‹ Le livre noir drame en cinq actes et six tableauxChapitre 61 sur 67 · CE.\E TL · texte numérisé non relu

CE.\E TL

CAMILLE seule, puis GERMAIN et ensuite FERNAND.

CAMILLE

Quo je suis malheureuse... Je voudrais doulor, le pourrais-je quand tout conspire pour me prmvpr leur trahison... Les maladroits mensonges de Marcelly, les hésitations d’Angèli: à l'égard de Fcrcanu... tout... tout!.. (Germain parait au fond )

GERMAIN, « part.

Monsieur Fernand veut que je lui dise si Madame est seule, c’est drôle... Ah ! cette dame est partie, il peut venir. (Il fait un signe au dehors , Fentand parait.)

pernand, bas d Germain.

Merci 1

CAMILLE, à part.

Ah l c’est Fernand... tant mieux... ( A Germain.) Laisseznous.

GERMAIN, à part.

Tiens! on ne peut pas parler devant moi... (Fausse sortie.— puis il redescend pour prendre la cravate de Marcel! y qui est restée sur un fauteuil.)

FERNAND

Ma cousine je venais...

Camille, qui a aperçu Germain.

Sur tirez-vous?

GERMAIN

Mai»-. Madame je ne pouvais pas laisser traîner la cravate do ! Monteur... on me gronde parce que je range... C’est drôle... (Il sort.)

FERNAND

Ma cousine, avez-vous parlé h m idamo de Férieux ?

CAMILLE

Allez-vous recommencer, Monsieur t

FERNAND

Plaît- il ?

CAMILLE

Ne rougissez-vous pas de jouer un pareil rôlo?..;

Comment?

FERNAND

camilu.

De prêter les mains aux intrigues de...

FEItNAN».

Quelles intrigues? Je ne vous comprends pas... Ji ne sais qu'une chose, moi, c’est que j’aime madame de Féncux.

CAMILLE

Laisscz-donc.

Je l’adore, vous dis-je... je vous le jure, j’en perds la tête.

CAMILLE

Alors je vous plains car Angèle no vous aime pas.

Mais alors je suis le plus heureux des hommes.

Camille.

Vous me faites pitié... Mais vous ne comprenez donc rien? Mais vous êtes donc aveugle?. .. Angèle dit qu’elle vous aune.mais c’est pour cacher l'amour qu elle a pour un autre.

FERNAND

Hais ma cousine vous vous trompez peut-être ?

Camille, très-agitée.

Ah ! je me trompe ? et pourtant elle dit qu’elle ne vous épousera jamais... Pourquoi?

FERNAND

Je l’ignore... mais cela prouve-t-il?

Camille, pleurant.

Cela prouve qu’elle aime Marcelly, votre cousin, mon mari.

FERNAND

Par exemple... vous croyez?...

CAMILLE

J’en suis sûre... j'ai des preuves irrécusables...

QueHes preuves?

CAMILLE

J’en ai, vous dis-je... le cœur d’une femme ne se trompe

jamais.

FERNAND

Marcelly !... lui que... lui qui... Eh! mais... j’y songe 1... Je me souviens! son refus de inu servir, de parler pour moi... son i ni patience quand je t’entretenais île mon amour... son embarras devant vous... Ali ! c’est affreux!... horrible !.. épouvantable ?

CAMILLE

Du courage, Fernand, j'en ai bien... moi!

FERNAND

Pauvre cousine!... que je vous plains!... (LVmftrawanf.) Tant de jeunesse, de gréces... (L'embrassant.) sacrifiées à ce monstre!... ( L’embrassant .) Mais je me vengerai, je vous vengerai! (L'embrassant.) nous nous vengerons... et quand je jien» quo je leur ai fourni moi-même l’occasion de se voir, do m parler... Mais je vais à l'instant prévenir M. Grégorel... je réunis toutes les pièces de cette affaire, je les lui mets entre les mains, et...

Camille, bat.

Chut 1 voilé mon mari. (Marcelly parait .)

SCEAE TL**.

MARCELLY, CAMILLE, FERNAND.

MARCELLE

C’est moi U

J'ai envie de l’étrangler...

MARCELLE

Bonjour, chère amie...

CAMILLE

Bonjour, Monsieur.

