‹ Le livre (volume 3)Chapitre 50 sur 103 · A ANVERS · texte numérisé non relu

A ANVERS

~— ETTE boutique de librairie se trouve

aujourd'hui de plain-pied avec le sol de la cour. Par un escalier de quelques marches on gagne la porte qui s'ouvre sur la rue du Saint-Esprit, avec laquelle la boutique était autrefois de niveau. Les anîstes qui visitent le musée s'arrêtent longtemps dans cette petite chambre d'aspect très pittoresque et qui, malgré son installation récente, donne bien au visiteur l'illusion du passé. Les fenêtres qui éclairent la boutique, ou plutôt la haute et large cloison vitrée formée de petits carreaux enchâssés dans de minces bandes de plomb, et qui occupe toute la hauteur et toute la largeur de la façade, est véritablement curieuse.

Par un travail d'imagination que rend facile la vue de tous les objets composant l'ameublenient, l'aaiviié semble renaître; on retrouve les commis assis au comptoir, débitant les livres et, tout près de la fenêtre, derrière son pupitre, le a garçon bouticlier > inscrivant et comptant les monnaies de toutes provenances. Une balance à monnaie rappelle les

aaâ LE LIVRE

opérations nécessaires auxquelles il fallait se livrer pour le pesage de tous ces ducats, de ces couronnes de France, de ces florins de Cologne, de ces réaux et pistolets espagnols, etc., de valeurs et de poids divers.

Des planchettes garnissent les murs et supportent des ouvrages, liturgiques pour la plupart, et quelques livres pour renseignement.

Je dirai quelques mots de deux cadres qui renferment des documents intéressants. Le premier contient plusieurs prix-courants des ouvrages imprimés chez les Aide en 1592 et, au xvn* siècle, dans les imprimeries de Roville à Lyon, Brugiotti à Rome et à la typographie royale de Paris. En outre, ce cadre renferme un tarif des livres qui, par ordre de Philippe II, ne pouvaient être imprimés avant d^avoir subi des corrections ou des castrations.

Dans le second cadre se trouve un prix-courant très curieux des livres de prière, de classe et des romans populaires de cette époque. Quelle portion congrue pour Pintelligence ! Les prix indiqués par ce tarif devaient être respectés, sous peine d^une amende de 25 florins en cas d^infraction. Ce cadre renferme également un gros in-folio contenant le catalogue des livres prohibés, imprimé par Plantin en iSôp, sur Tordre du duc d'Albe. On y relève les titres de deux ouvrages imprimés antérieurement par Plantin : les Colloques d^Erasme et les Psaumes de Cl. Marot.

C^est Tannée suivante que, par lettres patentes du roi Philippe II, Christophe Plantin fut nommé prototypographe des Pays-Bas et architypographe du roi très chrétien. Ces fonctions étaient d^une importance considérable au point de vue de la situation qu^elles donnaient à celui qui en était investi ; mais elles n^étaient pas sans offrir de sérieux dangers pendant des temps aussi troublés.

J^entre dans Tarrière-boutique, séparée de la boutique par une cloison vitrée contre laquelle est placée une élégante statuette de la Vierge en bois de buis. Je remarque dans cette petite chambre une crédence flamande du milieu du xvu* siècle, assez bien conservée.

De la boutique on peut pénétrer dans le nouveau salon, dont les parois sont ornées de tapisseries flamandes d^une réelle beauté et dans un état de conservation remarquable. Une haute cheminée du xvi* siècle (marbre), au-dessus de laquelle se trouve une vue d^ Anvers datant de la même époque; un buffet flamand du xvn« siècle, une armoire hollandaise et un clavecin complètent Pameublement. Les dessus des portes sont ornés des portraits de Plantin et de sa femme Jeanne RivièFe.

Mais le principal ornement de ce salon est la porte donnant sur la cour et qui bien certainement peut être considérée comme un des plus merveilleux échantillons du style décoratif flamand du xvi* siècle ; où le génie folâtre et le goût exquis de Tartiste, dit M. Rooses, entremêlent capricieusement les figures de satyres avec les animaux de fantaisie, les fruits

réels avec les feuillages et les fleurs imaginaires pour dresser des trophées gracieux et riants. Il serait infiniment désirable que cette porte fût déplacée et s'ouvrît de Textérieur à l'intérieur. Actuellement elle est placée contre le four et il est fort difficile d'admirer toute la finesse des sculptures.

Au premier étage, une petite chambre renferme les plus anciens et les plus importants privilèges accordés à Plantin et à ses successeurs.

Au-dessus de la boutique et de l'arrière-boutique se trouve la salle des graveurs anversoîs, qui correspond par un escalier de trois marches avec la galerie des gravures, dans laquelle nous reviendrons après notre visite des nouvelles salles. L'école de gravure d'Anvers est là représentée par les travaux de ses maîtres les plus autorisés qui ont travaillé dans cette ville. Et je ne puis m'empécher de regretter la non-publication de CCS chefs-d'œuvre — la plupart des cuivres existant encore — dont l'ensemble, méthodiquement groupé, représenterait l'historique le plus complet et le plus fidèle de la gravure flamande aux xvi* et xvii* siècles.

