GAZETTE BIB
époques, dans le Livre^ sous la signature de MM. Armand Baschet, Ettore Mola et Octave Uzanne. Il y a là de véritables découvertes qu'il n'est permis à aucun critique étudiant Casanova d'ignorer ou de négliger.
BTRANOER
Allemagne. — Un Allemand qui habite Paris, M. Henri Krohn, vient de mettre r25,ooo francs à la disposition du gouvernement allemand pour la fondation d'une académie allemande.
Le siège serait à Berlin : il y aurait quarante membres ; la mission de l'Académie serait de veiller à la pureté de la langue allemande ; et, comme la hiérarchie ne perd jamais ses droits en Allemagne, le président de l'Académie serait le chancelier de l'empire.
Un scandale littéraire en Allemagne. — Un gros scandale vient d'éclater dans le monde littéraire autrichien et allemand. Depuis un certain temps, le bruit courait qu'un écrivain allemand peu connu, du nom de Hedrich, allait lancer une publication où il chercherait à démontrer que le célèbre poète autrichien Alfred Meissner, qui a conquis une des premières places dans la littérature contemporaine non seulement par ses vers, mais encore par ses romans, n'était pas l'auteur de ces dernières productions, et qu'il s'était contenté de les signer de son nom. La publication de M. Hedrich vient de paraître chez un éditeur de Berlin. M. Hedrich soutient que c'est à luimême que revient l'honneur d'avoir composé les romans portant le nom d'Alfred Meissner. Le poète se serait contenté d'y introduire certains remaniements tout à fait insignifiants et qui, dans certains cas, n'auraient même pas été heureux. M. Hedrich ajoute que les Souvenirs sur Henri Heine, publiés également par Meissner, ne sont pas plus de lui que ses autres œuvres en
prose.
Les amis de M. Meissner répondent que, si les assertions de M. Hedrich étaient vraies, il n'aurait pas laissé s'écouler quatre ans depuis la mort du poète avant de faire valoir ses
droits.
L'affaire, qui fait grand bruit à Vienne et à Berlin, va être tranchée par la justice. M. Hedrich réclame, en effet, des droits d'auteur sur la vente des ouvrages dont il revendique la paternité.
Angleterre. — Nous empruntons à Notes and Queries (26 octobre) la description d'une
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curiosité bibliopégique. Un petit livre de chan* sons comiques anglaises, imprimé à Derby par Thomas Richardson, est relié en cuir rouge avec un fermoir double en cuivre. Quand on ouvre le fermoir et qu'on soulève un des plats, on tourne le livre ; mais l'autre sert de couvercle à une tabatière doublée d'une mince feuille de cuivre. Cette reliure à compartiments ne porte pas de date, non plus que le livre ; mais elle semble avoir été exécutée vers le commencement du siècle. L'auteur de la note demande si l'on connaît d'autres exemples de livres à tabatière.
États-Unis. ^ Le New- York commercial advertiser publie cette recette, qui ne le fait pas mentir à son titre : La manière de gagner de l'argent en littérature, c'est de pas être un homme littéraire. Qu'on acquière d'abord de la notoriété, n'importe comment, et puis, qu'on écrive son livre ! Si encore l'Amérique avait le mérite d'avoir inventé le pracédé, et surtout un privilège exclusif d'exploitation l
Pologne. — Le VolapUck détrôné. — Une nouvelle langue universelle, Vlnternacia, a pour père le docteur Espéranto, de Varsovie.
Il paraît qu'elle a déjà conquis d'innombrables adeptes. Elle a pour initiateur à Paris M. Auguste Demongat, qui fut, je crois, un volapUckiste militant, et qui aurait reconnu les avantages du principe Espéranto : s'en tenir aux formes connues des langues romanes.
Il est certain que la formo de la tero estas rondo est beaucoup plus facile à comprendre pour un Français que fom tala binom glopick.
Mais c'est l'opinion des Chinois, des Arabes et des Malgaches qu'il importerait d'avoir.
