GÉOGRAPHIE
— Voyafçes — Mœurs et Coutumes —
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Géographie économique de la France, par
Marcel Dubois, maître de conférences à la Faculté des lettres de Paris. Un vol. in-i8. Paris, Masson, éditeur, 1888.
Excellent ouvrage d'enseignement, précis, méthodique, complet sans superfluité, concis sans obscurité. — Il traite non seulement de la France continentale, mais aussi de la France coloniale, il en expose les ressources de productions et les besoins de consommation, tant dans l'ordre agricole que dans l'ordre industriel et commercial.
Aux États-Unis. Notes de voyage, par F. Frédéric MoREAU, avec un croquis de l'auteur. Un vol. in- 18. Paris, E. Pion, Nourrit et C'%
Le croquis de l'auteur sert de frontispice. Si c'est, comme il semble, un résumé plastique des impressions laissées par le voyage, ces impressions sont singulièrement banales, vagues et de contours indécis. Le livre n'en est pas moins d'un véritable intérêt de lecture. Il ne faudrait pas, il est vrai, lui demander autre chose que ce qu'il promet. C'est le récit vif et rapide d'excursions, tantôt semblables à tout ce qu'on connaît, tantôt relevées d'imprévu et de curieux, à New York, à Boston, à Montréal, à Québec, à Chicago, à Santa-Fé, à San-Francisco, à Washington, chez les Mormons, et ailleurs. Le côté pratique des voyages, détails de chemins de fer, d'hôtel, d'omnibus, etc., est traité avec une franchise et une rondeur que j'apprécie tout particulièrement. A ce point de vue, le livre rendra bien des services aux voyageurs qui le consulteront. b.-h. g.
Les deux missions Flatters, par Henri Bros- SELARD, ouvrage illustré de 5o gravures. Paris, JouvetetC'% 1889. Un vol. in-i6. — Prix : 2 fr. 25.
L'on se rappelle le tragique dénouement de cette mission Flatters dont, en 1881, tous les membres furent victimes de la perfidie et de la barbarie des Touareggs, et qui enrichit si douloureusement le martyrologe des explorateurs africains. Noms glorieux désormais que ceux du colonel Flatters et de ses compagnons, le capitaine Masson, le lieutenant de Dianous, les maréchaux de logis Dennery et Pobeguin, de MM. Beringer, Roche, D' Guiard, Santîn! mais qui réveilleront dans la mémoire de bien douloureux souvenirs. C'est à ces savants, à ces braves, que le capitaine Henri Brosselard vient d'élever un monument durable en /aisant le récit fidèle de leur généreuse entreprise. M. Brosselard avait fait partie de la première mission (7 février- 3 juin 1 881) qui comprenait également MM. Roche, Guiard et Beringer. Ce sont ainsi, en grande partie, des souvenirs personnels sur les personnes et sur les choses que nous donne l'auteur de ce livre, qui est poignant dans sa simplicité. Le but des deux expéditions était « de rechercher et d'étudier un tracé de chemin de fer qui devait partir de notre territoire algérien, et en particulier de Ouargla, son extrême station au sud, pour aller aboutir dans le Soudan, entre le Niger et le lac Tchad », en un mot, c'était d'ouvrir une voie commerciale entre l'Algérie et Tombouctou. Lieutenant-colonel du 72' de ligne, M. Flatters, par son énergie, sa connaissance de la langue et des mœurs arabes, était plus que personne apto
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CRITIQUE LITTÉRAIRE DU MOIS
i remplir cette belle et périlleuse mission. La première expédition fut couronnée d'un plein succès: la reconnaissance du gassi de Molchanza et du cours de l'Oued-Igharghar, dont le sol uni, à fond rocheux, permettrait l'établissernsni d'une coie ferrée, sans aucuns travaux d'art préalable. Mais il s'agissait ensuite de pénétrer plus nvani Tcrs le sud, de reconnaître le pays. Ce fut là l'objet de la seconde mission [4 décembre 1881- 38 avril 1882). Le colonel Flutters et les siens pjnienneni jusqu'au puits de Biv-el-Ghai'jma, DU ils campèrent le 16 février. C'est là que, trahis parleurs guides indigènes, qui les avaient emmenés assez loin du reste de leurs compugnons. Flaliers, Masson, Beringer, Roche et Guiard, entourés subitement par trois ou quatre cents Touaregs, furent massacrés, les trois derniers pur les guides eux-mêmes, le colonel Flaiiers et la capitaine Masson par l'ennemi auquel ils luérent six hommes avant de tomber. Le maréchal des logis Denncry, attiré par ic bruit de la fusillade, périt également. Le lîeutenattt Dianous, ijui commande maintenant au survivant, ordonne la retraite, harcelé toujours par les Touaregs ; mis il est frappé mortellement et M. Santîn disparaît dans un combat livré à di\ kilomètres J'.\mguid. Le maréchal des logis Pobeguin dirige seul alors la retraite et est massacré par ses prcipres troupes, réduites à des tirailleurs indigènes. Telle fut la fin de cette expédition 1 des Français qui la composaient pas un seul ne revint à Ouargla, où aujourd'hui un petit monument commcmoratif est élevé à leur mémoire. Indépendamment du récit détaillé de ces deux missions, le livre du capitaine Brosselard contient des pages iniéressantes sur les résultats obtenus par les explorateurs, et sur l'avenir du proj.et qu'ils étaient chargés de préparer. e. a.
Lettres sur l'Inde. A ta froniîère afghane, par James Daumesteteb. Un vol. in-iG. Paris, Alphonse Lcmerre, 1888. — Prix : 3 fr. 5o.
11 faut s'habituer au style de M. James Darmesieier; les premières pages de son livre étonni;nt et causent de la f.itigue; mais l'habitude vient vite et vite on commence de goûter, au contraire, ces phrases au tour rapide et sans verbe parfois, ces façons d'exprimer, de traduire, avec uncgraade négligence apparemment, pensées et rétiesions, sensations et sentiments : les sentiments en semblent d'autant plus sincères, et les penses, souvent profondes, jamais banales, en ai:quiérent d'autant plus de relief.
ijr M, J. Darmesteier, qui est un philologue ''c^rand savoir, est doué en même temps des
qualités qui font les poètes et les coloristes les plus distingués, et il est en même temps encore un observateur exercé et un penseur.