De cette salle des graveurs anversois on pénètre dans deux petites chambres situées au-dessus du nouveau salon. Au milieu de la première se trouve un pupitre contenant, entre autres choses précieuses, un album d'aquarelles de J. de Witt (1711-1712), d'après les plafonds de l'ancienne église des jésuites à Anvers, peints par Rubens et ses élèves en 1620 ; une coUeaion superbe de gravures de Jérôme Wiericx, d'après Martin de Vos; un exemplaire colorié de l'entrée du ducd'Alençon à Anvers (i582) et imprimé par Plantin ; deux bas-reliefs d'ivoire d'un merveilleux travail représentant saint Georges et saint Martin ; l'aae de vente de la maison Plantin à la ville d'Anvers (20 avril 1876), etc. Une cloison vitrée, dans laquelle se trouvent trois médaillons en verre peint représentant les emblèmes de Plantin et des deux premiers Moretus, sépare cette chambre de la seconde, qui prend jour sur la galerie des gravures par une gracieuse balustrade.

La chambre à coucher de Plantin fait suite aux deux chambres que nous venons de traverser. Son ameublement est du xvr siècle et n'ofFre rien de particulier, sauf pourtant la courte-pointe qui recouvre le lit et qui est en soie brodée de l'époque.

Le deuxième étage est entièrement occupé par l'ancienne fonderie de caraaères.

Deux ateliers : le premier réservé à la fonte des caractères, le second plus spécialement au polissage, à la mise en paquets des caractères et à la préparation des vernis et des encres. Sur un fourneau à plusieurs foyers construit sous la cheminée, des écuelles contenant encore des parties d'alliage. Appendus aux murs, des pincettes, des cuillers, les ciseaux, les moules. Une armoire vitrée contient les poinçons et divers types de caraaères. Sur des établis fixés au mur se retrouvent les étaux, la meule, le soufflet, les lampes, les creusets, etc.

aa8 LE LIVRE

Uaspea de ces ateliers est fort curieux; mais assurément, en voyant leur imponance restreinte, on ne se douterait point de la réputation acquise dans le monde à Timprimerie plantinienne par la pureté de ses impressions, pureté dont le principal mérite revient à Pexcellence de la gravure et à une fonte très soignée. Sur un des paquets de caractères, je retrouve le nom de Cl. Garamond, le célèbre graveur des caractères em* ployés par les Estienne. Comme je Pai dit précédemment, Plantin s^adressa également pour la gravure à Guill. Le Bé; mais des artistes flamands furent également employés, et nous regrettons pour l'histoire de Fimprimerie que les noms de ces graveurs n'aient point été conservés.

Dans la galerie des cuivres, dont le nombre varie entre sept ou huit mille. Ces cuivres sont exposés dans des vitrines placées contre les fenêtres donnant sur la cour et dans des cadres fixés au mur opposé. La plupart de ces cuivres gravés sont l'œuvre de graveurs anversois des XV* et XVI* siècles, et représentent des plans de villes, des joyeuses entrées, des frontispices, des sujets religieux, des portraits, des figures emblématiques, des médailles, etc. Parmi les plus curieuses planches, je citerai les soixante portraits en pied des ducs de Brabant et des comtes de Flandre, les plans de villes placés dans l'ouvrage de Guicciardini, les quinze pièces gravées de la Petite Passion, d'Albert Durer, et les cinq cuivres de Peeter Boel, Diversi Uccelli, dont il existe fort peu d'épreuves, et qui atteignent dans les ventes d'amateurs un prix élevé.

La valeur de ces cuivres — je vous en ai dit le nombre — est considérable; la majeure partie est dans un état de conservation parfait.

Les portes des galeries et chambre que nous venons de parcourir s^ouvrent toutes sur la même ligne; de Textrémité de la galerie des cuivres on aperçoit le fond de la galerie des gravures ; et l'enfilade de ces chambres, éclairées des rayons du soleil qui filtrent à travers les volets en bois irrégulièrement repliés, présente un coup-d'œil d'un irrésistible attrait.

Nous traversons ensuite deux petites chambres dont l'une servait jadis de séchoir et de pressoir, et nous entrons dans la salle des bois gravés qui se trouve au-dessus de l'atelier typographique. C'est là que se trouvent entassées des merveilles sans nombre — on compte environ quinze mille bois — en profusion telle qu'il est difficile d'en donner une idée. Les titres, les encadrements, les vignettes, fleurons, culs -de -lampe, lettres ornées, marques, etc., forment une collection unique. Les tailles nettes, profondes de ces gravures sur bois dénotent une hardiesse d'exécution surprenante. Les planches de certains ouvrages, tels que VHistoire natU'relie de Dodoneus, sont au complet (3,ooo environ). On peut évaluer à trente ou quarante le nombre des alphabets (lettres ornées), d'un travail admirable, d'un dessin parfait et gracieux ; la plupart n'ont point servi. En outre, des dessins sur buis dus à des maîtres anversois du xvi' siècle et qui n'ont pas été gravés : travaux artistiques de la plus haute valeur.

