ACTE III, SCÈNE XI
îin mauvais réve; n*y croyea })as, je n'y crois pas, moi. (// lui preîid la main.) Vous avez dû bien souffrir?
HENRIETTE
Oh! oui.
MAURICE
Bien pleurer?
Surtout quand j'étais heureuse.
MAURICE
Voyez! rien qu'à vous entendre...
HENRIETTE
C'est que vous avez le cœur bon, excellent.
MAURICE
C'est que votre âme n'était pas déchue relie était encore dans les climats que vous avez quittés etdontvous m'enchantiez tout-à-l'heure. L'âme ne se vend pas,elle se donne; vous n'avez pas aimé. Si vous vous rappelez ma défense dans votre cause, si vous avez regardé mon visage quand je vous ai dit : Acquittée! Tenez, madame... quand votre innocence a été proclamée, quand je vous tenais par la main pour vous faire traverser la salle du tribunal, j'ai aperçu un de mes jeunes confrères, un jeune homme dont le cœur était sur les lèvres, et dont les lèvres murmuraient : Qu'elle est touchante, qu'elle est belle ! Je l'aime ! oh ! je l'aime !
HENRIETTE
Oh î qu'il cache bien cette passion, qu'il l'étouffé sous le respect qu'il se doit.
Maurice.
S'il est trop tard,
HENRIETTE
Mieux lui vaudrait mourir alors. Il ne sait donc pas que l'amour a le droit de demander compte du passé à une femme.
MAURICE
Vous lui direz, comme à moi, tout ce passé.
Ah! la minute donnée à un autre revient toujours à la mémoire de celui à qui on l'a dérobée.,. Malheur à
la femme qui s'est oubliée ! mallieur à l'homme qui se souvient !
SfAURICE.
Oui, malheur à Phomme qui se souvient, lorsqu'il fait de la confidence d'autrefoisToutrage d'aujourd'hui, et qui torture pour une faute qu'on lui a apprise dans une révélation qu'on ne leur devait pas.
HENRIETTE
Que d'hommes n'oublient jamais !
MAURICE
Ceux-là n'étaient pas dignes de leur sort. Demandet-on sans cesse à la statue qu'on admire, combien de coups de foudre l'ont frappée quand elle n'était qu'un vil rocher? Henriette, votre beauté, vos souffrances, vos malheurs, votre jeunesse, m'ont inspiré pour vous le plus vif attachement.
HENRIETTE
Qu'osez-vous dire ?
nÂVRiGE.
Dites vous-même un seul mot... je puis être... je serai libre... je puis rompre sans déshonneur...
HENRIETTE
Mais que prétendez-vous donc faire?
SGENi: XII.
LES MÊMES, M™« de CHAMPVILLïERS, M«e DE VALPIiV, s'eniretenant comme à la suite d'une conversation,
mâd. de ghampvilliers.
Tout est d'accord...
MAD. DE VALPIN.
Nos deux familles n'en font plus qu'une... {Apercevant Henriette,) Ciel! elle ici, chez vous!
MAD. DE CHAMPVILMERS.
Encore cette femme î
MAURICE
Cette femme! songez que je la protège de ma présence!
MAD. DE VALPIN. Jc SOrS.