DR V ALPIN
Si vous voulez vous marier.
LANURK1 IL.
Quollo plaisanterie! si je le vouxl Mais quel parti avoz-vous à me proposer dont je sois digne?
DK VALFIN.
Vous les avez tous refusés... les tu ûlleure !
lanobblil.
Mademoiselle de Qiampvttlier*, par exomplo...
M™* DR VALPW.
Non, là, j’avoue que c’est nous qui avons échoué... Aussi c’est votre faute... vous vous aviso* d« perdre quatre cents louis au jon à l.i soirée où lo père vous invite pour vous faire connaître à fa fille : vous vous Otes trop fait couiuittre. Allez, co n'est pas les beaux partis qui vous manqueraient encore, vous manqueriez plutôt à tous les partis.
LAfTORRUIL.
Pourquoi toujours ponser • ela?
lA m * dk talfui.
N’ôlei-vous pas lié par vingt amours différents, par des passion» . des intrigues ?
LANDHRUIL.
Je ne suis lié par rien, jo vous jure.
HENRIETTE, bas.
Par rien !
R B * DR VALFIN.
N’ôtes vous pas toujours so-.s lo j ug do c«Ue Américaine « de celte jeuno créole?
LANDRKUlt..
Moi? mais ce joug sous lequel je n’ai jamais très-iideleimut
plié n’existe plus pour moi. Quo d’autres amours depuis cet amour !
M“° DB VALFIN.
Vous avez fait pourtant bien des folies pour celte créole.
LixnnsetL.
Ello était assez jolie , elle n’avait pas seize ans , et puis j’étai* si jeune aussi !
U** DR VALFIN.
Vous avez parlé de l'épouser.
LANDRBU1L.
Moi ! l’épouser I
HENRIETTE , bat.
Oui , vous !
lanoreul, intrigué par le murmure d' Iîei\ritUt , et cherchant à voir son visage.
Quelle supposition! D’ailleurs, si j’ai eu celte singulière fantaisie , soyiz convaincue que depuis longtemps je ne l'ai plu».
DR valpin.
Qu’est devenue cotte femme ?
LANDRBUIL.
Ce que deviennent ces victimes de nos jeunes années et de nos premières passions; elles disparaissent. Si on les revoit un jour on les reconnaît à peine , on ne les salue môme pas. Tenez, on peut les comparer aux étoiles : les unes deviennent de plus en pin» brillantes , c’est to petit nombre ; les autres Ûteul et s'évuiii. Dissent dans l'espace, c’est le très-grand nombre; quant eux nébuleuses, elles ont des fortunes diverses, elles vont en Russie, on Angleterre , à Frascali.
HENRIETTE, bai.
Mon Dieu ! mou Dieu !
*■* DR VALFIN.
Vous m’avez complètement rassurée... Eh bien! nous penserons à votre mariage ; j’ai plusieurs projets... vous verre*... Quoi beau jour pour moi quo celui où je pourrai placer sur lo iront îo ma bru ce diadème de rubis qui figure avec tant d’éclat parmi les diamants que je vous remettrai ce jour-là irrévocablement. Jusqu'à ce moment, ils resteront chez mon notaire, à qui rnaieu... -elle achève d’ écrire pour le prier do venir les chercher, i Mile sc iè ce, ainsique son fde, el passe près d'Henriette.) Mademoiselle,
• elle lettre...
UNDREUIL, à part.
Il n'jr a pas de temps à perdre. [IlauL) M'aveu-vous pardonné ?...
«■* DR VALFIN.
Rien qu’à moitié encore.
landreul, lui èaisanl la mat».
Je réponds de l’autre moitié...
M“‘ DK VALFIN.
F.li bien! Henriette, cetto lettre? (Hen rirtte, qui a terminé el plié cette lettre, la remet à madame de t alpin.)
LvMinEviL, reconnaissant Henriette du moment oà elle se détourne, • avec surprise, à part.
Henriette !...
DI VALFIN.
Ah 1 Henriette ! si en mon absence mon notaircenvoyait prendre
m diamants, vous les lui remettriez. ( Elle lui remet une petite
r cf qn' Henriette met dans sa poche.)
LANDRRUIL, OU* A tout TU.
Adieu, ma mère... (Il reconduit sa mère, et sort un instant. — La nuit rient peu à peu.)
senètn tx.
HENRIETTE, seule, avec explosion.
Oh ! comme il m’a traitée ! J’ai été une fantaisie dans sa vie do caprico. S’il mo rencontrait, il me reconnaîtrait à peine, il ne me whi'niit pas; je suit, a-t-il dit, une étoile tombée, évanouie, éteinte ; on me retrouverait peut-être en Russie, aux gages do quelque seigneur, ou à Frnscati ! oh !