NOUVELLES LITTÉRAIRES DIVERSES
— Miscellanées françaises et étrangères —
FRANCE
Un hommage. — M. Gaston Paris, de l'Institut l'un des maître de la philologie romane, vient de recevoir, à l'occasion de son 5o' anniversaire, la croix de commandeur de l'ordre suédois de
l'Étoile du Nord. En même temps, un groupe de romanistes suédois, ses élèves, a offert à l'illustre professeur un Recueil de Mémoires philologiques, spécialement rédigé pour la circonstance. Ce recueil, tiré à petit nombre, contient des études fort curieuses sur les origines de notre langue,
par MM. Geijer, Euren, Visïng, Fr. Wulff, et autres. Le savant éditeur des Enfances Vivien, le docieurCarl Wahlund, yainséré deux plaquettes rarissimes qui manquent à toutes nos grandes bibliothèques, et qu'on ne trouve guère que dans la sienne, à Upsal : une Oniti'o de gente et îingua francica de Guillaume Rabot, Dauphinois, professeur à Vittemberg en 1S72; et une brochure Je Cordier de Saint-Firmîn, imprimée à Paris en 1806. L'éditeur a joint à ces opuscules de savantes notices qui seront très remarquées des bibliophiles.
Poésie royale. — On a parlé de Marie-Antoinette musicienne et actrice au théâtre de Trianon, mais qui connaît Marie-Antoinette poète / Voici pourtant, d'après l'Intermédiaire des curieux, des vers d'elle, les premiers qui aient été découverts. Ils sont écrits de sa main sur un agenda qui a appartenu au comte de Fersen, à côté d'une miniature de la reine, signée Boquet, 1788 :
ces ubleltes?
Quels secrets leur confierez- vous ?
A.bi sans doute ellei furent faites Pour les souvenirs les plus doux !
Eo attendant qu'i cet usage Ce souvenir soit employé.
Qu'il ioit permis i l'amitié D'en remplir la première page.
La statue de Musset. — Alfred de Musset va décidtment avoir sa statue sur la place Saint- Aufîustin, ce qui entraînera la suppi bassin actuel.
M. Carnot a signé le décret donnant 1' sntlon que sollicitait le Conseil municipal.
Prix et concours.^ La Société nationale d'Encouraf^ement au Bien vient de couronner un intéressant ouvrage de M"" Leone Delisle : la Patrie et la Femme, en vente à la librairie Mar~ pon et Flammarion.
Un nouveau concours est ouvert par la ville de Paris, pour la production d'un poème destiné à servir lie livret à une composition musicale en plusieurî parties, avec soti et chœurs.
Le sujet, auquel on aura la faculté de donner la forme historique, légendaire ou symbolique, devra offrir un caractère national et exprimer les sentiments de l'ordre le plus élevé.
Les auteurs peuvent se procurer à l'hôtel de ville, bureau des beaux-arts, le programme de ce concours, dont le prix est de 1,000 francs.
Le dernier délai pour la remise des manuscrits est fixé au i5 novembre prochain.
Le Bouquin, revue littéraire, ouvre un concours de monologues, poésies et nouvelles. Prière d'envoyer lesmanuscritsà M. Paul Franck, au bureau du Bouquin, 61, passage Brady.
BTRAnaER
Allemagne. — Un concours international. — L'Académie royale de Berlin a, conformément au legs du comte Joseph Loubat, à décerner un prix de 3ooo francs à un ouvrage traitant de la colonisation de l'Amérique du nord et de l'histoire récente de ce continent, publié entre le 1" juillet 1888 elle 1" juillet 1889. Les ouvrages peuvent être écrits en anglais, en français, en allemand ou en hollandais. Ils doivent parvenir à l'Académie avant le 1" juillet 1890.
— L'éditeur Ehlermann, de Dresde, a reprb depuis quelque temps la publication de deux revues d'outre-Rhin fort appréciées, la Deutsche Dichlung, et le Maga:{in /tir die Litleratur des In-und Auslandes.
