‹ Le livre (volume 4)Chapitre 23 sur 129 · Rapport de M. le conseiller municipal Chassaing · texte numérisé non relu

Rapport de M. le conseiller municipal Chassaing

2. Ces faits ont été signalés au Conseil municipal, en i885, dans un rapport de M. le conseiller Lamouroux. Il y a actuellement un débat ouvert entre le préfet de la Seine, représentant la Ville, et le ministre de l'Instruction publique, représentant l'État, au sujet de la revendication de cette bibliothèque. En cas de procès, la Ville ferait vraisemblablement valoir les deux points suivants : i» l'arrêté du Directoire est illégal, n'ayant pas été promulgué; 2» il ne saurait y avoir prescription, une propriété communale étant inaliénable.

Saint- Antoine Elle y resta jusqu'en 1817, année où le comte de Chabrol la fit transporter à l'Hôtel de Ville, dans les salles dites de Saint-Jean, édifiées sur les dépendances de l'ancienne église de Saint-Jean en Grève. Transférée temporairement quai d'Austerlitz, pendant les travaux d'agrandissement de l'Hôtel de Ville, terminés en 1845, elle prit, en 1846, possession du nouveau local qu'on lui avait ménagé sous les combles de l'Hôtel de Ville; elle comptait alors 5o,ooo volumes. Elle resta là jusqu'en 1871, sans faire beaucoup parler d'elle, et pour cause, la mauvaise organisation des services en ayant éloigné peu à peu les lecteurs. En 1871, elle était riche de plus de cent mille volumes ; on sait qu'elle fut anéantie dans l'incendie de l'Hôtel de Ville. »

Parmi les pertes irréparables dues à la même cause, « il faut citer le magnifique missel de Juvénal des Ursins, manuscrit à miniatures du XV* siècle, cédé par M. Firmin-Didot au prix coûtant de 36,ooo francs; les papiers de Beffara contenant des notes sur toute l'histoire du théâtre en France ; plusieurs registres des rapports secrets du lieutenant de police sur les intrigues galantes de Paris, et différant par la date de ceux qui sont aujourd'hui à l'Arsenal ; des plans originaux de Nicolas Ledoux, architecte des Petites-Écuries, etc. Il fallait reconstituer, pour la troisième fois, cette malheureuse bibliothèque. M. Jules Cousin, nommé conservateur de la seconde, après le 4 septembre 1870, offrit en don, pour commencer, sa bibliothèque personnelle, composée de 6,000 volumes et 8,000 estampes relatifs à l'histoire de Paris; il demanda et obtint, pour l'avenir, la division de la nouvelle bibliothèque en deux sections : la section administrative, qui resterait à l'Hôtel de Vilje, et la section historique, destinée plus particulièrement au public, qui serait installée à l'hôtel Carnavalet. Moins de trois ans après, le i<^' janvier 1874, cette nouvelle bibliothèque^ riche de 23,ooo volumes et de 1 5,000 estampes relatives à l'histoire de Paris et à la Révolution, ouvrait ses portes au public. Elle compte aujourd'hui 80,000 volumes, 60,000 estampes, 23,ooo médailles et une belle collection d'anciens plans. Elle est ouverte tous les jours non fériés. Depuis 1880, elle est réunie au Musée historique. »

La bibliothèque du Conservatoire vient de s'enrichir du manuscrit d'une des plus belles sonates de Beethoven. Nous empruntons à M. Charles Darcours quelques renseignements sur cette importante acquisition.

« Le manuscrit dont M. René Baillot, le fils du grand Baillot, vient de faire en quelque sorte don

au Conservatoire, est celui de la sonate en /a mineur, œuvre Sy, qui, par la grandeur des idées, par la beauté de la forme et la richesse des développements, résume le génie de Beethoven arrivé à son apogée. La pièce est donc doublement précieuse, car non seulement on y retrouve les caractères par lesquels la main du maître a fixé sa pensée, mais cette pensée était magnifiquement inspirée et elle a produit un chef-d'œuvre.

t Le manuscrit se compose d'un petit cahier de quarante-deux pages, de format oblong, dit à l'italienne ; les pages sont réglées à douze portées; la reliure est des plus simples et fatiguée.

« L'écriture de Beethoven est un peu maigre; elle est très rapide. Nombre de fois, lorsque la portée n'est pas assez longue pour que la mesure commencée puisse y tenir, le maître la prolonge par des petites lignes qui s'en vont en haut ou en bas, selon que sa main est poussée, mais qui ne se rapprochent que rarement de l'horizontale. Les barres de mesure sont tracées de droite à gauche, et toute l'écriture musicale elle-même incline à droite, ce qui, croyons-nous, ne se voit que fort rarement dans la copie de musique. En résumé, malgré sa clarté dans certaines parties, le manuscrit est difficile à lire, à cause du grand nombre de « points » que nécessite la mesure à 12/8, ainsi que par suite des abréviations et de la confusion qu'amènent quelques ratures hâtivement indiquées.

a Une des pages du manuscrit a subi une petite mutilation que l'on peut, à la rigueur, attribuer à un accident, mais qui semble plutôt avoir été intentionnelle. Les huit premières mesures de Vandante^'îormant la première ligne du haut de la page, ont disparu. Elles ont été remplacées par une ligne de copie, fixée sur la page avec de la colle, copie dans laquelle, il faut le reconnaître, on n'a point cherché à imiter l'écriture de Beethoven.

« Le manuscrit de Beethoven, en bon état sous tous les autres rapports, porte, à toutes les pages, des maculations qui ont pénétré le papier de part en part, heureusement sans détériorer l'écriture en aucun endroit. A ce sujet, nous laisserons parler M. Baillot lui-même, qui, il y a quelques années, a donné, dans le Ménestrely des détails relatifs au précieux autographe :

« Beethoven composa cette sonate vers la fin a de septembre 1807, pendant un séjour de quel- « ques mois qu'il fit dans les terres du prince de « Lichnowsky. En revenant à Vienne, il fut as- « sailli en route par une pluie d'orage qui trans- « perça la malle qui contenait ses effets ainsi que « son manuscrit.

« Le lendemain de son arrivée, il vint visiter

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

c ses amis, M. Bigot et sa femme, la célèbre piac niste dont le souvenir est resté cher à ceux qui « ont vécu au commencement de ce siècle.

t Alors, dans tout l'éclat de son talent, M"* Bia got, environnée des artistes les plus illustres

• de cette époque, exécutait dans des soirées f intimes, avec Baillot, Delamarre, Auber, etc., I les sublimes concertos de Mozart, qui, jusquec là, étaient complètement inconnus en France.

f Beethoven, disons-nous, arrive chez M"»« Bic got et lui montre en riant la sonate encore toute c mouillée, qu'elle examine, dont le début la

• frappe, et qu'elle se met à jouer sans hésiter. I Beethoven fut surpris de voir que M"* Bigot I n'était pas un instant arrêtée par les fréquentes f ratures et les changements qu'il y avait faits, f C'est alors qu'elle le pria de lui faire don de ce

■ manuscrit ; Beethoven y consentit et le lui rap- « porta fidèlement après l'avoir fait graver. .

