‹ Le livre noir, drame en cinq actes et six tableauxChapitre 19 sur 80 · M«« DE VALPIN, LE MAJOR · texte numérisé non relu

M«« DE VALPIN, LE MAJOR

LE MAJOR, en costume militaire de la plus haute fantaisie, M™« la comtesse dai^acra-t-elle m'exqnser, si, s.ins autre recommandation que des titres fort incertain.^, je prends la liberté de me présenter devant elle?

MAD. DE VALPIN.

Je pense, monsieur, que le motif de votre visite vous absoudra pleinement de celte liberté, à défaut d'autres titres que je suis d'ailleurs toute portée à reconnaître.

LB MAJOB.

Je TOUS dois cependant, madame, quelques renseignemens sommaires sur ma personne. Je suis le major d'Anglemire. Bien jeune encore, j*ai servi comme lieutenant dans la légion étrangère, en Grèce, sous les ordres du fameux lord Byron, mon ami, mon compagnon d'armes. Je pris ensuite du service dans la légion clrangère, en Portugal, en qualité de capitaine; de là, je passai au Brésil; puis, successivement, dans TOrécon ou Colombia, la République argentine et la République de réquateur; j'ai termine cette première série de mes travaux militaires par la campagne du Caucase, toujours à la tête des légions étrangères. Mais, enfin, pour ne pas faire dire en France, où lesprit règne avec tant de despotisme, qu'à force de servir dans les légions étrangères, je suis resté étranger à toutes les légions, j'ai résolu de ne plus servir que ma patrie en qualité de simple général.

MAD. DE VALPm.

Vos services, monsieur, je le vois, sont très-glorieux; il ne me reste plus qu'à connaître le motif pour lequel vous m'honorez de votre présence.

LE MAJOR

Voici, madame; j'ai l'honneur d'être l'ami intime de M. le comte de Landreuil... Votre fils, madame, doit, en ce moment, dix mille francs.

MAD. DE VALPIN.

Je puis vous assurer, monsieur, qu'il doit bien davantage.

LE MAJOR

Mais ces dix mille fraucs veulent être payés les premiers.

MAD. DE VALPIN.

Et vous venez chez moi pour les toucher, sans doute?

LE MAJOR

Oui, madame!

MAD. DE VALPIN.

Je regrette, monsieur, que votre visite soit sitôt terminée.

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