‹ Le livre (volume 4)Chapitre 124 sur 129 · I. A Siudy o/Bea Jonson, Lond., Chat lut; 1 vol. pet. in-S · texte numérisé non relu

I. A Siudy o/Bea Jonson, Lond., Chat lut; 1 vol. pet. in-S

FRANCE

Bibliothèque nationale. — On écrit de Genève au Journal des Débats que la Ligue internationale de la paix et de la liberté vient de décider que la collection des documents (livres, journaux, graphiques, brochures], pour laquelle le jury des récompenses de l'Exposition universelle lui a décerné une médaille d'or, serait offerte à la République française et destinée à la Bibliothèque nationale.

— Le bibliographe et paléographe bien connu, M, Henri Omont, publie chez Ernest Leroux un album de cent planches in-4'' contenant, avec un texte explicatif, cent vingt reproductions en héliotypie de manuscrits grecs (fac-similés de ma- | nuscrits grecs datés de la Bibliothèque nationale 1 du IX' au XV' siècle). Cet album donne un spécimen de tous les manuscrits grecs à date certaine, du IX* au XIII" siècle, avec un choix de ceux du XIV* siècle, conservés à la Bibliothèque nationale. [ Il forme ainsi le recueil le plus complet publié | jusqu'à ce jour pour l'étude de la paléographie . grecque.

Archives du ministère des affaires étrangères. — M. Ernest Daudet, qui, en vue de ses travaux sur l'émigration pendant la Révolution française, avait été autorisé par le gouvernement russe à prendre copie, aux archives du ministère des affaires étrangères à Saint-Pétersbourg et k Moscou, des pièces composant le fonds dit des émigrés, vient d'offrir cette importante collection

u dépôt du ministère des affaire:; étrangères de

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Allemagne. — Lettres de Luther et de Mélanchthon. — On vient, paraît-il, de découvrir plusieurs lettres importantes de Luther et de Mêlanchthon dans la bibliothèque de l'église de Neustadt sur l'Aisch, en Bavière. Elles ont été déposées au Germanisches Muséum, à Munich.

Bibliothèque de Bamberg. — Le D' Friedrich

Leitschuh vient de publier la seconde édition de son F'ùhrer durch die Konigiiche Bibtiothek fM Bamberg {Guide de la Bibliothèque royale de Bamberg), chez l'éditeur Buchner, avec illustrations dans le» texte. Celte bibliothèque possède 2,000 manuscrits précieux sur parchemin, i,iSo sur papier, 3,ooo incunables et 3oo,ooo volumes divers.

Angleterre. — British-Museum. — Le British-Museum vient d'entrer en possession de l'importante collection de livres en langue coréenne qu'il avait récemment acquis. Cette collection, qui comprend plus de cent volumes, contient des éditions coréennes, des classiques chinois, des ouvrages historiques et des romans.

Une curiosité bibliographique : les deux « Gentleman's Magasines t. — Mr. William Robens,

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

le jeune et très érudit bibliographe qui dirige le Bookworm (Londres, Elliot Stock) et à qui Ton doit des études si remarquables sur l'histoire du commerce des livres en Angleterre et en Ecosse, a révélé, dans VAtencpum du 26 octobre (p. 56o, ihe Gentleman's Magasine and its Rivais), le fait curieux et peu connu de la co-existence de deux Oenlleman's Magasine rivaux, de 1736 à 1738, et peut-être après. L'éditeur primitif, Cave, ayant donné congé à un de ses rédacteurs, celui-ci lui opposa une vigoureuse concurrence, sous le même titre,. chez le libraire Jacob Hive, d'Aldersgate. Mr* William Roberts n'est pas arrivé à reconstituer la collection complète de ce faux et adventice Gentleman*s Magapne» Nous serions surpris si l'ambition d'y parvenir ne poignait pas le cœur de plus d'un book-hunter.