La Deutsche Dicktung, fondée et dirigée par K. E. Franzos, un romancier de talent, vient de terminer sa troisième année. Grâce à l'unité de direction, cette publication bi-raensuelle s'esi toujours maintenue jusqu'à présent à peu près au même niveau, un niveau assez élevé. Cette troisième année (deux volumes in-4* de chacun 3oo pages avec six portraits et de nombreux autographes en fac-similé) contient des nouvelles signées W, Jensen, 0. Roquette, H. Lingg, etc. des poèmes de H. Kruse, P. Heyse, A. Schack, W, Jordan, R, Leander, etc.; des œuvres dramatiques de P. Heyse, Bauemfeld, O. Roquette, c'est-à-dire que toute l'élite de la littérature contemporaine allemande y est représentée. L'innovation qu'a apportée à la Deutsche Dicktung son nouvel éditeur, M. Ehlermann, consiste dans la publication simultanée eo deux formats : l'un, in-4«, ancien format, et l'autre, in-S", plus maniable. Le succès est désormais acquis sous les deux formes.
Quant au Magasin fur die Litteratur, c'est une véritable résurrection, grâce au sang nouveauque lui a transfusé l'énergique M. Ehlermann. Le Magasin, aujourd'hui dans sa cinquante-huitième année, était tombé au plus bas, surtout matériellement, entre les mains de l'ediieur fl--
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
cèdent; imprimé sans aucun soin sur un papier détestable, ce n'était plus qu'une sorte de pamphlet entre les mains des nombreux rédacteurs en chef qui s'y succédaient rapidement. Aujourd'hui le Magasin réjouit l'œil par une exécution typographique sans pareille, et l'esprit par une attitude plus correcte et plus indépendante de toute coterie. Et ceci est l'œuvre personnelle de M. Ehlermann qui, sous ce rapport, a bien mérité des lettres.
A l'instar de Paris, Berlin a voulu son Théâtre- Libre^ et c'est à l'instar de Paris que la capitale allemande l'a dénommé Freie Bûhne, destiné à fonctionner de la même manière et à représenter pour ainsi dire les mêmes auteurs. Le programme comporte en effet des pièces de : Auzengruber, Augier, Brandes, Bjarnson, Bleibtreu, Bulthaupt, Conrad, Dernburg, Fitzer, Gerberg, Concourt, Hart, Ibsen, Kielland, Kretzer, Mauthner, Mendès, Spielhagen, Strindberg, Tolstoï, Turgeniev, Zola : la compagnie est un peu de tous les pays, mais on n'y coudoie pas le premier venu, comme nos lecteurs peuvent en juger. Si nous ne nous trompons, une grande part dans la formation de cette Scène libre revient à un intelligent éditeur berlinois, S. Fischer.
La Librairie à Stuttgart. — En ces derniers temps, un mouvement typique de concentration s'estproduit dans la librairie, à Stuttgart. A la suite du décès du baron de Cotta, dernier propriétaire de la maison de ce nom, celle-ci est passée, pour la plus grande partie de ses éditions, aux mains des frères Kroner, eux-mêmes grands éditeurs, grands imprimeurs et de plus propriétaires de la maison Keil, de Leipzig, et par conséquent de la Gartenîaubey le journal illustré si populaire. Les frères Kroner viennent, de concert avec M. W. Spemann, le plus énergique et le plus audacieux des éditeurs, également fixé à Stuttgard,[de créer une société par actions au capital de 5 millions de marcs, pour la régie en commun des maisons Cotta, Spemann, Kroner et Keil, qui continuent cependant leur existence particulière.
Kàrschner for ever ! — 'Nos lecteurs n'en sont plus à se demander quel est M. J. Klirschner, tant ce nom revient souvent dans nos colonnes, à propos d'œuvres méritantes, d'entreprises littéraires considérables. Aujourd'hui M. Klirschner, un travailleur comme on n'en trouve pas beaucoup, malheureusement, passe à la tête de la direction littéraire de la Deutsche Verlags-
Anstalt, la maison d'édition la plus considérable de Stuttgart. M. KUrschner y est tout particulièrement chargé des rapports avec les auteurs et les artistes: il a de plus la direction littéraire des quatre grands journaux qu'édite la maison. Cette nomination fait honneur à l'intelligence des administrateurs de cette hbrairie, qui font en M. KUrschner une excellente acquisition.
Ajoutons, puisque l'occasion s'en présente, que M , KUrschner a obtenu pour ses travaux lexicographiques une première médaille à l'Exposition internationale de Melbourne, cette année même, et du grand-duc de Bade, la croix de chevalier de Tordre du Lion de Zahringen.
