ACTE n, sckNS VIII
c'est le petit nombre ; les autres filentets'évanouissent dans Tespace, c'est le très-grand nombre; quant aux nébuleuses, elles ont des fortunes diverses, elles vont en Russie, en Angleterre, à Frascati.
HENRIETTE, boS.
Mon Dieu! mon Dieu!
MAD. DE VALPm.
Vous m*avez complètement rassurée... Eh bien î nous penserons à voire mariage; j'ai plusieurs projets... vous verrez... Quel beau jour pour moi que celui où je pourrai placer sur le front de ma bru ce diadème de rubis qui figure avec tant d'éclat parmi les diamans que je vous remettrai ce jour-là irrévocablement. Jusqu'à ce moment, ils resteront chez mon notaire, à qui mademoiselle achève d'écrire pour le prier de venir les chercher. (Elle se lève, ainsi que son ftls^ et passe près d'Henriette,) Mademoiselle, cette lettre...
LANDREUIL, à pai't.
Il n'y a pas de temps à perdre. {Haut,) M'avez-rous pardonné?...
MAD. DE VALPIN.
Rien qu'à moitié encore.
LA.INDREUIL, lui baisant la main.
Je réponds de l'autre moitié...
MAD. DE VALPIN.
Eh bien! Henriette, cotte lettre?...
Henriette, qui a terminé et plié cette lettre, la remet à Mme de Valpin.
LANDREUIL, reconnaissant Henriette ait moment où elle se détourne. Avec surprise, à part.
MAD. DE VALPlN.
Ah! Henriette! si en mon absence mon notaire envoyait prendre ces diamans, vous les lui remettriez... Elle lui remet une petite clef qu'Henriette metdanssa poche, LANDREUIL, qui a tout vu.
Adieu, ma mère...
Il reconduit sa mère et sort un instant. La nuit vient peu à peu.
U LE LITRE KOm.
SCBMX: XX.
HENRIETTE, seule, avnc explosion.
Oh! comme il m'a traitée! J'ni étéune fantaisie dans sa vie de caprice. S'il me rencontrait, il me reconnaîtrait à peine, il ne me saluerait pas; je suis, a-l-il dit, une étoile tombée, évanouie, éteint»? ; on me retrouverait peut-être en Russie, auxgagos de quoique seigneur, ou h Frascati! oh!
SCENZ: X.
HENRIETTE, LANDREUÏL.
iiNDREUiL, revenant et regardant au fond, à demi-voix. Henriette! Henriette !
HENRIETTE, effrayée.
Ah ! c'est vous... Que voulez-vous de moi?
LÀNDREUIL.
Je veux vous voir, vous parler... Je savais que vous étiez placée ici, chez ma mère.
HENRIETTE
Vous le saviez?
Oui, et voilà pourquoi je suis venu; je vous ai reconnue en entrant... Ce que j'ai dit a dû bien vous blesser.
HENRIETTE
Non!
LANDREUIL.
J'ai joué cette pénible comédie pour flatter les préjugés de ma mère, qui. à cause de vous, voulait raedéshéritcr, je le sais.
HBNRIETTt.
A cause de moi ?
LANDREUÏL.
N'avez-vous pas entendu ses craintes, ses terreurs? Elle a cru jusqu'à ce moment qu'il était dans ma pensée de vous épouser ; il fallailladissuader,eleamment? Une simple dénégation n'eût pas suflî ; il fallait, dure nécessité pour moi, vous sacrifier, vous accabler pour la ramener à d'autres senlimens, pour eauver mes intérêts si gravement compromis.
HE3iHl£TT«.
Vous avez bien fait, alors. Coiioiinent tiuiic,vous arcï hiQn fail.
LANDREUIL.
Mes intérêts ne so.nt-i!s pas les voiras?
HENKIETTB.
Comme vous me trompez!
LÂNDREUIL.
Ce sont ceux de votre enfant.
Oh! ne me trompez pas; afors î
LÂNDREUJL;
J*ai besoin d'êire riche pour elle ; et je ne puis k redevenir que par ma mère. Ma mère, je vous le redis, et vous avez dû Tappreiidre en vivant avec elle, a des opinions Irès-arislocraliques. Je la ménage... j'évite d'affronter ses préjugés ; seulement, ce que je lui ai dit sur ma transformai ion, sur mon changement de conduite, de caractère, est vrai... Eh! mon Dieu, on se lasse même du vice ! Je ne jouerai plus... cette dernière leçon que je viens de recevoir... Je veux du repos, de la xégiilarité autour de moi... J'ai des projets qui vous surprendront... des projets sur vous!
HENRIETTE. Sur moi ?
LÂNDREUIL.
Est-ce que vou5 n'êlcs pas liée à ma destinée?
HENRIETTE
Par le malheur et par la honte!
LANDUEOIL.
Ce sera désormais par la joie et par la dignité.
HENRIETTE
Comment vous croire?
LANDREUIL.
Dites-moi, Henriette... Emma est-elle toujours jolie?
HENRIETTE
Oh ! elle est belle maintenant... (i part.) Il me parle encore d*Emma.
LA.\DREU1L.
E?l-cc qun vous ne Pavez pas près de vous?
HENRIETTE
Elle est à sa pension.
làndredil.
Vous avez bien fait de penser à son éducation; un jour elle aura un rang dans le monde : il faut qu'elle y paraisse avec distinction... elle est ma fille.
HENRIETTE
Est-ce bien vous qui parlez?
LANDREUIL.
Vous avez sans doute le droit de vous étonner, mais aurez-vous toujours celui de ne pas me croire?
HENRIETTE
Quand on a tant souffert, lorsqu'on a été traitée comme je l'ai été par vous devant votre mère... LANDREUiL, luî prenant la main. Henriette !...
HENRIETTE
Ah ! ne me demandez pas votre pardon, car je vous l'accorderais... Vous m'avez parlé de ma fille.
LANDREUIL.
Ecoutez-moi encore, Henriette, je ne vous ai pas dit tout ce que j'ai à vous dire.
HENRIETTE. Parlez!
LANDREUIL.
Non... Ma mère pourrait revenir; quelle interprétalion donnera mon retour si prompt, à ma présence auprès de vous? Ma mère reçoit ce soir.
HENRIETTE
Oui!
LANDREUIL.
Il va faire nuit; quand sa soirée sera commencée je reviendrai... Nous nous reverrons ici, dans ce salon, où personne n'entre les jours de réception... Songez-y.
HENRIETTE
Mais les gens de riiôtcl qui vous verront passer?
LANDREUIL.
J'entrerai par la petite porte du jardin.
HENRIETTE
Mais, dites-moi pourquoi vous me demandez si mystérieusement cette entrevue ?