ALFRED DE VIGNY
né à Loches
est mort dans cette maison le 17 septembre i863.
M. Louis Ratisbonne a prononcé un discours que résume cette phrase :
« Alfred de Vigny, dans ce temps si prodigue de statues, attend encore la sienne. Heureusement il est de ceux qui peuvent attendre, ayant pour eux la durée. »
Il s'est formé à Limoges un comité d'initiative pour ériger, par voie de souscription publique, un monument au célèbre physicien-chimiste Gay- Lussac, né à Saint-Léonard (Haute-Vienne), le 6 décembre 1778, élu membre de l'Académie des sciences le 8 décembre 1806 et mort le 9 mai i85o. La municipalité de la ville s'est mise à la disposition du comité; l'Etat a promis de donner le bronze. Le comité s'occupe maintenant de dresser la liste des notabilités qui doivent patronner la souscription; il fait appel au concours de l'Académie dés sciences et demande qu'elle désigne, pour figurer sur cette liste, un certain nombre de ses membres. Il sera répondu à cette proposition que l'Académie est disposée à favoriser par tous les moyens en son pouvoir l'entreprise du comité ; mais l'usage veut que ce soit le comité qui s'entende directement avec les académiciens dont il lui conviendra de solliciter la coopération.
— Un désastre, — Un incendie vient de détruire la grande imprimerie de MM. Eugène Ardant et C% située sur les bords de la Vienne, à quatre kilomètres de Limoges. Cette importante usine se composait de quatre corps de bâtiments : le premier comprenait la grande salle des presses où quinze machines Marinoni étaient installées; le second était l'atelier de composition; le troisième était affecté à la fabrication du carton, et le quatrième aux logements de divers employés. Tout est détruit.
— Tribunaux, Relations d'éditeur à auteur, — M™' la comtesse d'Osmond, après avoir public son premier ouvrage, /'Awoi/r/^ar/owf, chez l'éditeur Ollendorff et avoir vainement réclamé' des droits d'auteur qui n'avaient pas été formellement stipulés, s'était adressée au tribunal civil de la Seine (i'^ chambre), qui, par son arrêt du 19 février 1886, l'avait déboutée de sa demande et condamnée aux dépens. La cause est revenue en appel devant la Cour de Paris (i'* chambre, II janvier). Des considérants de son jugement^ il résulte que :
a Alors qu'aucune stipulation relative au prix d'une œuvre littéraire n'est intervenue entre l'auteur et l'éditeur, il n'y a pas vente et achat dans les termes de l'article i583 du Code civil, et la propriété de l'ouvrage reste à l'auteur, sauf règlement de comptes.
c Le principe que nul n'est présumé faire gratuitement l'abandon d'un droit est, à défaut de stipulation expresse et contraire, applicable même en matière de publication littéraire et lorsqu'il s'agit du premier ouvrage d'un auteur.
« Dans ce cas, il appartient -aux tribunaux de fixer, d'après -les documents de la cause et les usages établis en la matière, les droits dus à l'auteur. >
En conséquence, la Cour a infirmé le premier jugement, alloué 3o centimes par exemplaire vendu à l'auteur, et condamné l'éditeur à tous les dépens.
ETRANGER
/l'Tiffi
Allemagne. — On annonce l'arrivée à Paris du professeur Mommsen. Le célèbre historien allemand, qui est maintenant âgé de soixante et onze ans, vient chercher à la Bibliothèque nationale des documents en vue de la continuation du Corpus inscriplionum latinarum, que publie en ce moment l'Académie de Berlin.
Une exposition en Saxe. — Une singulière ex-. position a eu lieu à Meiningen. Elle comportait exclusivement les journaux qui contenaient des articles sur la mort de l'empereur Guillaume !"•
Cette collection ne représentait pas moins de cinquante-quatre langues parmi lesquelles, bien entendu, toutes les langues européennes avec
leurs divers dialectes; on y trouvait, en outre, le bengali, l'indien, le guzzerien, le chinois, le japonais, l'hawaïen et une quantité d'autres idiomes encore moins connus.
Angleterre. — M. Sayce, professeur de l'Université d'Oxford, vient de faire, dans la haute Egypte, une importante découverte archéologique, consistant en deux cents tablettes recouvertes d'hiéroglyphes. Il espère que cette trouvaille jettera de la lumière sur les nombreuses expéditions que les Assyriens entreprirent dans la vallée du Nil pendant les années de prospérité du royaume de Mésopotamie.
— Pour la première fois, un journal anglais — et encore est-il américain d'origine — paraîtra désormais tous les jours, sans excepter le dimanche 1 C'est le New York Herald, — édition spéciale pour l'Angleterre.
Cette infraction aux usages traditionnels de nos voisins cause une grande émotion parmi eux. L'offense au repos dominical consacré par les mœurs et les règlements suscite des réclamations très vives, qui unissent dans up même mouvement catholiques et protestants. Ainsi à la, tête des réclamants se placent le cardinal Manning et l'archevêque anglican de Canturbery, appuyés par les laïques les plus notables, comme le duc d'Argyll et le comte de Carnarvon.