« Après la mort de cette célèbre artiste, le

■ manuscrit resta de longues années entre les a mains de M. Bigot. L'amitié dont il nous ho-

■ norait, que nous ne pouvons nous rappeler « sans émotion, et la conviction qu'il avait de < notre admiration passionnée et de notre pro- « fond respect pour ce précieux manuscrit,- le « décidèrent, dans les dernières années de sa « longue carrière, à s'en dessaisir en notre faveur, «vers l'an i852. »

« M. René Baillot se dessaisit à son tour de l'autographe du plus illustre des musiciens en faveur de notre école de musique : on est fier, au Louvre, d'exposer des Raphaél et des Titien ; on sera heureux, à la bibliothèque du Conservatoire, de pouvoir montrer aux fidèles de l'art le manuscrit d'un des chefs-d'œuvre de Beethoven. »

Sous le titre : les Bibliothèques populaires à Paris, on lit dans le Gutenberg- Journal (6 février) :

« On compte à Paris, réparties dans tous les quartiers, environ quatre-vingts bibliothèques populaires, dont un certain nombre ont été fondées et sont entretenues par la Ville. Ces dernières sont installées dans les mairies et dans les principales écoles.

« L'élite des jeunes gens sortis de l'école primaire forme le fond de leur clientèle. Ils s'y instruisent soit en lisant sur place, soit en emportant les ouvrages dans leur famille.

« Il y a, sans compter la bibliothèque Formey, cinquante-huit bibliothèques populaires municipales. Sept arrondissements en ont deux ; elles sont au nombre de trois dans huit autres, et de

quatre dans les sixième, onzième, dix-septième, dix-huitième et vingtième arrondissements.

« Par an, la Ville dépense 112,000 francs pour achat, reliure de livres, matériel et fournitures des bibliothèques municipales populaires, et 97,000 francs pour le personnel chargé d'en assurer le fonctionnement.

c Le nombre des livres lus sur place dans les bibliothèques ou prêtés a été, en 1887, de 1,994,000 et, en 1888, il a dépassé 2,000,000 d'ouvrages.

« En ce qui concerne la nature des livres lus en 1887 (on n'a pas encore le détail de 1888), voici les résultats constatés :

Sciences, arts, enseignement 117. 556

Histoire, géographie et voyages 260 . 478

Littérature, poésie, théâtre 173.235

Romans 580.394

Ouvrages écrits en langues étrangères 6.403

Musique 55.322

« La proportion est à peu près la même dans les bibliothèques populaires libres.

< Dans la plupart des bibliothèques, il y a un fonds d'ouvrages techniques et artistiques, de gravures d'art industriel, propres à développer le goût dans les métiers artistiques et l'habileté professionnelle de nos artisans parisiens.

« De plus, une bibliothèque spéciale pour les jeunes apprentis est installée dans le Marais, rue Béranger, et, dans le dix-septième arrondissement, rue Ampère, il existe, depuis huit mois, une bibliothèque destinée plus particulièrement au prêt des livres et gravures relatifs à l'art industriel.

a Depuis 1878, date à laquelle on a commencé à faire la statistique des lectures dans les bibliothèques populaires privées et municipales, à fin 188S, le nombre des livres lus ou prêtés dépasse sept millions et demi. Les romans entrent dans ce chiffre pour 48 pour 100.

« C'est le deuxième arrondissement qui lit le plus.

« A côté de ces bibliothèques de quartier, il faut réserver une place à part à la grande bibliothèque spéciale d'art industriel, dite Formey, (\wi coûte à la Ville 12,000 francs. Située au centre de la fabrication du meuble, 8, rue Titon, elle est ouverte tous les jours, de 1 à 3 heures et de 7 à 10 heures du soir. Les dimanches, elle reçoit' les lecteurs de 9 heures à midi et de 2 à 5 heures.

« La clientèle de cet établissement emporte presque toujours les gravures ou livres qui s'y trouvent. Ce public spécial, qui cherche souvent une utilisation immédiate des riches éléments qu'on met à sa disposition, attache naturellement

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beaucoup plus d'importance aux ouvrages qu'il peut emporter qu'à ceux dont il ne peut prendre sur place qu'une communication rapide.

« Les emprunteurs infidèles sont excessivement rares, et l'inconvénient qui résulte du transport des ouvrages est largement compensé par les grands services que rend à toutes les industries du meuble le prêt à domicile des modèles, gravures et livres d'art industriel.

« Les bibliothèques populaires libres fonctionnent à l'aide de dons, de subventions municipales et de cotisations des sociétaires. Ces cotisations sont, en général, de cinquante centimes par mois pour les hommes, et de vingt-cinq centimes pour les femmes. On y fait de nombreuses conférences publiques et gratuites, quelques-unes font des concours entre leurs jeunes lecteurs et distribuent des prix aux plus studieux.

« Il y a dix-huit de ces bibliothèques libres à Paris. »

Nous lisons dans le Bulletin de l'imprimerie : « Quel est le livre qui a été payé le plus cher ? Voilà une question à poser aux 'chercheurs bibliomanes. Nous en connaissons un qui a été payé 25o,ooo francs par le propriétaire actuel, qui n'est autre que le gouvernement allemand. C'est un missel, don du pape Léon X à Henri VIII d'Angleterre, avec parchemin conférant à ce dernier le litre de « défenseur de la foi ». Charles II en fit présent aux ancêtres du fameux duc de Hamilton, dont les descendants mirent, il y a quelques années, la bibliothèque en vente entre les mains de Sotheby, Wilkinson et Hodge, de Londres. Le livre dont on a offert le plus est une bible en hébreu que possédait le Vatican. En i5i2, les juifs de Venise offrirent au pape Jules II d'acheter cette Bible, si volumineuse qu'il fallait deux -hommes pour la transporter, et de la payer son pesant d'or ; or elle pesait 32 5 livres, ce qui la mettait à 5oo,ooo francs. Jules II avait alors grand besoin d'argent pour soutenir la « Sainte Ligue » contre le roi de France Louis XII, Il refusa cependant. »

Les ventes d'autographes ont repris de l'importance ce mois-ci. Le 6 février une vacation vraiment intéressante a eu lieu à l'hôtel Drouot, sous la direction de Texpert bien connu, M. Etienne Charavay. Il a dû gémir en adjugeant pour 55 francs une longue lettre d'Henry Murger, dans laquelle l'auteur de la Vie de Bohême expose à un de ses amis sa triste situation et sa vie misérable, avec des détails curieux sur ses

travaux, ses projets, ses espérances et ses amours. En voici les principaux passages :

« Paris, le 22 septembre 42.

« Mon cher Noél,

a Pardon et mille fois pardon si je n'ai pas répondu à ta lettre omnibus du mois d'août et d'abord tranquillise-toi à son égard, nous l'avons parfaitement reçue. Mais j'ai eu depuis mille et mille tracas incessants qui ne m'ont pas laissé un instant à moi, ou, si j'avais une heure d'inaction, j'étais tellement abattu que je n'avais pas la force d'écrire, et cela était et est encore à un tel point, que je n'ai pas même terminé un article promis à Bouché et qui me doit être payé ainsi que mon Stabatj à propos de Bouché, il est enchanté de ton Cerf "Volant et le veut imprimer...

ff Quant à moi, à peu de chose près, je suis toujours à peu près dans la même position, et peu s'en est fallu qu'elle ne devienne encore cent fois pire. Il y a quinze jours, voyant que mon patron ne me payait pas mes appointements, je les lui réclamai ; juge de ma surprise, il me répondit qu'il me les avait payés. Après une telle réponse, qui était une accusation directe de déloyauté, j'opposai nécessairement une négation formelle, et je lui fis savoir que je ne voulais plus rester chez lui après ce qui arrivait. Après deux jours de pourparlers, il se ressouvint après qu'il ne m'avait point payé et me pria de tout oublier.