Un éditeur reconnaissant. — Que nos lecteurs qui seraient auteurs n'aient point un sourire de scepticisme : dernièrement, l'Union des arts industriels de Munich exposait une coupe magnifique en argent ciselé commandée par l'éditeur A. G. Liebeskind et destinée à être offerte par lui à récrivain R. Baumbach, dont les succès littéraires lui ont procuré une certaine aisance... si l'on en juge d'après la richesse du cadeau.
Souhaitons aux auteurs, nos lecteurs, autant de succès pour que leurs éditeurs n'hésitent pas à montrer autant de gratitude.
Anniversaires, -^ Il y a quelques temps, deux écrivains de grand talent atteignaient leur soixante-dixième année, et leurs admirateurs n'ont pas manqué cette occasion de manifester une admiration bien compréhensible : Gottfried Keller s'est vu offrir une médaille commémorative en or de grand module (70 millim. de diamètre), et Frédéric Bodensted, une somme de 43,529 marcs (environ 54,400 francs) produite par une souscription publique et destinée à mettre ses vieux jours à l'abri du besoin.
Angleterre. — Carlyle posthume, — Le Manchester Guardian signale l'existence d'un manuscrit inédit de Thomas Carlyle.
C'est/ un recueil de douze conférence faites par le célèbre écrivain en i838 et qui traitent de la littérature européenne : Grèce, Italie, Espagne, France, Allemagne et Angleterre.
Le Droit de Grâce et la Littérature, — Un grand nombre de littérateurs et d'éditeurs anglais avaient adressé une pétition au ministre de l'intérieur pour obtenir la grâce de Mr. Vizetelly,
condamné très durement, on se le rappelle, sur les poursuites d'une société soi-disant protectrice des bonnes mœurs, pour avoir vendu les romans de Zola et d'autres auteurs «immoraux» traduits en anglais. Le ministre a répondu qu'il ne croyait pas compatible avec ses devoirs de conseiller à Sa Majesté de modifier le verdict.
États-Unis. — L Histoire naturelle des bibliophiles, — Nous trouvons, dans le journal américain The Bookmart^ la classification suivante (juillet, p. 57) :
Il y a huit classes de bibliomaniaques, à savoir :
i^ Les bibliophiles; ce sont ceux qui aiment les livres et les collectionnent pour ce qu'ils ont de bon en soi. Ce sont des gens bienveillants, tolérants et infatigables.
2® Les bibliofols (bibliophools), ce sont ceux qui essayent de faire croire aux autres qu'ils sont amateurs de livres et qui, pour soutenir ce mensonge, achètent toutes sortes de fatras, mais ne lisent jamais rien.
3<* Les bibliophrodisiaques, appelés quelquefois allumeurs (teazers); ce sont ceux qui, aimant les livres, excitent les autres à l'amour et à l'achat des livres. Il n'y a point de femmes parmi ceux-là.
4^ Les bibliotoqués (bibliocranks); ce sont ceux qui ne voient que sottise dans tout dada qui n'est pas le leur. S'ils collectionnent des americana, ils regardent les vieilles ballades anglaises comme une ordure, et ne peuvent supporter aucune toquade qui n'est pas une toquade du même genre que la leur.
5** Les biblioparansiaques ; ce sont ceux qui se plaisent à passer pour protecteurs des lettres ; mais ceux-là n'achètent que très peu. Il y en a des foules autour de nous.
6® Les bibliofrénétiques ; ce sont ceux qui s'imaginent être bibliophiles simplement parce qu'ils lisent d'anciens catalogues.
7® Les bibliophobiaques ; ce sont ceux qui achètent et détruisent les autres exemplaires afin que les livres qu'ils possèdent deviennent uniques; classe extravagante, dangereuse et incurable.
8° Les bibliopèges (bibliopelts); ce sont les bibliofols vulgaires qui mettent leur gloire à avoir des reliures chères, sans égard pour le goût. Ils enferment des réimpressions de quarante sous dans des couvertures de cent francs. Les bibliopèges ne sont que trop nombreux.
Bien entendu, nous laissons la responsabilité de la classification et de la nomenclature à notre confrère d'outre-océan. L'article, intitulé Bibliohipponoustics, est signé Eugène Field, et a paru d'abord dans le journal Chicago News.
