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CHAPITRE IV

Tendances de la régence de Marie de Médicis. — * Thomas de Leu et Léonard Gaultier dans le Livre. — J. Picart, G. Mellan. — Lyon et J. de Fornazeris. — Le Livre à l’étranger au commencement du xvne siècle : Allemagne, Italie, Pays-Bas. — Grispin de Passe en France. — Les Elzevier dans les Pays-Bas; leurs travaux. — Sébastien Gramoisy en France; l’imprimerie royale. — L’illustration avec Callot, Délia Bella et Abraham Bosse. — Les libraires et l’hôtel de Rambouillet. — Le règne de Louis XIV. Antoine Vitré, syndic à l’avènement du roi. — Ses déboires et ses travaux; la Bible polyglotte de Le Jay. ■ — L’art au grand siècle; les illustrateurs. — Sébastien Leclerc, Lepautre et Chauveau. — Leclerc prépare l’illustration et la décoration du Livre au xvme siècle.

ou s voici arrives à une époque critique où la science des vieux imprimeurs se transforme peu à peu en commerce, où le goût se perd sous l’influence des architectes religieux; changé en portique de cathédrale, le titre du livre se charge de co-

Fig. 61. — Lettre gravée par A. Bosse. , , .

lonnes, de saints mitres

et crossés de l’aspect le moins décoratif. L’imagerie sur

cuivre a remplacé les rinceaux et les arabesques des libraires de l’ancien temps. Grâce aux Plantin et à leurs imitateurs, la passion architecturale se répand au loin; elle inonde la France, elle court en Allemagne, en Italie, et règne souverainement en Hollande. Et puis, le goût littéraire aussi se tient pour changé, les mœurs ne sont plus celles du xvie siècle, effrontées, franches et gaies ; à la faveur des guerres de religion, une certaine hypocrisie est venue, l’emphase a remplacé le naturel, les Dieux s’apprêtent, suivant le mot d’un contemporain, à recevoir Louis et son génie.

Ce n’est pas que des artistes aient manqué au début du xviic siècle, qui eussent pu, en donnant liberté à leur talent, se montrer les dignes successeurs des autres. Malheureusement les libraires n’avaient plus la bride sur le cou, ils y avaient la corde, car on les pendait ou on les brûlait, à la moindre infraction aux bienséances politiques et religieuses. Encore le règne de Henri IV fut-il relativement, pour les artisans du livre, une période possible, oü l’on se cantonna moins dans les termes étroits de règlements excessifs. Mais, à partir de ce prince, la sévérité alla grandissant, et, durant l’année 1626, on promulgua une nouvelle loi portant la peine de mort contre les distributeurs ou imprimeurs d’ouvrages interdits.

Sans doute, les livres qui se débitent ainsi sous le couvert, et se prohibent pour raison de bonnes mœurs, ne sont point les chefs-d’œuvre de la typographie ni de l’art. L’auteur y jette ordinairement, au hasard des caractères ou des illustrations, les sottises dont il espère tirerprofit et réclame. Mais, pendant la régence de Marie

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