LE MUSÉE PLANTIN-MORETUS sap

Immédiatement après cette chambre se trouve la petite bibliothèque, sorte de réduit discret recevant le' jour par trois fenêtres, dont deux donnent sur la petite cour de derrière du Musée. Les rayons garnis de volumes, éditions classiques grecques et latines, ouvrages de sciences, etc., depuis le sol pavé de petits carreaux rouges jusqu^au plafond, et le vieil ameublement, tout contraint Tesprit à un retour vers le passé. Deux escaliers conduisent de cette chambre, Pun à la salle des archives dans laquelle les visiteurs ne sont pas admis ; Fautre à une grande chambre dans laquelle sont exposés de précieux objets ayant appartenu à la famille Moretus.

La grande chambre dont je parlais tout à Theure est garnie de tables, de bahuts, de vitrines contenant des porcelaines de Chine, du Japon, de Sèvres d^un grand prix, des collections de coquillages, de minéraux assez précieux, d^empreintes de sceaux et de médailles.

Toutes ces salles forment des musées distincts, dont Pexamen offrirait le plus grand intérêt, mais il me faut abréger.

Cette grande chambre, ainsi que celle qui lui est contiguë et qui contient une collection assez curieuse d^appareils de physique, a vue sur la place du Marché du Vendredi.

En quittant la seconde nous nous trouvons dans le corridor conduisant à l'escalier d^honneur, qui débouche dans le vestibule d^entrée. Une autre porte qui s^ouvre sur ce même corridor nous permettra Paccès des annexes de la grande bibliothèque qui précèdent celle-ci. Dans ces annexes ont été classés les livres classiques en toutes langues imprimés dans la maison.

La bibliothèque a la forme d^un grand parallélogramme dont les trois côtés principaux et les entre-deux des fenêtres sont garnis de rayons. Contre le mur du fond avait été élevé, sous les Moretus, un autel sur lequel on officiait pendant la maladie d^une dame Moretus qui, atteinte de paralysie, pouvait ainsi faire ses dévotions sans sortir de ses appartements.

Il faudrait presque un volume pour énumérer les ouvrages que contient cette bibliothèque admirée par tous les bibliophiles. Nous avons dit que le premier ouvrage imprimé par Plantin était une traduction du toscan en français. Institution cTune fille de noble maison. Le dernier ouvrage publié par le célèbre imprimeur avant sa mort (i^' juillet iSSg) est le tome I*' des Annales ecclesiastici Cœsaris Baronii Sorani. C'est en 1573 que Plantin publia la fameuse Bible polyglotte, dont Pimpression • fit à proprement parler la gloire, sinon la fortune de cette imprimerie. La Bible polyglotte comprend 8 volumes in-folio : cinq volumes sont imprimés en grec, latin, chaldaique et hébreu ; trois volumes en syriaque. La bibliothèque possède trois exemplaires de cette Bible, dont un avec des notes et corrections d'Arias Montanus, le savant que Philippe II

envoya d^ Espagne à Anvers pour la publication de cet ouvrage. Les Bibles en diverses langues et de tous formats sont fort nombreuses. Il en est de même des psautiers, des dictionnaires et des grammaires en exemplaires de grande valeur. Là encore, les classiques grecs et latins, les ouvrages liturgiques, missels, bréviaires, occupent une place importante. La philosophie, la morale, Thistoire, la géographie, la théologie, les sciences physiques et naturelles sont également représentées, mais en proportion moindre. Un ouvrage fort curieux est le Theatrum typographicum plan-tinianœ officince,' offert à Plantin par Jean Moretus, en 1576. Ce recueil contient les titres, par ordre de date, de tous les ouvrages imprimés par Plantin, depuis Torigine de la maison jusqu^à cette date de 1576.

Les incunables, au nombre de soixante environ, sont fort beaux ; quelques-uns sont d^une insigne rareté, notamment la Biblia sacra de Pâster (1459) dont cinq exemplaires seulement sont connus, et les Dicts des philosophes, de Guill. de Tignoville, imprimé à Bruges vers 1475, par Colard Mansion, le maître de Caxton; un Homère de 1488; les Comédies d'Aristophane (Aide), 1498; les Epistolœ Hieronymi, imprimé par Schœffer à Mayence en 1470, etc., etc.