Chargé d'une mission par le ministère de l'instruction publique, M. Darmesteter est resté dans l'Inde de la fin de février iSSli aux premiers jours de février 1887. Sur ces douze mois, ou tout près, il en a passé trois à Bombay, sept dans les districts afghans ou semi-afghans de Péchawcr et de Mazara, et les dernières semaines, il les a employés à parcourir les pays de Péchawer à Bombay et Calcutta. Sur les quatorze lettres qui composent son volume, deux, la première et la dernière, ont trait à l'Inde et aux Indiens, lea douze autres aux Afghans.
Dans toutes, des descriptions, mais elles sont peu nombreuses, et rapidement brossées ou même simplement esquissées d'un trait; c'est pour rendre l'impression ou figurer un cadre. L'homme, voilà qui intéresse l'auteur, l'homme avec les diverses manifestations de son activité, avec la littérature, la poésie, qui conservent le souvenir des grands événements, victoires et défaites, qui évoquent, rappellent des passions, des vengeances.
Trente pages de préface, puis la première lettre : deux études de ton différent et qui se complètent; M. Darmesteter juge et fait connaître l'état politique, moral et religieux des populations soumises à l'Angleterre, Et les fins jugements qu'il porte ! 11 est sceptique ? Mais sans doute il n'admet pas qu'il puisse être une forme de gouvecneiuent capable de convenir à quelque peuple que ce soit ; il est pcssimister Assurément, n'admettant pas ■davantage que l'homme soit parfait sortant des mains de la nature, nous tenons, nous, à mérite et son scepticisme et son pessimisme. Il dit bien ce qu'ont fait et n'ont pas fait les Anglais pour les Indiens; il dit bien ce que pourraient et nepouiraientpasfaireles Russes. Il parie des Asiatiques; combien de réllexions il émet à leur endroit que pourraient s'appliquer nombre d'Européens! La vie nationale ne fait pas défaut, mais l'esprit de gouvernement?
Dans les douze lettres saivantes, des études d'autant plus curieuses, celles-là, qu'elles ont pour obiet, voulu ou non, la vie intellectuelle et morale de populations a peu près inconnues. Le lettré s'est fait réciter des poèmes, il les a recueillis, i! nous en traduit quelques-uns; le psychologue a pénétré des consciences, pesé la valeur qu'ont pour les montagnards de l'Afghanistan les mots: honneur, respect, justice; il fait pour ainsi dire penser et sentir devant nous ceux des Afghans de qui il a réussi à gagner la confiance. Une peinture de Péchawer et des pages
lot LE LIVRE
d'histoire : rL'mpire Chilzai, l'empire Dourani; les dynasties Snrouzaîe et BarouUaie ; les Ghilzaisetleurs droits, les Afghans du Yaghistan, leurs traditions, leurs légendes; et après, les Afghans de l'Émir, les Afghans de la Reine, après l'histoire d'hier et l'histoire contemporaine, la philosophie, la religion, l'économie politique de ces
tribus; la confession du Mounchi et la dernière lettre avec ce titre : lajin d'une race.
Pour connaître vraiment l'Inde il faut recourir aux beaux travaux des Anglais ; les Anglais, pour connaître et faire connaître l'Afghanistan, mettront à profit les lettres si remarquables de M. James Darmesteter, f. g.
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SCIENCES - Philosophie — Morale -
Philosophie et Philosophes, par E, Car6 de
l'Académie française. Un vol. in-iC. Paris, 1888, Hachette, éditeur. — Prix : 3 fr. 5o.
Il n'a manqué h M. Caro philosophe qu'une philosophie; mais rien ne manquait à M. Caro écrivain, ni l'esprit, ni l'érudition, ni ta richesse de la langue et l'extrSme possession de l'expression propre et claire, ni l'harmonie de la phrase. 11 ne fut pas un producteur d'idées, maïs il n'est point d'idées émises dans la lutte des intelligences qu'il n'ait pénétrées, décomposées, traduites ou réformées. C'est le sens critique qui dominait en lui, et l'amour du bien dire. Les études réunies dans ce volume posthume en font foi à leur tour ; Théodore Jouifroy, Cousin, Jules Simon, Ravaisson, le P. Gratry, Charles Jourdain, Emile Saisset, M. Wallon, M""' Swetchine, Fre'déric Ozanam, tels sont les sujets sur lesquels M. Caro exerce la sa^iicité de son jugement et les habileté de sa plume. rz.
La philosophie de Platon par Alfred Fouillée, ouvrage couronné par l'Académie des sciences morales et politiques et par l'Académie frani^aise. Tome premier ; Théorie des idées et de l'amour. Deuxième édition revue et augmentée. Un vol. in-i6. Paris, Hachette et C", 1888. —Prix : 3 fr. 5o.
Pour cette deuxième édition, une préface nouvelle.
M. Fouillée dit avoir remanié quelques parties de son ouvrnge en mettant à profit les travaux publiés depuis vingt ans, en divers pays, sur la philosophie platonicienne, mais ces remaniements, njoutc-t-il, ne regardent pas à l'interprétation qu'il a cru devoir donner jadis de la doc-
trine de Platon ; ses propres travaux, à lui, »on étude sur la philosophie de Socrate, la thèse qu'il n consacrée à l'élucidation du Second Hippùts. ont confirmé les jugements par lui portés dès 1866. Aussi bien s'est-il pu permettre d'introduire dans la seconde édition de son mémoire un résumé succinct de ces mêmes travaait.