MARCELLE, flVmr.

Je vous dérange... (A /'’croaruf.) Est-ce que tu faisais la cour à ma femme?

FERNAND

Je ne suis pas un libertin, un débauché, un Héliogabaie.

MARCELLE

Qu’est-ce que lu me chantes?

FERNAND

Rien... rien... ( A pari.) Oh! il nie le paiera, (fl sort.)

NAKCKLLE, d part.

Elle m'appelle monsieur... il m’appelle Hêitogabale !... Qu’est-ce qu'il y a encore?... (Haut.) Il n'est venu personne?.. Camille, sèchement.

Je ne sais pas.

Marcelle, à part.

11 est venu quelqu’un... (Haut.) Ma chérie, j’ai fut montai

ton châle dans tn chambre.

CAMILLE

Ah! ( Elle reprend son sérieux.)

El puis, je t’ai apporté d* s fleurs...

MIDI A QUATORZE HEURES

Des fleure?

CJlMTIL*.

Oui, des violettes.. •

Des violettes de Parme ?

MAKC11LV4

CAMILLE

MARGEI.LT.

Tout ce qu'il y a de plus Parme. (// le lui présente.)

Camille, le regardant dans les yeux.

Angèle sort dïci...

■Anct'LLT, Iroullé sans rûvoit pourquoi.

Àh!... comment se porte-t-elle? (A part.) Je savais blenqtrïi étau venu quelqu'un...

CAMILLE

Elle avait un bouquet tout pareil à celui-ci.

Ahl elle avait... Eh bien?...

CAMILLE

Vous ave* donné sans doute un bouquet à madame de Férieux, et vous m’en donnez un autre pour calmer votre conscience...

MARCEL!. y, à part.

Oh ! décidément, je n’ai pas de chance...

CAMILLE

Tu ris?... J'ai deviné, n’cst-ce pas?

MARCELLY.

Mais pas du tout... je n’ai pas donné de fleurs à Ang.... à madame de Férieux... Pourquoi lui donnerais-je des fleurs... Elle ne m'en donne pas...

CAMILLt.

Comment se fait-il donc qu'elle ait justement un bouquet tout pareil au mien?

MARCÊLLY.

Comment cela se fait? Est ce que je sais, mol? Fai acheté des violettes, elle a acheté des violettes... nous avons acheté tous deux des... Est-ce que je peux l'empôcher d’acheter des vio-

CAM1LLS.

Ah I vous m'impatientez.

MARCELLT.

C’est toujours à recommencer... Tu as encore de vilaines idées ; comme ce malin, au sujet dos Italiens.

CAMILLE

Ahl oui...

MARCELLT.

Eh bien, gros bêta, tu vas voir que rien ne me coûte pour te rassurer.. Ainsi, j'avais envie d’afler aux Italiens, j’en mourais d envie...

CAMILLE

Et...

MARCELLT.

Et cependant j’y ai renoncé.

Ah!

CAMILLE

MARCELLT.

Je n’ai pas loué de loge.

Camille, éclatant.

Àht c’est tout simple! je ne dois pas aller au théâtre puisque madame do Férieux n’y va pas.

MARCELLT.

Comment, elle n'y va pas?

CAMILLE

Madame de Férieux sera chez elle ce soir, et vous, Monsieur, vous sortirez sans doute pour quelque importante affaire, quelque référé...

MARCELLT.

Mais pas du tout., pas du tout... Je ne sors pas... je reste avec toi.

Camille, étonnée.

Ah !...

MARCELLT.

Toute la soirée...

Camille, honteuse.

Vraiment?

MARCEI4.T.

Nous allons dîner ensemble en tôle à tête, et après le dîner, tu me joueras du piano pendant que je lirai le journal., tu me mettras la Presse en musique

CAMILLE

Tu ne me quitteras pas?

MARCELLT.

Non, je ne te quitterai pas avant demain matin.

CAMILLE

Embrasse-moi...

MARCELLT.

A la bonne heure !... (L'cmèroMnaf.) Diable de petit ange, va.

CAMILLE

Mais je ne demande pas mieux que de croire à ta fidélité, à ton amour.

MARCELLT.

Je h; vois bien. — Enfin, c’est fini; nous allons passer une Soirée charmante.

Page 1