Un catalogue de publicité. — Mr. J. Walter Thompson, l'un des plus grands agents de publicité des États-Unis, n» 38, Park Row, New York, vient de publier un magnifique catalogue des principaux journaux d'Amérique, magazines illustrés, journaux quotidiens et hebdomadaires, périodiques religieux et agricoles. Le livre en question renferme des renseignements complets sur ces diverses publications, sur leur circulation, le tarif de leur publicité, etc., avec accompagnement du fac-similé de la première page de chacune d'entre elles ou de leur titre ; l'ouvrage est imprimé en deux langues, français et anglais, et constitue une très remarquable production de la typographie américaine.
Nous apprenons que la partie française de cet ouvrage est, à quelques pages près, l'œuvre de M. Gustave P. Fresnel de Paris, qui, depuis trois ans, appartient à la rédaction du journal français le Courrier des États-Unis^ publié à New York.
Mr. Thompson enverra sur demande, et dans n'importe quelle partie du monde, un exemplaire de ce catalogue à toute maison de commerce désirant se créer des débouchés sur le marché américain.
Indes. — Le docteur Gerson da Cunha, de Bombay, vient d'envoyer à Londres, pour y erre vendue, la plus riche collection de numismatique orientale que possède un particulier. Cette collection contient 1,092 monnaies des khalifes, dont 375 d'or; la Bibliothèque nationale en a 1,206, dont 186 d'or; le British Muséum, 732, dont 214 d'or. Elle comprend encore 800 Sassanides, une centaine de gréco-bactriens, dont nombre de médailles, entre autres un doublet du fameux Eucratidès d'or, de la Bibliothèque nationale. Elle compte en tout 8,3oo numéros et a absorbé par achat la collection de deux collectionneurs émérites, James Gibb et Bhan Daji; elle représente par suite une recherche de plus d'un demi-siècle.
Inde. — Euclide en sanscrit, — On vient de découvrir à Jeypore, dans l'Inde, une traduction d'Euclide en sanscrit qui comprend, paraît-il, les livres perdus du grand géomètre.
FRANGE
— L'Art du i«' septembre contient une belle étude sur Troyon par M. A. Hustin, et une revue de la danse et des théâtres à l'Exposition par M. Pierre Gauthiez. M. A. Hustin y étudie aussi les Peintres du centenaire.
— Voici le sommaire du Bulletin du Bibliophile et du Bibliothécaire y publié par la librairie Techener (juillet-août) : Bibliographie d'un amateur, description et analyse de livres anciens, rares et curieux, par M. A. D. (suite) ; le Dogue du duc de la Vallière, par M. Robert Reboul ; Un Bourguignon et un Orléanais érudits au XVII* siècle y lettres inédites de B. de La Monnoye à Nicolas Thoynard, de 1679 à 1697, publiées par M. E. Du Boys (fin) ; Étude sur les livres à figures vénitiens de la fin du xv* siècle et du commencement du XVI*, par M. le duc de Rivoli (suite). On voit quel intérêt présente cette publication.
— Le Correspondant du 25 août publie un essai de M. Félix Klein sur la Poésie et le temps présent. Le sujet est loin d'être épuisé dans cette étude peu compréhensive et que nos voisins appelleraient one-sided, — A lire, dans le numéro du 10 septembre, une étude sur Henri Blaze de Bury, par M. A. de Pontmartin.
— Nous avons lu avec intérêt, dans le numéro du i5 août d'un nouveau journal bi mensuel, le Courrier libre (19, rue de Rome ; un an : 10 fr.), un article intitulé Bourget prédicateur ^ et signé C. B. (Charles Boès ?). Le même numéro contient le commencement d'une étude sur Emile Bergerat et Villiers de l'Isle-Adam, par M. Royer Desouches, et un conte de Théodore de Banville intitulé Enfantillages.
— La Pléiade, dont le rédacteur en chef est M. Louis-Pilate de Brinn' Gaubast, réimprime.
dans son numéro du 7 octobre, le beau poème de Baudelaire : Femmes damnées.
— Nous tenons à signaler dans la Revue bleue du 7 septembre, un « croquis fin de siècle » signé Snarpy et intitulé le Désabonnement de M. Cyprien Parminou, et une étude de M. Louis Farges sur Stendhal diplomate, d'après sa correspondance officielle inédite.
