ÉPISODE DE U VIE MODERNE
Romaii adapté de l'anglais aTee l'antorisatioa d« l'aitav Par M«« MARIE DRONSART.
Un volame ia-46, broché 4 fr. 95
LE
lyste lie Porter Spare
Romaa traduit de l'anglais avec l'antorisatioa de Tantenr
Par MARY GIR.
Un volume in-16, broché 4 fr. 25
L'AdministraUur'GératU : A. Saoraaa.
SOMMAIRE GENERAL
Critique littéraire du mois. — Romans. — Mélangea Uttirairea. — PoésleB. ~ HiBtair«. — Baanx* Ax-ta. — G^ographia. — Blbllographla. — HUanges. — Oaaatta bibliographique. — Cauaerie. — Dootuneata bibllographiqnaa, ato. •
- ROMANS — CONTES - NOUVELLES — FACÉTIES
Contes du Chat Noir. — {L'Hiver), par Rodolphe Saliî, préface de Philippe Gille ; nombreuses illustracions. Paris. Librairie illustrée. Un vol. in-S". — Pris : 3 fr. 5o.
Accourez, Ombres des Maistres Conteurs d'antan, amys du gay sçavoir, absiracteurs de quintessences, distillateurs de sotties, gens bailleurs (le pointes et de gentils proupos,... Montmartre a pousse le vieus cri de Montjoye ! — Un conteur est né à la butte 1
Les moulins tournent en fête et décoeffent les honnesies Damoiselles; Ton mène grand bruit dans les tripots et tavernes, et de l'illustre Cjftur« du Chat Noir panent des hymnes qui rappellent les vieux Noéls bourguignons : — Un conteur est nu â la butte !
Un conteur, non point pauvre romancier de cité, mais joyeui disant, attifeur de phrases gentilles, ourleurde gras dictons, ravaudeur de traditions pantagruéliques et donneur de gabatine souefve et friande àTîmagination. Les fées Lorettes ont entouré son berceau et lui ont prodigué leurs dons, le rire large et sonore, l'image ingénieuse CI fleurie, l'esprit subtil prompt k s'aiguiser sur
BIBL. UOD. — !!•
la pierre angulaire du Quesais-je ! et du Peut-être ! l.a verve montmartroise, l'ironie infinie çt provocante, et les artifices Ruggiériques des discours pompeux pétaradant sur un moderne ^utisme. — Elles l'ont fait Roi de la fantaisie à Chatnoirville en Vexin, sa patrie, Roi de l'éternelle fête des fous, et il règne, de par elles, sur un peuple de sujets musards, chercheurs de rimes d'or et de phrases bien drapées, au milieu des Cythères contemporaines où Pierrot refait la Rapinéide, où Clitandre hypnotise la Muse, où Gambrinus verse sans fin l'hydromel; — un conteur est né à la butte : Rodolphe Salis, aimable compaignon des galiants drilles, portes éventés, estourneaux, chercheurs de lune et hustineurs de Rabat-Joye, amy de tous ceuK qui ont pour devise Bene vivere et l<elari. — Le premier livre de ses conteries vient de paraistre. Ce sont Contes d'hiver, et point ne sçachedeplus frisque,musquine et lunatique lecture. On cuydroit que Messires de Verville, Straparole, d'Ouvîlle et autres miraclifiques escrivains du vieux temps lui ont prêté sapience, caquetaige, beau langaige et mutine espièglerie, tant ces récits nous affriandent et nous tiennent dispos et éveillés pottée de souris ou nombril chatouillé,
même parfois nous font-ils nous esclaffer à gueule be'e comme la fente d'un royal pourpoint. Et quelle plantureuse moisson de vives et enjouées illustrations 1 Tous les tenanciers du gentilhomme conteur-cabaretier se sont mis en frais de plume et de crayon pour enluminer le texte, page k page, corps à corps, avec la jouvence et l'esprit du maistre adorneur d'anecdotes pimenteuses et hardies.
Un conteur est né à la butte l — Nous le saluons par le cri de Montjoye^ Montmartre ! et nous invitons nos doctes lecteurs et mignardes lectrices à se pourvoir de cettuy bouquin, proche cousin des Contes drolatiques^ en expçctant le prochain recueil des Contes du printempSy qui florira avec la feuille nouvelle en la Librairie illustrée de la lunatique rue du Croissant, jouxte la rue Montmartre, aux entours de l'antique Cour des Miracles. u.
Bodome, par Henri d'Argis, prétace de Paul Verlaine. Un vol. in-i8 jésus. Paris, 1888; Alph, Piaget, e'diteur. — Prix : 3 fr. 5o.
Malgré la note outrecuidante que l'éditeur a glissée dans le volume, il nous faut dire qu'il n'y
a rien de « sublime » dans cette analyse peu ragoûtante du cas de Jacques Soran, s'acheminant à la sodomie par un commerce de débauche avec une goule de trottoir, qui, comprenant que ce détraqué ne veut pas de ce qui est de la femme, lui « propose, avec une explicité complaisante, des baisers savants et experts d'une bouche se montrant horriblement édentëe et baveuse, avec des lèvres lippues et tombantes, et... » Il est impossible de transcrire ici la fin de la phrase, non plus que d^indiquer même d'un trait léger par quelles déviations du sens génésique ce Soran délaisse sa jeune femme pour séduire un jeune homme rencontré au Hammam.
Toutefois, disons que M, d'Argis a su représenter avec une terrible force la torture d'inassouvissement de ce malheureux chercheur de sensations hors nature.
M. d'Argis nous promet un second volume intitulé : Gomorrke, Est-ce qu'il compte vouer son talent exclusivement aux analyses des dérèglements génésiques ? Nous devons charitablement le prévenir que, sur cette matière, les ouvrages solides des Moreau de Tours, des Martineau, des Mantegazza, sont autrement intéressants et plus fournis d'enseigne meius. p. z.