CE.TE XV
Lts mêmes, GRÊGORET, FERNAND, Grégoret tient des papiers.
grégoret, apercevant Marcdly qui bouscule les meubles Eh biuu! que se passe-t-il donc? (Ils descendent ) angèlb, riant d demi.
Ah ça! mais je ne soupçonnais rien de tout cela, moi...
MARCELLT.
Laissez donc, madame, comme si vous ne saviez pas par expérience, que je suis un Séducteur, Fernand entre de l'angle du fond d droite) un scélérat, un lléliogabalc, comme disait tantôt monsieur Fernand.
angèlb.
Monsieur Fernand? Est-ce que lui aussi !...
Camille, honteuse.
Oui, certainement, il a bion remarqué comme mol...
FERNAND
Ah! permettez, ma cousine...
CAMILLE
N’avcz-vous pas résolu de confier à un autre les intérêts de | madame?
GRÊCORBT.
Mais en effet. (Il montre les papiers qu’il tient et qu'il remet d ■ Angèle.)
ANGÈLE
Ainsi, c'est monsieur Fernand qui est causo...
FERNAND
Mais non, c'est ma cousine.
CAMILLE
C’est mon mari...
MARCELLE
C’est Grégoret.
C’est le diable 1
MARCELLE
Oui, le diable qui a emménagé chez moi, à qui mon contrat Je mariage a servi de billet de logement.
ANGÈLE
Monsieur, un peu d'indulgence 1
MARCELLE
Non, madame, non... je ne comprends pas la jalousie, les joupçoos, je ne les comprendrai jamais! (Il frappe sur la
crêcorbt.
Mon ami!
FERNAND
Mon cousin!
MARCELLT.
Je ne veux plus d’ami, je ne veux plus de clerc, je ne veux plus de cousin, je ne veux plus de femme I
ENSEMBLE
Air de la Norma.
marcellt, à Camille avec colère .
C'en est trop! enfin je me la«e,
De nos amours.
Vous brisez le tours,
Pour vous, Madame, plus de grâce t
GRÊGORET.
Occupez-vous
De preudre un autre âpuui.
CA MILLS
Je le vols, mon amour vous lasse.
De nos amours Vous brisez le cours,
Jo ne demande point de grâce,
D’un tel courroux,
Moi, je rougis pour vous.
AtfOÈLE.
Du lionheur voire coeur se lass?,
De vos amours Vous brisez le cours,
Peur elle je demande grâce,
Chasserez- vous Le bonheur loin de vous. cnÊcoRET d ilarcelhj.
filon ami, calme-toi, de grâce,
Le bruit, toujours Fait luir le* amours ;
D’amour votre âme est-c-lle las. -,
Chasserez-vous Le bonheur loin de vous.
FERNAivn, d part.
Sort fatal, par celte disgrâco.
De mes amours Tu brises le cour»,
Moi, je veux obtenir ma grâce ;
Destins jaloux,
Mon cœur vous brave tous,
(J larcelbj sort ave o colère. Grégoret sort avec lui en essayant de le calmer.)
8CEXE XVI.
FERNAND, ANGÈLE, CAMILLE. Camille est tombée en pleurant sur le fauteuil à droite ; Fernand est au second plan à gauche. Angèle est au milieu.
FERNAND, suppliant.
Madame I
angèlb, avec une sévérité forcée.
Jo ne vous pardonnerai jamais. Monsieur. Veuillez disposer ces papiers... M. Grégoret aura désormais toute ma confiance. fernand, at'ec colère.
Eh bien soit. (Il va à la table cl bouscule Us papiers, — Angèle se retourne en riant du côté de Camille.)
angèlb, bas à Camille avec amitié.
Eh bien, ma pauvre petite Camille? ' >
CAMILLE
Que veux-tu, je suis jalouse, ce n’est pas ma faute. angèle, souriant.
Ce n’est pas la mienne non plus.