De la Pré/ace, rapportons un passage qui a son intérêt pour qui a lu les derniers articles donné» par M. Fouillée à la Revue des Deux Mondes. « Le platonisme est, par son esprit, essentiellement progressif, capable de s'ouvrir à toutes lei spéculations nouvelles. .. Tant que l'hunianitâ refusera de s'en tenir à la constatation pure et simple des phénomènes, tant qu'elle concevra une réalité sous ces phénomènes, tant qu'ello concevra en même temps un idéal auquel - les phénomènes doivent Stre soumis et, dans la mesure de notre puissance, soumis par nous-mêmes, enfin tant qu'elle s'efforcera de ramener à quelque unité primordiale la réalité qu'elle conçoit comme fond des phénomènes et l'idéal qu'elle conçoit comme but des phénomènes, on peut diro que l'humanité platonisera... u En dépit de cer-» taines analyses et critiques qui pouvaient donner le change et laissercroiro que la notion des idées^ forces avec la notion du devenir ne suffisaient plus, au jugement de M. Fouillée, pour l'expli-cation totale, le philosophe reste le platonicien, le conciliateur subtil, que l'on a connu.
Nous faut-il présenter le livre même? Le livre, on n'ignore pas comme il fut accueillinutrefois ; il est tenu justement pour considérable : mieux nous vaut, pour en parler, ou mieux, pour passer en revue, rapidement, les études qu'il a suscitées, attendre que l'ouvrage ait été publié en son en-
CRITIQUE LITTERAIRE DU MOIS
I II lUJULypii^ I
IDS
Du Ptrnt de Nemours et l'école physiocra- Uque, pnr G. Schei.i.e. Un vol. in-8". Paris, Guillaurain et C^% 1888. — Prix ; 7 fr. 5o.
Sur l'homme, sur la doctrine, lout n':i pas étc dit par Gërando et Boissy J'Anglas, par MM. Eugène Dairo et Lc-once de Lavergne; ils ont tt:moigiié, les uns, de leur profonde admiralion pour les mi-rites, et, disons-le pour parler comme on faisait à la fin du siècle dernier, pour !es vertus de celui qui n'a jamais voulu, jamais poursuivi que le bien, jamais haï et combattu que 'l'injustice, que l'oppression ; les autres, avec une compétence que nul ne saurait contester, ont eiposé les enseignements de l'école dont du Pont peut bien passer pour avoir e'ié l'un rs; mais n après eux, et sans nulle
prcsompii
pouvait essayer de ;
e d'un homme de qui la personnalité est inte que les idées. » Ainsi en a pensii M. Schelle, qui nous donne, aujourd'hui, du disciple de Quesnay, de l'ami de Turgot, une biographie aussi complète qu'on le pouvait souhaiter.
« Quand, écrivait Du Pont en 1771, on a cru devoir adopter une doctrine et des principes, il les faut suivre en tout et toute sa vie. » La doctrine et les principes qu'il avait une fois adoptés, il les a suivis, en etfet, jusqu'à son dernier jour, ït en tout; de lii l'unité de son existence, la grandeur de son caractère, aussi l'importance des services qu'il a rendus sans jamais, pourtant, avoir occupé les premières places, sans avoir compose un seul ouvrage qui fût digne d'être lu par nos arrièrc-noTeux. Dans sa jeunesse, il se cboisit pour tâche de vulgariser les théories de Quesnay, et non seulement il contribue puissamment à la destruction des préjugés auxquels i'attaquaieni les physiocrates, mais il rectifie quelques-unes des erreurs de son école, mais il questions théoriques, des rapports de la popu- 2S,'plus de sûretés de de ceux qui s'en sont le conseiller de Veriutres ministres.
îfiporti notamment dans i'étudi lation avec les sub:
vues que les plus ii occupés après lui.
gennes, de pluf
bonne fortune d'assurer le triomphe de plusieurs dfs réformes que Turgot avait inutilement tenté d'accomplir. En 1786, il rédige le traité de commcrcii avec l'Angleterre; l'année suivante, il est l'inspirateur des mesures libérales proposées par Cabanes à l'assemblée des notables. Nommé liéputij aux États généraux pour le bailliage de N/mours, orateur écouté de l'assemblée devenue M;istiiuante, il prend part à Ui discussion de
toutes les questions d'impôts, fait souvent prévaloir SCS opinions, et attache son nom à la suppression des douanes intérieures, à la transformation de notre régime fiscal. Redevenu publiciste, il poursuit sa tâche, il travaille à afiranchir l'individu, — BÔtez-luîsesliensM,— il ne veut pas de la tutelle de l'État, il rappelle, il commente le mot de d'Argenson ; " pas trop gouverner n. Proscrit au coup d'État de fructidor, il doit son salut à l'intervention de M°"de StaCl et de Joseph Chénier, qui le font passer pour nonagénaire; de peur d'aller à Synamary, si 00 dément leur déclaration, il s'exile aux Etats-Unis, Il revient en France en 1814, il est secrétaire du gouvernement provisoire, mais aux Cent-Jours, et par haine de l'empire, il retourne en Amérique; il y meurt à la suite d'un acte de dévouement, en 1817; il avait soixante-dix-sept ans. « La part active prise par Du Pont de Nemours aux principales transformations que notre pays a subies au KVin' siècle, l'ardeur avec laquelle il adéfendu ses opinions, comme publiciste, comme administrateur ou comme homme politique, permettent, on étudiant sa vie, de suivre, pendant un demisiècle, le développement et les applications de la doctrine à laquelle il a lui-même donné le nom de phjrsiocratie. n Aussi l'étude de M. Schelle n'estelle pas seulement biographique, elle est en même temps historique, en même temps critique.
M. Schelle nous fait connaître ù la fois un homme, une époque, une école.
Parlant de la doctrine, il nou; exercé sur les idées modernes u considérable qu'on ne le suppose Sans doute, elle a exercé une grande action jusque dans ses quinze dernières années, mais voilà que le socialisme d'État compte des adhérents de plus en plus nombreux, voilà qu'on devient protectionniste, que, pour les ouvriers mineurs, on institue l'assurance obligatoire et nous no parlons pas de l'organisation de travail que prépare, on sait avec quel zèle, le conseil municipal de Paris. Quelques-uns, et parmi eux M. Schelle, s'efforcent de réagir contre les tendances qui s'accusent; nous applaudissons à leurs efforts. L'étude sur la vie et les travaux de Du Pont de Nemours, on le peut tenir pour un plaidoyer en faveur des idées libérales, en faveur de l'individualisme; nous le recommandons deux fois et comme biographie des plus complètes, et comme plaidoyer très éloquent.