« Pendant ces événements, on m'avait indiqué une place où soi-disant le Pactole allait s'ouvrir devant moi ; j'y courus. L'on m'offrit tout simplement le logement et 800 francs d^appointements avec espoir d'augmentation, et il fallait tenir la correspondance du patron, qui est juge au tribunal de commerce et marchand de toile en gros, de plus faire de la comptabilité, rentrer les rouenneries en magasin et déballer les madras. Ces gracieuses occupations commençaient à sept heures du matin, et je fus a\;erti que souvent elles ne finissaient pas. Je remerciai poliment le patron de la barque et je le laissai de côté, lui et son Pactole. Ai-je bien fait? Pourtant, j'ignorais encore si je resterais chez M. de Tolstoï ; d'autre part, en apprenant ce refus, mon père est entré dans une épouvantable colère, et depuis ce jour j'ai brisé toutes relations avec lui. Mon père, du reste, — et que c'est chose triste à dire 1 — s'est peu délicatement conduit à mon égard : il m'a vu sans pain, il avait de l'argent à moi et ne m'en a pas offert ; il m'a vu en bottes déchirées et m'a fait comprendre qu'il était peu flatté de mes visites, et il a dit pourtant à plu-

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sieurs personnes qui me l'ont répété que si j'étais malheureux c'est que je le voulais bien, et qu'il m'avait proposé de me nourrir et de me blanchir pour 10 francs par mois, mais que j'avais refusé, et Dieu sait si jamais il m'a fait une semblable proposition, que du reste je n^aurais pas acceptée. Car je le connais trop pour savoir qu'elle ne m'était pas faite de bon cœur. Ainsi donc, me voilà littéralement orphelin, et face à face avec le sort...

t Voilà trois mois et plus que je ne puis rien faire, que je suis incapable d'écrire vingt lignes raisonnables pour un misérable journal d'enfant, trois mois que, comme un phtisique qui s'en va chercher le soleil, je cherche les émotions quelles qu'elles soient et qu'elles me laissent froid et le cerveau vide sans que rien n'y remue plus qu'une tombe. J'ai tenté aussi de réveiller cette Josaphat de l'intelligence par les moyens matériels ; il est des nuits où j'ai pris jusqu'à six onces de café pour aboutir à me convaincre plus que jamais de mon impuissance et ainsi depuis trois mois, si bien qu'à l'heure présente, je suis tout brisé par l'application de ces moxas qui n'ont rien produit si ce n'est des plaies. Car il est bon que tu saches que j'ai la même maladie qu'a eue le Christ; les symptômes sont les mêmes et se développent plus semblables de jour en jour. Eh bien, malgré tout, je suis trop avancé pour reculer et je me résigne encore à travailler tout Thiver prochain. Je ne sais si je me trompe, mais je crois avoir ressaisi la veine et me voilà derechef passant les nuits, buvant du café comme Voltaire et fumant comme Jean Bart. J'ai besoin de m'étourdir et le travail seul m'étourdit...

< Quant à moi, mon bon vieux, je continue à faire de l'amour raisonné avec ma blonde Christine et cela par la poste. Je lui écris jusqu'à neuf colonnes de... courriers de Paris et lui parle de tout, excepté d'elle et de moi. C'est une femme dans le genre* de la Lafarge à Guilbert, moins spirituelle sans doute, mais au moins ayant quelque tenue et de la considération à laquelle je n'ai pas encore fait pour un liard de tort. Elle est à la campagne depuis longtemps et revient à la fin du mois, je crois. Quaiid elle est partie j'étais encore le vicomte de la Tour-d'Auvergne, pimpant comme un marquis de la régence à la poudre près. Mais, aujourd'hui, tout est bien changé, et je ne sais si mon adorée me reconnaîtra ou voudra me reconnaître; je vais hasarder et voir s'il n'y a pas moyen de toucher son cœur, mais là, sérieusement. Je ne cacherai pas une ride de mon existence, je l'introduirai dans le sanctus de ma misère et si ça ne lui donne pas trop d'évanouissements et qu'elle se

comporte convenablement, je me déciderai peutêtre à en faire autre chose qu'une correspondante.:.

« Ton ami,

« Henry Murger. »

Dans la même adjudication, nous avons remarqué plusieurs pièces intéressantes : une lettre curieuse adressée par la marquise de Montespan à M"* de Guignonville. La maîtresse de Louis XIV a appris avec chagrin qu'il ne vient plus de vaches au marché et que son argent reste improductif. Voici cette lettre, qui a été vendue 200 francs.

ff Jay apris avec beaucoup de chagrin quil ne vient plus de vasche au marche et que par consequant larjan que javest lessay pour la ménagerie demeure ynutille mandes moy douvient cette inconveniant et conbien valle les moutons presantemant voissy le jour de la foh*e mest je nan prandray quan cas quil soist a bon marche anvoiés moy ausy le conte de mest vaus et celuis de mest moutons il faust ausy manvoier la fille de Desville qu'est ches les pères adresses la à M. le Gris illora lordre pour la resevoir je vous donne le bonjour faitte mest recommandations à M. de Guignonville et M^ de la Couture. »

Nous avons souvent entendu répéter que M. Emile Zola vendait à des prix considérables le droit de traduction de ses ouvrages. On trouve dans cette vente une lettre qui nous fixe sur ce point ; la voici ; elle a été vendue 1 2 francs.

« Médan, 14 novembre 1882.

« Monsieur,

« Je me décide à accepter vos propositions, bien qu'elles soient inférieures à ce que j'espérais.

« Il est donc convenu que je vous cède, pour la somme de dix- sept cent cinquante francs, le droit de traduction (ÏAu Bonheur des dames en langue anglaise. Mille francs me seront remis lors de la livraison du premier tiers du manuscrit, et sept cent cinquante francs le i5 janvier. De mon côté, je vous livrerai immédiatement le premier tiers du manuscrit, puis je vous transmettrai le second tiers le 20 décembre, et enfin le troisième tiers le 3 1 janvier.

« Il est inutile, je pense, de signer cela devant un consul. Répondez-moi seulement que vous acceptez mes conditions, envoyez-moi les mille francs en un chèque et je vous adresserai . tout de suite le premiers tiers du manuscrit. Il est entendu que vous ne le communiquerez à personne et que la publication commencera le

i6 décembre pour finir le 16 mars. D'autre part, l'œuvre en volume ne paraîtra en Angleterre que huit jours après qu'elle aura paru ici* chez Charpentier, a Bien à vous, « Emile Zola. »

On a vendu 3oj francs Toriginal de la fameuse pièce de vers de Diderot, les Eleuthéromanes^ dithyrambe ou abdication d'un roi de la fève, Tan 1772, formant six pages de texte in-4®, avec ratures et corrections.