La bibliothèque est également riche en manuscrits, dont le nombre peut être évalué à deux cents environ, la plupart sur vélin et en parfait état de conservation, et qui sont exposés en partie dans les salons du rez* de-chaussée où nous les retrouverons.

Ces salons sont ornés de portraits dont<iuelques-uns sont des œuvres d^art que les musées d^ Europe se disputeraient : Tels : les six Rubensau* thentiques, — la constatation des sommes payées à Tartiste peut être faite — portraits de Christophe Plantin, de Jeanne Rivière, d'Adrienne Gras, mère de Jean Moretus I*% de Martine Plantin, de Jean Moretus I*', de Jean Moretus II. Tel encore un portrait de Balthazar Moretus, par Van Dyck, une chose incomparable et qui sans conteste peut être considérée comme un des chefs-d^œuvre de Van Dyck ; des portraits de membres de la famille par Pourbus ; un Gevatius par Corneille de Vos, portrait splendide.

Le musée possède encore treize toiles de Rubens, des toiles de grande valeur de C. de Vos, Eyckens, Van Dyck, 'Boyermans, Van de Venue, Govaert, Slinck, Paul de Vos, etc.

Dans le salon du milieu, deux meubles de toute beauté. L^un, en palissandre et écaille, portant des têtes d^anges et de dauphins, est illustré sur ses battants de porte et ses tiroirs multiples de scènes empruntées à la Bible, peintes par Hans Jordaens, parent du grand peintre. Le second meuble de Boule, palissandre incrusté d^étain, dont les ornements sont sculptés avec beaucoup de goût et une rare perfection.

A noter encore : la pendule en or massif donnée à la maison Plantin par les archiducs Albert et Isabelle, lors d^une visite qu^ils firent à rétablissement ; une table en palissandre, d^un prix inestimable, dont la sur-

LE MUSÉE PLANTIK-MORETUS aji

face est formée de plaques d^écaille d^un centimètre d^épaisseur ; deux cruchons en terre cuite datant de la fin du xvi* siècle ; des vases japonais de toute beauté ; des tapisseries des Gobelins et d^Ingelmunster ; des cristaux de Venise, etc.

Les entre-deux des fenêtres donnant sur la cour sont occupés par de petites tables en laque supportant des services à thé en porcelaine de Chine^ de Sèvres et du Japon.

Il me faut abréger, à mon grand regret, et terminer ici la description succincte des collections du musée Plantin-Moretus.

Je terminerai ce second et dernier article par quelques indications généalogiques et des notes sur les emblèmes et marques typographiques adoptés par le grand imprimeur anversois et ses successeurs.

Christophe Plantin, né en i5i4, à Montlouis, près Tours (Indre-et- Loire), mort à Anvers le i«' juillet 1589, eut de son mariage avec Jeanne Rivière, originaire de Caen (Normandie), morte en 1596, six enfants :

i^ Un fils, né le 21 mars i566 et mort à Page de onze ans;

2<* Une fille, Marguerite, qui épousa Fr. Van Raphelingen, qui dirigea rimprimerie fondée à Leyde par Plantin;

3* Une fille, Martine, qui épousa Joannes Mourentorff (Moretus), successeur de Plantin, né le 22 mai 1543, mort le 16 septembre 1610;

4* Une fille, Madeleine, mariée à Gilles Beys, qui dirigea la maison fondée à Paris par Plantin ; et en secondes noces à Adrien Périer, imprimeur à Paris ;

5® Une fille, Catherine, mariée à J. Gassan, négociant à Paris ; et en secondes noces à J. Arents, négociant à Anvers;

6« Une fille, Henriette, mariée à Pierre Mourentorff, frère de Jean, négociant à Anvers. » ,

De son mariage avec Martine, Joannes Mourentorff eut six enfants, dont deux, Balthazar I«' (i 574-1641), qui le premier signa Moretus, et Joannes II (i 576-1618), dirigèrent l'imprimerie avec la veuve de Joannes Mourentorff. Un autre fils, Balthazar II (16 15-1647), reprit ensuite la direction des affaires. Ce dernier eut douze enfants, parmi lesquels Balthazar III, anobli en 1692 par Charles II, roi d'Espagne, dirigea Timprimerie (1646-1696). Il eut neuf enfants, dont deux, Balthazar IV (1679- 1730) et Joannes-Jacob (1690-1757), possédèrent l'imprimerie. — Balthazar IV eut huit enfants. Joannes-Jacob eut neuf enfants, dont quatre s'occupèrent des affaires.

L'un d'eux, Franciscus Joannes (1717-1768), l'aîné, qui fit rebâtir en 1761 la façade extérieure existant aujourd'hui, eut deux enfants qui furent imprimeurs : Josephus Hyacinthus (1762-1810) etHenricus Paulus Franciscus (i 765-1 806). Le deuxième eut cinq enfants. Le premier eut huit enfants, dont deux dirigèrent l'imprimerie : Albert-Hyacintbe-Fraoçois*

Frédéric {1795-1857) et Edouard, Joseph {1804), le dernier survivant qui a cédé la maison à la ville d^ Anvers et qui est mort en juillet 1880.