Pologne. — Une intéressante lutte de générosité entre un écrivain et son admirateur anonyme.
Le grand romancier polonais, M. Sienkewicz, vient de recevoir un pli contenant la somme de 1 5,000 roubles — 5o,ooo francs — avec quelques lignes le priant d'accepter ce don comme l'expression de l'admiration qu'un de ses lecteurs professe pour son talent. La lettre était signée du nom d'un des personnages de son roman Par le feu et le glaive.
Quoique sans fortune, l'écrivain refuse d'accepter pour lui ce présent : il donne à la somme la destination suivante : les 5o,ooo francs placés dans une maison de crédit formeront un capital perpétuel, dont les intérêts serviront à instituer une espèce de bourse qui permettra, chaque année, à un littérateur ou à un artiste malade et sans fortune d'aller passer dans les pays chauds la saison rigoureuse. Cette donation portera le nom de la femme de Sienkewicz, morte poitrinaire il y a quelque temps.
Suisse. — Les progrès du volapûk. — Un Suisse émigré en Amérique, à Saint-Louis, M* Albett, vient de léguer un million et demi pour l'établissement d'une académie de volapUk à Fribourg, en Suisse. Une somme de 800,000 fr. sera, en outre, affectée à des prix, à des traductions, à des publications d'ouvrages.
FRANCS
— Dans sa livraison de décembre, le Bulletin au bibliophile donne, entre autres articles d'intérêt, la suite des lettres inédites de François Tuillierà Peiresc, avec des notes par M. P. Tamizey de Larroque. Cette publication intéresse à la fois les historiens et les bibliophiles. Signalons aussi quelques pages signées E. B. sur le Père Pierre de Saint-Louis et son poème de la ^^(igdelaine.
BIBL. MOD. — XI
— La Galette archéologique^ fondée par Fr. Lenormant et J. de Witte, et publiée par MM. E. Babelon et E. Molinier chez A. Lévy, sous les auspices de M. A. Kaempfen, donne, dans ses numéros 11-12 (1888), la reproduction d'un fort beau spécimen de reliure en argent niellé. C'est un ouvrage italien du xv* siècle. M. Georges Duplessis accompagne ces planches d'un texte savant, fait pour être à la fois goûté de l'archéologue et de l'artiste. Cette riche œuvre d'art est tirée de la collection du baron Nathaniel de
Rothschild, de Vienne. Elle représente les principales scènes de la vie du Christ.
— M. Alex. Buchner, professeur de littérature étrangère à la Faculté des lettres de Caen, a pris Thistorien Macaulay pour sujet de sa leçon inaugurale, laquelle est reproduite par VInstruction publique du 26 janvier. 11 s'y fait Técho de critiques peu mesurées, dont on est revenu dans les pays de langue anglaise, et il relègue dédaigneusement Macaulay et ses écrits parmi les « momies » classiques. C'est encore un brevet d'immortalité.
Le même périodique insérait, dans son numéro du 19 janvier, un article de M. BaluiTe, dont nous aurions parlé dans notre Chronique bibliographique si nous n'avions craint de rester trop longtemps sur le même sujet, et surtout s'il ne se trouvait reproduit dans le volume Autour de Molière f aujourd'hui paru. Il s'agit des origines de la Comtesse (VEscarbagnas et du nom de Tartuffe, que M. Baluffe retrouve, avec beaucoup de subtile ingéniosité, dans Guez de Balzac et chez un certain de Tufifes-Taraux, d'Ângoulême.
•— En un temps où la connaissance des langues est à l'ordre du jour parce qu'elle est un besoin de plus en plus pressant, la Revue des langues vivantes^ publiée au Havre, sous la direction de M. A. Wolfromm (35, rue Fontenelle; un an, 12 francs), est appelée à rendre d'importants services. Elle ne s'adresse pas seulement aux* professeurs, à qui elle est pourtant plus spécialement destinée ; mais elle prend à tâche de donner un aliment intellectuel approprié à toutes les classes de lecteurs. C'est ainsi qu'elle a publié, dans ses derniers numéros, l'imitation en vers français, par M. B.-H. Gausseron, d'un long et brillant passage du Lallah Rookh de Thomas Moore, le Forgeron de village et la Suspension de la crémaillère (the Hanging of the Crâne) ^ d'après Longfellow, par M. J. Duchesne; des réflexions sur la place qu'occupe le roman anglais dans l'enseignement secondaire par M. Casimir Stryienski, auquel on doit les récentes publications d'œuvres posthumes de Balzac, et une étude sur le drame allemand, par M. Victor Basch.
— A lire dans la Revue générale (1"' et i5 janvier) une étude alerte et fine de M. Ch. de Larivière sur V Amour romantique et V Amour décadent^ et des notes fort intéressantes et curieuses pour servir à l'histoire de la pantomime, par M. Paul Hugounet.