Russie. — Concours et prix. — Un nouveau prix a été fondé par Engelhardt pour les meilleurs ouvrages sur l'astronomie ou astrophysique. Il sera décerné par l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg tous les trois ans, et s'élèvera à i,5oo roubles.
— Le prix Cyrille et Méthode, fondé en i885 par le Comité slave de Pétersbourg, n'ayant pas été attribué, le concours a été prorogé au 1 1 mai 1890. Le premier prix est de i,5oo roubles, le second, de 5oo. Il n'est pas inutile de rappeler ici que le sujet à traiter se réduit en définitive à la question suivante : « L'unité littéraire des peuples slaves est-elle possible, est-elle nécessaire? » Les analogies historiques qu'offrent les
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langues linéraires des autres peuples civilisas anciens et modernes, et que les concurrents doivent exposer en détail, indiquent assez le sens de la réponse à faire.
— Le mime comité de la Société slave de bienfaisance a mis au concours, pour le prix Hilferding de i,ooo roubles, le thème suivant : i Faire une esquisse géographique et ethnographique de la Macédoine actuelle, en ayant spécialement en vue les dialectes de la population slave ; exposer, d'après les sources, les destinées de la Macédoine depuis les vi-vn' siècles jusqu'au xv"; y joindre un indexdes localités et une courte description des monuments d'antiquité byzantine et slave datant de ladite époque. ■ Les ouvrages doivent être écrits en langue russe et présentés au Comité avant le ii mai 1S90. Le Comité se réserve le droit de la première édition de l'ouvrage couronné, en mettant à la disposition de l'auteur de 3oo & 400 exemplaires. Le prix pourra être partagé en deuK parties de 700 k 3oo roubles h partager entre les auteurs qui n'auront pas entièrement rempli les conditions voulues.
Le testament de Krafevski. — Nous emprunt tons au Soir les détails s
« Kraïevski, l'écrivain russe bien connu, n'a pas compte seulement sur ses ouvrages pour faire vivre sa mémoire. Il a pris le bon moyen d'être non seulement admiré, mais aimé après sa mort; son testament fait beaucoup d'heureux.
a Le défunt a légué :
■ 1" 6,000 roubles à l'Université de Moscou pour la fondation d'une bourse destinée à l'un
des plus pauvres étudiants de la Faculté de droit de cette Université;
a 2' 6,000 roubles à l'Université de Saint-Pétersbourg pour la fondation d'une bourse identique ;
a 3" 10,000 roubles k la Société des Gens de lettres ;
* 4" 10,000 roubles à la Société de secours aux élèves pauvres des écoles municipales;
1 5° 10,000 roubles à la Société des Artistes des théâtres;
« 6° 5,000 roubles à la Société d'encouragement des Beaux-Arts ;
« 7° 3oo roubles à toute personne qui a passé au service du défunt plus de trois années cçnsé-
e 8° Des sommes diverses à des particuliers et h des parents;
g 9° Les livres du défunt sont tous légués à la bibliothèque des écoles municipales;
( 10° Tous les manuscrits ayant une valeur historique sont offerts à la Bibliothèque impériale publique. Les documents émanant de débiteurs du défunt sont annulés. >
— Le prix Pierre le Grand a été décerné ; i°i M. Polivanof, pour son édition des œuvres de Pouchkine, en 5 volumes, destinée aux familles ei aux écoles, et accompagnée d'un triple commentaire historique, analytique et critique; — a'aux éditeurs du Cours d'histoire universelle de feu M. Pelrof, en 3 volumes, dont le premier (histoire ancienne), a été rédigé par Derevitski, le second {moyen âge), par Nadler, et le troisième (temps modernes], par Bouzescoulu, professeurs à l'Université de Kharkof.
^— Lmile Au);ier est mon le 25 octobre dernier. t Valence (Drame), le 17 septembre l8>o.