En i555y Plantin avait adopté pour marque typographique un arbre au tronc duquel s^enroule une vigne qui suspend ses grappes aux branches de Tarbre. Un vigneron coupe les mauvais bourgeons prés déterre. Dans un cadre ovale entourant cène marque se lit cette devise : Exerce imperium et ramos compesce fluentes ; à partir de i556 cenaîns livres portent comme marque la vigne avec cette devise: Christus veravitis.

Cest en 1 558 que Plantin se servit pour la première fois de la marque du compas, une main sortant d^un nuage et tenant ouvert un compas dont Tune des pointes est fixe et Pautre décrit un arc de cercle. La forme de cette marque varie à Tinfini ; celle que nous avons reproduite est due à Wierix et peut sans conteste passer pour la plus belle. La devise de Plantin était, nous Pavons dit : Labore et Constantia. Le célèbre imprimeur a exprimé, en parlant des gravures de la Bible polyglotte, que les figures allégoriques placées de chaque côté du compas ne donnent pas seules le sens de sa devise, mais que le compas lui-même en donne également Texplication : la branche droite et fixe du compas représentant la constance, la branche mobile le travail. Jean Moretus I*' avait adopté pour devise Recta ratione; celle de Balthazar Moretus I"* était Stella duce.

Christophe Plantin mourut le i*' juillet 1589 et fut enterré dans le pourtour du chœur de Téglise Notre-Dame à Anvers, près de Tendroit où se trouve encore son monument.

Plantin fut un de ces grands travailleurs, de ces infatigables chercheurs dont Phumanité s^honore et dont la gloire durable est établie sur des œuvres incomparables qui ont aidé au développement des lettres, des arts et des sciences; son nom peut être inscrit à côté de celui des Aide et des Estienne, auxquels il était supérieur par le savoir-faire et Pactivité.

Arias Montanus disait de Plantin : « Il n'y a pas de matière en lui ; tout y est esprit. 11 ne boit ni ne mange et il dort peu. »

Cest faire œuvre vraiment utile et glorieuse que de recueillir — et cela honore grandement une cité — tous les vestiges des grandeurs passées, de les offrir comme exemple à suivre, comme but à conquérir aux générations présentes, qui puisent dans ces monuments vénérés le goût des choses belles et la foi ardente dans le travail.

Aussi la ville d^ Anvers a-t-elle droit à la reconnaissance de tous ceux qui honorent le travail et recherchent les jouissances artistiques.

Pendant trois siècles, les Plantin-Moretus ont illustré la patrie de Rubens; aujourd'hui la ville d'Anvers peut étrefièrede posséder Pundes musées les plus curieux qui soient au monde.

Léon Degeorge.

LA RELIURE ILLUSTRÉE

Fia. I02. — Cauuartik [Louis le Fèvre de), intendant de Picardie et du Poitou, garde des sceaux de France, décédé le 21 janvier i633. Ce magistrat, quoique bègue selon Brantôme, ne laissait pas d'avoir la langue bien pendue. Louis Xlll l'employa à diverses ambassades; et c'est pendant le cours de ses voyages hors de France qu'il amasse une foule de livres tant imprimés que manuscrits dont l'ensemble forma le noyau de cette fameuse bibliothèque que possédèrent successivement quatre membres de cette illustre famille. A sa mort, tous ses livres passèrent à son fils:

Fig. ro3. — Cauhartin (François le Fèvre de), évoque d'Amiens, mort le 7 novembre i652. Celui-ci ne laissa pas péricliter entre ses mains l'héritage paternel. Au contraire, il l'augmenta d'un grand nombre de sujets ra"res et curieux. Pendant sa gestion les Mémoires et les Lettres de son père furent déposés à la Bibliothèque du roi. Sentant sa fin prochaine et voulant assurer le son de sa colleaion bibliographique, il la légua par disposition testamentaire à son neveu :

Fig. 104. — Caumartin {Louis-François le Fèvre, seigneur de}, conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes à la même cour, intendant de Champagne et conseiller d'État. Sa prudence, sa probité et ses connaissances généalogiques lui attirèrent l'aneniion des commissaires chargés des recherches de la noblesse dans la province de Champagne, sous la direaion de d'Hozier. C'est lui qui rédigea le Procès-verbal publié en deux volumes in-folio avec les armes de chaque famille. Né le 16 juillet 1624, il mourut d'une attaque d'apoplexie le 3 mars 1687. Il ti. 3o

s|4 LE LIVRE

avait épousé en secondes noces Catherine-Madeleine de Verthamon mentionnée ci-dessus, fig. 99. La bibliothèque vint à son troisième fils :

