ACTE IV, SCÈNE Vllï
Varmoircy quHl ouvre, et en prend un grand livre noir qu'il remet à Poinceletj qui, de son côté, lui donne le sac d'argent, qu'il pose sur le bureau, puis après dans un tiroir. Revenant à Poincelet,) Vous savez nos conditions? je dois être près de vous...
poiNCELET. Soit!... (// parcourt le livre.) LE COMMIS, avec inquiétude.
Ne vous arrêtez pas... cherchez ce qui vous est personnel.
Cest aussi ce que je fais...
LE COMMIS, montrant l'endroit où Poincelet est arrêté. Les hommes et les choses de Tépoque que vous parcourez n'existent plus.
pomcELET, lisant, « Aygue-Mare, baron du saint-Empire, chef d'une société de vieux émigrés, o
LE COMMIS
Cette société a cessé d'exister à la restauration. POINCELET, lisant.
« Ils passent leurs soirées, depuis 1802, à imaginer des macijines infernales. Ils sont vingt-huit, sur lesquels il faut déduire quatorze affiliés de la police, qui s'y sont introduits; ces gens-là ne valent pas les frais de suspicion qu'ils coûtent. pA charge à la police! Mais c'est très-amusant. Ce livre n'est pas si diable qu'il est noir.*. (Continuant de lire.) « Burgh, étranger qui imite parfaitement la voix et l'attitudedeNapoléon ; il se dit échappé de Sainte-Hélène, et organise une réaction dans le quartier des étudians. Il touche ses fonds de la police; mais comme en qualité d'étranger cet homme est suspect, on le fait surveiller par un faux dauphin, qu'il surveille lui-même à son tour. Les deux prétendans s'espionnent. » Ce livre est décidément très-intéressant.
LE COMMIS, toujours avec inquiétude.
Arrivez vite à ce qui concerne votre femme. POINCELET, posant le livre sur le bureau et feuilletant.
C'est mon unique désir... M'y voici'... Je vois des
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noms de femmes qui semblent annoncer... (Lisant,) « Camille, à seize ans enlevée, à dix-huit ans marquise, à vingt ans... morte à Bicêtre.
LK COMMIS. Passons.
Passons vite... {Lisant.) « Caliste, vendue par sa mère à un Anglais, échangée ensuite contre un cheval arabe : aujourd'hui dame de soirée à Frascati. Baronne... »
LE COMMIS
Vous ne trouvez pas... voyous... votre femme s'appelle?...
POINCELET.
Josëpha.
LE COMMIS, tournant plusieurs feuillets.
Ah ! la voici...
POINCELET.
Quel bonheur!... (On entend le bruit d'une sonnette,)
LE COMMIS, effrayé.
C'est mon chef!... il m'appelle!... (// veut fermer le /fvre.)Dans un autre moment...
POINCELET, saisissant le livre.
Laissez-moi continuer, maintenant que je suis ici... On sonne plus fort très-Tivemeni.
LE COMMIS, s'en allant.
Je reviens dans la minute... à l'instant!
SGENZ: XX.
POINCELET, seul.
Y en a-t-il, y en a-t-il, sur ma femme! Mais ce recueil est complet... il ne laisse rien à désirer... (Prêtant l'oreille,) On vient... M. Maurice!