Petit-fils de Pigault-Lebrun, destiné su bsrreau par sa famille, il abandonna bientôt les étude* de droit et présenta ii la.Comédie-Franfai$e une pièce en deux actes ei en vers : la Cigui. Refusée rue de Richelieu, cette comédie passa à l'Odéon où elle obtint un grand succis (1844). Presque chaque année, pendant trente ans, Emile Augier donna, soit au Gymnase, ■oit i rOdéon, soit surtout i la Comédie-Franfaise; une pièce nouvelle presque toujours applaudie. En voici la liste : rHomme de bien (1845); CAveniuri'ère (1848); GafcrieJfe (1849); le Joueur de Jlùte (un acte ea vers, iSSo] ; Diane (i85i); la Pierre de touche et Philiberte {i853); le Mariage d'Olympe (:855); le Gendre de Monsieur Poirier (i856); Ceinture dorée (1857); la Jeuneise et /ei Lionnes pauvres {i858); un Beau mariage (,i85q); Us Effrontés [1861); le Fih de Giboyer (iSéï): Mailre Guérin (1864); la Contagion (1866); Paul Foreifi'fr (1868); le Post- Scriptum [t»ù<i). Lions et Renards (1870); Jean de Thommeray [l%^^y, M~' Caverlet (1876); le Prix Martin {1S76); les Fourchambault (1878], la Cigui, rAventurière, le Gendre de M. Poirier et les Effrontés sont au répertoire de la Comédie-Française.
Emile Augier était entré i l'Académie en i858. Depuis 1878, il considérait sa carrière comme terminée et se contentait de surveiller les reprises qu'on faisait de ses anciennes pièces. Il a donné le rare exemple de s'arrêter en plein succès.
^— Nous spprenoni la mort de M. Octave Ber, de la rédaction de la Liberté.
^— Le célèbre pasteur protestant Eugène Beraier
^— M. Chaumelin, directeur de la douane de Paris, .vient de mourir à l'ige de cinquante-six ans-.
Avant de se consacrer i l'administration des douanes, M. Chaumelin s'était occupé de liitêrature .et de journalisme.
En i83S, il fonda la Revue bibliographique du Midi de la France, qu'il remplaça bientSi par un tournai littéraire: lePhocien, auquel collaborèrent plusieurs ieunes écrivains marseillais.
Chaumelin avait aussi collaboré très activement à la monumentale Histoire des peintres, publiée sous ta direction de Charles Blanc, et au Dictionnaire Laiouese^ il y rédigea de nombreux articles d'histoire etde critique artistiques.
On lui doit aussi la traduction d'un traité satirique du ivi' siècle, le» Quinze joies du mariage, qu'il lit paraître en un volume sous le pseudonyme de Gaston de Paray.
— M. Aurélieade Courson delà Villeneuve, l'historien de la Bretagne, est mort i Bayonne au commencement de novembre, llétait conservateur-adjoint i ta Bibliothèque nstionale.
— Un des doyens du journalisme tbéfttral, Achille Denis, vient de mourir dans sa soixantetreiiiéme année. Il était né i Liège ; mais il vint dès 1819 à Paris, et fut un des premiers i organiser dans la presse le reportage théâtral. En i835, il fonda l'Entracte, doat il est resté juaqu'ft la dernière heure le rédacteur en chef.
•-• On annonce la niort de M. Télix Dunal, avo- :ai, rédacteur de l'Autorité,
— M. Auguste Havas, fils de Charles Havas, fondateur de l'agence de ce nom, est mort dans sa soixante- quinzième année. Depuis 1879, il vivait dans la retraite,
•-~ Nous apprenons la mort de H. Ernest Lefjvre, sncien député du dixième arrondissement, administrateur du journal /e ititp^', etneveude M.Augusfe Vacquerle.
la mort de M. Léouzon- Leduc, un des doyens du journalisme, connu surtout par ses travaux historiques et ses ouvrages sur la littérature Scandinave.
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— Le docteur Augustin Quesneville, doyen iica journalistes scienliliques franfais, vient de s'éteindre dans sa quatre-vingtième année.