A la fin du volume la liste à peu près complète des écrits du publiciste, puis un index alphabétique pour faciliter les recherches, ■
s dit qu'elle a ne action plus généralement.
QUESTIONS POLITIQUES ET SOCIALES
Les Questions d'économie sociale dans une grande ville populaire, par Eugène Rostand Un vol. in-8». Paris, Guillaumin et G'*'; 1889. — Prix : 10 francs.
La grande ville, c'est Marseille, et M. Rostand, quia renoncé définitivement, ce semble, à la littérature, pour se consacrer à Tétude des moyens d'améliorer la condition économique et morale des classes peu ou point fortunées, regarde aux institutions déjà fondées, en vue de cette amélioration, dans la ville qu'il connaît et qu'il aime tout particulièrement, à d'autres institutions encore, qui, fondées en d'autres villes françaises ou étrangères, ont donné des résultats assez heureux pour qu'il soit bon d'appeler, sur ces fondations l'attention de ceux des habitants de la grande cité méditerranéenne qui sont le plus dévoués à la cause de l'affranchissement des masses populaires.
Il est des souffrances, il est des misères ; on les peut soulager, il les faut soulager. La municipalité, le département, sans parler de l'État, ont, prétendent certains, le devoir d'intervenir ; ils ont intérêt à le faire, se bornent à dire d'autres polémistes ; mais comment? mais dans quelle mesure? M. Rostand ne veut point connaître des théories individualistes ou socialistes. Il s'adresse aux différents pouvoirs organisés; il s'adresse aux ' philanthropes aussi, à eux surtout.
Il s'adresse à eux, et, pour eux, préconisant toujours les solutions immédiatement applicables, il aborde les questions du logement du pauvre et de l'ouvrier, de l'alimentation, du travail, de l'immigration et de la concurrence, du chômage, du crédit, de l'épargne, de la coopération, de l'enfance à demi abandonnée, de la mendicité, du vagabondage, dû régime pénitentiaire, de l'accroissement de la consommation de l'alcooL
Rien d'utopique; une meilleure répartition de la richesse se peut assurer assez aisément; il faudrait, à vrai dire, le concours des plus intéressés. Si seulement ils se défendaient d'écouter les prédicateurs de la révolution sociale, si, au lieu d'attendre le bien-être et le bonheur — c*est tout un pour eux — d'un gouvernement réglant toutes choses, la production et la consommation, ils voulaient bien prendre parfois conseil de ces égoïstes qui font dépense de leur temps et de
leur fortune pour atténuer tant de maux qui les affligent! Le plus grand ennemi, le seul ennemi de l'ouvrier, c'est l'ouvrier.
Étude et action, ces mots figurent comme soustitre sur la couverture. Uétude est assez bonne; . Vaction digne d'éloges, f. g.
Annuaire de Téconomie politique et de la statistique, par Maurice Block pour 18S8. Guillaumin. — Prix : 9 francs.
Arrivé à sa quarante-cinquième année et contenant près de 1,200 pages, ce recueil contient une foule de renseignements et, pour leur utilité et leur importance, ne peut être comparé qu'à Tannuaire du Bureau des longitudes. On est d'abord effrayé de ces chiffres qui s'accumulent en texte serré et qui semblent défier toute mémoire. Aussi est-ce un livre à consulter, encore que l'on puisse retenir facilement bon nombre de ses résultats. Car les chiffres ont ici leur philosophie et ils en disent plus long, dans leur sécheresse apparente, que la rhétorique fleurie de bien des discours.
La fortune de la France y est établie par l'examen de sa situation financière, de ses octrois, de son commerce ; sa moralité par les affaires de la justice criminelle, civile et commerciale. Une très large place, jamais trop grande pour un tel sujet, est consacrée aux questions d'assurances, de mutualité et d'épargrîe. La circulation, chemins de fer, canaux, routes, le recrutement de l'armée, l'assistance publique, les pêcheries, les pestes, tout est matière à statistique explicative et comparative. Enfin tous les autres pays du monde y figurent à leur tour et, sans être aussi développés, ils sont cependant l'objet d'une étude très sérieuse. Ainsi, 40 pages sont consacrées à la Grande Bretagne, et ce sont, comme toutes celles du volume, des pages nourries de faits.
Les réflexions suggérées par cet annuaire se développent à l'infini. C'est le propre de l'économie commerciale. Science aride et rebutante pour les esprits superficiels, elle attire et retient les penseurs. Que d'enseignements, que de cours pourrait inspirer ce petit livre depuis les chaires des facultés jusqu'aux simples écoles de provincel Il semble que ce soit le plus grand éloge qu'on puisse en faire. pz.
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Disooura parlementaires JErnest Picarr.
Tome II: Yl'nion libérale, 1864-69. Un vol. in-8». Paris, Pion, Nourrit et Ci% édît., 1889.
i la poli- : actif et
Aucun de ceux qui s'intéressent tique contemporaine n'a oublié le rôli brillant d'Ernest Picard dans l'opposition pendant 1« dernières anoées du second Empire.
Son éloquence ingénieuse ec forte, sa parole neiie, son style sobre et lumineux lui assuraient une considération légitime à la Chambre et dans k pays ;ii brillait parmi les Cinq, dont étaient te orateurs de la -valeur de Jules Favre et de Jules Simon.
Le second tome de ses discours parlementair^-s n'Ln comprend pas moins de trente, où sont itaitées avec un talent incontestable, une grande largeur de vue et un bon sens pratique très estimable, des questions de droit constitutionnel, de finances, de politique générale et d'affaires commerdalfis dont l'intérêt subsiste, car elles renaissent sous des formes diverses.