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Publications bibliographiques» — L'infatigable éditeur Elliot Stock vient de mettre en vente, presque coup sur coup, deux nouveaux volumes intéressants à divers titres pour les bibliographes et bibliophiles. L'un, intitulé Rambles in Book^ Land (Excursions dans le pays des livres) a pour auteur Mr. Davenport Adams, dont nous signalions naguère un autre ouvrage du même genre : By^Ways in Book-Land, Ce sont de courtes études littéraires (shorts essays) sur les sujets les plus variés; mais qui, tous, se rattachent à l'amour et à la connaissance des livres, comme les titres de quelques chapitres le feront voir : Le traitement des livres. — Initiales, -r- Aménités d'écrivains. — Livres de poche. — Poètes excentriques. — La lecture en hiver. — L'esprit dans les citations. — L'Esprit dans les allusions^ etc.

L'autre, qui est une précieuse addition à la Book'Lover^s Library dont nous avons eu si souvent l'occasion de parler, est l'œuvre de M. H. B. Wheatley, le même qui dirige cette collection, et a pour titre : How to Catalogue a Library (Comment cataloguer une bibliothèque). Mr. H. B. Wheatley, qui avait déjà écrit un volume sur la manière de former une bibliothèque [How to form a Library) ^ s'engageait par cela même à nous apprendre le moyen de s'en servir. Un catalogue bien dressé est, en effet, l'instrument indispensable à l'aide duquel on peut tirer d'une collection de livres toute l'utilité qu'elle comporte. Il ne s'est pas montré au-dessous de cette tâche, beaucoup plus laborieuse et compliquée qu'elle ne le paraît à ceux qui ne l'ont jamais tentée. Nous ne pouvons, malgré nos désirs, étudier aujourd'hui ce judicieux et substantiel ouvrage en détail. Mais nous espérons bien

BIBL. MOD. — XI

y revenir, ainsi que sur le volume de Mr. Davenport Adams, dans le Livre moderne.

Nous n'en avons pourtant pas fini avec Mr. H. B. Wheatley. Il nous faut encore citer le beau livre qu'il vient de publier chez Sampson Low, à Londres, et qui est en vente, à Paris, chez Gruel et Engelmann, sur les plus remarquables reliures du British Muséum, soit pour leur beauté, soit pour les souvenirs historiques qu'elles éveillent [Remarkable Bindings in the British Mu" seum). L'ouvrage est illustré de' soixante-deux planches représentant des reliures dont le choix a été fait par Mr. Joseph Cundall; ces planches ont été tirées, à Paris, sous la direction de M. Léon Gruel.

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Belgique. — Bibliothèque de Harvard University. — Le Bulletin de Harvard University pour octobre nous est parvenu. Outre les notices d'intérêt spécial et la liste, toujours considérable, des récentes acquisitions de la bibliothèque, on y remarque une note sur un manuscrit de la main de Shelley contenant un certain nombre de ses poésies avec d'intéressantes variantes. Cette note est suivie de la reproduction fac-similé de la pièce A une Alouette {To a Sky-Lark) telle qu'elle se trouve dans le manuscrit.

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Italie. — Histoire de l'imprimerie, — M. C. Castellani, préfet de la bibliothèque de Saint- Marc, à Venise, a publié chez F. Ongania deux ouvrages sur les origines de la typographie ; l'un a pour titre : La Stampa in Venepa dalla sua origine alla morte di Aldo Manupo Semore; l'autre : L'Origine tedesca e l'origine olandese délia invenpone délia stampa.

