SCENE VIH
M“* DE VALPIN, DE LANDHEUIL, HENRIETTE. (Henriette est assise dan» une attitude qui ne permet pat ù Laudr voir son visage. — Elle fait semblant d'écrire pendant toute la scène. — M m " de /'alpin s'assied à gauche sur un canapé, Landrcuil arrive au milieu — A ton entrée, Af m ® de /'alpin lui fait signe d'approcher.)
LANDHEUIL.
Je vau au devant do tous vos reproches, ma mère...
„ . ienhiettb, à part.
Sa mère l...
LANDRBUIL.
Et je vous supplie d’oublier encore uno fois des écarts do jeunesse qui ne se renouvelleront plus.
M«* DB VALPIN, à part.
Quel langage! (Haut.) 11 me sembla que le repentir suit de bien près la faute, chuzvous, qui avez tant a baisse votre nom... votre nom, monsieur! Tout en me réjouissant do cot heureux retour, il m’est permis de ne pas beaucoup y croire, i landrbul.
Croyez-y, ma mère, oh! croyez-y l (Regardant à droite.) Nous ne sommes pas seuls. . .
M mr DB VALPIN.
C’est ma nouvelle dame de compagnie, jo l’ai priée d’écrire quelques lignes pour moi îi mon notaire... Je n’ai pas de secrets pour elle... Continuons... jo ne parlerai pas de votre passé, il i-st si lourd que je n'ai ni la force ni l’intention do lo soulever , Mais en vérité, puis-jo pardonner avec la facilité dont vous me donnez l’exemple, votre dernière faute?
LANDHEUIL.
Laquelle, ma mère ?
M** Dg VALPIN.
Jo la croyais assez gravo pour qu’elle no pût être confondue avec les autres.
LANDREUIL.
C’cjI qu’elles sont toutes graves; vous voyez quo jo no mo fais pas meilleur que je ne suis.
M“® DE VALPIN.
Hier , n’avez- vous pas perdu sur parolo dix miHo francs au jeu?...
LANDRBUIL.
Oui!
M®* DE VALPIN.
Ne m’avez-vous pas fait dire ornai vont no parveniez pas à vous les procurer, vous vous brûleriez la cervelle ?
LANDREUIL.
C'était là mon projet; mais comment savez-vous... jo no l’ai communiqué qu’au major d’Anglcmiro.
M"* DE VALPIN.
C’est loi qui me l'a dit.
LANDREUIL.
Par un zèle qui ne m’a pas consulté.
U B * DE VALPIN.
Enfin, vous devez dix mille francs, et vous voulez que jo vous pardonne ?
LANDRBUIL.
Ils viennent d’être payés. ( l/ou cernent de M mt de Falpin.) Oui, madame, payés.
M“* DE VALPIN.
Par qui?
LANDREUIL.
Par moi... Le major m’a généreusement prêté cetio somme, voyant Tolre hésitation à me la donner, convaincu d’ailleurs quo vous n’avez plus tpèmo en votre possession les diamants quo jemesupposaislo droit de réchmer. Enfin j’ai payé ces dix mille francs, je no dois plus non ; et c’cst cc quo ie venais vous dire lorsque j’ai reçu l’inviiaiion do mo rendre près do vous. Je suis bien heureux, ma mère, do vous annoncer cette nouvelle et surtout de vous l’apporter précédée d’un repentir auquel voua croirez peut-être maintenant.
HENRI KTTB, ba».
Est-il possible... oh ! non !
h“® db valpin, après un silence.
Ces dix mille francs ont été payés sans doute, mais vous êtes devenu le debiteur de co maior.
UNDIt&UlL.
S'engager avec un ami, et un ami comme lo major, c'est entourrr, c'est fixer l’affection avec une chatne de plus. Mais laissons celle affaire, puisqu'elle est terminée. Voue m’avez dit avec amertume que j'avais abaissé votre nom ; voici là-dessus ce quo Fuserai vous repondre. L'autre jour, dans un salon du faubourg Saint Germain, ou parlait defaniiquiié cl per conséquent de 1a gloire des grandes familles françaises. Un ignorant, un fat, 90 permit de dire devant moi qoe notre maison, oui, la vôtre, no remontait guère qn’aa dix-soptième siècle.
N“* DK VALFIN.
A a dix-seplième siècle !
LlffSSEtlL.
Rassurez von» ; la maison de ma mère , me suis-je écrié , une des plus vieilles do la monarchie, date du cinquième siècle.
U** DR VALFIN.
C'est beaucoup dire.
LAftDREl’IL.
Je l'ai prouvé. Un aïeul de ma mère, ai-je aussitôt ajouté , sans remonter aux plus hautes branches de notre généalogie, était à côté do François I" à la bnsatlle de Marignan; il fomb.mil avec tant d'énergie» que la main qu’on lui abattit d’au coup de sabre ri sta scellée pendant deux heures à la poignée de l'épée qu’il tenait....
M"* OR VALFIN.
C'est vrai, comte. Si vous êtes décidé à mieux vous conduire , je pourrai vous donner dans un an ces diamants que je n’oi pas absolument tous vendus.
landnp.uil, à parL
C'est tout do suite qu’il me les faut.
M** DR VALFIN.
Ils ne sont pas tout à fait h vous, puisque ie vous en ai déjà compté deux ou trois fols la valeur... Mais enün !...
LANDBP.VIL.
Laissons cela : j’ai ajouté, toujours parlant à mon impertinent personnage : Le père do cet mlrcpi !o aïeul do ma mère prit sous Louis XII , à la léle d’une compagnie do cent hommes d’.irmes seulement, une forteresse génoise défendue par mille hommes.
M 0 ’* DR VALMIX.
Comme vous savez admirablement l’histoire de votre famille I landrrcil , d part.
Depuis hier I (Haut.) Mais c’est l iûstoirodo France.
U"* OR VALftK.
Mon Dieu, ces diamants, on pourrait, au besoin, vous les remettre dans six mois , mais toujours si votre conduite répond à vos promesses.
LANDNRUIL.
Ohl en doutez-vous? (il e'aes.til près de sa mère.)
X** DE VALFIN.
Et môme je pourrais vous 1rs doi.n>ravaul six mois... si...
UUrORUUL.