Nous signalerons particulièrement comme retrouvant une valeur d'actualité dans les circonstances critiques qui étreignent la fortune publique et privée, et inquiètent les esprits réfléchis, le discours du 6 avril i865 sur l'organisation municipale de Paris; — celui sur la suppression des octrois, du lû juin 1866;— cciui sur les travaux de la ville de Paris, du 10 avril 1867; — le discours sur les Sociétés coopératives, du 16 juin 1S67, et celui du lendemain sur les Sociétés;— celui sur l'organisution de l'armée, du ai décembre de la même année.
Indépendamment du plaisir de dilettante qu'on éprouve à lire des œuvres oratoires animées d'un vrai souffle d'éloquence et soutenues par une farte logique, on recueillera dans ces discours nombre d'idées profitables. P"-
Les irresponsables devant la justice, pur
K. RiANT, docteur en médecine, ancien secrétaire de la Société de médecine légale. Un vol. in-iù do la Bibliothèque scientifique contemporaine. Paris, J.-B. Bailliêre et fils, 1888. — Priï ; 3 fr. 5o.
L'ouvrage est excellent de tous points.
La première partie relève de lu science médicale surtout : l'irresponiabililé invoquée à titre d'exemption de la responsabilité; la seconde, de la philosophie : l'irresponsabilité érigée en thèse générale,
La première, elle, est à l'adresse des magistrats, des médecins experts, de nous tous qui pouvons être désignés pour faire partie d'un jury; l'autre |
TIQUE LITTERAIRE DU MOIS IM
à l'adresse du législateur, or tous, aujourd'hui, nous participons (par bonheur, très indirectement! à l'exercice du pouvoir législatif.
Avant d'étudier chacune des causes d'irresponsabilité invoquées, soit dans les ouvrages scientifiques, les traités de médecine légale ou d'anthropologie criminelle positiviste, soit dans les rapports des médecins e\perts ou dans les plaidoyers au criminel, M, Riant fait remarquer, et le fait avec force, que la science ne doit connaître que des faits; on l'a dit, en médecine, il n'y a pas de maladie, il n'y a que des malades, il n'y a pas de pleurésies, il n'y a que des pleurétîques, de même en médecine légale, il n'y a pas d'épilepsie, il n'y a que des épileptiques. On prétend extérioriser le crime, et on prétend imposer une irresponsabilité impersonnelle ! L'auteur rappelle ce jugement de Carper : 0 On ne peut trop blâmer la tendance regrettable de toujours classifier en médecine légale, tandis qu'au contraire tous les efforts doivent tendre à l'indiviriualisation et à l'éclaircissement de chaque cas particulier. » Il manque à la science, et il méconnaît l'esprit do la loi, le médecin expert qui tient, et pense faire tenir, pour irresponsable, un criminel présentant tels signes caractéristiques d'une catégorie de malades.
Point de catégories qui ne soient artificielles, partant arbitraires. M. Riant regarde pourtant et forcément à celles que l'on a pensé pouvoir établir; il passe en revue 0 ces questions neuves, ces faits étranges, ces expériences douteuses, ces hardiesses d'utopistes », qui ont eu l'heur do fixer l'attention. C'est l'aliénation mentale qui menace d'entraîner dans ses cadres sans fin, dans ses innombrables variétés, tant de cerveaux déséquilibrés, tant d'intelligences surprises par cette époque de transition ou s'écroule l'échafeudage des idées sur lesquelles le monde a vécu; c'est à proposderépilepsie franche ou bâtarde, bruyante, ou mystérieuse, que se dresse la question de responsabilité, soit en pleine lumière, soit par d'insidieuses insinuations, entourées d'ombre, de doute et de contradiction; c'est l'hystérie, c'est l'hystéro-épilepsie, véritables affections protéiques, dans lesquelles l'examen mental des malades est rendu si difficile par la ruse, le mensonge, la mobilité ; c'est l'alcoolisme, c'est l'hérédité, c'est l'atavisme; et dégénérescences, malformations, lésions des centres nerveux, encore des infirmités, des maladies au physique et peutêtre au moral: tel prévenu n'est- il pas un instinctif? tel autre ne porte-t-il pas l'empreinte fatale d'une éducation vicieuse ou d'un milieu social l'a faussé moralement? Que de candidats à esponsabilité partielle ou absolue! Et ù
s'ils pouvaient n'être pas assez nombreux, on a eu recours à la phrénologie, à la cranioscopie, on a alFirmc le type criminel; la plupart des prévenus sont peut-être, déclare-t-on, de simples automates, et Ton cite, commente, des faits étranges d'hypnotisme et de suggestion.
La critique est vive ; elle est d'un habile aussi, et elle porte.
Nous passons sur l'analyse des écrits dans lesquels se trouvent exposées les doctrines de la nécessité et de rirrésponsabilité absolues, sur les considérations également qui suivent ces analyses. Retenons seulement cette déclaration : on voudrait condamner au nom de la science des théories philosophiques; mais la science ou les sciences ne sauraient connaître de ces théories ; c'est aux s^uls philosophes qu'il appartient de les discuter, de les soutenir ou de les combattre.
L'ouvrage est excellent; nous l'avons dit,»nous le répétons: nous le jugeons tel, parce que l'auteur venge le spiritualisme, l'idéalisme, des attaques des positivistes de toute école? Un peu sans doute, mais surtout parce que Riant rend à la science ce qui est à la science et à la philosophie ce qui est à la philosophie.
Le Crime, étude sociale, par Henry Joly. Un vol.in-i6. Paris, Léopold Cerf, 1888. — Prix : 3 fr. 5o.
Ce volume est le premier d'une série. Deux
autres suivront.