CAMILLE
Je te crois... Mais pourquoi tant de sévérité à l’égard de Fernand, s'il est vrai que lu l’aimes.
ANGÈLE, bas.
S’il est vrai? Voilà l’hydre du soupçon qui relève déjà la tête... Je veux l’abattre tout à fait. (Lui donnant une lettre.) Tiens, lis.
Camille, lisant.
« Ma chère Angèle :
« Tu me demandes des renseignements surfil. Fernand qui a habité pendant quelques années notre ville... Connaissant la délicatesse, je crois que tu renonceras bien vite à tes projets de mariage, quand tu sauras que M. Fernand a été presque fiancé a une jeune personne charmante qui l’aime encore et qui l’attend. »
ancèle, lui reprenant la lettre.
Comprends-tu maintenant?
FERNAND, d part.
Cest affreux!., moi qui espérais...
CAMILLE, confuse.
Ah! mon amie! et je te soupçonnais quand j’aurais dô te plaindre... car tu l’aimes...
MIDI A QUATORZE HEURES
ANGÈLE, bas.
Oui.
feünand, à pari avec chagrin .
Elle me hait... c'est évident.
ANGÈLE
Oui je l'aime, mais un autre l'aimait avant moi.
CAMILLE
Elle l'a peut-être oublié...
ANGÈLE
Mon amie mo l’eût écrit et je n’ai pas reçu do nouvelle lettre... Mais il ne s'agit pas de cela, il s’agit de loi, de ton mari.
CAMILLE
Hein? comme il a été méchant? c’est la première fois.
ANGÈLE
Ah ! dame 1 il y a commencement à tout.
Tu crois que...
ANGÈLE
Je crois qu'il te pardonnera. Mais il faut y prendre garde, Camille, «quiconque est soupçonneux invite à le trahir. »
CAMILLE
Vraiment?
akgèi.e, riant.
C'est M. de Voltaire qui l’a dit; si tu veux garder ton mari, crois-moi, ma petite Camille, embellis sa captivité, ou sinon... Camille, avec effroi.
Mais je vais donc le perdre?
ANGÈLE
Non, pas pour cette fois, mais je te le répète : il faut y prendre garde, (d Fernand.) Eh bien. Monsieur, ces papiers?
FERNAND
Je les range, Madame. (fl bouscule tout.)
ANGÈLE
Je les prendra» tantôt.
FERNAND
Je les porterai chez vous.
ANGÈLE
Je vous le dé rends!
FERNAND
Madame...
ANGÈLE
Tout est fini, Monsieur, (d part.) Il le faut bien. (A Camille.) A tout A l’heure... Je veux to laisser le temps de faire la paix avec l'ennemi... quand ton mari viendra, laisse-lc crier, ne réponds rien, et il se calmera.
CAMILLE
Vraiment...
ANGÈLE
De la douceur, beaucoup de douceur... de la confiance même si c'est possible...
CAMILLE
' * Ohf^ofs ITanquille, j’ai cil trop peur.
ANGÈLE
Je reviendrai pour le dîner. (Sonnant.) et je n’apporterai pas de violettes.
CAMILLE
Méchante! (Elles s'embrassent, Angèle remonte; Fernand est sur sa route.)
FERNAND
Madame, je vous en prie, pardonnez-moi?
ANGÈLE
Jamais, Monsieur, tout est fini! (d part.) Pauvre garçon! ENSEMBLE.
Tyrolienne de la Fille du régiment.
angkle, d Camille.
Au revoir.
Don espoir.
Dion lot ici même.
Cet époux qui t’nimo.
Reviendra,
Suppliera,
A tes genoux tombera.
Camille.
Au revoir.
Doux espoir,
A l’époux que j’aime.
Mon cœur ici meme,
Contera,
Confiera,
Ce qu’il a souffert déjà.
FERNAND, à part •
Plus d’espoir,
De revoir,
La femme que j’aime,
O douleur extrême,
Mais déjà,
Je sens là,
Que ma mort me vengera.
(Anÿle sort par U fond.)