SCENE II
CHAMPVILLIERS, POINCELET.
pomcELET, du dehors.
C'est très-bien, je sais le chemin, je vous remercie, ne vous dérangez pas davantage... (// entre.) CHAMPVILLIERS, se levttnt , Je connais cette voix... Ah ! c'estvous,cherM. Paincelet?
POINCELET, au comble de la joie.
Moi-même, mon auguste députe. Âhl quel talent!
54 LE UVRB ROin.
j'en suis émerveillé... Quel feu! j*en suis ébloui... Quelle abondance! Permettez-moi de m'asseoir.
11 s'assied à droite.
CHAMPVILLIERS.
Qu'avez-vous donc ?
POINCELET.
Et quelle argumentation ! quel beau langage ! quedo force et de sensibilité! que d'éloquence, enfin!
CHAMPVILLIERS.
Mais de qui parlez-vous ?
POINCELET, se levant.
De qui je parle? Est-ce qu'il y en a deux au monde? Je parle de votre futur gendre, de M. Maurice; je viens de l'entendre plaider et il plaide encore!
CHAMPVILLIERS.
Vous venez d'entendre plaider M. Maurice ? mais dans quel endroit?
POINCELET.
Parbleu! au tribunal. Quelle plaidoirie entraînante^ animée, sublime!
CHAMPVILLIERS.
Étes-vous bien sûr d'avoir entendu plaider M. Maurice, qui n'est allé ce matin au palais que pour accompagner ma femme et ma fille, curieuses toutes deux d'assister à l'affaire d'un vol commis chez une de nos amies?
POINCELET.
C'est précisément avec votre femme et votre fille que j'ai vu M. Maurice, el. l'affaire dont vous me parlez, le vol des diamans, est bien celle qu'il a plaidée et qu'il plaide encore, je me plais à vous le répéter; si bien que j'accours vous prendre pour que vous veniez avec moi entendre la fin de cette admirable défense.
CHAMPVILLIERS.
Mais, encore une fois, c'est impossible ; M. Maurice n'était pas chargé de cette affaire.
POINCELET.
Et c'est là ce qui rehausse prodigieusement sagloire, 11 ne s'attendait pas plus que moi à plaider ; tout-à-coup