SCENE V
Lus Mêmes, M— DE CHAMPVlLLfERS , CLOTILDE, «surent trêï-animèes toutes deux.
M“* DE CIIAMPVILLIERS.
C’est 4 mourir de honte... l'étouffe do colère.
CLOTILDE
C’est affreux !... on ne voudra jamais le croire.
m®* de valpin.
Mes chers amis... quo se passc-t-il ?
CDAMPVILLIBIIS.
Ne venez-vous pas du palais ?
M®* DE CIIAMPVILLIERS.
Croiriez-vous qu’il a traversé la sallo, la tète haute, le regard lier, la tenant par la main, comme il l’eût fait dans un salon pour moi ou pour notre Clutilde? 11 a regardé la foule, puis il est •orti.
CLOTILDE
Alors les bravos, les trépignements enthousiastes, les applaudissements du peuple ont éclaté.
M“* DE CBAMPVIll.lBRS.
Le peuple!... oui, mais les gens distingués ont gardé un dédaigneux silence, mais lo monde ne lui pardonnera pas cet ignoble succès, ce ridicule triomphe. Nous en avons rougi jusqu’au fond des yeux. (A M. de Champviüiers.) Mais ne rougissez-vous pas comme nous?
CIIAMPVILLIERS.
Je no demande pas mieux que do rougir, ma chère amie, mais je voudrais savoir pour quel motif.
M"* DE VALPIN.
Mais de qui parlez-vous?
M** DE CIIAMPVILLIERS.
Mais do notre futur gendre, M. Maurice, oel avocat des belles, ce clofe nseur des opprimées sans défenseurs. Défendre, aux termes où noua en sommes avec madame do Valpin, cette mademoiselle Henriette.
M"» VALPlN.
Que dites- vous ?
■“* DR CHAMPVILLIERS.
Ce quo j’ai honte 4 redire, quo n’est M. Maurice qui a soutenu l’innocence de votre dame de compagnie et qui l’a fait acquitter.
M** DB VALPIN.
J'ai donc perdu?
CLOTILDE
Ouiy madame, entièrement perdu, gr&ce 4 M. Maurice.
M - * DK VALPIN.
Oh I c’est très-mal dosa par', lui mon conseil, mon ovccatl.. [A part.) Si je profitai.*... (//ou/.) Oui, c’ost mal, je le blâme, mais jo pense pourtant qu'il faudrait, avant de le condamner, entendre M. Maurice.
CLOTILDE
Doit-on supposer une excuse légitime 4 celte scandaleuse folie?
M** DR VALPIN.
Il a pu se tromper en se laissant entraîner par le besoin de briller en public; je suis sûre que vous allez le voir revenir aussi honteux que d'une infidélité, ma obère CJotüdo, quoiqu’il n’en ait pas mérité un seul instant le reproche. Je suis bien impars tiaiè, vous le voyex.
CLOTILDE
Vous l'ôtes trop, madame.
M"* DE CflAMPVlLLtlIR».
L’alliance que nous contractons avec lui n’est, après tout, fondée que sur des rapports d'intérêt; il n’apporte en dot ni un grand nom, ni une illustre réputation.
m®* de valpin.
Je n’ignore pas quo monsieur Maurice est on offel sans naissance. Le fils d'une grande famille ne so fût pas permis impunément une telln incartade. Son arbre de noblesse eût été coupé au pied, et son écus&on foulé par los domestiques.
k*“* db otampvtllters, 4 son mari.
! Si vous m’ariez écoulée, vous n’auriez pas 4 la légèro introduit un homme do rien dans notre famille.
CHAurruLuns.
Un homme de rien ! un homme de rient 11 a 40,000 livres de rentes, et...
M*" DB CH IMrviLLIBRS.
C’est lui l