Pologne. — M. L, de Gadon nous communique la note suivante : Un groupe d'hommes de lettres a remis, le 24 novembre, une médaille commémorative à M. Charles Estreicher, directeur de la bibliothèque de l'Université de Cracovie, en reconnaissance des services rendus par lui à la bibliographie polonaise. M. Estreicher est l'auteur de la grande Bibliographie polonaise du xvi" au xix« siècle. Cet ouvrage ne forme pas moins de dix gros volumes ; il cite au xv^ siècle 200 imprimés polonais, au xvi* siècle 7,25o, au xvu« siècle 2 1 ,000, au xviii* siècle 44,000, et au XIX* siècle 70,000. D'après la progression constante de la production littéraire, on peut aisément prévoir qu'à la fin du siècle la littérature polonaise comptera à son avoir un total d'environ 160,000 publications.

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PUBLICATIONS NOUVELLES ET ANNONCÉES en France et à FEtranger

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L'argot français. — M. Marcel Schwob publie chez Bouillon, successeur de Vieweg, une étude sur l'argot français, à laquelle avait aussi travaillé son ami Georges Guieysse, mort si malheureusement en mai dernier.

Cette étude, dédiée à M. Michel Bréat, est surtout l'indication de la méthode générale que M. Schwob compte suivre dans ses travaux. On y trouve de curieuses explications sur les lois qui gouvernent les langues secrètes et les procédés employés par les archi-suppôts.

— Charles Monselel. On Ut dans un journal

0 Le conseil municipal de Bordeaux vient, par arrêté, de donner le nom de Charles Monselet à une des principales rues bordelaises,

0 Charles Monselet ne saurait être un oublié ni un dédaigné! Notre confrère, M. André Monselet, termine un important ouvrage, sous ce titre: Charles Monselet, sa vie, son œuvre, qui ne peut manquer de ramener l'attention sur ce charmant

B MM. Jules Clarciie et Octave Uzanne, usant de l'autorité qu'ils ont dans le monde des lettres et des bibliophiles, présenteront ce livre au lecteur et s'attacheront à remettre à sa juste place une des plus curieuses et des plus séduisantes physionomies de notre époque. »

Collection internationale de la Tradition. — Le second volume di; cette curieuse série vient d'être publié aux bureaux delà Tradition.

vin. Il a pour titre : Les livres de D\ duilssurun manuscrit turc inédit, par Jules Nicolaides. On sait que ces jolis volumes ne qu'à 3oo exemplaires, dont 25o seulement sont mis en vente (3 fr. 5o].

La prise de Cherbourg. — Sous ce titre, l'éditeur Albert Savinc, 12, rue des Pyramides, a dernièrement mis en vente un curieux volume (in-i8, 317 p., prix 3 fr. 5o), dont l'auteur, qui se dissimule sous le pseudonyme de commandant"", serait une personnalité en vue, appartenant au monde politique militaire. Dans ce livre,

sorte de contre-partie de la Bataille de Dorking, l'auteur, prenant comme un fait accompli l'hypothèse d'une guerre déclarée à la France, à propos des îlots de Minquiers, par l'Angleterre germanophile de lord Salisbury, nous montre l'Europe malade de la fièvre des armements, et surtout signale un des points faibles de notre défense sur lequel l'attention des pouvoirs publics devrait bien se porter.

A ce propos, il est tout naturel de rappeler qu'un homme qui pour être un grand bibliophile, n'en est pas moins un patriote ardent et un esprit plein de clairvoyance, M. A. Piat, fait depuis des années des efforts que rien ne décourage pour doter la France d'un grand port de guerre et de commerce sur la Manche, à Cabouri;, tout près du Havre, dont l'accès devient de plus en plus difficile et qui, au point de vue de la défense, est de nulle valeur.

La grande Encyclopédie. — Parmi les articles d'un intérêt plus spécialement littéraire ou artistique, parus dans les dernières livraisons de cette grandiose publication, nous pouvons citer, outre la biographie du grand Carnot, par M. Etienne Charavay, qui a eu à sa disposition une foule de documents inédits et les archives de la famille, l'histoire de la Caricature à travers tous les siècles et tous les pays, avec nombreuses illustrations, par M. Victor Champier, et une étude biographique et critique sur le sculpteur Carpeaux par M. Paul Leprieur.