— La Revue Indépendante^ que dirige M. François de Nionet que publie l'éditeur Savine (12, rue des Pyramides) contient, dans son numéro d'août, une éloquente invective contre l'architecture contemporaine à propos des constructions en fer à l'Exposition : le Fer^ par J. K. Huysmans, et un curieux travail métaphysico-esthétique de M. J, H. Rosny, intitulé Légende sceptique. On y trouve encore la continuation de l'étude de M. Charles Maurras sur Théodore Aubanel.
— Nous appelons l'attention de nos lecteurs sur un article de M. Francis Galton, intitulé la Science de l'hérédité, dans la Revue rose ou Revue scientifique du 1 7 août.
— Samedi-Revue (3i août): Bibliothèque de château^ — il y a deux cents ans, — par L. de la Brière.
— Nous remarquons dans la Tradition du 1 5 août, outre le compte rendu des travaux du Congrès international des traditions populaires, tenu au Trocadéro du 29 juillet au 3 août, un essai de M. Emile Blémont sur les Contes d'animaux dans les romans du Renard.
— La presse quotidienne, bien qu'absorbée par les luttes politiques et la préparation des élections, s'est beaucoup occupée — et à juste titre — de M. Villiers de l'Isle-Adam, dont nous avons
ftîi
annoncé la mort. Nous indiquons ici quelquestiLis iIl's principaux articles, 1res divers de ton et J'apprcciations, qui lui ont été consacrés. Chronique des livres : Villiers de l'Isle-Adam ; Œuvres, par E. Lepelletier (Echo de Paris, ïy août) : — Villiers de l'Isle-Adam, par Georges Rodenbach [Figaro, 20 août) ; — M. Villiers de l'Isle-Adam, par Henrv Fouquier {Figaro, 26 aoùi) ; — Villiers de l'Isle-Adam intime, par Gustave Guiches (Figaro. 3 1 août) ; — Causerie, par Gallus (Moniteur universel, 29 août).
Noi
s remarque e
— Débats. 24 août: Notes contemporaines sur les lelires d'un prince, par Paul Deajardins, à propos de la publication des lettres du duc d'Orléans.
afi août : La semaine dramatique. Théâtre d'Ibsen, par Jules Lemaîlre.
— Écho de Paris. 17 août : Blasphèmes, par Théodore de Banville.
— Figciro. 19 août; Un Conspirateur littéraire, (Henri Roi;hefort), par Henry Fouquier.
24 août: Le Feu, par Maurice Rollinat.
26 août: Vnjournal, par Ph. de Grandlieu, à propos du centenaire du Journal des Débats.
f> septembre : La Main du major Miiller, par Paul Verlaine.
14 septembre; Une après-midi à Médan cAe^ a;. Lmile Zola, par Ange Galdemar.
— Gil B/.iî. 25 août: La Jeune fille moderne, par Emile Bergerat, à propos du roman de Jules Case l'Amour artificiel.
3 1 août: Misères! par Louis Davyl.
1 1 septembre : Choucroute et jambon, où le même tcrivain apprécie la querelle qui s'est élevée entre MM. Erckmann et Chatrian.
Et les contes si curieux et si variés que Jean Richepin donne chaque lundi, tantôt vers, tantôt prose, tels que la Boussole, le Dernier inventeur. M.jdemoiselle, Elvire vengée, etc.
— République française. 9 septembre: Revue drjmatique et littéraire. Les Pantomimes de Debure.iu publiées par M. Emile Goby, par Paul Ginisiy.
— Temps. 18 août: La Vie littéraire, oîi nce continue son étude sur l'Histoire
France, par Julien
Chronique théâtrale. l'Art théâtral.
\ Anatole France conti de la clians'in papule Tiersot.
rg aoùi : Chroniqu
poème didactique en huit chants, par M. Samim, delà Comédie Française, par Francisque Sarcey.
Pendant que nous y sommes, nous ne pouvons résister au désir de faire jouir le lecteur du passage suivant, découpé dans la Chronique théâtrale que le vénéré critique a donnée au Temps le 20 août. Il est digne d'être ajouté au déjà volumineux Sarceyana qu'un éditeur inielligent ne peut manquer de publier quelque jour. Il s'agit du vaudeville de MM. Mîlher et Nuraès, les Petits mystères de l'Exposition:
« Au second acte, nous sommes, naturellement chez Olympe Elle nous conte une histoire, dans le détail de laquelle je n'entre point, et, à vrai dire, je ne me la rappelle plus, de laquelle il résulte qu'elle a chez elle trois barbes postiches et qu'elle les garde comme des reliques. Ces trois barbes, il faut bien le dire, viennent là comme des cheveux sur la soupe. Mais je me disais, en souriant dans la mienne: 0 Voilà qui va bien l On ne les a pas mises pour des prunes, AtlendonsU
Dans le Temps encore, 7 septembre : le Vice de l'opium; Notes d'un médecin, par le docteur V...
