SCENE IV
LANDREUIL, LE MAJOR.
LB UÂJOR. Enfin!
LANDREUIL.
Excusez-moi, cher major; vous savez les contrariélés domestiques que j'éprouve sans cesse !
LB MAJOR
Encore votre créole?
LANDREtîlL.
Oui, elle est cause que je viens Si tard; lorsqucHen-
ACTB I, SCÊNR 4V. ^
riotte m*a vn oorrir ce soir i(? secrétaire, clh? a soupçonné que mon intention clnit de toucher à ces trois uiiilff francs on or qu'elle nppeîle ridiculement nos {)otifc« économies. Elle est accourue vers moi, et alors, les récriminations d'usage ont commencé.
LE MAJOR
Mon ami, avouez-le, votre conduite n'est pas irrr*prochahle. On n'enlève pas ainsi la femme d'autrui s;in< payer du repos de toute sa vie une pareille faute. ..Vous avez cet or?
LANDHEUIL.
Bientôt la discussion s'est aigrie. Henriette est pa*?sionnée, jo suis vif j ajoutez que dans la matinée j'avnif< écrit à ma mère pour lui direqueje voulais décidéiuput les S0,000 francs de diamans que ma tante en mourant lui a laissés. Ma mère m'avait ré[)on(lu que ces diamans n'étaient plus en sa possession depuislongtemps,ce(|ui est inexact, j'en suis sûr, car que seraient-ils devenus ? Ah! mais, je saurai où ils sont, M°^« de V^alpin, je la saurai.
LE MAJOa.
Vous avez nommé M^^ de Valpin, cette richô comtesse...
LANDRECILk
C'est ma mère; elle s'appelle Valpin, du iiom de son Second mari. A ma lettre, dis-je. elle avait donc répo?»du par un refus; je lui avais écrit de nouve.uj dans des termes très-énergiques, très-peu respectueux... j'étai:? monté !... Henriette, de son cô'é,a fini par prendre uii ton si blessant avec moi...
LE SlAJOa.
Landreui!, il faudra absolument rompre avec cetf?» intrigue que réprouvent hautement les bonnesmœur.^; il faudra renvoyer cette femme à son mari* Vou* uveE pris ces mille ccus ?
LANDREOIL.
Mais eWù u'ù jamâi^^ eu de mari.
A 5â famille.
LE LIVKB NOIR.
LÀNORBDIL.
Elle c.si orpheline depuis l*âgc de qufitorze ans.
LE MAJOR
D'une manière ou d'une autre, tous romprez arec celte intrigue.
LANDREDIL.
J'ai presque rompu, et déjà une autre passion...
LB MÀIOR.
Il faut rompre entièrement; Pamitié le veut, elle IVxige. Enfin, apportez-vous ces mille écus en or? LANDREuiL, lui montrant une bourse.
Oui!
LE MAJOR
Je respire! notre fortune est faite.
LANDREUIL.
Courons donc nous en emparer!... Venez... Entrent plusieurs invités qui déposent leurs cbapeaui et passent dans le salon du fond.
LE MAJOR
Non, j'attends quelqu'un.
lÂNOREDIL.
Qui donc ?
LE MAJOR
Un provincial, un habitant de Dijon avec lequel, depuis trois jours, je suis associé dans le béuéQce d'un coup particulier.
Ce n'est pas notre martingale?
LE MAJOR
Allons donc!^ prostituer les découvertes du génie an profit d'un Bourguignon inconnu! Oh! non; mais sans le concours de ce brave Dijonnais, notre martingale ne «crait pas aussi sûre.
LANDREUIL.
Comment cela?
LE MAJOR
Il nous faut quatre mille francs, je vous l'ai dit, pour qu'elle réussisse infailliblement; vous n'en apportez que troia mille, c'est encore mille francs qui nousmaa*