— La Revue universelle (librairie de l'Art; un an, 12 francs), cette belle publication mensuelle illustrée, dont le bon marché est sans égal, donne, avec des articles sur Virgile^ par M. Félix Naquet, sur David et les sujets de l'Ancien Testa-ment dans Vart florentin de la Renaissance^ par M. E. MUntz, sur les Deux Dumas ^ par M. Georges Delannoy, un fragment de l'ouvrage qui vient de paraître à la Librairie académique sur Mignet par notre ami, M. Edouard Petit, dont les articles à VEstafette sont si remarqués. Ce fragment raconte l'enfance et la jeunesse de Mignet. On se rappelle que 1er Livre a publié, en primeur, un chapitre de la même œuvre sur les relations de Mignet avec la princesse de Belgiojoso.
— Samedi-Revue publie, depuis le 26 janvier, une remarquable nouvelle de Conrad-Ferdinand Mayer, intitulée : la Veillée du Dante, traduite avec un rare talent par notre collaborateur M. Louis de Hessem.
— Le Journal des Débats a publié, dans ses numéros du 22 et du 2 5 janvier, un remarquable travail de M. Harry Alis sur les Jeux et l'hygiène dans les lycées. Ce n'est point que ce qui y est dit soit bien neuf, mais la façon dont cela est dit est personnelle et frappante. C'est à force de coups qu'on enfonce les clous.
Le même journal donne, à partir du 12 février, une série de beaux articles intitulés Romans et Romanciers, dont, n'était le respect, nous recommanderions la lecture à M. Renan, en quête d'une règle morale pour la conduite de la vie dans la littérature contemporaine.
Une chronique de M. Francisque Sarcey dans le XIX* siècle (3 février), à propos de la discipline scolaire et des tempéraments qu'il est sage d'y apporter, est intéressante à lire et vaut la peine d'être méditée par ceux qui ont charge d'enfants. Ce mot résume tout l'article : « 11 faut des règlements très rigoureux et beaucoup de jeu dans l'application qu'on en fait. » Quelles qualités cela ne suppose-t-il pas dans ceux qui les appliquent 1
L'Écho de Paris nous donne une chronique de M. H. Bauer à propos des Résignés, pièce de M. Henry Ccard représentée au Théâtre-Libre. L'auteur y déclare que nous sommes tous des a résignés au mal de vivre, essayant de tempérer la vie, qui est basse, laide, méchante et ennuyeuse, par des accès d'art, de passion et de combat ». Nous ne savons trop comment des accès peuvent, en aucun cas, tempérer; mais nous serions aise
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
d'apprendre ce que sont ces accès, sinon les plus hautes manifestations de la vie même. — Nous citerons encore, dans l'Echo de Paris^ un bel article signé Nestor à propos de Tinauguration de la statue de Rousseau (7 février), où Téminent journaliste s'élève avec raison contre Topinion vulgaire qui oppose Témotion de Jean-Jacques à la sécheresse de Voltaire, et des lignes indignées de M. Edmond Deschaumes à Tadresse du romancier à succès, Georges Ohnet, qui s'est permis une sortie contre les journalistes dans son dernier « chef-d'œuvre » , le Docteur Rameau ( i o février).
Dans V Estafette^ nous trouvons une chronique de M. Adolphe Tavernier sur le Métier des armes et la Culture intellectuelle (25 janvier), et un article de M. Edouard Petit (i3 février) qu'il intitule la Vocation et qui lui a été inspiré par la lettre de MUrger reproduite aujourd'hui dans notre Bulletin des bibliothèques.
M. Félicien Champsaur consacre, dans YÉvénement du 10 février, une grande colonne à un roman qui fait du bruit et dont nous parlerons plus au long, Marie Fougère. Nous ne quitterons pas ce journal sans signaler l'amusante chronique d'Aurélien Scholl dans le numéro du i3 février.
Au Figaro, une étude très remarquable, comme tout ce qu'écrit M. Henry Fouquier, mais pas tout à fait définitive, nous semble-t-il, sur le Sens delà vie, de M. RoJe (4 février); deux jolies colonnes de M. Jules Lemaître édifiées avec les Ombres chinoises de M. Garan d'Ache et les Marionnettes de MM. Signoret et Bouchor (6 février); des lettres inédites de Flaubert, et la physiologie du Bibliothécaire, par M. G. Bourdon (9 février).
Dans la Ga:(ette de France (27 janvier), un feuilleton de M. Armand de Pontmartin sur le Rêve de Zola, dont voici la conclusion : « Au point de vue littéraire, le Rêve est un pastiche. Retranchez- en ce qui revient au Balzac de Mo* deste Mignon, d* Ursule Mirouet et du Livre mystique^ au Victor Hugo de Notre-Dame de Paris et des Travailleurs de la mer y vous n'aurez plus entre les mains de quoi border la chasuble d'un curé de campagne. » Nous ne voudrions pas dire que ce jugement soit tout à fait exact.
M, Gramont(L. de Gramont) donne à V Intransi* géant des Notes sur la vie, parmi lesquelles nous remarquons particulièrement son article sur l'Inspiration (10 février). Il ne nie pas la spontanéité du génie, mais il croit à la nécessité du travail.