1 5 septembre : La Vie littéraire, où M. Anatole France rend compte de la vie du moine égyptien Schnoudi, parE. Amélineau.
— Voltaire. 29 août : Le Roman judiciaire, par Paul d'Armon.
ETRANGER
Allemagne. — La Deutsche Revue, dirigée par M. Richard Fleischer (Breslau et Berlin), continue dans son numéro de septembre l'intéressante publication des lettres d'Edmond Flegel à son frère pendant les années 1876-1885.
Angleterre. — Dans theAcademj'd\i 170001, Mr. Afred W. Pollard rend compte de la savante édition que Mr. Walter W, Skeat a récemment donnée de The Legend oJGood Women do Chaucor jClarendon Press, Oxford), et Mr. Frank T. Marzials consacre un article à la traduction d« Lettres d'une inconnue, publiée par l'éditeuf Macmillan (An Aulhor's Love. Being ihe Vnfublished Lettersof Prosper Merimee's it Inconnue'].
~ Nous relevons dans The Athenceum, parmi quantité d'articles intéressants (17 août) : un compte rendu de l'ouvrage de Mr. Edmund
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
Go lil S raid sur les Elzevïrs ; Biblïotkeca curiosa: a Complète Collection of ail the Publications of the Elsevier Presses at Leyden, Amsterdam^ the Hague,and Utrecht (3 vol. non rois dans le commerce]; une belle et sympathique étude sur les Jumeaux de Victor Hugo, par le grand poète Swinburne ; — (24 août) un compte rendu de la Rhétorique et son histoire, par A. Ed. Chaignet (Paris, Vieweg), une courte notice sur le philologue et historien bohème Josef Jireczek, par A. H. Wratîslaw ; — {3i août) ; un compte rendu d'un livre curieux sur les mœurs françaises, Frêne A rraiwpar W. C. Brownell (Lond., Nuti); — (7 août): compte rendu du livre édité par le comte Théodore de Gontaut Biron, chez Champion et Picaril, Ambassade en Turquie de Jean de Gontaut Biron, baron de Salignac; une notice nécrologique signée J. H. I., sur Vilîiers de l'Isle-Adam; — (14 septembre) : une spirituelle critique de Vlllusion, par Jean Lahor et de 17/iusiott, par H. Cazalis, deux poètes qui n'en font qu'un, et deux volumes qui se répètent; une étude sur le beau et étrange livre de William Morris, The House of the Wolfings and the Kindrede of the Mark, et un remarquable poème de Mr. Swinburne, The Ballad of Dead tnen's Bay.
— On lira avec plaisir, dans le Blackwood's Edinburgh Magasine de septembre, de jolies poésies d'après SuUy-Prudhomme et Théophile Gautier, signées Florence Henniker.
— The Bookworm de septembre donne, sous tes initiales amies W. B., une esquisse de bibliomane à Ouford, A Book-hunter at Oxford. Citons aussi dans le même numéro, Charles Dickens in London, et des' renseignements sur les prix de vente des premières éditions des pièces de Shakespeare.
— Les bibliographes liront avec intérêt, dans le Gentleman's Magasine (septembre), un article où, sous le titre de A Royal Book-Burner, Mr. J. A. Farrer passe en revue tes livres condamnés au feu sous le règne de Jacques 1".
— Un écrivain anonyme donne à ses compatriotes, dans la revue London Society d'août, d'excellents conseils à suivre quand ils sont à l'étranger. L'article esc intitulé English people abroad. L'auteur a cru sans doute que la pilule
offerte serait amère à avaler, car il l'a enveloppée d'une épaisse couche de sucre et de miel.
— Le numéro de septembre du Murray's Magasine est exceptionnellement intéressant. Nons citerons les articles suivants: Dramatic opinions, première partie d'une étude importante par Mrs. Kendal; Books and Book-buying (Des livres et de l'achat des livriis) par lord Brabourne, et un article intitulé la Comédie Française, oîi Mr. A, Strobel expose la constitution intérieurs et les ressources mate'rielles de c institution.