Le dernier couplet se termine par un appel à Tamitié de Grimm et de Sedaine, auxquels il est

dit :

Bornons notre rivalité

A qui saura le mieux caresser sa bergère,

élébrer ses faveurs et boire à sa santé !

Parmi les documents, nous signalerons l'état de la dépense de la table de Catherine de Médicis pour le 9 avril 1587. La reine mère dépensait ce jour-là 1,386 livres 3 sous.

On a payé 20 francs la lettre de remerciement du consistoire central des Israélites à Napoléon. le' en 1809. Les membres de ce consistoire, Abraham Cologna, David Sintsheim, J. Lasard et B. Cerfbeer, remercient l'empereur d'avoir placé l'antique religion mosaïque au rang des autres cultes. « Quoique moins éclatantes que les triomphes militaires, les victoires remportées sur les préjugés contraires à l'esprit social ne sont peut-être ni moins glorieuses, ni moins durables. Ce qu'aucun monarque chrétien n'a osé entreprendre en faveur des restes dispersés d'Israël, Votre Majesté l'a compris et exécuté. Elle a mis fin à dix-huit siècles d'anathème civil et religieux dont l'effet nécessaire autant que déplorable perpétuait notre avilissement. »

A 260 francs, on s'est rendu acquéreur d'un précieux document historique qui ne mesurait pas moins d'un mètre de longueur. C'est le vidimus des traités conclus entre Charles VI, roi de France, et les empereurs d'Allemagne et rois des Romains.

■ Un manuscrit, où, sous le titre de Fusées, Baudelaire consignait au jour le jour ses pensées, et que M. Eugène Crépet a reproduit dans son édition des œuvres posthumes du poète, p. 71-91 (Maison Quantin, 1887, i vol. in-8®) a été vendu 70 francs. Une lettre du marquis de Clermont-Tonnerre, ministre de Charles X, condamnant la révolution d'Espagne et contenant de curieux détails sur le Congrès de Vérone : 5o francs.

Terminons en donnant quelques extraits d'une lettre vendue 20 francs et écrite par le poète Félix Arvers :

« ParîSy 19 juillet i85o.

« Vive le président 1 dirai-je à mon tour, car en vérité cet enfant va très bien. Savez-vous qu'il vient de nous donner une petite loi qui ôte la moitié de leur influence aux journaux, ces grands feseurs de révolutions ? C'est ce que M. Victor Hugo appelle encore une violation de la Constitution. Or, on a remarqué que chaque fois que cette pauvre Constitution est violée, c'est le signal du retour de la confiance et de la reprise des affaires. Les comptes hebdomadaires de la Banque, et le tableau du produit des revenus indirects publié par le Moniteur témoignent de cet état de prospérité, qui n'attend, pour être complète, que la suppression totale de la République...

« Ah 1 oui, la révolution de Février ; j'en ai entendu parler sur la côte de Coromandel. Eh bien, monsieur, la révolution de Février a fait le bonheur de la France... pour l'avenir, car, pour ce qui est du présent, je ne vous cacherai pas qu'elle a ruiné pas mal de monde, mais ruiné, là, à plates coutures ; quand la République fait les choses, elle ne les fait pas à moitié ; si bien que ceux qui dînaient chez Véry dînent aujourd'hui à quarante sous, ceux qui dînaient à quarante sous dînent à dix-huit et ceux qui dînaient à dix-huit ne dînent plus du tout. »

Bibliothèque d'Abbeville, — Le conservateur de cette bibliothèque M. Alcius Ledieu, qui a déjà tant fait pour le dépôt dont le soin lui est confié, prépare une importante étude qui aura pour titre : les Reliures artistiques et armoriées de la bibliothèque d'Abbeville, Cet établissement, dont la fondation remonte à i685, possède de véritables richesses à peu près ignorées jusqu'ici. Nous souhaitons à la nouvelle œuvre du zélé bibliothécaire d'Abbeville tout le succès auquel elle peut prétendre. De nombreuses planches en phototypie illustreront cet ouvrage, qui ne sera tiré qu'à petit nombre et ne sera jamais réimprimé.

Alsace. — L'abbé Gény, bibliothécaire de la ville de Schelestadt, prépare une Histoire de la bibliothèque, qui paraîtra le jour de l'inauguration du nouveau bâtiment où cette bibliothèque doit être installée.

Le D' Knod travaille à une biographie deBeatus Rhenanus et à une étude sur la bibliothèque de cet humaniste.

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ETRANOEB

Allemagne. — Le professeur Delîus a légué à la bibliothèque de la ville de Brème sa collection de livres, riche surtout en ouvrages . sur Shakespeare,

— Nous avons reçu le Schéma des Realkaîalogos de la Bibliothèque de l'université de Halle, dressé par le savant directeur du Centralblatt fur Bibliotkekswesen, et publié par l'éditeur Otto Harrassowitz (Leipzig, 1888, în-8»). Ce volume, que nousannoncions dans notre livraison de décembre, est un monument remarquable d'érudition bibliographique et d'industrie de catalogueur.

— Il s'est fondé à Berlin, sous la direction de M. Julius Steinschneider, un bureau bibliographique (Bibliographisches Bureau), qui a pour objet de répandre les notions bibliographiques et les renseignements utiles en ce qui concerne les livres, les sujets dont ils traitent et les lieux où l'on peut se les procurer.

Angleterre. — La bibliothèque de Cambridge vient de recevoir deux donations considérables : les livres de logique du D' Venu, comprenant un millier de volumes, collection unique en son genre; — et les livres et manuscrits orientaux composant la bibliothèque du D' George Percy Badge.

Belgiqae. — Le 2 novembre, la Bibliothèque royale de Bruxelles a ouvert au public sa nouvelle salle de lecture des périodiques. L'ancienne était devenue trop petite. C'est en r 882 que l'administrateur, M. Alvin, eut l'heureuse pensée de faire des périodiques une section spéciale ayant salle, conservateur, employés et règlements distincts. Cette innovation a été conservée à peu près en entier. Le local actuel, éclairé au gaz pour les séances du soir, a 3o mètres de long, 9 de large et 5",3o de haut. Les travailleurs y trouvent à leur disposition i ,400 périodiques ; seulement il est à regretter qu'ils n'aient sous la main que l'année courante, et qu'ils doivent se rendre dans un autre local pour consulter le reste. Si les collections complètes avaient pu être installées dans la salle même, il en serait résulté un grand avantage. Une chose non moins regrettable, c'est qu'il n'existe dans cette bibliothèque, pas plus qu'ailleurs, de catalogue idéologique des revues pour guider les chercheurs dans ce vaste labyrinthe, et les dispenser de faire leurs explorations

un peu trop au hasard. Le complément de cette installation serait le relevé alphabétique et par idées de tous les articles parus dans chaque publication. Quoi qu'il en soit, la Bibliothèque royale de Bruxelles, soucieuse des intérêts de la science, donne un exemple qui mériterait d'être suivi par toutes les bibliothèques.