^» Un autre médecin bien plus célèbre, le docteur Ricord (Philippe) est mort le ii octobre dernier. Il était né le lo décembre ï8oo à Baltimore (États- VniM\ où son père» armateur français de la Com« pagaie des Indes, s*était û^é en 1790.
Venu en France en 1820, il eut des débuts assez pénibles. Mais sa nomination, en i83i, de chirurgien en chef (te Thôpital du Midi le mit sur le théâtre où ses facultés pouvaient se déployer le plus librement et avec le plus de fruit.
Le docteur Ricord laisse un grand nombre d'ouvrages médicaux presque tous relatifs au traitement des maladies spéciales. On lui doit également de nombreuses observations et communications insérées la plupart dans les Mémoires et Bulletins de l'Académie de médecine de 1884 à i85o.
— On annonce la mort de M. J.-B. Scard, ancien directeur du Petit ProvençaL
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— M. Templier, avocat à la Cour d'appel de Paris, membre du comité consultatif de la Ville de Paris, conservateur de la bibliothèque des avocats, est mort âgé de soizante-diz-neuf ans.
Il était le frère de M. Emile Templier, un &tz directeurs de la librairie Hachette.
STRANOBR
Allemagne. — — Le savant historien et orientaliste R.-A. Gosche, de Halles, est mort le 29 octobre, à l'âge de soixante-cinq ans.
Nous apprenons la mort de M. Timothée
Merkel, directeur de la Reale Schule de Fribourg en Brisgau, auteur d'excellents écrits pédagogiques et correspondant de la Société française pour l'étude des questions d'enseignement secondaire.
— On annonce la mort, à l'âge de soixantequinze ans, de M. Rumelin, professeur de philosophie, chancelier de l'université de Tubingue (Wurtemberg).
M. Rumelin avait publié des travaux intéressants sur différentes parties de la psychologie, des ouvrages littéraires parmi lesquels il faut citer surtout ses Études sur Shakespeare.
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•— Wiihelm Studemund, connu par ses études s ur Plaute et Graius et par d'autres ouvrages d'éru-
dition, est mort à Bresîau le 8 août. Il était né en
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— r- Un romancier et dramaturge populaire, A. von Winterfeld, est mort récemment. 14 était né en 1824»
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Angleterre. — Un helléniste distingué, le D' Hatich, auteur des Essays en Biblical Greek, est mort récemment.
-^ Le doyen des collaborateurs du Punchy M. Percival Leigh, est mort à la fin d'octobre.
— Le D' Miiirhead, éditeur de Guains, et pendant longtemps professeur de droit civil à l'Université d'Edimbourg, est mort dernièrement.
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^» On annonce la mort du colonelJoseph Onseley, professeur d'arabe et de persan à East Indian CoU lege.
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^— On annonce la mort de M. W. Sargent, auteur des Essays by a Birmingham manufactures, et d'autres ouvrages. Il était né en 1809.
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«— • On annonce la mort d'un vétéran du journalisme, M. R. Whelan-Boyle. Il était directeur du Daily Chronicle,
Antriohe. — M. Giuseppe Révère, littérateur autrichien né à Trieste, vient de mourir à Rome.
Etats-Unis. — - Mrs. Helen Nitzch, née Catherine Owen, auteur de nombreux ouvrages d'économie domestique, est morte à Plainfield, New Jersey, le 28 octobre.
— Le directeur du Fattes Collège, le D' A.W. Potts, auteur de quelques ouvrages d'exégèse et d'érudition, vient de mourir en Angleterre.
^— M. Samuel Rockwell Reed, journaliste de mérite et auteur de The Was of 1886 et d'autres ouvrages, est mort le 6 octobre sur le steamer Laku, en route pour l'Europe.
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— Un écrivain russe qui traita les questions sociales sous les formes les plus diverses, et dont on se rappelle le roman Que faire ?Niko\h\ Gavrilovitch Tchernischevski, est mort en exil le 3i octobre à l'âge de soixante-dix ans.