‹ Le livre noir, drame en cinq actes et six tableauxChapitre 5 sur 80 · ACTE i, s^îÊrsB in · texte numérisé non relu

ACTE i, s^îÊrsB in

le remplacer par des maisons bonrgeoises»(îescafés,des bouîi(|ues.

t4 DAME INVITÉE.

OÙ trouver pins d'attraits, pius déplaisirs réunissur un même point? Salonsanimés, toujours pleinsd'étranger riches, élégans, magnifiques jardins embaume's, bosquets mystérieux, soupers délicats, nuits de fêtes ; et quels bals î...

lE M A JOB.

Et quels jeux î Gomme on a joué ici ! Blûcher y a gagné un million, îe maréchal Mouratof s*y est brûlé la cervelle. Souvenirs respectables ! Supprimer les maisons de jeu, mais c'est supprimer respcrance, dernière ressource des malheureux. lis prétendent par là moraliser le siècle ; faux législateurs! Jusqu'ici le pauvre avait pu rêver qu'en allant an Palais-Royal ou en venant à Frascali, risquer quarante sous sur unecarteousurunecouieur, il gagîierait en dix minutes tout ce qu'il avaiivainement souhaité d'avoir pendant une vie de souffrances... Maintenant, que lui restera-t-il ?

LA DAME INVITÉE

Pas même la loterie; on vient de l'abolir.

Paris deviendra bientôt un véritable coupe-gorge.

PREMIER JEUNE HOMME

Mesdames, messieurs, ne perdons pas de temps; passons dans les salles de jeu. Encore quelques heures, et Frascati aura vécu. Vous ne venez pas, major?

LE MÂJOU.

Dans un instant!... (Tous sortent eœcepté le Major,)

SGENS III.

LE MAJOR, LES Domestiques au fond»

Landreuil se fait bien attendre; je pensais qu'il m'aurait devance, et il n'est pas encore venu. Il faut cependant qu'il m'ap[)orte cet argent, ces mille écus, pour que j'exécute ma sublime martingale, cette combinaison avec laquelle, en six coups, nous ferons sauter la banqnCt Oh! elle sautera ou je sauterai. Calculons : les

6 LE LIVRE ROIB.

milles écus de Landreiiil el les mille francs qae je gagnerai avec ce M. Poincelet, ce provincial à qui j'eji ai déjà fait gagner dcmze centf?, c'est notre compte : total, quatre mille francs. Très-bien. Avec celte somme, la martingale est infaillible. Voilà vingt-deux ans, trois mois, dix-sept jours que je la cherche, et hier jeTai trouvée. Il était temps, car demain il n'y aura plus do banque, ce sera fini. Il ne nocis reste donc que cette nuit, que quelques heures. N'importe, c'est assez. Mais Landreuil ne paraît pas; qui peut donc le retenir? Co qui le retient, je le devine, c'est encore une maîtresse, cetle créole de la Martinique qu*il aurait bien mieux fait de renvoyer à sa fcjmille ou à son mari. Que les hommes sont vicieux! Us ont à leur disposition le jeu, la plus ardente des passions, la plus belle des maîtresses, celle qui ne vieillit jamais, et ils vont s'embarrasser de femmes. Mais je le détacherai de la sienne, et il sera tout à moi, tout au jeu. Il faut que Landreuil se range. Oui, en six coups tout sera balayé cette nuit : argent, or, billets de banque... Avec cet immense gain, que ferons-nous? Ma foi, nous ferons comme tout le monde, nous achèterons des fermes en Normandie, des châteaux sur la Loire, des actions dans toutes les entreprises. Nous ferons miei^x que cela! nous jouerons encore, nous jouerons toujours, nous jouerons à perpétuité ! Mais ces mille écus ! ces mills écus. Ah! voici Landreuil...

Landreuil entre, il remet son chapeau au domestique.

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