La Liberté du 22 janvier donne une étude étendue et, somme toute, sympathique du DoC" teur Rameau de Georges Ohnet. L'auteur a signé X... A-t-il peur de se compromettre? Non, sans doute, puisque nous le retrouvons, le 29 du même mois, signant une chronique intéressante et pleine de faits peu connus sur Goethe, Faust et Wagner. Le 26, un autre collaborateur à initiales, P,-P. nous parle avec agrément et compétence de quelques livres nouveaux : Sire, par M. Henri Lavedan ; Mère et Maîtresse, de M. Louis Ulbach; V Agent xin-126 de M. Paul Rouaix. Le même critique (16 juillet) signale l'article de M. Adolphe Julien sur l'éditeur Renduel, que le Livre a publié le mois dernier, et il y puise les éléments de presque toute sa chronique, ce dont nous le remercions de tout cœur.
Le Moniteur universel fait toujours une large place aux questions religieuses. Dans son numéro du 26 janvier, M. Emmanuel Cosquin étudie la Ré/orme et la Révolution sociale en Allemagne au xvi« siècle, à propos du second volume de l'Allemagne et la Réforme de l'historien Janssen, dont la traduction vient de paraître à la librairie Pion.
Encore M. Auguste BallufFe. Sous le titre Anomalies normaliennes, il relève, dans le National du 28 janvier, les opinions de M. Jules Lemaître sur Molière et lui dit vertement son fait.
U Observateur français (22 février) publie une chronique intitulée Racine et M. Brunetière, où M. Chassaigne de Néronde nous parle agréablement de CQ jeune normalien et des conférences qu'il débite aux jeunes collégiens, ses frères cadets, sur nos classiques comparés aux grands écrivains dramatiques étrangers.
Paris (i3 février) est amusant dans l'article gouailleur, mais juste, que M. Georges Montorgueil intitule le Faux nes[ de Lucie Herpin.
Les amis de notre littérature du moyen âge et de tout ce qui s'y rattache dans notre littérature moderne liront avec plaisir, dans le Pari" sien du 18 janvier, une chronique de M. Henry Lapauze, sur V Amante du Christ, que M. Rodolphe Darzens donnait naguère au Théâtre-Libre.
A signaler dans le Parti National : la chronique musicale de M. Albert Dayrolles sur le Wagner de la légende et celui de la réalité (29 janvier) et la chronique scientifique du D' Ad. Piéchaud sur la paralysie générale et la santé des gens de lettres, — attristant chapitre à ajouter au livre de Tissot (9 février).
lOi
Le Public du i8 janvier donne un article de M. Camille Flammarion sur les Apparitions et autres phénomènes psychiques dont Tétude est si à la mode de nos jours. Citons aussi deux joyeuses colonnes de M. Alexandre Hepp sur les illustres — quoique peu connus — délégués de l'association littéraire au congrès que la Société des gens de lettres organise pour l'exposition. Cet article est intitulé Quelques-uns (24 janvier).
Le feuilleton de la République française du 17 janvier est consacré à une solide étude du livre de M. Liard intitulé l'Enseignement supérieur et la Révolution, par le professeur de philosophie législateur M. A. Burdeau.
Enfin nous appellerons l'attention sur la préface d'un nouveau livre de M. Berthelot intitulé Introduction à l'étude de la chimie des anciens et du moyen âge, que le Temps publie dans son numéro du 23 janvier.
ETRANGER
Angleterre. — Nous lisons dans The Academy (19 janvier) : « Les deux articles originaux du Livre de décembre rentrent admirablement dans le cadre de la publication. Le savant bibliographe M. Drujon y annonce un catalogue raisonné des livres qui ont été les victimes de ce qu'il appelle la bibliolytie (mot que nous n'aimons pas beaucoup), c'est-à-dire qui ont été détruits par leurs auteurs dénaturés, pour des raisons ignorées ou connues. Ce catalogue sera utile; nrais nous aimons encore mieux en somme, bien que nous ne tombions pas toujours d'accord avec les lois particulières qu'il formule, l'article de M. Delauney sur le Livre harmonieux. Il n'y est point question de musique. C'est un court traité sur les proportions et la structure matérielle du volume imprimé. Il faut avouer que l'on avait besoin de quelque travail de ce genre. Nous avons nous-mêmes, si nous ne nous trompons, appelé plus d'une fois l'attention sur les crimes contre l'harmonie que commettent certains éditeurs bien intentionnés, qui, en faisant des éditions en « grand papier », se contentent d'agrandir la marge inférieure et la marge extérieure du livre, sans rien changer aux dimensions de la marge supérieure et de la marge du fond; défigurant ainsi l'ensemble des proportions de la partie imprimée. Et encore ceci n'est-il qu'un exemple. M. Delauney a fait une bonne action en appelant l'attention sur tous les côtés de la question.
— The Bookworm^ dont Mr. W. Roberts est depuis peu le rédacteur en chef, fait de plus en plus honneur à son éditeur, Mr. Elliot Stock. Un article joliment illustré sur Thomas Bewick, le célèbre graveur sur bois; des pages d'un véritable intérêt bibliographique sur les vieux catalogues, sur les bibles de Coverdale et de Cranmer, sur Richard de Bury, et sur les premiers vers de Tennyson, sans parler de quelques lignes à propos de la Cassette de France et de Théophrastc Renaudot, composent, avec des entrefilets piquants et bien placés, une livraison capable de réjouir bibliophiles et bibliographes.