Fig. io5. — Caumartin (Jean^FranqoiS'-Paui le Fèvre de), évêque de Blois, né en Champagne le 16 décembre 1668, mort dans son diocèse le 3o août 1733. Ce prélat alliait à ses fonctions le charme d^une érudition peu commune. Tout semblait être de son ressort : histoire, philosophie, sciences, voyages, archéologie et généalogie. Son père ne négligea rien du reste pour développer en lui les heureuses qualités quMl montrait dès son enfance. On le destina à Pétat ecclésiastique. Le cardinal de Retz Paul de Gondi, son parrain, se démit en sa faveur de Fabbaye du Buzai : il avait alors sept ans ; c^était en quelque sorte une survivance. Un jour, son père, qui venait de quitter Tintendance de Châlons, fut nommé commissaire du roi pour la tenue des états de Bretagne ; il y mena le jeune abbé de Buzai, qui en cette qualité avait non seulement droit à Pentrée aux états, mais encore devait présider une commission d^usage. C^est là, diton, que, sous le camail et le rochet, il prononça plusieurs discours. Les fitil lui-même ? On peut en douter ; mais ce qui est certain, diaprés des témoignages dignes de foi, il les débita avec toute la grâce et toute la présence d^esprit que son âge permettait.

N^ayant pas encore atteint sa vingt-sixième année, TAcadémie française le reçut dans son sein ; puis admis au nombre des honoraires de TAcadémie des inscriptions et belles-lettres. Enfin le 17 septembre 171 7, il fut élevé au siège épiscopal de Blois.

Aussitôt installé dans sa nouvelle résidence, il s^occupa avec passion de la bibliothèque de ses pères ; il Penrlchit d'un grand nombre d'ouvrages précieux et lui adjoignit la collection de son prédécesseur David-Nicolas Berthier. L^amour des livres s'exalta chez lui à ce point qu'il chargeait les voyageurs de sa connaissance et même des ambassadeurs de lui acquérir les livres manuscrits dans la langue des pays où ils allaient.

La Bibliotheca Caumartiniana, comme l'on disait alors, au moment de la mort de l'évêque de Blois, renfermait environ neuf mille ouvrages embrassant toutes les branches du savoir humain, et trois cent cinquante manuscrits, dont cinquante-quatre en italien, vingt en langue persique, six en turc, un en arabe, un en chinois, enfin un en langue siamoise intitulé : Naavan, contenant une d«s vies de Somanakhodom ^ écrit sur de l'écorce d'arbre.

Parmi les manuscrits français et latins l'on distinguait paniculièrement : Evangelia IV, parchemin du viii* siècle, avec une préface de Saint- Jérôme ; le Spéculum humanœ vitœ, in-fol. ; Liber delocisstellarutnfixa'^ runtf in-fol., avec figures enluminées; cinq Orariœ pice sur vélin avec miniatures ; les Adventures du livre de Saint-Graal et du roi Artus^ par Maistre Gantiers Map ; H Roman de la Rose, in-fol. sur vélin avec mi-

LA RELIURE ILLUSTRÉE %ji

niatures ; le Journal de la campagne de Catalogne en l'année 1 6g6, in-4'> avec cartes, plans et vues, le tout dessiné et gravé.

Coîw à cinq foMces d'argent. Comme le pricidenl.

Fîg.104. — Cadi(*bt(n. f'B- io5. — Caukabtih.

Comme le précédent. Comme le précédent.

Plusieurs de ces raretés entrèrent à la Bibliothèque nationale par voie d'achat ou de don.

Cette bibliothèque fut dissipée après la mort de l'évâque de Blois sans respea pour ceux qui l'avaient constituée. Les héritiers se donnèrent presque auunt de peine à s'en débarrasser que leurs ascendants en avaient

eue pour r<Jtablir. Cest bien U le cas de dire avec Salluste ; Omnia orta occidunt, et aucta senescunt.

Comme le pricidtnt. Comme leprécident.

Fis- "*■ — C*ZB. Fig. 109. — Champion db I

D'ajur au chevron cf or, accompagné en Écarteli : au i et 4, d'azur à trois

chtj de deux losanges . du même et en icussons d'argent chargés de trois bandes pointe, d'un tion d'argent. de gueulet; au a et 3 de gueules 4 la

fasce tthtrmines.

La vente produisit environ 3o,ooo livres, soit 1 5o,ooo francs de notre monaaie actuelle.

Catalogue des livres de la bibliothèque de feu... Jean-François "Paul IcFèvredcCaumartin, évéquede Blois.— Paris, 17^4, in-S^de 647 pages.

LA RELIURE ILLUSTRÉE »T

Catalogus librorum qui extant in bibliotheca... de Caumartin, episcopi Blesensis, Blesis, P. J. Masson, 1734, in-S" de 62 pages contenant environ quatorze cents articles. C'est le catalogue des livres qui se trouvaient alors dans le palais épiscopal de Biois.