Grèce. — M. le professeur S. Lambros a publié (Athènes, Palingénésie, 1888) deux brochures bibliographiques : nXourapxeta âTCXv^io{i.a7a i* 'A^icpctTixû xw^ixi (i fr.) et Iltpi TÛv iraXiixcl'r.aT&v xu^ixûv Tûv 'ÀTtopetTtxûv ptSXicOnxûv (i fr.) et un KaràXcvcç t«v iv ToI; PiêXtodwcsi; tcO 'â-^icu ôpcu; tXXr.vtx<ûv xea^txnv (Athènes, Papageorgiou, 1888; 7 fr.)

Italie. — L'éditeur Loreto Pasqualucci, de Rome, a tout récemment publié un Catalogo degli scritli di bibliologia^ bibliografia e bibliO' teconomia^ rédigé par les bibliothécaires G. Ottino et G. Fumogalli, et tiré à 400 exemplaires. C'est une véritable Bibliotheca bibliographica italica, qui a été récompensée d'un prix de 3,ooofr. au concours proposé par le décret royal du 10 février i885. Elle contient 6,000 indications distribuées en trois grandes sections : l'histoire de l'imprimerie et du livre; les sources bibliographiques de toutes les sciences; l'histoire, l'arrangement et les catalogues des bibliothèques anciennes et modernes, publiques et particulières. Cet immense travail, indispensable à tous ceux qui s'occupent de l'industrie du livre et de la librairie, est pourtant renfermé dans un volume in-8" de 5oo pages à deux colonnes.

— La Nuova Antologia nous apprend que la Bibliothèque nationale centrale de Florence a fait l'acquisition d'une riche collection de lettres autographes émanant d'hommes fameux à des titres divers, comme ^lazzucchelli, Tiraboschi, Borghesi, Carmignani, Lamarmora, Mamiani, Niccolini, etc.

Pologne. — La bibliothèque Ossolinski à Léopol, en Gallicie, compte actuellement 84,990 œuvres imprimées, 1,775 atlas géographiques, 2,38o manuscrits, 2,776 autographes.

— Le catalogue des livres laissés par J.-J. Kraszewski ne remplit pas moins de 649 pages d'impression. Le gouvernement russe est en pourparlers pour en faire l'achat.

— Les archives de Kalisz, contenant 4,000 volumes manuscrits, ont été transportées à Varsovie, pour y être incorporées aux archives du royaume.

>. — La direction des archives de la Confédération Suisse à Berne vient de faire paraître le troisième volume de V Inventaire des dO' cuments relatifs à V histoire de Suisse, conservés dans les archives et bibliothèques de Paris^ publié par M. Edouard Rott, secrétaire de la légation de Suisse en France. Ce troisième volume embrasse trente-six années, de 1648 à 1684, (xiii et 824 p.). Les deux premiers tomes (xn et 471, p., 1882 ; XVI et 465 p., i885), sont consacrés à la période comprise entre la bataille de Saint- Jacques sur la Birse et la paix de MUnster (1444- 1610; 161 0-1648). Le quatrième tome (1684- J700) sera, paraît-il, livré sous peu a Timprimeur, L'ouvrage entier, auquel a été assigné comme date finale la mort de Louis XIV, comprendra cinq volumes, plus un volume de Tables et de Biographies des Ambassadeurs et autres agents diplomatiques de la couronne de France aux Ligues^ depuis l'origine des relations entre les deux pays jusqu'à Vannée l'jiS, Les pièces relatives à chaque ambassade ont été groupées sous quatre rubriques : L Mémoires. Toutes dépêches Vécues par l'ambassadeur; IL Dépêches de l'ambassadeur en cour ou à ses collègues à l'étranger; — III. Dépêches aux cantons. Propositions faites aux diètes ; IV. Toutes autres pièces intéressant l'ambassade. Catégories spéciales : Correspondances échangée entre la cour de France et les Ligues. — Instructions et pouvoirs aux ambassadeurs de France. — Généralités. — Corps diplomatique. — Militaire. — Pensions; finances; quittances; levées. — Privilèges commerciaux; lettres patentes; péages; messageries; commerce en général. — Droit d'établissement et de succession ; procès civils ou commerciaux ; sel ; Grisons ; Genève, Neufchâtel, évêché de Baie, etc. Le deuxième volume comprend en outre une annexe assez étendue relative à l'affaire de la Valteline»

Catalogues. — Nous avons à citer, parmi les plus récents catalogues de vente, à Paris, ceux qu'a publiés la maison Labitte, plus particulièrement pour sa vente des 8 et 9 février (Bibliothèque de MM. A.-B. et L.-F. J.) : incunables, elzéviers, dessins originaux, mystères, romans de chevalerie, facéties, sans compter de belles publications modernes, — et pour celle qui, commencée le II février, ne se terminera que le 23 mars, au cours de laquelle sera dispersée la collection de

feu M. Eugène Lebigre, notaire à Lilie. Le cata* logue ne comprend pas moins de 5,332 numéros, où se distribuent des ouvrages précieux, rares, en belles reliures ou en condition exceptionnelle, dans toutes les divisions classiquement consacrées de la bibliographie, constituant ainsi un véritable document pour les bibliographes et les bibliophiles.

En province, la librairie V* Moquet, de Bordeaux, nous a envoyé le catalogue de la bibliothèque de M. Solar de Castelmon-sur-Lot, dont la vente a eu lieu à partir du 21 février. A part quelques grands ouvrages comme les Annales ecclé* siastiqueSy la deuxième édition de Brunet, les Documents inédits sur l'histoire de France^ en 87 volumes in-4®, VHistoire littéraire des Bénédictins, la Bibliothèque de Lacroix du Maine, la Grammaire of Ornament d'Owen Jones, etc., nous n'y voyons guère que des ouvrages superâ/int/a/eJ et encombrants, ou du menu fretin. Les joyaux de la collection sont, avec un Arioste illustré (1741) dans une reliure de Derôme, des manuscrits originaux de Balzac et de Ponsard, des dessins de Tiepolo, et quelques belles reliures italiennes. Tout cela, sans être capable de faire oublier la première vente Solar, n'en constituait pas moins une belle et solide bibliothèque provinciale de travailleur et d'homme de goût

En Allemagne, Heinrich Klemm, qui a cédé ses incunables allemands au gouvernement saxon pour le musée du Livre, de Leipzig, vend, le 18 mars, par l'intermédiaire de la maison Von Zahn et Jaensch, de Dresde, ses incunables hollandais, sa collection de Saxonica^ coutumes, mœurs, anecdotes, etc., et sa bibliothèque bibliographique.