— Un nouveau journal hebdomadaire illustré, la Vie au château, vient de paraître. Il a pour principaux collaborateurs : MM- le marquis de Cherville, Gourdon de Genouiliac et le D' Jousset de Bellesme, directeur du service de pisciculture de la ville de Paris.

Le directeur de la Vie au château est M. La Fare, l'éditeur de VAnnuaire des châteaux.

Allemagne. — Le Codex Ada, l'un des plus célèbres manuscrits illustrés carlovingiens, datant du vni' siècle et qui se trouve dans la bibliothèque

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de la ville de Trêves, a été reproduit par la Société historique du' Rhin et vient de paraître chez A. Durr, Leipzig. Outre la reproduction des 17 miniatures du manuscrit (dont trois en couleurs), il contient 21 planches tirées d'autres manuscrits de la même période; ce qui fait une description complète du développement de la miniature à répoque des Carlovingiens.

— On annonce la publication d'une histoire de l'Allemagne de 181 !> à 1840 (Fûnfund:[wan\ig Jahre Deutscher Geschichte, 181 5 bis 1840) par le professeur K. Biedermann, dont on connaît l'histoire de trente ans, Dreissig Jahre Deutscher Geschichter^ 1840 bis 1871.

— Le D' Wetzel publie les lettres de Friedrich Schlegel à son frère August Wilhelm Schlegel, qui étaient conservées dans la Bibliothèque de Dresde.

— Le romancier Félix Dahn, connu surtout par un livre intitulé : Ein Kampf um Rom, va publier un nouveau roman historique sous le titre de Weltuntergang, dont l'action se passe dix siècles avant l'ère chrétienne.

Publications de la maison Schwartj. — Sous le titre de Russische Wanderbilder^ le D' Alfred Charpentier vient de publier chez l'éditeur A. Schwartz (Oldenburg et Leipzig, in- 1 8 ; prix : 2 fr. 5o),un joli volume d'impressions de voyage en Russie. Il conduit le lecteur à travers tout l'empire russe, de Pétersbourg à Sébastopol pour le ramener par Moscou à Varsovie; mais, c'est à Moscou qu'il s'arrête avec le plus de complaisance et qu'il accorde le plus de détails.

La même maison d'édition a fait paraître le troisième volume (in-8®, Prix : 7 fr. 5o) de la Dramaturgie des Schauspiels de M; Heinrich Bulthaupt. Ce volume, consacré à Grillpazer, Hebbel, Ludwig, Gutzkow et Laude, termine dignement une série dont nous avons déjà plusieurs fois parlé avec éloges. Un bon index permet de trouver rapidement, dans les trois volumes, les renseignements, dont on a besoin.

Enfin M. A. Schwartz met aussi en vente le premier volume d'une description historique des vieux couvents et châteaux de TOldenbourg (Das Oldenburgische Mûnsterland in seiner geschichtlighen Entwickelung ; in- 18, viii-190 p., avec carte), par le D' C. L< Niemann.

Angleterre. — The Athenœum publie (2nov.) cette information : Miss Amélie Rives Chandler, auteur de The Quick and the Dead^ est à Paris ^ où elle travaille à un nouveau roman' en collaboration avec M. Catulle Mendès.