— The Century Alaga^ine publie, dans son Midwinter Number (février), un article humoristique et artistique, plein de curieux souvenirs personnels, sur le peintre Gérôme, signé Fanny Field Hering, avec des illustrations d'après l'artiste français et d'après Wyatt Eaton, Kenyon Cox, Harry Fenn, E. Daecke et W. Taber. Mr. W. J. Stillman, qui fait une étude spéciale des vieux maîtres italiens, s'adresse cette fois à Simone Memmi, dont il donne d'intéressants spécimens. Enfin, M. Charles Me Kay donne des pages attrayantes et érudites sur les fées et les druides d'Irlande. — Nous n'indiquons ici que les articles qui nous frappent le plus, parmi tant d'autres remarquables à des titres divers.
— Nous trouvons à signaler dans la Fort^ nightly Review de février un article remarquable, mais très sujet à discussion, malgré son ton dogmatique, de M. Dowden, sur les espoirs'et les craintes que peut faire concevoir la littérature contemporaine (Hopes and Fears for Literatur€)\ et le second instalment de la belle étude de M. A. C. Swinburne sur le livre posthume de Victor Hugo : Toute la Lyre. On lira aussi avec intérêt The Characteristics of English Women, par E. Lynn Linton.
— The Libraryy le nouveau Magasine de Mr. Elliot Stock, que nous avons annoncé et qui est l'organe de « The Library Association of the United Kingdom », en est à son second numéro février). Nous y remarquons spécialement l'étude commencée dans le numéro de janvier, par M. A.-H. Bullen,-sur certaines imprimeries particulières (The Appledore Private PresSy U. S.A.)^ un mémoire sur un bibliographe méconnu (A Bi-^ bliographical Martyr, D' Robert Wait^ by Thomas Mason), et un compte rendu sympathique du livre de M. Jules Le Petit sur les éditions originales des écrivains français, par Mr. Alfred W. PoUard.
— Nous remarquons dans le Murray's Maga^
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
Itô
nw pour février, la dernière partie d'un travail intitulé Réminiscences of Waterloo and the Duke of Wellington,
— Notre vieil ami Notes and Queries (26 janvier) salue ainsi la dixième année de notre publication. « Un nouveau volume du Livre commence par un Conte pour les Bibliophiles, de M. Octave Uzanne, très habile et très curieux morceau de pastiche littéraire, admirablement illustré par M. Albert Robida. Poursuivant la série de ses articles sur les écrivains anglais, qui sont devenus un de ses traits particuliers, le Livre^ nous donne un bon travail sur George Eliot. On peut remarquer certaines améliorations dans la I Bibliographie moderne ». — Il ajoute, dans son numéro du 1 6 février: « Le numéro du Livre, pour le 10 février^ débute par un projet de l'infatigable et brillant bibliophile M. Octave Uzanne, qui propose de fonder une nouvelle société cosmopolite d'amateurs de Livres. Nous ne pouvons exposer en son entier Talléchant programme qu'il met en avant; mais comme le i" mars est la dernière date pour être admis, nous conseillons de consulter sans retard le Livre. Une intéressante étude sur Eugène Renduel, le fameux éditeur des romantiques, vient ensuite, et est elle-même suivie de nouveaux extraits de l'intéressante correspondance du prince de Ligne avec Casanova.
— Mr. W. Roberts, dont l'activité et la puissance de production sont peu ordinaires, donne à la revue intitulée Westward Ho! (EUiot Stock, Londres, février), un portrait du poète Austin Dobson ; et à un journal hebdomadaire, Wit and Wisdom (F^ondres, 3, Bride street; 9 février), dont il est le second directeur, une étude sur Mr. Andrew Lang, lequel est, sans doute, un écrivain fertile, mais un peu trop enclin, peut-être, à démarquer le linge d'autrui pour s'en faire honneur à sa table.
États-Unis. — Le Frank-Leslie's Illustrated Newspaper (New-York, 19 janvier) publie un supplément de 8 pages entièrement consacré à l'Etat d'Indiana et aux sources de gaz naturel qu'on y a trouvées et qu'on y exploite.
■^ Un homme du métier, qui signe An eX' editor, publie, dans Lippincott's Magasine (février), des réminiscences de sa vie de journaliste, dont on peut profiter partout, et que la différence des mœurs et des allures rend particulièrement
piquantes pour un littérateur français. Dans le même numéro on trouve quelques bonnes pages sur Naihaniel Hawthorne, par Mr. R. H. Stoddard.
— On lit dans The Nation^ à propos de l'édition des œuvres de Franklin, dont Mr. Bigelow vient de donner le 10® vol. (New-York, Putnam), que Franklin regardait l'habitude d'apprendre aux enfants le latin et le grec en négligeant la langue maternelle, comme le chapeau bras de la littérature moderne. Que l'expression appartienne à The Nation ou à Franklin, elle vaut la peine qu'on l'explique. Nous la recommandons à l'éditeur de The Library Journal pour son coin de Humors and Blunders; elle y fera bonne figure et s'y trouvera, comme le Livre s'y trouvait dernièrement, en nombreuse et honnête compagnie.