Les Sotheby, Wilkinson et Hodge, de Londres, ont fait trois grandes ventes dans le mois de février. La première, alimentée principalement par la collection du Rév. R.-H. Barnes, d'Exeter, avait un intérêt local, étant surtout composée de ' livres sur le Devon et la Cornouaille; mais elle comprenait aussi les Oiseaux d'Amérique d'Audubon, les Mille et une Nuits du capitaine Burton, les Oiseaux et Quadrupèdes illustrés par Bewick, des livres rares relatifs à l'Amérique et des premières éditions de Dickens, de Thackeray, de Leigh Hunt, de Browning, de Tennyson et de Ruskin. — Dans la seconde, composée de livres de provenances diverses, nous remarquons un Bewick en grand papier^très complet (1797-1821), un Boccace italien (1757, 5 vol.), un autre avec les illustrations de Stothard à l'état d'épreuves (1825, 3 vol.), des Heures du xvi* siècle, un Horace de

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

Fine en premier tirage, les Chansons de La Borde (1773), un La Fontaine des Fermiers Généraux, la première édition des Gulliver's Trayels, de Swift, une édition en grand papier de la Pucelle {1762) et les Contemporaines de Rétif en 42 vol. — La dernière, tout entière consacrée à la bibliothique du Earl of Hopetoun, comprenant des livres d'un haut prix, tels que la Bible de Gutenberg et Fust{circa hSo), un Aulu-Gelle dans une reliure de Clovis Eve, le Boccace de Gîunta, et un autre en français avec les figures de Gravelot, des manuscrits anciens avec miniatures et lettres ornées, de beaux Aide, des éditions princeps rares et choisies des auteurs classiques, les Hommes illustres de Perrault, un Psaultier donné par Henri III à M"** de Montausier, le Rommant de la rose, imprimé par Lotrian, etc., etc. C'était une magnifique collection, mais dont la composition, un peu ancienne, la mettait un peu en dehors des goûts et des convoitises de la plupart des amateurs contemporains.

Citons, pour mémoire^ la vente qui a eu lieu les

26 et 27 février à Louvaîn, et dont le libraire Charles Peeters nous a adressé le catalogue.

— Nous donnerons une mention spéciale, entre tous les catalogues de libraires, à celui de M» Th. Belin pour février. Les amateurs d'estampes; d'anciennes éditions de nos poètes et de nos classiques français, des livres illustrés du xvm* siècle, des publications de luxe du xix" et des ouvrages auxquels on donne plus spécialement l'épithète de curieux, y trouveront tous de jolies choses à glaner.

M. Bernard Quaritch, de Londres, distribue son catalogue n® 94, bourré, comme à l'ordinaire, de livres précieux ou intéressants, mais plus particulièrement consacré^ cette fois, aux ouvrages d'histoire naturelle.

Enfiii, nous recevons de Riga un catalogue rédigé en français, de livres anciens, concernant les sciences historiques, en vente aux prix marqués chez le libraire N. Kymmel.

xv^

PUBLICATIONS NOUVELLES ET ANNONCEES

en France et à ^Étranger

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FRANGE

Vient de paraître chez l'éditeur Félix Alcan la cinquième édition d'un très important ouvrage : le Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicale^ par les D" E. Bouchut et Armand Desprès, professeurs agrégés de la Faculté de médecine de Paris, médecin et chirurgien des hôpitaux. — Il renferme le résumé de toutes les connaissances nécessaires pour l'exercice de la médecine, les soins à donner aux malades, les précautions dont il faut les entourer. Essentiellement pratique, il est non seulement indispensable aux médecins et aux chirurgiens, mais aussi à toutes les personnes qui peuvent avoir à s'occuper des malades, aux pharmaciens, aux sages-femmes, aux chefs d'institution, aux pères de famille et à tous ceux qui, vivant éloignés des villes, n'ont pas immédiatement, en cas d'indisposition ou d'accident, le médecin à leur portée.

De la maladie à ses remèdes et des remèdes à k maladie^ tel est le but de cet immense travail, dans lequel on trouve le résumé de toute la mé-

decine et de toute la chirurgie, l'hygiène, les indications thérapeutiques et un formulaire spécial pour chaque maladie, la médecine opératoire, les accouchements, l'oculistique, l'odontotechnie, rélectrisation, les eaux minérales.

Quatre éditions, épuisées en peu d'années, prouvent le succès considérable obtenu par ce Dictionnaire^ et l'édition actuelle peut être considérée comme le tableau exact et complet de la science médicale au commencement de l'année 1889. (Un magnifique volume in-4®, de i63o pages, imprimées sur deux colonnes, avec gSo gravures dans le texte; broché, 25 francs; relié, 29 francs.)

Les inscriptions parisiennes. — Dans sa séance du 27 décembre 1888, le Conseil municipal de Paris a décidé la publication d'un recueil général des inscriptions parisiennes fait par les soins du service historique de la ville de Paris. Ce recueil, qui forme un volume in-8® colombier, contiendra : « 1® le texte de toutes les inscriptions commémoratives apposées à Paris par la municipalité depuis 1879; 2® la représentation figurée de ceux

des immeubles portant des inscriptions dont Taspect général n'a pas été modifié depuis l'époque du fait rappelé dans l'inscription ; 3° les pièces justificatives se rapportant aux inscriptions, telles que : actes de naissance, de décès, et autres documents de même nature. »

Les Bibliophiles de Rouen. — Les sociétés de bibliophiles, dont le siège est à Rouen, ont délivré à leurs membres, la Société des bibliophiles normands : i** Documents relatifs au séjour du roi Henri IV à Rouen^ en i6o3^ publiés par M. Ch. de Beaurepaire ; 2** Vers latins et français sur la mort de Charles II de Bourbon, cardinal-arche^ véque de Rouen (1594), publiés par M. A. Bligny ; — et la Société rouennaise de bibliophiles : Statuts de la Charité de Saint-Cosne^ Saint-Damien et Saint-Lambert, en l'église de Saint-Denis de Rouen (i358), édités par M. Ch. de Beaurepaire.

Le trentième fascicule du second supplément au « Larousse ib. — Parmi les trois cent quatre-vingtdeux articles de ce fascicule, nous citerons, dans l'ordre des sciences, les monographies consacrées à V Embryologie, à V Émigration, à V Énergie, aux Engrais, à V Entomologie, Un spécialiste a étudié les ouvrages de Ferez et de Preyer sur la psychologie de V Enfant, etc. La campagne du cardinal Lavigerie donne un intérêt d'actualité à l'article Esclavage, Dans Tordre politique, nous relevons l'analyse des Encycliques de Léon XIII et le résumé de l'histoire de V Espagne depuis l'avènement d'Alphonse XII.

La grande Encyclopédie. — Nous continuons à tenir nos lecteurs au courant des progrès de cette remarquable publication. La cent soixanteseptième livraison contient un article très complet et bien illustré sur l'ancienne province de Bourgogne, une des plus intéressantes de France par son histoire, par la puissance et la valeur de ses ducs et par le grand nombre de beaux monuments qu'elle renferme. Dans le cent soixantehuitième, on trouve une étude historique, commerciale et financière sur la Bourse en général et sur les Bourses de toutes les grandes villes du monde, ainsi qu'un travail scientifique de haute valeur sur la Boussole, La grande Encyclopédie accorde aux arts industriels une place relativement considérable, mais qui est bien justifiée par l'importance capitale de ces questions. C'est ainsi qu'on lira avec profit les articles Bouton et Boyauderie dans la cent soixante-neuvième

livraison. Enfin dans la cent soixante-dixième, M. Hector France, qui connaît si bien l'Angleterre et la vie anglaise, a publié une bibliographie très originale du fameux radical Charles Bradlaugh.