Une Vie de Milton. — Walter Scott annonce, dans sa Collection des Grands Écrivains^ (the Great Writers Séries), une biographie de Balzac {Life of Bal^ac)^ par Frederich Wedmore, pour le mois de janvier. Le volume de décembre, Life of Mîlton^ par le D' Richard Garnett (i vol. petit in-8% xxxix-205 p.), est une petite merveille de typographie à bon marché. Le prix n'est, en effet, que d'un schilling, soit i fr. 25. Il y une édition de bibliothèque sur plus grand papier, à 2 sh. 6 d., ou 3 fr. TO. L'auteur a mis à profit les grands travaux dont Milton a été l'objet dans ces dernières années, particulièrement ceux du professeur Masson, de Keighley et de l'Allemand Stein ; mais il s'est surtout attaché à ne pas abstraire dans Milton le poète de l'homme, et à montrer l'influence de l'époque et des couvents politiques et religieux sur les manifestations de son génie littéraire. Une bibliographie, très bien faite par M. John P. Anderson, du British Muséum, clôt le volume et le rend précieux pour tous ceux qu'intéresse l'histoire des livres. Elle est d'ailleurs loin d'être complète en ce qui regarde les écrits publiés hors de l'Angleterre.

Publication de la maison Macmillan, — Cette importante maison d'édition met en vente un superbe volume in-4» (prix : 92 francs) intitulé : Pen Drawing and pen Draughtsmen, their methods; a Study of the Art to-day with technical suggestions, par Joseph Pennell. Ce volume est un traité complet, historique et technique, du dessin à la plume par un des maîtres les plus renommés de cet art. L'auteur ne se confine pas dans un pays ni dans une école : il étudie tour à tour les caractères spéciaux des grands artistes d'Espagne et d'Italie, d'Allemagne, de France, d'Angleterre et d'Amérique. Le livre est complété par i58 illustrations dans le texte et hors texte, dont 12 grandes planches en photogravure.

Parmi les autres publications récentes de ces éditions, nous citerons une histoire politique des Etats-Unis depuis la fin de la guerre de l'indépendance jusqu'à l'adoption de la constitution fédérale sous ce titre : The Critical Period in American History (1783-1789), par John Fiske.

Un livre qui a paru déjà depuis quelque temps et que nous nous reprocherions de ne pas signaler à nos lecteurs, c'est l'exposition de la théorie scientifique de la sélection par M. Alfred Russel Wal«

lace {Daruvinism. con Exposition of natur al Sélection with some o/its Applications; in-8», xvi- 494 p.). M. A. R. Wallace n*est pas un simple vulgarisateur. Il est un des maîtres contemporains dans les sciences naturelles, et il a ses vues propres et originales. On ne risque donc pas de s'enliser ici dans des analyses d'oeuvres connues et dans des redites engourdissantes. La littérature de nos jours, aussi bien que la doctrine philosophique, a des relations de plus en plus intimes avec la physiologie ; ce n'est donc pas nous écarter de notre domaine que d'appeler l'attention sur un ouvrage où la science physiologique trouve sa formule clairement condensée, et qui, sans parler des horizons nouveaux et particuliers qu'il ouvre, mettra une foule de gens, s'ils veulent se donner la peine de le lire, à même de ne plus parler de ces grandes questions sans en connaître le premier mot. Une carte donnant la ligne des grandes profondeurs marines autour des continents, de nombreux diagrammes, et des figures autrement mais judicieusement distribuées, contribuent à faire de ce livre un manuel des connaissances acquises en même temps qu'un travail de progrès dans les connaissances à acquérir.

— Place aux jeunes! Il vient de paraître à Londres le premier numéro d'une revue intitulée Sunrise (Soleil levant) et destinée à la jeunesse. Cette revue est rédigée, imprimée et éditée par une seule et même personne, un garçon de quatorze ans, nommé Arthur Ferdinand Baker. Le jeune rédacteur en chef, dont le portrait orne le premier numéro du Sunrise, déclare vouloir considérer sa revue non pas comme un jouet, mais comme une affaire.

Le Sunrise enregistrera tous les faits de la vie sociale en Angleterre qui peuvent intéresser le jeune âge, mais il s'abstiendra de toute discussion.

États-Unis. — On dit que Stanley a déjà traité avec un libraire pour la vente de son livre sur le voyage qu'il vient de faire. Le prix convenu serait d'un million de francs. Rarement les éditeurs s'étaient disputé avec une pareille ardeur le droit de publier un ouvrage. La compétition parmi les éditeurs scientifiques serait encore plus vive pour éditer l'ouvrage que va écrire Emin pacha Une maison de Leipzig aurait envoyé à cet effet un de ses agents à Zanzibar.