En CQt ouvrage-ci, l'étude de la nature et des caractères du crime. La recherche des influences sociales qui favorisent la production des actes criminels et qui tendent à les faire se répéter, tel sera l'objet d'un deuxième ouvrage; et, dans le troisième, l'auteur examinera les réformes qu'il y aurait lieu d'introduire dans notre système pénitentiaire comme aussi dans notre code pénal.
a 11 est étrange — lisons-nous à l'une des première» pages du livre — de voir ceux qui se taruiiunt d'circ seuls des criminalistes scientifiques „|,outJr si vite et s'en tenir à une théorie pares- MCUse *uf»primant pour le moins toute recherche mn'mk. Le transformisme fût-il .vrai dans toutes fjrft «litre* parties, l'explication qu'il donne de la /,fifnifi'ilité n'en est pas une. Car cette explicafj//fi, «îl'^ ^" ■»*''» nous arrête à une espèce d'innéité p. f J//ririclîc qui serait la mort de l'analyse. « Cet Ufffttfft'i ^^^ criminel parce qu'une tendance besfii.'; v'c'U révei:.ée en lui avec la vivacité des /|,0', *^rr ;,réh*vtoriqucsî > Si cela est, tout est tUi >'- ''''^* -^ atavisme répond à tout.
0 (;*,%*■ '4 pcw près — car les extrêmes se tou- ^f,i ^ i^jmnM si des théologiens trop simplifi-
cateurs voulaient tout expliquer en chacun denous par la chute et par le péché .originel. Que nous soyons des animaux devenus des hommes par la sélection naturelle, ou que nous soyons des anges devenus des hommes par la chute, peu nous importe ici. Nous sommes ce que nous sommes. C'est évidemment de notre complexe nature que viennent toutes nos contradictions; c'est d'elle qu'émanent tous les dangers que certains d'entre nous surmontent, tandis que d'autres y succombent. Il s'agit de nous prendre tels que nous sommes. Il s'agit de nous demander comment notre nature à peu près semblable chez nous tous, et qui s^élève chez les uns à la vertu et \ à l'héroïsme, descend chez les autres à des crimes \ de toute sorte. C'est de cette différence plus ou \ moins grande entre le criminel et Thomme ordinaire qu'il faut se rendre compte sous peine de n'avoir rien expliqué. »
Une psychologie comparée, c'est là ce que M. Joly s'est appliqué à nous donner et ce qu'il nous a donné en effet. La donnant, il a surabon- j damment prouvé du même coup combien vaines I et fantaisistes les prétendues explications de | MM. Lombroso, Garofalo, Enrico Ferri. A no- • ter qu'il s'est défendu d'aborder le problème du j libre arbitre et du déterminisme, se contentant de discuter la thèse de M. Ribot quant à la volonté réduite à un simple pouvoir d'arrêt (p. 207 et 2 1 1); à noter qu'il s'est défendu encore de marquer son choix entre les différents systèmes de morale. Sa psychologie n'en a pas plus de valeur; sa réfutation en a plus de force.
Les chapitres, au nombre de treize, portent pour titres ; le crime et l'atavisme; — les approches ou les frontières du crime dans les sociétés modernes; — les différentes espèces de crimes et les divers types de criminels ; — l'accident et l'habitude, l'habitude et la profession ; — l'association criminelle ; — l'intelligence et l'imagination des criminels; — les altérations de la sensibilité et de la volonté chez les criminels; — la conscience, les croyances et les remords chez les criminels; — la criminalité féminine; — organisation physique et physionomie des criminels ; — le crime et le suicide ; — le crime et la folie; — criminels et dégénérés.
La thèse soutenue se peut aisément résumer : les criminels ne sont ni des fous, ni des malades; ils sont, en tout, semblables aux autres hommes ; ils savent moins bien échapper à de certaines influences, d'où l'altération de leurs consciences. « Le criminel est l'artisan volontaire de sa propre déchéance : il en est coupable et responsablei dans le sens que, métaphysique mise à part, tout le monde s'entend à donner à ce mot* •
J/*^ (HJiW». WIWPIP.TJ^ t^ ifW!
CRITIQUE LITTERAIRE DU MOIS
L'aBirmation est par Trop absolue! Mais VauleurajotiEe : « Le crime est le point culminanl où convergent tous Jes penchants égoïstes ou grossiers Je notre nature. Étudier cette forme ilu mal, c'est étudier les misères communes di; l'humanité, c'est contempler les germes d'immoralité et d'injustice qui tendent à se développer en chacun de nous, qui s'y développent toujours plus ou moins, qui toujours contribuent a augmenter pour quelques-uns les périls de la contagion : seulement, c'est les voir comme sous un ïiifre grossissant ou dans l'une de ces projections (jui font saillir à tous les yeus les mystères cachés de la nature... Le milieu du crime, c'est la sodélé, autrement dit, c'est l'ensemble des aiFeclioas, des sympathies, des encouragements et des concours, mais aussi des rivalités, des concurrences, des jalousies, des inimitiés et des haines qui constituent la vie commune de l'humanité. Toute réflexion, toute inspiration morale et tout effort émanent certainement de la conscience pt;rsonneIle. Mais la société est comme ces milieux dans lesquels chaque son émis se redouble, se repercute et finalement se multiplie en mille échos. C'est dans ia société que la pensée individuelle s'agrandit, se transforme et s'organise, et cela pour le mal comme pour le bien; mais partout elle amplifie, elle développe, elle propage et elle fait durer.
La mission des pouvoirs publics est donc de faire tout ce qui, en respectant la liberté individuelle, peut amener la propagation de [ce qui eit bien et empêcher la propagation de ce qui est mal. n
Responsabilité individuelle, mais aussi solidarité sociale, partout une action à exercer de la part de l'État. On n'attendra pas sans quelque impatience les deux ouvrages qui doivent traiter «de celte solidarité es de cette action. v. a.
Ltt principes del789 et la science sociale,
par Th. Ferneuiu Un vol. in-i6, Paris, Hachette et Ci% 1889. — Prix: 3 fr.So.