Nouveaux journaux et périodiques. — Il est encore temps de signaler une aimable publication littéraire bi-mensuelle, /£5iln/iât/e5,sous la direction de M. Auguste Gand (9, boulevard de Denain ; un an : 7 francs ; dépôt chez A. Savine, 18 rue Drouot), qui donne des morceaux de prose et de vers souvent fort remarquables et toujours possibles à lire : ~~ ce n'est pas un mince éloge en ce temps de décadisme et de poésies gris-perle à reflets vert d'eau.

La Revue des Religions, tel est le titre d'une nouvelle publication périodique que fonde M. Tabbé Peisson, vicaire à Saint-Thomas d'Aquin.

Ce recueil a pour but d'étudier l'histoire des religions, dans un esprit conforme à l'enseignement de l'Eglise.

— Un nouveau journal technique, Paris-Typographe, vient de paraître (janvier). C'est une feuille destinée à traiter les questions ouvrières au point de vue fédératif, et qui se proclame indépendante. Le directeur est M. J.-A. Salles, 16 rue d'Alembert.

Picardie et Artois. — Le cabinet historique de V Artois et de la Picardie^ fondé et dirigé par l'infatigable et laborieux bibliothécaire d'Abbeville, M. Alcîus Ledieu, va entrer dans sa quatrième année. Cette revue mensuelle d'histoire et d'archéologie locales a publié jusqu'ici d'excellents travaux, souvent accompagnés de planches fort bien exécutées.

Ce recueil, qui est le seul organe de ce genre dans la région du Nord, ne coûte que 10 francs par an. On s'abonne à Abbeville à l'ordre du directeur gérant, rue aux Pareurs, 73.

ETRANGER

Allemagne. — Le philosophe Eduard von Hartmann va publier la philosophie de l'histoire européenne pendant ces vingt dernières années sous ce titre : Zwei Jahr:[ehnte Deutscher Politik und die Gegenwàrtige Weltlage.

— L'éditeur George Westermann, à Brunswick,

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

vient de publier uii nouveau volume du romancier Adalbert Meinhardt, contenant trois nouvelles, caractéristiques du talent à la fois humouristique et dramatique que possède l'auteur. La première, qui donne son nom au volume, est intitulée Weshalb? (Pourquoi?). Les deux autres ont pour titre : Dans le jardin des Nonnes (Im Nonnengarten) et Un Voyage d'études Eine (Studienreise),

— Un nouvel organe typographique vient de paraître : Zeitschrift fur Deutschlands Buchdrûcher (la Galette des Imprimeurs d'Allemagne)^ Leipzig; éditée par la Société des Imprimeurs d'Allemagne.

Une rectification, — Une assimilation étourdie d\i pfennig allemand avec le pennjr anglais nous a fait dire, dans notre dernière livraison, que les volumes de la collection intitulée : Engelhorn's Allgemeine Roman^Bibliothek se vendaient 7 fr. So. Comme nous en donnions en même temps le prix en monnaie allemande, 75 pfennig, nos lecteurs auront facilement vu. Terreur, C'est 95 centimes qu'il faut lire ; et, loin d'être chers, ces volumes se vendent à un extrême bon marché.

Angleterre. — Les libraires Kerr et Richard son, de Glasgow, annoncent A Complète concordance ta the Poems and Songs 0/ Robert Burns, rédigée par Mr. J.-B. Reid.

— Le D' William Leech met la dernière main à une histoire de la littérature française qui sera, paraît-il, riche en vues originales et personnelles.

— La maison Macmillan publie deux nouveaux volumes des lettres de Carlyle. Elle annonce aussi un romande Mr. Oliphant : Neighbours on ihe Green, — Parmi les livres qu'elle a publiés en janvier dernier, nous remarquons, outre la biographie par le colonel sir William F. Butler et l'histoire de la littérature anglaise au xviii* siècle par Mr. Edmond Gosse, que nous avons déjà annoncés, un roman de Bret Harte, Cressy (2 vol.), des scènes de la vie privée à Londres, Renben Sachs, par Amy Lévy, un roman de miss Charlotte, M. Yonge : Beechcroft at Rockstone (2 vol.), et la continuation des œuvres complètes du poète américain John Gremleaf Whittier (vol. III).

— L'éditeur Murray annonce la correspondance

de John Lothrop Motley, l'historien de la République hollandaise et des Pays-Bas, recueillie en 2 volumes par Mr. George William Curtis ; -Ewglish Fans and Fan Leaves, étude sur les éventails anglais, par Lady Charlotte Schreiber (in-fol. avec 160 planches, dans une belle reliure; tiré à i5o ex.; prix: 7 guinées) ; The Viking Age^ tableau des temps préhistoriques chez les ancêtres des Anglais modernes par Paul B. du Chaillu (2 vol. in-8*» avec 1 200 illustrations) ; Authentic Portraits of Mary Queen 0/ Scots, par George Scharf (gr. in-8®, avec 1 2 planches, hors texte) ; Amnjr Cannibals, quatre années de voyages en Australie, par Cari Lumholtz, de l'Académie des sciences de Christiania (in-8<», ill.) ; The Land of Manfredf Excursions en Apulie et dans l'Italie méridionale, par Janer Ross (in-S® ill.); et Occasional Thoughts of on Astimoner^ par Charles Pritchard (i vol. in-8®).

— Le capitaine Pasfield Olivier prépare, pour la Hakbuy Society^ une série de publications sur Madagascar. Il donnera successivement les mémoires de François Cauche (1638-44), une traduction de la Relation de ce qui s'est passé en risle Madagascar depuis Vannée 1642 jusques en t66o, par de Flacourt, le journal de Robert Drury, le voyage de de Rennefort, etc.

— Mr. Bernard Quaritch annonce, au prix de i6sh.,soit2ofr., un volume traduit du chinois par Mr. Herbert A. Giles, sur Chuang-Tzû, mystique, moraliste, réformateur.

— Le nouvel éditeur du Bookworm^ Mr. W. Roberts, fait paraître, chez MM. Sampson, Low et C®, une histoire des origines du commerce* des livres en Angleterre {The Earlier History of English Bookselling). Depuis de longues années, M. Roberts étudie ce sujet; son ouvrage donnera un supplément utile à Tœuvre de Curwen et contiendra beaucoup de renseignements inédits. Il y aura douze chapitres relatifs à a la librairie avant l'invention de l'imprimerie », l'aurore de la librairie anglaise », a la librairie de l'époque de Shakespeare », « la librairie au xvn» siècle », « la librairie sur le pont de Londres, dans Little Britain, Paternoster row, à St-Paul's Church yard et à Westminster Hall »• Il y aura également des esquisses biographiques de Jacob Tonson, Bernard Lintot, Edmund Curll, John Dunton et Thomas Guy.

Nous sommes heureux d'informer nos lecteurs que M. Roberts voudra bien nous communiquer

des notes inédites sur les questions de bibliographie anglaise qui peuvent intéresser le Livre.

Belgique. — On annonce pour paraître incessamment la Jeune Fille^ revue littéraire et morale qui s'imprimera en Belgique. Comme The Wo^ men's Wold^ etc., de MM, CasseletC'%et comme d'autres publications connues en France, cette revue sera entièrement et exclusivement rédigée par des femmes; mais elle aura ce caractère particulier que toutes ses rédactrices seront des princesses du sang, sous la direction de la reine des Belges. Celle-ci s*^st réservé les articles d'économie domestique et de critique théâtrale, qu'elle signera du nom bourgeois de M"* Reyer. La princesse Clémentine fera la critique d'art sous le nom de Marthe d'Orcy. L'archiduchesse Valérie et la reine Elisabeth de Roumanie, Carmen Sylva, font aussi partie de cette highly distingui^ shed rédaction.