Fig. iio.- Chan*lb:li.«s. Fig. m. -Chardoh.

D'or à trois terriers de sable colletés if argent, courant Vun sur Fautrt.

Fig, 106. — Caumartin (Louis-Urbain le Fèvre de), marquis de Saint-Ange, fils de Louis-François, cîté fig. 104, et frère du précédent.

Nous avons déjà dit quelques mots de ce remarquable amateur dans V Armoriai du bibliophile. Outrequenousavonstrouvéde lui un deuxième écusson, il nous a été fourni des renseignements sur sa personne et sa bibliothèque que nous ne possédions pas alors. Aussi, dans l'intérêt du lecteur, nous faisons-nous un devoir de reprendre ici son article en entier.

« Le marquis de Saint-Ange, dit Saint-Simon, était d'une taille élevée, beau, bien fait, fort capable dans son métier de robe et de finances; il savait tout en histoire, en généalogie, en anecdotes de cour, avec une mémoire qui n'oubliait rien de ce qu'il avait lu ou vu, jusqu'à citer sur-le-champ les pages dans la conversation. 11 était de fort grand monde, avec beaucoup d'esprit, très obligeant et au fond fort honnête homme. Mais sa figure, la confiance de Pont-Chanrain et la cour l'avaient gâté. Il était glorieux, quoique respectueux, avait tous les grands airs qui le faisaient moquer et hair encore de ceux qui ne le connaissaient pas. En un mot, il portait sous son manteau toute la fatuité que le maréchal de Villeroy étalait sous son baudrier. »

Il avait été successivement conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes, intendant des finances et ministre d'État. U laissa dans ces

sj8 LE LIVRE

postes la réputation d^un magistrat plein de jugement et de savoir. Cest à lui que Boileau fait allusion dans ce distique :

Chacun de l'équité ne fait pas son flambeau, Tout n*est pas Caumartin, Bignon ou Daguesseau.

De son côté, Voltaire, s^adressant au prince de Vendôme, grand prieur de France, dit :

... Tout simplement donc je vous dis Que dans ces jours de Dieu bénis, Où tout moine et tout cagot mange Harengs, saurets et salsifis.

Ma muse qui toujours se range Dans les bons et sages partis.

Fait avec faisans et perdrix Son carême au château Saint-Ange.

Au reste, ce château divin, Ce n*est pas celui du saint-père, Mais bien celui de Caumartin, Homme sage, esprit juste et fin, Que de tout mon cœur je préfère Au plus grand pontife romain, etc.

Cest dans ce magnifique château élevé par François I^, près de Fontainebleau, pour la belle duchesse d^Etampes, que le marquis de Saint-Ange érigea cette bibliothèque, objet de Padmiration des amateurs contemporains. Non qu^elle fût considérable, mais le choix des livres, la qualité des exemplaires et la beauté des reliures la rendaient pour ainsi dire unique en son genre. Tous les volumes, habillés pour lui par les meilleurs ouvriers de Pépoque, portaient tantôt frappée sur ces plats la marque fig. io6, tantôt, à Tintérieur, en ex libris^ la marque fig. 107. On y comptait beaucoup de manuscrits rares, quelques incunables, des elzeviers, une série d^auteurs grecs et latins reliés en maroquin rouge à tranches dorées, et une splendide suite de gravures d^anciens maîtres tels que Marc-Antoine et Albert DQrer.

Sauf une douzaine de manuscrits légués à Tévéque de Blois, tous ces trésors bibliographiques furent acquis par deux libraires. Leur choix fait, ils vendirent le reste à Pencan.

Ce bibliophile ardent et fastueux mourut en sa terre de Saint-Ange le 2 décembre 1720, dans la soixante-septième année de son âge.

Fig. 108. — Caze (Arme'NicolaS'-Robert deJ, conseiller du roi, trésorier des postes et fermier général, né au mois de janvier 17 18, mort vers 1762. Il avait épousé Suzanne Lescarmotier, célèbre par sa beauté.

Cet amateur devait avoir une fort belle bibliothèque, car Pouvrage sur lequel nous avons relevé sa marque est orné d^une splendide reliure.

LA RELIURE ILLUSTRÉE ajp

Il est intitulé : Joatinis Swammerdamii,.. Biblia naturœ. — Leyd», 1737, in-folio, et figure parmi les richesses de notre grand dépôt national.

Cependant son catalogue n^accuse que trois cent cinquante-six numéros. D^où nous concluons que Ton aura d^abord extrait ce quUl y avait de plus important pour quelques amateurs, et livré le reste aux enchères.

Catalogue des livres de Monsieur*** (Caze). — Paris, De Bure j 1762, in-8<* de 22 pages.