Le même périodique (3 1 janvier) ne trouve pas à son goût les améliorations et changements apportés dans l'arrangement matériel de la seconde partie du Livre. Il veut bien cependant signaler comme intéressant Tariicle de M. Edouard Petit sur la Vie mondaine de Mignet, dans le numéro de novembre 1888. L'article de M. Delauney, sur le Livre harmonieux {décembre), luiparaît quelque peu fantastique ; mais il admire sans réserves l'exquise reproduction, contenue dans le même numéro, de la reliure en maroquin du Levant, avec appliques d'argent et d'or, exécutée par M. Ruban, pour l'exemplaire de la Française du siècle^ que l'auteur, M. O. Uzanne, conserve dans sa bibliothèque.
— La grande et luxueuse publication dirigée parM. J.-D.-E. Schmeltz, conservateur du Musée ethnographique de Leyde, Internationales Archiv fiir Ethnographie^ complète, avec sa sixième livraison, son premier volume. Nous y signalerons, parmi des études spéciales et techniques de la plus haute valeur, un article du D' Richard Andrew sur les anciennes mosaïques mexicaines. Les illustrations sont d*unfini et d'une exactiude remarquables, et il semble difficile de surpasser les grandes planches en couleur, soit en éclat, soit en fidélité. — Nous reproduisons textuellement l'avis adressé aux abonnés dans cette li^ vraison*
« La rédaction et l'éditeur saisissent tous les moyens pour faire des Archives internationales d'ethnographie un lien étroit entre tous ceux qui, soit dans un but scientifique, soit pour des motifs purement commerciaux, s'intéressent aux collections ethnographiques.
a A cet effet, ils se sont proposé d'ajouter à chaque livraison un supplément spécial dont les pages sont mises gratis à la disposition des abonnés pour y faire insérer des informations sur des collections dont on désire se défaire soit par échange, soit par vente. Ces insertions doivent être envoyées franco à l'éditeur avec le formu-
laire imprimé qui se trouvera dorénavani sur la couverture de chaque livraison. Le supplément rcfoitdemème les demandes pour quelque collection spéciale, comme pour des objets d'intérêt ethnographique.
■ Il se pourrait ainsi que les directions de divers musées ou des collectionneurs se réunissent pour obtenir en commun une collection importante qui, pour diverses raisons, en son entier.
l'aurait pu être obtenue par un seul d'e
Forto-Rico ; Antilles. — La Revisia Puertorrîqueitna (Porto-Rieo). publie depuis quelque temps de remarquables traductions en vers des poésies Je Jean Richepin, dues au directeur de cette revue, M. Manuel Fernandez Juncos.
FRAnCS
^— Le R. P. Besse, un des membres les plut vanlï de la Compagnie de Jésus, vient de moui l'âge de soi lante-di (-sept ans, dont cinqusnto el consacrés i la vie religieuse.
nort (février) de M. Antoine juge à la cour d'appel et à la cour 'ait fait de nombreuses recherches I anciens titres des archives judiciaires, et iitIheureuEcment inachevés les derniers vo- : son étude sur les tribunaux de Paris, de i78()
Un auteur dramatique, dont la vogue à une
certaine époque fut très grande, Adolphe Choler, le collaborateur de Labiche, Siraudin, Lambert-Thiboust, l'ancien directeur du Palais-Royal avec Plunkelt, est mort à l'âge de soiianic-six ans en janTier
Choler a produit quelquefois seul, te plus souvent avec l'un des auteurs dramatiques que nous venons de citer, un très grand nombre de comédies, vaudeville», opérettes, etc. Parmi tes osuvres qui ont eu le plus de succès, citons : les Marquises de la Four' chelle, avec Labiche; le Fils de la Belle au Bois dormant, pièce en trois actes, avec Siraudin et l.amben- Thiboust; les Méli-Mélo de la rue Meslay, un acte avec Marc Michel; les Amoureux de la bourgeoise, un acte, avec Siraudin ; la Vieillesse de Bridîdi, avec Henri Roebcfort; un Pied dans le crime, trois actes avec Labiche; les Chemins de fer, en cinq actes, avec Labiche et Delacour, etc.
— lOn annonce la mort (février) du citoyen Clétce, ancien membre du comité central de la Cornne de Paris, et typographe distingué. 11 avait, sous ipire, travaillé à l'Imprimerie nationale.
^— Le baron Alfred-Auguste Ernouf, littérateur le mérite, chevalier de la Légion d'honneur et fils du 'encrai de division baron Krnouf, grand officier de
la Légion d'honnc
la politique président parte.
Depuis, il s'est faii écrits des genres les plus d citerons ; Histoire de trois Lenoir, Bréguet, Michel Bi Us Français en Prusse (1807-;
ent de er).
I, en [842, la lille du baron
de Napoléon I". De 1849
ns le Bulletin de Paris,
Louis-Napoléon Bona-
par de nombreoi
armi lesquels nous
■.français (Richard
lin), le Général Kléber,
— M. Raoul Fauvel, le poète- journaliste, auteur de : la Neige tombe! Filles d'Alsace et de Lorraine, et de tant d'autres œuvres populaires, est mort à la lin de janvier.