Il fallait s'y attendre, empiriste et utilitaire, l'iuteur ne pouvait pas ne pas condamner l'ccufre des constituants de 1789; mais, c'était encore facile à prévoir, d'un esprit très sagace, très ivisé, M. Th. Ferneuil ne pouvait pas, non plus, s;coQtenterde rejeter comme nantiscientiRques u li;s principes de la Déduration des Droits. De la citique du préambule de la constitution de '79' et de cette constitution elle-même, faisons i inc deux parts, et distinguons entre les pages ' 1 il juge des doctrines philosophiques et celles
où il regarde à l'application de ces mêmes doctrines, étant donnée la France d'il y a cent ans avec les vieilles traditionset les besoinsnouveaux que l'on sait. Certaines pages n'enchanteront que les seuls positivistes, mais les autres, elles méritent de fixer l'attention aussi bien des rationalistes de toute école que de ceux qui se recommandent de MM. Spencer et Espinas,
L'auteur, qui nomme les précurseurs de la Révolution française, qui rapporte et commente des passages de leurs écrits, s'en prend surtout à Jean-Jacques et ii son Contrat social: Jean-Jacques a faussé les intelligences, le Contrôla fait tout le mal; le mot Contrat n'a pas de signification en sociologie et l'horomc n'existe pas ; il y a des hommes, il y avait des Français, que le logicien, habitué à jouer avec les mots, n'a jamais ni étudiés, ni devinés. M. Ferneuil entend un peu trop étroitement l'expression de Contrat, et il est injuste envers Rousseau, un penseur de qui Kant pouvait se plaire ii lire les ouvrages, mais que de remarques justes et profondes! Nous ouvrons le livre à la page 35 : 0 L'école de Rousseau considérait l'exécutif, non comme un rouage indispensable au mécanisme gouvernemental, non comme un associé et un collaborateur naturel des autres pouvoirs, mais comme une pièce secondaire et accessoire de la Constitution, comme un simple commis que le pouvoir législatif a le devoir de surveiller et de casser aux gages dès qu'il ose manifester une volonté propre. Cette défiance et ces arrière-pensées à l'égard de l'exécutif se trahissent, non seulement dans les rapports^de l'assemblée législative avec le roi, mais dans la situation que la constitution de 1791 avait faite aux ministres de la royauté... L'article 2 de la section IV du chapitre 11 suffisait à paralyser le fonctionnement
du régime que la constitution voulait établir
Une masse, une cohue plus ou moins confuse de 700 représentants est radicalement impropre à l'office du gouvernement ; elle en peut contrôler les actes, mais ne saurait l'exercer qu'indirectement en se groupant et se disciplinant sous la direction de ses chefs les plus autorisés, qu'elle désigne au choix du roi pour représenter au pouvoir ses idées et sa volonté... L'interdiction des fonctions ministérielles aux membres du Parlement supprime tout intermédiaire, tout trait d'union entre le pouvoir exéculifet le pouvoir législatif...» Allons plus loin, h. la page 43 : « Les législatures à court terme présentent de multiples désavantages. D'abord, elles soumettent trop fréquemment le pays à l'agitation des crises électorales, et ri.squent de compromettre les intérêts matériels, la prospérité économique de la nation. De plus, le système des élections biennales mut coin>
pli-lcment le représentant sous la dépendance de l'clcctciir et ne lui laisse plus la liberté requise pour iicjomplir son mandat en conscience... » lincore des pa^es pleines de sens à propos du cliapitre v et de l'organisation du pouvoir judiciaire, touchunc le titre Vil et la procédure à suivre en cas de revision; nous ne pouvons que les
Après la critique des principes de 1 789, l'exposé des doctrines professées par l'auteur en matière d'organisation politique et sociale. Des principes encore, induits ceux-là ; ils se trouvent formulés dans les quatre premiers chapitres de la seconde partie : De (j science et de l'art en sociologie, nature et fin delà Société, nature et fin de l'État, de la notion du droit et de ses conséquences pratiques. Les quatre derniers chapitres ont pour objet certains points de la science également ; il s'agit de la propriété du travail, du rôle de la société et de l'Ktat en matière d'enseignement, des rapports de l'Église et de l'État.
Dans les chapitres intermédiaires, des considérations sur celles des questions d'organisation qui relèvent de i'ari : du régime représentatif, du rôle des individus et des groupes sous ce régime, des élections, du rôle des assemblées, du rôle de l'cxécutir. Nous n'adhérons pas à la doctrine développée dans les premiers chapitres. L'auteur, qui répète ce jugement de M. Herbert Spencer : Ilji'j dans l'organisme social comme dan» l'organisme individuel une vie de l'ensemble ^ui ne ressemble point à celle des unités, encore qu'elleen soit te produit, n'admet pas, avec le philosophe anglais, que hi société existe pour le profit de ses membres; s'il repousse les théories de l'école communiste ou collectiviste, il rejette tout aussi bien les conclusions de l'ouvrage : l'Individu contre l'État. Pour lui, l'idée de l'autonomie de la personne humaine est une pure hypothèse métaphysique, et M. Ferneuil, faisant du moi le centre de l'idéale liberté, méconnaît, tout comme Kant, les données de l'espérience. • C'est du désir de poursuivre ses lins particulières, de réaliser les conditions de son bien-être individuel, par conséquent de régoisme, que procède la notion originelle du droit ; mais la constitution même de la société transforme aussitôt cet égoïsme en altruisme. En effet, ces activités naturelles que l'homme sentie besoin d'exercer, il est instinctivement poussé à eu faire jouir les autres membres du groupe social,
La sympathie réciproque constitue le second
élément de la notion du droit. > Le droit n'est
pas antérieur à l'action sociale, comme disent
\ ■ les spirilualisics »\ iln'est pas consécutif à cette
■LAuion, comme disent « les naturalistes •; il est
concomitant à l'état même de la société. N'insistons pas. La doctrine touchant la propriété et le travail nous plaît inKniment. M, Ferneuil n'é/ige pas en dogmes tes notions courantes, mais il ne voit pas non plus qu'ils soient bien certains les avantages que se promettent les socialistes, la révolution qu'ils rêvent ayant abouti. Tout ce qui a trait au régime parlementaire est excellent.
On ierait une étude intéressante a rapprocher, de plusieurs des remarques et réflexions de notre auteur touchant ce régime et touchant les élections, les réflexions et propositions qu'émettait récemment M. Paul Laffitte.
Le Btiffrage universel et le régime parlementaire, par Paul Laffitte. Un vol. in-iâ; Paris, Hachette et C", 1888. — Prix : 3/r. io.
