‹ Le livre noir, drame en cinq actes et six tableauxChapitre 33 sur 80 · ACTE Ifï, SCÈNE lï · texte numérisé non relu

ACTE Ifï, SCÈNE lï

le bruil circule dans Taudiloireque Taccuséen'a pas de défenseur : c'est raourir sans médecin. Une accusée, jeune, jolie, je ne vous le dirai pas, son visage était caché sous un voile noir comme toutes les accusées. Pas de défenseur! M. Maurice lui propose d*être le sien; il est accepté, et le voilà l'avocat d'office de cette malheureuse femme au voile noir.

CHAMPVILLIERS.

Ah! mongcndre futur donne dans cettegloire creuse et sans résultat, il plaide pour rien !

POINCELET.

Comment, sans résultat ? Mais moi le premier je Pai déjà choisi pour mon avocat, rien que pour l'avoir entendu plaider cette affaire.

CHAMPVILLIERS.

Vous avez donc des procès, M. Poincelet?

POINCELET.

Vous oubliez en ce moment que je suis marié et que je suis venu à Paris tout exprès pour plaider contre ma femme; je pensais vous Tavoir dit. Quel plus beau procès en adultère pourrait-on offrira M. Maurice?

Et quand Tentamerez-vous, ce procès?

POINCELET.

Ah ! cela ne tardera pas, je n'attends plus que le flagrant délit, et je l'aurai !- Mais venez, allons entendre la fin de cette admirable plaidoirie, dont à titre d'ancien avocat, d'ancien juge, de député, vous apprécierez cent fois mieux le mérite et la rare supériorité.

CHAMPVILLIERS. J'ai le regret de vous refuser.

POINCELET.

Quoi! vous ne m'accompagneriez pas? mais le tribunal est à votre porte.

CHAMPVILLIERS.

Serait-il chez moi que jen'yassisterais pas davantage.

POINCELET.

Mais la raison?

CBAMPVILLIERS.

Fût-il un Démosthène, un Cicéron, un Mirabeau, je

ne consentirais jamais à écouter un arocat qui plaida pour rien. C'est ma religion.

POINCELET.

Je les respecte toutes. Mais, moi aussi, j'ai la mienne, et je vous demanderai la permission de me rendre au tribunal.

Allez, mon ami, niiez \...{Poincelet sort.)

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