Nous apprenons tardivement taliste Gustave Garrey (3 décembre
rtdel'i
-^ M. Ernest Gellions d'Angtar, un des plus jeunes rédacteurs du GH Blas, est mort à la (in de janvier.
— Nous apprenons la mon (février) de M, Ferdi-
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nand-Nicolas Goldschmidt, qui occupa^ pendant un grand nombre d^années, Temploi de reporter dans la plupart des journaux de Paris. M. Goldschmidt était le doyen de sa corporation.
»tWi«
— M. Glaude Guigne^ archiviste en chef du département du Rhône, vient de mourir à Trévoux, à l'âge de cinquante-six ans (février).
— M. Emile Guiard, neveu d*£mile Âugier, est mort le i" février à Cannes. Il n'avait que trente-six ans. UOdéon a représenté de lui deux comédies, Mon Fils et Feu de paille, et le Théâtre-Français a toujours laissé à son répertoire sa première pièce, Volte-face. Son poème, Livingston, avait été couronné parTAcadémie française. Enfin, il était Tauteur d'un petit monologue, la Mouche, qui a été bien souvent récité dans les salons.
-^ On annonce la mort, àTàge de soixante-quinze ans, de M. Alexandre-Nathan Lévy, le frère aîné de Michel Lévy, le fondateur de la maison de librairie bien connue (février).
^•^ Le 5 février est mort un vieil auteur dramatique peu connu delà génération actuelle, Gabriel de Lurieu, qui, de i823 à i858, a composé un grand nombre de vaudevilles, de drames ou de livrets d'opéra-comique, dont plusieurs ont eu du succès en leur temps. II avait quatre-vingt-six ans.
— M. Henri Lutteroth vient de mourir à quatrevingt-six ans (février). Il avait publié une Histoire des débuts du protestantisme français jusqu*au premier synode de i53g, qui fut une véritable révélation sur cette époque importante et si mal connue.
11 dirigea de i83i à i85o un journal hebdomadaire, le Semeur, qui représentait avec éclat les idées qui lui étaient chères.
"im« —
— M. Rosseuw Saint-Hilaire, membre de TAcademie des sciences morales et politiques, ancien professeur à la Faculté des lettres et ancien rédacteur aux Débats, est mort à la fin de janvier, à Paris; âgé de quatre-vingt-six ans.
-^ On annonce la mort (janvier) de M. Eugène Tisserand» ancien professeur à Técole vétérinaire de Lyon. M. Tisserand a été président de l'Académie de Lyon et secrétaire général de la Société d'agriculture. On lui doit des travaux très importants sur la science vétérinaire et la zootechnie. Il était âgé de soixante-treize ans.
Alsaoe. — On mande de Rixheim la mort, à l'âge de soixante-diz-sept ans, du poète alsacien Georges Gagelin (février).
ETRANGER
Allemagne.— Un des érudits allemands les plus versés dans la connaissance' de la littérature anglaise et des œuvres de Shakespeare en particulier, le D' Friedrich Karl Elze, est mort à Halle, le 21 janvier. 11 était né en 1 821. LtL Hallische Zeitung publiaii naguère une bibliographie complète de ses nombreux écrits.
- 'IMI»'
— - Une dépêche de Munich annonce la mort de M. HoIzendorfF, célèbre professeur de droit à l'université de cette ville.
Né à BietmannsdorfT (Brandebourg), en 1829, M. de Holzendorff s'était fait connaître surtout par ses études sur la réforme du code pénal et en particulier sur la réforme du régime pénitentiaire. Il avait fondé les congrès des juristes allemands qui se réunissent chaque année. Parmi ses publications, inspirées par un esprit très libéral, il faut citer : l'Encyclopédie des sciences juridiques, V Annuaire de la législation, de la juridiction et de l'administration de l'empire allemand, etc.
M. de Holzendorff avait contribué à la fondation d'un certain nombre d'œuvres philanthropiques, entre autres des fourneaux populaires.
En 1874, il avait assisté le comte d'Arnim, ancien ambassadeur d'Allemagne à Paris, dans le fameux procès intenté au comte par le prince de Bismarck,
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Angleterre. — James S. Brazier, professeur de chimie à l'université d'Aberdeen, est mort dans la seconde quinzaine de janvier. On a de lui de remarquables études sur le verre et sur le chanvre.
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— Un érudit, très versé dans la généalogie des familles des Borders, Mr. T. H. Cockburn-Houd, est mort a Edimbourg, le i5 janvier.
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— • Le 21 janvier est mort, dans sa soixante-quatorzième année, à Bolton, un auteur de chansons populaires, Mr. J. B. Geoghegan.
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— Un journaliste écossais, Mr. David Hodge, est mort en janvier dernier. Outre ses fonctions au Dundee Advertiser^ il s'occupait beaucoup de la pêche à la ligne et de la littérature, et on lui doit Angling Days in Scotch Lochs, ouvrage classique sur la matière.