Fig. 109. — Champion de Cicé (Jérôme-Marie), archevêque d^Aix et garde des sceaux de France. Issu d^une famille noble d^ancienne extraction, ainsi qu^il appert d^un arrêt du 3 septembre 1668, rendu à la chambre de la réformation de Bretagne; né à Rennes en 1735, mon en son diocèse le 22 août 1810. Il était le douzième des enfants de Jérôme Champion de Cicé, capitaine de dragons, et de Marie-Françoise de Yarennes.

L^archevêque d^Aix avait réuni une riche collection de livres composée des meilleurs ouvrages de littérature, de sciences, d'histoire et de philosophie. Toutefois, la théologie, le droit canonique, PAncien Testament et autres matières ecclésiastiques y occupaient une grande place.

La majeure partie de ses livres lui venait de la collection Du Tartre dont nous avons parlé dans V Armoriai du bibliophile.

Marque prise sur : État militaire pour F année 1790, relié en maroquin rouge, avec filets et tranches dorées, inscrit sous le n? 450 du Catalogue de livres... provenant de la collection de M. C. de Marseille... Paris, Bachelin, 1876, in-8*.

Fig. II o. — CHAïfkLEiLLES (CharleS'François^'Guillaume, marquis ve), pair de France, chevalier de Tordre de Saint-Louis et de la Légion d^hon* neur, né à Aubenas en 1767 d'une des plus anciennes familles de France fixée dans le Vivarais.

Au moment de la Révolution, le marquis de Chanaleilles commandait le brick le Chasseur. Il se retire d'abord dans l'armée de Condé, puis se rend à Rhodes où son frère puîné résidait comme chevalier de l'ordre de Malte. Bonaparte voguant vers l'Egypte s'empare de l'île. Le marquis^ avec tous ses camarades chevaliers de la langue de France, considérés comme otages, suivit l'armée expéditionnaire et fit partie de la commission scientifique d'Egypte. De retour en France, le premier consul lui con« fia l'administration de la Martinique. Enfin en 1837, Loûis-Philippe, pour couronner une si honorable carrière, l'éleva à la dignité de pair.

Dans la soixante-dix-huitième année de son âge, le 21 août 1845, le marquis de Chanaleilles cessa de vivre, aimé et respecté de tous.

Malgré une vie agitée, il s'était amassé beaucoup de livres et un riche cabinet d'objets d'art et de curiosité. Il recherchait de préférence les ouvrages de géographie, de sciences et d'économie politique, et les avait fait

relier avec cette simplicité d^un homme qui éprouve plus le besoin de les lire que de les contempler.

Marque prise sur : Dictionnaire mathématique... par O^^anam. — Paris, 169I) in-4'', relié en maroquin rouge, avec filets et tranches dorées^ inscrit sous le n» 65 du catalogue Lambilly, Paris ^ Aubry^ 1866, in-8*.

Fig. III. — Chardon (Daniel- Marc- Antoine)^ chevalier, conseiller du roi, maître des requêtes ordinaire de son hôtel, premier président du conseil supérieur de la Corse et intendant de justice, police et finances de nie. Né à Paris en 1780, mort le 14 octobre 1796.

C^est le célèbre rapporteur dans la triste affaire Sirven. Chacun, ou à peu près, a entendu parler de ce phénomène juridique qui étonna PEurope entière.

Un protestant de Castres, nommé Sirven, avait trois filles. On lui enlève la plus jeune; on renferme dans un couvent, et là, pour lui inculquer plus sûrement les saints mystères de la foi, on la fouette à outrance. Affolée, elle va se jeter dans un puits non loin de ses parents. Aussitôt les âmes pieuses s^émeuvent et accusent le père d^avoir noyé son enfant ; c^était tout naturel, il était de la religion réformée ! Voltaire prend sa défense; et Chardon, bravant les puissances séculières et ecclésiastiques, fait un rapport net et clair où il démontre Pévidente fausseté de Taccusation.

Malgré les lumineuses conclusions du rapport, la confiscation des biens de Paccusé est maintenue. Oh ! vénérable magistrature que TEurope nous envie ! ! Le patriarche de Ferney écrit alors à Chardon : « Ci* céron et Démosthène, à qui vous ressemblez plus qu^au maréchal de Villeroy, n^ont pas gagné toutes leurs causes. Je ne suis point du tout étonné que Informe ait emporté l^fond... Voilà une famille qui ne va point à la messe, il est juste qu^elle meure de faim. »

Ce qui précède établit Tintime corrélation entre le caractère de Phomme et ses goûts. Bien que ramassant les livres curieux, il ne négligeait pas ceux qui pouvaient lui être utiles. Aussi sa bibliothèque renfermait-elle spécialement les ouvrages sur nos origines nationales, sur. le droit des gens, la philosophie, et surtout sur la tolérance religieuse dont il fut avec Voltaire Tun des plus nobles et des plus dévoués champions.

Empreinte communiquée par M. Louis Vian, avocat à Paris.

JOANNIS GUIGARD.

Page 1