‹ Le livre noir, drame en cinq actes et six tableauxChapitre 68 sur 80 · ACTE V, TAB. IP, SCÈNE X. iOl · texte numérisé non relu

ACTE V, TAB. IP, SCÈNE X. iOl

les.. (// lui passe un bracelet au bras gauche.) Essuyez donc ces larmes... Notre maison csl maudite... Vous voilà superbement coiffée!., c'est riche. . c'est fastueux... Ces fleurs à votre corsage... (// lui donne un bouquet qu'elle place elle-même à son corsage-)

HENRIETTE, toufe cn plcurs. Oh î comme ii souffre!

MAURICE, la contemplant, Ahî vous êtes belle!... vous serez la plus belle du bal... Mais ne pleurez plus!

HENRIETTE. Cesontvos iormcs qui m'iuonden t Icvisage. I^MAURicE, prenant un collier que luiprésnnle la femme de chambre. Encore ce collier... (// le lui passe autour du cou.) Les infâmes ! tuer la femme par le mépris, h^ mari par la honte... Oh ! ils ne nous tueront pas!...

Lui mettant un aulre bouquet dans la main.

HENRIETTE, «M comblc de la douleur. Assez ! assez! on je meurs,

i,B CHASSEUR, au/b/id. La voiture de monsieur est prête.

MAURICE. Venez, madame, allons au bal de M. Champvjllicrs... (Il sort en l'entraînant.)

deuxième: table:.^v.

Chez de Champvillîers. Soirée resplendissant*», animée sut tous les points. Grand salon, ouvert au fond par trois grandes entrées donnant dans un aulre salon, où Ton voit à droite et à gauche des tables de jeux. Des domestiques circulent, portant des glaces. — Des quadrilles se font entendre du fond.

SGENJB PREMIBRE.

LANDREUIL, seul y sur le devant ^ regardant vers le fond.

Ct'lte fête est pour moi. Une fête! Si Ton pouvait lire dans mon cœur! Demain, mon mariage avec M"» de Champvilliers sera célébré. On me félicite de tous côtés... Je serai riche, oui; mais heureux, non. Il y a dans ma vie une tache que je voudrais effacer, fût-ce avec mon sang... heureusement mon mauvaisgénie m'a abandonné. Ce major d'Anglemire exerçait sur moi une influence funeste, irrésistib'eî Les deux années de prison auxquelles il a été condamné par contumace pour

lOÎ LE LIVRE NOIR.

avoir été trop souvent licurcux au jeu, le liendroat éternellement éloigné de Paris.

UN DOMESTIQUE, owMOMcan/. M. et M»K« Jenneval! M. le comte de Chnmbert ! M*, le marquis et M™« la marquise de Vierzon !

LANDREUiL. Ma mcrc!... elle vient de ce côlé avec M™e de Cliampvilliers et sa fille. Il ne faut pas que ces dames lisent sur mon visage la Iristesse de mes pensées. M remonte la scène et disparaît par la droite; tandis que M™«

deChampvilIierSjM^ede Valpin et Clotilde la redescendent.

SCENZ: XI.

M"ûe DE CHAMPVÏLLÏERS, M"e DE VALPIN, CLOTILDE, au fond les Invités.

HAD. DE CHAMPViLLiERS. II n'y a Vraiment que vous, ma chère M"»© de Valpin,ponr avoir de pareilles idées.

MAD. DE VALPIN. Vous lailcs bcaucoup trop d'honneur à mon esprit. Je vous assure que le hasard seul en tout ceci mérite vos éloges.

CLOTILDE. Mais de quoi parlez-vous?

MAD. DE CHAMPVILLIERS. Lo hasard!... Figure-toi, Clotilde que M™e de Valpin, qui a bien quelques raisons pour partager l'inimitié que nous a forcées d'avoir contre lui M. Maurice, a imaginé, et c'est charmant comme petite vengeance, de nous faire donner ton bal de noces le même jour qu'il donne sa soirée. Elle a dû, par ce moyen, nuire à ses invitations.

MAD. DE VALPIN. Encorc uuc fois, je vous affirme...

CLOTILDE. Je serais lâchée d'être la cause du moindre déplaisir éprouvé par M. Maurice. Je voudrais que tout le monde fut heureux aujourd'hui.

MAD. DE CHAMPVILLIERS. RaSSUTC-toi . ScS SaloUS SOUt CU

ee moment un peu moins pleins, un peu moins brillaus que les nôtres, voilà tout. D'ailleurs, quel mariage!

MAD. DE VALPIN. Ah! cclui dc uos chcrs enfans ne peut ire comparer à aucun autre. Comme il est fâcheux, convenons-en, qu'il n'y ait pas dans notre langue française un mot affectueux pour qualifier le degré de parenté qui s'établit entre deux belles-mères! Comment nous appeler entre nous?

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