«IWi»
— Un critique musical célèbre au delà du détroit, le D' Francis HuefFer, d'origine germanique, est mort le 19 janvier. On a de lui : The Troubadours, a His^
t'jrr 0/ Provençal Life and Literature in ihe Mtddle agtt. ï\ i doant pluiUur* a nie Ici importa nu ïl'fncy-dcftJia Britannica.
— L'g jariKOOfulte doublé d'un archéologue, Hr. Tu. Souur, collaborateur ordinaire de Notes and Qwrirt.ett mon i CritS, le i3 janvier.
!, ^— Le Livre doit enregistrer la mon ia p r.r.^£ héritier d'Autriche, i'archiJuc Rodolphe (fin
ie ;a::^L£r,, car l'archiduc n< fr^r^ce, il était littérateur et journal prisc.pal ouvrafïe, la Monarchie dicritt tt dépeinte, reste inachevi
pas d'être de talent. Son Iro-hongroise,
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États-Unis. >^Sabina Dolaro, actrice et écrivain de quelque réputation aux ËiatS'Unis, est morte à New-York le 33 janvier. Elle était Anglaise de nais- ■ancc et de race juive. Elle a publié un assez curieux volume de vers intitulé Mes Amours.
— > N'>us apprenons de New-York la mon de M. Ceurge Duncan (10 janvier), qui, après avoir fait partie du U maison de librairie Glaii et Duncan, de (iluiRow, était allé s'établir aux I^laiE-Unis. 11 est l'auteur d'une aimable relation de touriste : Royal lOiiite, or, a Itn Days' Tour in Scotland.
■^ Mr. Aleiander T. Me Gill, professeur de théol'jKiG >■ i'rincelon Theologlcal Seminary, état de New IsitLf, est mort le i3 janvier, à i'ftge de quatrevliiKi'un ans. Il a écrit beaucoup d'ouvrages de ihéo- |of(le et de polémique religieuse.
Hollftad*. — Nous apprenons la mort d'un nalurallilc et anthropologiste de grande distinction, M. 0. II. H. von Koscnberg, décédé à La Haye le tb ncvïinbre iSSij. Il laisse, outre une foule d'écrits d'une liMUle portée scientifique, un grand ouvrage : Dur Malayiiche Archipel, Land und Leule (1878).
^ Le bibliothécaire et bibliographe P. A. Tiele tsi mort i Utrecht le 13 janvier.
Ititlla. ^— Le comte des Dorides, ancien rédaciciir (lu Moniteur de Rome et correspondant de plusltiirt Irjurnaui, vient de mourir à Fraseati (février), ird 11 a'«isit retiré après le procès que lui avait intenté
le gouvernement Italien et qui fit si grand bmit i: r a quelques années.
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^ Le commandeur Andréa Gastaldi, professeur i l'Aradémie royale Alberline, mort à Turin le 1 .isvier, était l'un des peintres les plus remarquables de la nouvelle école italienne. Né le 16 avril 183Ô, il avait passé huit année» à Paris et s'était fait remarquer à nos eipositions universelles de 1867 et de 1S7S par ses tableaux de la Défense de Torlone et de Beajfaee YIII. Il avait épousé une Française, M* Léonie Lescuyer, peintre très remarquable elle-même, et était frère de Mi' Lorenzo Gastaldi, archevêque de Turin.
Norrige. —— M. Broch, un savant norvégien qui
fut d'abord professeur à l'Université de Chrisiianii, la marine et des postes en Norvège, mourir près de Paris, à Sèvres, k la suite igue maladie. Il était âgé de si
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er).
II avait occupi jadis les fonctions norvégien pour les expositions de 1867 et de 1878, et était, en dernier lieu, directeur du bureau international des poids et mesures situé au pavillon de Breteuil, dans le pare de Saint-Cloud (8 février).
^— Le professeur Worm-Mûller, dont les travaux :hirurgicauz ont une grande réputation en Scandinavie, est mort à Christiania, le 11 janvier.
Russie. M. OssipZedkine est mort k Paris'!
la lin de janvier. Né en iU53, dans une des riches familles d'Odessa, il appartenait à cette phalange de jeunes gens qui se dévouèrent à la propagande des idées socialistes dans la classe ouvrière. Il était étudiant es sciences naturelles; il apprit le métier de menuisier pour pouvoir pénétrer dans les ateliers et se mettre en contact avec les prolétaires. Expulsé de Russie en 1874, il se rendit en Allemagne; chassé en 1881, après plusieurs mois d'emprisonnement, il
II pouvait lire une dizaine de langues européennes et e'crivait le français et l'allemand. 11 collabora assidûment au Socialiste de Paris, et au Social Démokrat, l'organe officiel du parti socialiste allemand.
SuiSBft. ^^ On annonce la mort d'un écrivain très populaire, M. le D' Franz-Joseph Schild, qui vient de succomber à l'âge de soixante-sept ans et demi (février). Le défunt, qui a publié bon nombre de volumes de prose et de poésie, était surnommé le grand-papa du Jura, et était originaire de Granges.
L'Admitttstrateur-Girant s A. Saupi