Publications de la maison Houghton, Mîfflin Ql Qi9, — Les propriétaires de la River side Press

ont mis en vente, à la fin d'octobre, plusieurs livres nouveaux, parmi lesquels nous avons à signaler : Origin and Growth of the English Constitution (« Origine et développement ds la Constitution anglaise »), par Hannis Taylor (in-8^, 22 fr. 5o). Dans cet ouvrage remarquable, l'auteur s'attache à mettre en lumière la filiation de la constitution de la République fédérale des Etats- Unis, dont la constitution anglaise est véritablement la mère. — The Last Assembly Bail; and theFate of a Voice (in-i6, 6 fr. 25), deux petits romans où M. Mary Hallock Foote retrace des scènes émouvantes de la vie des mineurs dans les montagnes rocheuses.

Nous avons reçu de la même maison un volume à^Essays of Government^ par A. Lawrence Lowell (in-i6, 229 p. ; prix : 6 fr. 25). La nature de cette publication ne nous permet guère de nous étendre sur des ouvrages de théorie gouvernementale comme celui-ci. Qu'il nous suffise de dire que M.' A. Lawrence Lowell, en exposant les principes qui dominent les constitutions des Etats modernes et en appréciant les doctrines des écrivains politiques qui l'ont précédé, a fait un livre que devront étudier tous les écrivains politiques qui viendront après lui.

Un autre volume, qui touche à la fois à la politique et à la diplomatie, mais toujours populaire en France, est l'étude sur Benjamin Franklin que M. John T. Morse junior a écrite pour la série intitulée : American Statesmen (« Hommes d'Etat américains; i vol. in-i6; 428 p. Prix : 6 fr. 25). L'auteur s'excuse tout d'abord d'avoir tenté une nouvelle biographie du grand Américain après celle qu'a donnée Parton, et il reconnaît qu'il lui doit beaucoup. Comme le veut la collection dont elle fait partie, cette biographie de Franklin nous montre surtout l'homme politique se passionnant pour tout ce qui touche à la vie sociale et aux relations internationales de ses compatriotes. Malgré ce point de vue spécial et un peu exclusif, le livre est d'une lecture agréable et plus d'un, quelque connue que soit la vie de PVanklin, y trouvera, avec des faits à apprendre, ample matière à réflexion.

— Nous appelons l'attention de nos lecteurs sur une belle publication bi-mensuelle dont le premier numéro a paru en octobre, à Boston^ sous ce titre : The Transatlantic, a Mirror of Eu-ropean life and\letters. Ce journal de luxe, dont la première page est ornée d'un beau portrait de littérateur ou d'artiste en renom, coûte deux dollars par an, soit 10 francs. Il a pour but de tenir le lecteur américain au courant du mouvement intellectuel en Europe, en lui offrant des

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spécimens des productions les plus récentes et les plus remarquables. Le numéro du 1 5 novembre .contient : VHytnne d*amour d'Augusta Holmes, paroles et musique, une nouvelle de Guy de Maupassant, un roman (à suivre) de Henrik Ibsen, des articles de critique par Louis Besson et Jean Lorrain, un tableau de la situation politique européenne par Emile Castelar, et une très remarquable traduction en vers, par M. E. Cavazza, du beau poème philosophique la Boussole (« The Compass ») que Jean Richepin à récemment donné au Gil Blas.