États-Unis. — Les éditeurs américains Ginn et C® annoncent, An introduction to the Poetry of Robert Brownings par le prof. W. John Alexander, de Dalhousie Collège, Halifax.

— La maison Lippincott, de Philadelphie, publie, depuis janvier sous le titre de Poet-Lore, une revue mensuelle consacrée à Shakespeare, à Brownin et à l'étude comparée des poètes. Le rédacteur en chef- est miss Charlotte Porter, connue pour son érudition shakespearienne, assistée de miss ou Mrs. Helen A. Clarke. Pour être spécial et peu accessible aux lecteurs étrangers, le premier numéro que nous recevons, n'en est pas moins plein d3 suc et de moelle poétiques. L'aspect matériel de la revue est très engageant, et l'intérieur est plein de révélations.

La Correspondance de Galilée. — Nous avons reçu de la maison G. Barbera,* à Florence, la lettre-circulaire suivante, avec le document qui y est annoncé :

ff Monsieur,

. « Vous êtes .instamment prié de vouloir bien parcourir la table du commerce épistolaire de Galilée Galilei que nous avons l'honneur de vous adresser, afin de pouvoir vérifier si, dans les col-

lections de rétablissement dont vous avez la direction, il ne se trouverait pas des correspondances de quelques-unes des personnes comprises dans notre table.

« Nous vous serions également fort reconnaissants si vous vouliez bien nous signaler d'autres correspondances de la première moitié du xvn*siècle, où il y aurait quelque chance de rencontrer des renseignements touchant Galilée, sa vie et ses travaux.

« Toutes les indications qu'il vous plaira de nous adresser, seront reçues, avec beaucoup de reconnaissance, par M. le professeur Antoine Favaro de l'Université de Padoue, qui est spécialement chargé de l'édition nationale des Œuvres de Galilée. M. Favaro aura soin de publier tous les matériaux qui lui seront fournis, et ne manquera pas de signaler les noms des personnes qui les lui auront procurés. »

Les lettres de Schopenhauer. — Préparant la publication de la correspondance de Schopenhauer y le soussigné fait appel à l'obligeance des personnes qui posséderaient des lettres de Schopenhauer, ou à lui adressées.

Il les prie de bien vouloir en envoyer copie, soit à lui directement, soit à M. Alfred Bovet, à Valentigney (Doubs).

Le moindre renseignement sera accueilli avec reconnaissance.

D' L. SCHEMANN,

à Goettîngue^ 4, Wender-Chaussée.

— Une nouvelle revue mensuelle d'histoire, de littérature et d'art, vient de commencer sa publication à Modène ; c'est la Rassegna Emiliana dirigée par MM. Giovanni Marradi et Adolfo Venturi, et dont le cadre, très large, paraît devoir être dignement rempli. Les articles relatifs à l'histoire et à l'art de la province tiennent une grande place dans les numéros déjà parus.

Russie. — L'Académie des sciences de Pétersbourg fait imprimer une chrestomathîe persane du khan Mirza-Riza avec une transcription latine en regard, allant de gauche à droite, selon le mode d'écriture des Orientaux. Le même auteur avait déjà imprimé, en Russie, un alphabet latinmusulman.

NOUVELLES LITTÉRAIRES DIVERSES — Miscellanées françaises et étrangères —

FRANGE

— M. Francisque Sarcey prévient les personnes qui assistaient à ses conférences du jeudi, à la salle des Capucines, que ces conférences sont supprimées. Il nous explique les causes de cette décision, que le public regrettera, dans sa chronique de la liberté du 2 février.

— M. Maurice Lœvy, membre de l'Institut et du bureau des longitudes, sous-directeur de l'Observatoire de Paris, vient de recevoir, pour ses travaux, la grande médaille d'or de la Société royale astronomique d'Angleterre.

Cette distinction n'avait jusqu'ici été accordée qu'à deux savants français, Le Verrier et M. Delaunav.

— La science française vient de remporter un grand succès à Stockholm.

Le roi Oscar de Suède avait fondé, en 1884, un prix qui devait être décerné, le jour du soixantième anniversaire de sa naissance , à l'auteur du meilleur ouvrage de mathématiques.

Le prix a été décerné à l'unanimité à M. Poincarré, professeur à la Faculté des sciences de Paris.

Une médaille a été donnée à M • Paul Appert, également professeur à Paris.

Ces deux lauréats viennent d'être décorés par le gouvernement français.

— La Société des études historiques met au concours un prix de 1,000 francs et des médailles, pour être décernés, dans sa séance publique de 1890, aux auteurs des meilleurs mémoires sur la question suivante :

. c Étudier, à une époque précise de l'ancien régime et dans une ou plusieurs régions de la France, l'acquisition des terres nobles par les roturiers. 9

L'époque et les régions sont laissées au choix des concurrents.

La Société des études historiques demande aux

concurrents d'indiquer dans quelles circonstances, avec quelles ressources et à quelles conditions ces acquisitions ont été faites dans la région choisie par eux; quelle en a été l'importance, sur quels biens elles ont porté ; quelles ont été leurs conséquences au point de vue politique, au point de vue économique, au point de yue sociaL

La base essentielle du travail devra être cherchée dans les documents originaux. Les états des francs fiefs, conservés en grand nombre dans nos archives publiques, fourniront une source précieuse d'informations.

Les mémoires, renfermant sous pli cacheté le nom de l'auteur avec une devise, devront être déposés au secrétariat, chez M. Gabriel Desclosiéres, 6, rue Garancière, le 3i décembre 1889, dernier délai.

— La Société scientifique et littéraire des i/istituteurs de France, dont la présidence était donnée naguère à M. Jacques, met au concours, pour 1889, les questions suivantes :

1® Question scientifique : Histoire complète du paratonnerre ;

2" Question littéraire : Tableau de la littérature française sous la Restauration ;

3** Question pédagogique : De l'enseignement de l'agriculture à l'école primaire de la ville et de la campagne ;

4® Prix Jeanne-Mélanie Verhœghe (concours entre toutes les institutrices françaises): Influence de la révocation de l'édit de Nantes sur l'industrie nationale.

Des médailles d'or, d'argent et de bronze seront distribuées aux lauréats.

— Statues et monuments commémoratifs, — Les professeurs du Collège de France se sont réunis récemment pour désigner six personnages dont les bustes seront placés dans une des cours du Collège. Pierre Danès, Oronce Phiné, Ramus, Vatable, Turnèbe et Gassendi ont été choisis.

Ce choix a été approuvé par le ministre de rinstruction publique et des beaux-arts, qui a chargé les sculpteurs E. Michel-Malherbe, Allouard et Pépin, de faire les modèles de ces bustes.

Vers la fin de janvier, on a inauguré la plaque commémorative placée, 6, rue des Écuries-d'Artois, sur la maison où Alfred de Vigny a demeuré trente ans et où il est mort. L'inscription

est ainsi conçue :

Le poète

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