‹ Le livre (volume 3)Chapitre 88 sur 103 · PERSIGNY · texte numérisé non relu

PERSIGNY

Le duc de Persigny eût été un savant, s'il ne fût devenu un homme politique. Nul n'est maître de sa destinée, pas même ceux qui changent la destinée des nations. Laissons l'homme politique à l'histoire qui, dans un temps moins agité, reconnaîtra que ce fut avant tout un homme de bonne foi et un homme de bonne volonté. Chamfort a eu raison de dire : « En politique, tout le monde a tort et tout le monde a raison. » En dehors de la politique, Persigny fut un haut lettré. Il Ta prouvé par son livre sur les pyramides. Ne nous l'a-t-il pas prouvé souvent à nous-mêmes, à nos causeries des Spartiates où il se montrait si original et si imprévu ? Il ne lui a manqué qu'un peu plus de liberté, quand il était ministre, pour être un grand ministre. C'est lui qui eût été le vice-empereur si l'empereur ne lui eût pas dit : Tu n'iras pas plus loin. Le ministre devint philosophe. Persigny échappa aux vanités de la cour pour venir parmi nous réapprendre la franchise, la gaieté, la raillerie, ces vertus théologales de l'esprit français.

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