui, encrée et passée sous une presse, laisse sur le papier son trait en noir. Il arrive donc tout naturellement que Tintercalation d’une gravure de ce genre dans la composition typographique se fait sans peine et se tire avec le corps même de l’impression. Au contraire, la gravure entaille-douce est obtenue en creux dans une planche de cuivre, c’est-à-dire qu’un instrument appelé burin y trace des sillons, dans lesquels on introduit de l’encre grasse. Ces tailles seules sont noircies et le plat de la planche est nettoyé pour éviter les bavures. 11 faut donc

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