— The Nineteenth Century (septembre) donne deux articles littéraires d'une haute valeur; l'un a pour titre Criticism as a Trade (la critique en tant que métier), et est dû au professeur Knight; l'autre, par le professeur Minto, étudie Wordsworth et montre que ce grand poète et ce grand penseur s'est trompé en ne visant pas aussi haut qu'il pouvait atteindre. Ce travail est intitulé Wordsworth's Great Faiture.
— Dans son numéro du 24 août, notre ami Notes and Queries rend un nouveau senice aux bibliographes en donnant une liste d'ouvrages traitant des cadrans, horloges et autres appareils à mesurer le temps [The Bibliography ofDialling) dres.sée par Mr. Charles T. Gatty, et en continuant la publication du catalogue des livres sur le jeu (Books on Gamin g) de Mr. Julian Marshall, dont une nouvelle portion paraît encore dans le numéro du 14 septembre.
— Nous avons reçu les numéros d'août de the Publisher's Circuhir, ou archives générales de littérature britannique et étrangère, utile publication, dont MM. Sampson Low, Marston, Searle et Rivington sont les éditeurs (prix: o fr. 3o). Le numéro du i5 est spécialement consacré aux ouvrages d'éducation et forme une livraison in-S" de près de 100 pages. Outre des renseignements abondants et qui intéressent ceux qui achètent ou lisent les livres non moins que ceux qui les vendent, nous remarquons, dans ces doux numéros, le commencement d'une piquante monographie intitulée An Edition and its Life, « Une édition et sa vie <•, chapitre de l'histoire du commerce des livres.
Belgique. — Nous avons lu, avec un intérit peut-être un peu méchant, dans VArt moderne de Bruxelles (i5 septembre), un article critique — et sévère — sur le Disciple, de M. Pau! Bourget.
— M. Charles Buet publie, dans h Jeune Belgique de Bruxelles, une étude poignante intitulée la Vie et la mort d'un poète.
ÉtatH-UnlB. — Nous signalerons dans Lippincoll's Monthly Magasine, pour septembre, un essai sur la technique des auteurs dramatiques, intitulé How Plays are made, et signé Julian MagQUS,
— Dans le journal de New York The Naiim, du ïi août: un compte rendu de l'ouvrage de lady Blcnnerhasser : A/"* de Staël : ker Frienh and her Influence in Politics and Littraturt (Lond-, 3 vol. in-8°).
— Dans The Norih American Review de septembre, Mr. James M. Hubbard répond presque par la négative à cette question: Are PaWic Libraries a Blessing? (Les bibliothèques publiques sont-elles un bien&it ?) On lira aussi avec intérêt, dans le même numéro, un ariicle de Mr. Frédéric Harrison, intitulé The Transformation of Paris.
WMmwm
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— Le docteur Coturd, bien connu parmi le» librespenseurs et le* socialUtes, est mori en août dernier. Il laisse pluiieurs ouvrages de médecine mentale eatiniés. Il s'eat tué en sauvaDr, par des insufflations multipliées, sa petite nile atteinte du croup. Il était dans
^ L'auteur de la Cité antique et de l'Histoire det inititulions politiques et populaires de l'ancienne France, M. Fustel de Coulanges, est mort i l'flge de cinquante-neuf ans (septembre).
— • M. Peyrot, ancien professeur d'histoire au lycée Louis- le-Grand, ancien recteur d'académie, vient de luccomber aux suites d'une paralysie (septembre)-
I] était âge de soixante- seize ans.
-•■IHf--
^ Le courriériste théâtral du Figaro, M. Jules Prével, est mort le i3 septembre. M. Prével était, avec M. Alben Wolf et M. Francisque Magnard, un de) plus anciens collaborateurs du Figaro. Quand il arriva i Paris, du collège d'Angers, où il était maître d'étude, il entra comme secrétaire chez M"' Augus* (iae Broban, n'y resta que peu de temps et devint très rapidement rédacteur du Figaro-Programme, que M. de Villemessant venait de fonder.
