I. Tfibingen, 1881. VerUg der Laapp'achen BnchhaDdlang
ISa LE LIVRE
Dans le chapitre intitulé : Imprimerie et université, l'auteur montre qu'au début les rapports entre Tart naissant et l'autorité universitaire étaient peu intimes. On continuait aussi à copier des manuscrits et les libraires en vendaient aux écoliers autant et plus que des livres imprimés. Ce ne sont que les statuts de i537 V^^ placent les imprimeurs sous le contrôle de l'université. La nomenclature se subdivise en trois rubriques : imprimés authentiques, douteux et apocryphes. Un appendice est consacré aux imprimés commandés à des officines étrangères. Dans sa classification, M. Steiff a procédé avec une rigidité extrême et les i6i numéros que comprend la première rubrique peuvent être considéra comme définitivement et dûment authentiques.
Parmi les imprimés d'Otmar nous signalerons le n* 19 : gravure sur bois avec texte. Parmi ceux d'Anshelm le n* 22, le plus célèbre des écrits imprimés à RUbingen, VAugenspiegel de Reuchlin. M. Steiff donne le fac-similé du titre. Ce livre fut, comme on sait, la cause de la querelle du grand savant avec les moines de Cologne. Le n* 161, de Morhart, est le pamphlet de Cochlaus contre Luther, Sieber Kopffe^ etc. Ce n'est qu'une réimpression.
Il y a toute une série d'imprimés sur lesquels il nous reste à attirer l'attention du lecteur. Ce sont les publications officielles de l'autorité. Le n* 26, d'Anshelm, est une invitation du duc Ulrich, adressée à tous électeurs, princes, bourgmestres et bourgeois, à assister à une course « de chevaux courants » qui devait être suivie d'une course entre hommes et entre femmes. Parmi les imprimés de Morhart se trouvent une foule d'ordonnances et de convocations et, de plus, un règlement de Charles-Quint sur les monnaies, donné à Esslingen en 1 525. La même année, Morhart imprima également le pamphlet de Luther contre les paysans révoltés (n* io5). Le commentaire dont M. Steiff a fiait suivre nous semble tout à fait concluant. Certes son livre mérite de figurer dans la bibliothèque de tous ceux qui s'occupent de bibliographie et de l'histoire de la typographie.
— Le vénérable Boulard, comme l'appelait Charles Nodier, n'est pas un mythe, nous apprend M. Jules Brivois. c Boulard (Antoine-Marc- Henri), né à Paris en 1754, mort en 1825, abandonna le notariat pour les lettres. Il traduisit plusieurs ouvrages. A sa mort, il laissa une énorme quantité de livres. La première partie contenant la théologie, la jurisprudence, les sciences et les arts, comprenait 5,146 articles et a été vendue le 19 mai 1828 et les 59 jours suivants. Les livres anglais, allemands, hollandais, etc., comprenant 4,983 articles, ont été vendus le 10 novembre 1828 et les 56 jours suivants. Les belles-lettres, l'histoire, les pièces sur la Révolution et les manuscrits comprenaient ensemble plus de 10,000 articles. En résumé, Boulard possédait plus de 20,000 volumes ! (Voyez Bibliographie de la France^ année 1828, n" 2427, 4827, etc.)
— Nous avons le regret d'apprendre à la dernière heure la mort d'Édouard- James de Rothschild, président de la Société des études suivies et Tun des membres les plus laborieux de la Société des anciens textes. Nous consacrerons dans notre prochaine livraison une courte notice à ce fervent bibliophile.
Paris, un An : 40 fr. Province, nn An : 42 fr-
X^e numiiD Tendu séparément : 5 fimnoa
LLaL'
LE LIVRE. — Paris, A. Quantin, imprimeur-éditeur, 7 rue Saint-Benoit.
DEUXIÈME ANNÉE
SOlfMAIRE DE LA LIVRAISON DU 10 DÉCEMBRE 1881
BIBLIOGRAPHIE ANCIENNE
f . — LES AMIS DES LI\'RES — par Vvn dbs cisqoante.