Les Moniteurs de la Curiosité. — Nous signalions, dans notre dernier numéro, un journal mensuel, publié à Vienne, en trois langues (J. G. Schoener,Vienne-Dœbling, 8 francs), sous ce titre : « Amateur. Revue internationale pour collectionneurs, » et consacrée à tout ce qui peut passionner les curieux: munismatique, sceaux et armoiries, estampes, autographes, livres, objets d'art, antiquité?, et jusqu'aux timbres-poste. Le second numéro de cette revue, qui offre, à des c onditions très douces, une publicité précieuse pour les offres d'achat ou de vente, contient, outre un grand nombre de renseignements très variés, une note substantielle sur la connaissance des pierres gravées en dactyliologie, et un aperçu historique sur les collections d'autographes européens de tous les temps.

En même temps que VAmateur trilingue se fondait en Autriche, M. Alfred Trumble(i 5 1 west

35"** rue, New- York, city) commençait en Amérique la publication de The Collector (5 fr. par an), destiné à être un centre d'information sûre en tout ce qui concerne l'art, la bibliographie et la curiosité. Son succès a été tel dès l'apparition que, dans sonj second numéro, il avertit ses lecteurs qu'il devient bi-mensuel, au moins jusqu'au mois de juin, quitte à ne paraître qu'une fois pendant la période de villégiature et de vacances.

Pologne. — Nous devons à M. L. de Gadon, de la « Société historique et littéraire polonaise d, les informations suivantes :

— Parmi les travaux publiés dans le dernier (VII) volume des Mémoires de la classe de philologie, de l'Académie des sciences de Cracovie, nous remarquons d'intéressantes Études com^ paratives sur la Rhétorique romane de M. Kawczynski.

— La Société historique et littéraire (Bibliothèque polonaise) établie à Paris a publié récemment un travail sur les Relations diplomatiques entre la France et la Pologne au xvii« siècle (Cracovie, imp. de l'Université), par M. K. Waliszewski. Ce volume contient plus de deux cents documents, tirés des Archives nationales, des Archives du ministère des affaires étrangères, de l'Arsenal, de Chantilly et des collections privées du baron d'Hunolstein et de M. Fr. Masson.

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. Concours académiques, — Dans sa séance du ^3 octobre, l'Académie des inscriptions et belleslettres a mis au concours pour le prix ordinaire (1892), et pour les prix Delalande-Guérineau et Bordin (1892), les questions suivantes :

i? Prix ordinaire: Etude sur les ouvrages composés en France et en Angleterre qui sont généralement connus sous le nom d*Ars dictaminis.

2? Prix Delalande-Guérineau : Il sera décerné au meilleur ouvrage de critique sur des documents imprimés ou manuscrits relatifs à l'histoire ecclésiastique ou à l'histoire civile du moyen

âge,

y Prix Bordin : Rechercher ce que Catulle doit aux poètes alexandrins et ce qu'il doit aux vieux lyriques grecs,

U Académie de Concourt^ — Dans une entrevue

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qu'il a eue récemment avec un journaliste, M. Edmond de Concourt a donné des détails intéressants sur l'organisation de l'académie pour laquelle son frère et lui se sont imposé de grands sacrifices. C'est, dit-on, pour assurer le fonctionnement et la durée de cette institution que M. Edmond de Concourt ne s'est jamais marié.

On avait dit que les poètes seraient exclus de ce cénacle ; M. de Concourt a déclaré le contraire, tout en avouant sa préférence pour les romanciers. Le seul titre à l'admission dans l'académie des Concourt sera le talent littéraire. Les portes en seront rigoureusement fermées « aux hommes politiques et aux grands seigneurs .. Toute l'organisation de la future académie est réglée par le testament des frères de Concourt, dont M. Alphonse Daudet sera l'exécuteur testamentaire. Le capital de 65,ooo livres de rente, nécessaire à son entretien, sera réalisé par la vente des collections de l'hôtel du boulevard Montmorency, estimées ainsi qu'il suit : celle des dessins, 5oo,ooo francs; celle des japonaise ries, 5oo,ooo; celle deslivresanciens et modernes, plus d'un million. A ces ressources, il convient d'ajouter pour 5 00 ,000 francs de dons,promisàM. de Concourt par diverses personnalités qui ne se feront connaître que lorsque l'académie sera fondée. Les néo-ucadémiciens seront au nombre de dix seulement : trois sont déjà connus, ce sont MM. Daudet, de Banville et Zola.

