‹ Le livre noir drame en cinq actes et six tableauxChapitre 19 sur 67 · DB V ALPIN · texte numérisé non relu

DB V ALPIN

Si vous voulez vous marier.

LANDRlCfL.

Quelle plaisanterie! si je le veux! Mais quel parti avez-vous h mo proposer dont je sois digne?

«■* DR VALPIN.

Vous les avez tous refusés... les meilleurs !

LANDREUIL.

Mademoiselle de Cbampviüiers, par exemple...

*■* DR VALPIN.

Non, là, j'avoue que c’est nous qui avons échoué... Anssi c’est ! votre faute... vous vous avisez de perdre quatre cents louis au jeu ii 1« soirée où le père vous invite pour vous faire connaître b $» lillo : vous vous oies trop fait cou naître. Allez, ce n'est pes | les beaux partis qui vous manqueraient encoru , vous manqueriez plutôt à tous les partis.

LANORRUIL.

Pourquoi toujours penser cela ?

DE V\LPIN.

N‘ ôles-vous pas lié par Tingt amours différents, par des passions, des intrigues?

LANDREUIL.

Je no suis lié par rien, je vous jure.

HENRIETTE, 6(15

Par rien !

U®* DE VALPIN.

N’ôlcs-vouspas toujours sous le joug de celte Américaine, do cette jeune créole?

LAND RECIL.

Moi? mais ce joug sous lequel je n’ai jamais très-fidèlement

plié n’existe plus pour moi. Que d’autres amours depuis cet amour 1

M"* DB VALPIN.

Vous avez fait pourtant bien des folies pour cette créole.

LANDREUIL.

Ello était assez jolie , elle n’avait pas seko ans , et puis j’élais si jouno aussi 1

M®* D« VALPIN.

Vous avez parlé de l’épouser.

LANDRBUIL.

Moi! l’épouser!

DgNRIBTTB , bat.

Oui, vous!

LANDRF.ciL, intrigué par te murmure d'Henriette, et cherchant à

voir son visage

Quelle supposition 1 D’ailleurs , si j’ai eu celte singulière fantaisie , soyez convaincue que depuis longtemps je ne l’ai plus.

M®* DB VALPIN.

Qu’est devenue cette femme ?

LANDRECTL.

Ce <jue deviennent cts victimes de nos jeunes années et de nos premières passions; elles disparaissent. Si on les revoit un jour on les reconnaît h peine , on no les salue mémo pas. Ten*z, où peut les comparer aux étoiles : les unes deviennent de plus’ »*n plus brillantes , c’est le petit nombre; les autres filent et s’évanouissent dans l’espace, c’est le très-grand nombre; quant oui nébuleuses, elles ont des fortunes diverses, elles vont en Russie, en Angleterre , à Frascali.

HENRIETTE, bd*.

Mon Dieu ! mou Dieu !

N»* DR VALPIN.

Vous m’avez complètement rassurée... Eh bien! nous penserons à votre mariage; j'ai plusieurs projets... vous verrez-.. Quel beau Jour pour moi que celui où jo pourrai placer sur le front do ma bru c** diadème de rubis qui figure avec tant d'éclat parmi les diamants que jo tous remettrai ce jour-là irrévocubjomout. Jusqu’à ce moment, ils resteront chez mon notaire, à qui mademoiselle achève d’écrire pour te prier devenir les chercher. [Elle se 1ère, ainsique ton fils, et passe près d’Henriette.) Mademoiselle,

cette lettre...

LANDRBUIL, à part.

11 n’y a pas de temps à perdre! (Haut.) M'avez-vous pardonné ?... r

M“* DB VALPIN.

Rien qu'à moitié encore.

landrbuil,' lui baisant ta main.

Je réponds de l’autre moitié...

M®* DB VALPIN.

Eli bien! Henriette, celte lettre? ( Henriette , qui a terminé et plié cette lettre, la remet à madame de l'alpin.)

lardsbuil, reconnawwwi Henriette au mninit où elle se détourne, — avec surprise , à part.

Henriette !..

■ H®’ M VALPIN.

Ah ! Henriette ! si en mon absence mon notaire envoyait prendre ces diamants, vous les lui reni-nriez. [Elle lui remet une mile c ef qw’ Henriette met dans na noe.hr. \

landreuil, oui a tout ru.

Adieu, ma mère... {Il reconduit sa mère, et sort un instant. — La nuit oient peu à peu.)

s cd ira xz.

HENRIETTE, seule, arec explosion.

Oh ! comme il m’a traitée ! J’ai été une fantaisie dans sa vie de caprice. S’il me rencontrait, il me reconnaîtrait à peine, il ne me saluerait pas; je suis, a-t-il dit, une étoile tombée, évanouie, éteinte ;on mo retrouverait peut-être en Russie, aux gages de quelque seigneur, ou à Frascali I oh !

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