Outre son métier de courriériste, qu'il a exercé sans interruption à l'Événement et au Figaro depuis i863, M. Prével a aussi abordé le théâtre avec des fortunes diverses. Parmi ses succès, il faut compter le Mari qui pleure, qui est au répertoire du Théfllre- Français, le Grand Casimir, aux Variété», l'Amour mouillé, aux Nouveautés, les Mousquetaires au couvent, les Petits Mousquetaires, etc., etc.
Il était Agé de cinquante<cinq ans.
— M. Maurice Sand est mot premiers jours de septembre.
Le tils de George Sand, Maurii
à Nohanl dans les
Du devant de s
Après s'être adonné d'abord à la peinture et au dessin, le goût lui vint du théâtre et il écrivit une longue série de charades et de proverbes qui furent
longtemps joués et applaudis dans les salons. En 18S8, il inventa les fameuses marionnettes pupaz;ci, figures de bois françaises el modernes qui difTéraienl autant de leurs aïeules italiennes que des classiques guignols français: elles obtinrent un grand succès dans l'atelier de la rue Boursault, puis sur le petit théâtre de Nohant.
En 1862, il avait épousé M"* Lina Catamaita, dont le père, peintre de mérite et graveur de talent, était depuis longtemps l'ami de la maison. George Sand a fait, dans sa correspondance, le tableau le plus curieux et le plus touchant de ce mariage.
Maurice Sand laisse plusieurs ouvrages : la Fille du singe, Augusta, Masques et bouffons; un roman étrange, Callirhoé, publié dans la Revue des Deux Mondes, Raoul de la Chastre, Miss Mary, le Coq aux cheveux d'or. Mademoiselle Ajote, Mademoiselle de Cérignan, Six mille lieues à toute vapeur, etc.
— Le New York Herald annonce ta mort d'un disparu, le professeur Chartes-Marie Villa, qui exerçait une grande influence parmi les Français d'Amérique et collaborait au Courrier des États-Unis.
Ajni d'Emile de Girardin, Villa écrivit de virulents articles contre le prince Louis-Napoléon et fut un des arden'ls défenseurs de la candidature Cavaignac.
Au coup d'État, il quitta Paris et se réfugia â
En 1858, il alla à New York où il se fit professeur
de français et où il fonda un journal, Ihe Franco-
XTRANQBR I
i liù J
Allemagae. ~— On annonce la mort du doyen du journalisme allemand, M. F. Hollinger, né en 1818.
^— Le D' G. Weil, professeur de littérature orientale à l'université d'Heidelberg, est mort à Fribourg, le 2g août. On lui doit un ouvrage sur Mah[imetli843), une histoire des Califes ([846-61], et une histoire des Islamites, de Mahomet au sultan Sélim (1886).
^— LIlUtorien Juliois Veizâcker, professeur à ruoÎTentté de Berlin, vient de mourir à l'âge de soixante et un ans.
Angleterre. — Un écrivain dramatique spiri' tuel, Tauteur de Tm} Roses, Mr. James Albery, est mort le i6 août à Londres.
— Le ly Samuel Beal, professeur de chinois à University Collège, Londres, et auteur d'un grand nombre d'ouvrages sur la littérature et la religion des Chinois, est mort le 20 août, près de Towcester, dans le Northamptonshire. Il éuit né en 1823.
— On annonce la mort de Mr. Edward Laman Blanchard, écrivain fécond qui a surtout travaillé pour les théâtres et le journal. Il était né en 1820.
— Nous apprenons la mort du D' Samuel Osborne Habershon, président de la Société médicale de Londres (1873), et/auteur de nombreux ouvrages qui font autorité en pathologie. Il était né en 1825.
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^— Nous apprenons la mort de miss Amy Levy, écrivain Israélite, dont les romans sur la vie jui?e eurent un réel succès»
Miss Amy Levy n'avait que vingt-sept ans. Elle a ordonné que ses restes fussent incinérés (septembre.)
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•«i. Un archéologue distingué, Mr. Walford Dakin Selby, est mort le 3 août, âgé seulement de quarantecinq ans. On lui doit, entre autres publications, de curieuses études sur Chaucer : The Robberies ofChaucer, dans les Records de la Chaucer Society. Il était employé aux Archives nationales (Public Record Office),
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Espagne. — Le marquis de Molins, grand d'Espagne, ancien ambassadeur d'Espagne à Paris, est mort à Madrid au commencement de septembre.
C'était une haute personnalité littéraire, ancien directeur de l'Académie espagnole, auteur dramatique et romancier éminent.