Si ce dernier est nommé de l'Académie française, il va sans dire qu'il devra renoncer à celle de Concourt. Les autres noms ne seront publiés qu'après la mort de M. Edmond de Concourt; celui-ci se réserve, en effet, de modifier la liste à sa convenance.

Notre académie, a dit M. de Concourt, à pan trois ou quatre noms célèbres, sera accessible auï jeunes littérateurs que les hasards de la fortune, les nécessités de la vie, mettent dans une situation inférieure et obligent d'accepter, pour vivre, un emploi quelconque décroché au hasard des diicouvertes.

Notre idée a été d'aider à l'cclosion des talents, de les tirer des difficultés matérielles de la vie, de les meure en mesure de travailler efficacement; en un mot, de leur faciliter la tache de produire une œuvre littéraire.

Malgré ce qu'on en a dit, l'académie des Concourt ne sera pas une académie exclusivement réaliste. Toutes les écoles littéraires peuvent y Etre représentées; la meilleure preuve, c'est que Théodore de Banville, l'incomparable sertisseur de joyaux littéraires, y a déjà sa place toute marquée. Flaubert devait en être; aussi Veuillot, le 1 ferouchc et âpre polémiste, à qui l'on peut trou-

I laroucne et âpre

ver du talent jusque dans les verrues, aussi Barbey d'Aurevilly.

Chacun des dix académiciens recevra un traitement de six mille francs par an jusqu'à sa mort ou son entrée à l'Académie française. Un prix de cinq mille francs sera décerné tous les cinq ans k l'auteur du meilleur ouvrage en prose, autant que possible à un roman.

C'est à M. Daudet que reviendrait non pas la fortune personnelle de M. de Concourt (diï mille francs de revenu), mais le petit hôtel qu'il habite.

Un nouveau club. — Sous la dent Club de l'art social, quelques littérateurs et quelques artistes viennent de fonder une société internationale, dont le but est de grouper les écrivains et les artistes que sollicitent les grandes idées sociales; de marquer nettement l'évolution qui entraîne les intelligences vers leur étude ; de suivre en commun les travaux scientifiques se rapportant à la biologie et à la sociologie.

Le siège provisoire du Club de l'art social est situe, 8, rue des Martyrs. Le lundi et le vendredi, de dix heures à midi le secrétaire se tient à la disposition des littérateurs et artistes.

Parmi les adhésions déjà recueillies, citons celles de MM. Robert Bernier, Léon Cladel, Henri Fèvre, Georges Renard, J.-H. Rosny, Ad. Tabaraut, etc.

L'épitaphe de Ricard. — Voici l'épïtaphe que Ricord a composée pour être gravée sur son tombeau, au cimetière du Père- Lachaise :

Aux portes de i'ëlernîié, Quand j'aurai fini ma carrière, S'il me reste un peu de poussière De celte triste humanité.

Que le tombeau seul s'en empare.

Que de mon àme se sépare Cette cause de mes douleurs t Car l'âme pure et sans madère Doit être un rayon de lumière Que ne troubleront plus les pleurs.

Casanova et son nouveau critique. — La Revue historique de novembre-décembre publie un intéressant article de M. Charles Henry intitulé Jacques Casanova de Seingalt et la critique historique, où il s'attache à démontrer, après d'autres, l'authenticité et la véracité des récits du cé> lébre aventiirier. Puisque M. Charles Henry nous avertit en note que cette étude, écrite il y a plusieurs années, n'est que l'esquisse d'un travail plus développé *, nous croyons lui rendre service en lui signalant les importantes recherches dont les résultats ont été consignés, à différentes

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