LES AMIS DES LIVRES
Bpuis longtemps déjà nous eussions dû consacrer ici quelques pages à cène aimable Société des amis des livres; mais, qui pourrait éire assuré de réaliser ses désirs en temps voulu, alors que rfaeure fuit inexorablement dans renvahlssemem du travail quotidien et qu'on ne sent le poids de la vie qu'à mesure, hélas! qu'on la perd?
Depuis Ménage qui écrivit :
« Les livres ont toujours été la passion des honnêtes gens » , le bibliophile est considéré à bon droit comme le prototype de l'Honnête homme, dans le sens élevé du mot qui servit de titre à l'ouvrage du sieur Faret, c'est-à-dire comme le gentilhomme parfait, soigneux de son honneur, de sa dignité et de ses belles manières, comme le représentant de la politesse et de l'urbanité françaises, comme le modèle enfin de l'homme éclairé qui pourrait répondre comme le duc de Vivonne à Louis XIV : « La lecture fait à mon esprit ce que vos perdreaux font à mes joues. »
Cette Société des amis des livres fut (ondét vers 1874 par trois passionnés du livre, MM. Ernest Gallien, Philippe de Saint- Albin et Truelle Saint-Evron, celut-ci dernier survivant du triumvirat bibliophilique.
11 s^agbsait tout d^abord de se donner rendez-vous le premier mardi de chaque mois, au cabaret, comme on dit aujourd'hui, et là de deviser chacun sur ses trouvailles, ses acquisitions, ses bonnes fortunes bouquiniéres. Peu à peu un groupe d^amateurs se forma ; aux premier sinvités se joignirent d^autres convives du mardi et bientôt la société se constitua définitivement et rédigea ses statuts, dont nous ne pouvons mieux faire que de. résumer les principaux articles.
Art. I"'. — La société a pour but :
1^ De publier des livres avec ou sans illustration, qui, par leur exécution typographique ou par le choix artistique, soient un encouragement aux peintres et aux graveurs, aussi bien qu'un motif d'émulation pour les écrivains français ;
2<^ De créer, entre tous les bibliophiles, des rapports suivis au moyen de fréquentes réunions.
Art. III. — La société se recrute parmi les amateurs et curieux, quelle que soit leur spécialité : livres anciens on modernes, dessins ou vignettes. Elle admet les critiques et les érudits dont les travaux se rapportent à sa publication et à son but.
Les dames peuvent faire partie de la société.
Art. IV. — Le nombre des membres titulaires de la société est limité à cinquante. Les sociétaires actuels portent le titre de membres fondateurs.
Art. V. — La société peut agréer les membres correspondants habitant la province ou l'étranger; — le nombre des correspondants ne dépasse pas vingtcinq. — Ils sont tous tenus de souscrire aux publications de la société et leur nom est inscrit sur leur exemplaire. — Ils reçoivent l'annuaire, mais ils n'assistent pas de droit aux réunions.
Art. XIV. — La société se réunit au moins une fois par an en assemblée générale pour procéder :
1* A la nomination de son bureau ou comité ; 20 A l'élection des nouveaux membres;
3« A l'examen et à l'approbation des comptes annuels présentés par le trésorier ;
4» Au vote du projet de budget qui lui est soumis par le comité ;
5° Au choix d'une publication, au vote de la dépense de cette publication et à la nomination des membres chargés de la diriger;
6« A la discussion de toutes les questions portées à l'ordre du jour par le comité. La société se réunit en vue de ses travaux et de ses études à des époques fixes déterminées par son règlement intérieur et sur la convocation de son président, toutes les fois que le comité le juge nécessaire.
Nous ne parlerons pas du règlement intérieur qui comporte quatorze articles, lesquels ne visent que les membres fondateurs et n'ont pas grand intérêt pour le public.