Nous avons parlé ici m6me d'un premier ouvrage de M. Paul Laffitte, et cet ouvrage, le Paradoxe de l'égalité, nous ne l'avons pas vanté sans formuler quelques réserves. Ce nouveau travail nous plaît mieux. Il est divisé en trois parlies, et, dans la première : La politique des majorités, dans la dernière ; La démocratie représentative^ des jugements, qui ne sont pas, sans doute, la plupart, très originaux, mais qui tous devraient appeler les méditations de quiconque, se qualifiant de libéral, a souci de conserver intact l'héritage des constituants de 89. Signalons comme plus particulièrement dignes d'attention les chapitres de la première partie qui portent pour litres : Substitution des groupes aux partis politiques; La confusion des pouvoirs; Avènement de la classe des politiciens, et ceux de la troisième intitulés : Les confiits parlementaires ; Le besoin de stabilité ; La vraie décentralisation.
Nombre d'hommes politiques, montre fort bien M. Laflïtte, accusent trois tendances ; faire des lois pour le plus grand nombre au lieu de les faire pour tous, se préoccuper plus du présentquc de l'avenir, remplacer la politique des idées par la politique des intérêts; ils parlent et ils agissent au nom de la majorité ; et, dans la deuxième partie de son livre ; Le droit de suffrage, M. LafAtte, en vue de parer à ce danger d'une restauration du pouvoir absolu, réclame la représentation des minorités; il revendique, pour elles, le • droit • de participer au gouvernement de la chose publique; il cite, en exemple de la reconnaissance d'un tel droit, les législations générales en vigueur dans divers pays. Sans doute, avec l'auteur, nous avons le regret de constater qu'au jugement de beaucoup, chez nous la formule : Si veut le roi. si veut la loi a encore toute sa valeur; au lieu : du roi, ils disent : la majorité, la différence est
CRITIQUE LITTERAIRE DU MOIS
de peu d'importance ; la Convention, le premier et le deuxième empire bénéficièrent de notre loague éducation monarchique et Ton est bien près de rejeter le régime de la république parlementaire. Mais M. Laffitte peut-il bien affirmer que la représentation des minorités serait un remède, lui qui, regardant aux résultats des électrons de 1881 et de i885, établit qu'ils ne sont pas fondés à parler au nom de la majorité, ces autoritaires, ces hommes légers de comités anonymes qui représentent, au vrai, les 45 0/0, les 43 0/0 du nombre des électeurs, et qui n'ont encore obtenu ce nombre de voix que grâce au concours de libéraux qui, au deuxième tour, ne pouvaient ou ne voulaient voter pour un candidat monarchiste? Les minorités, mais elles ne sont que trop largement représentées. Il faudrait modifier nos lois électorales, nous l'accordons, mais les modifications que nous voudrions voir apporter ne sont pas celles que souhairerait M. Laffitte. Ce n'est pas notre tâche d'émettre des contrepropositians, et ce ne l'est même pas de discuter, critiquer la thèse de notre auteur; nous n'avons ^n'k présenter son volume, et il est des plus intéressants. " F. G.
L'Armée russe et Ses chefs en 1888, par
l'auteur du maréchal de Moltke. Un vol. in-18, 296 pages. Paris, Librairie moderne, maison Quentin, 1888.
Par lui même, à ce seul et rare titre d'ouvrage bien fait, soigneusement écrit par une plume en possession de son sujet, le livre que nous annonçons mérite l'attention et ne manquerait pas d'éveiller l'intérêt. En le lisant, nous ayons vu flotter devant nos yeux, ces visions de la guerre russo-turque, puissamment évoquées par les tableaux de Vereschagine. On devine — sans qu'il soit besoin même de les suggérer — les entraînantes raisons d'actualité qui promettent des lecteurs nombreux à tout écrivain traitant, parmi nous, de la Russie. Présentement ce nom aun charme en France, il y est à la mode... Ce qui est tout dire. Sous un gouvernement dont le leader tira sa fortune politique d'un outrage à la Majesté... czarienne, on interdit au théâtre la représentation d'une pièce suspectée de façons un peu libres envers les altesses russes. Les ron anciers du même pays viennent d'être, ces annies dernières, l'objet d'un engouement général ei France. Il n'est pas jusqu'aux emprunts^ ornés ^î cette étiquette prestigieuse, dont le succès n'atteste la contagion, s'étendant jusqu'à l'impassible capital, de cette présente ivresse de nos es-
prits. Le fond de pareille émotion n'est rien de plus que cet hommage *— accommodé selon les circonstances — que l'on a vu rendre dans tous les temps à la Force, et à l'énigme de l'Inconnu. Il s'y mêle chez nous, dans l'état de notre politique et dans notre situation au regar4 du reste de l'Europe, une vertu d'illusion que je suis loin de vouloir diminuer. L'illusion produit autant de réalités qu'elle en dénature. Elle est ui^ des faces de l'Imagination, la seule vérité noble de ce monde et la fontaine des sentiments exaltés. La nation russe est-elle pour comprendre et partager ce que nous lui offrons, ce que nous aimons à croire qu'elle accepte et nous rend? Il nous semble que cette grave demande trouvera je ne sais quelle réponse dans ce travail sur V Armée russe et ses chefs en 1888 y dont l'auteur étudie successivement : le soldat et le moudjik,le tempérament offensif du soldat russe, l'ancienne et la nouvelle armée, l'école russe et les traditions de Souvaroflf, les théâtres d'opérations d'une campagne austrorusse, les moyens de concentration de l'armée russe, les forces militaires de la Russie, les principaux chefs de l'armée russe, et, à leur tète, le général Gourko, dont le portrait décore le frontispice de ce volume. l. d.
Souviens-toi du Deux-Déoembre, par Jules Simon. Un vol. in-18. Paris, Victor Havard, 1889. — Prix : 3 fr. 5o.
Ce volume est mieux qu'un volume de circonstances, et il survivra à l'agitation électorale au milieu de laquelle il s'est produit. M. Jules Simon est un charmeur dont la baguette magique embellit tout ce qu'elle touche. Nous n'avons pas à faire de politique ici, et nos lecteuis nous sau* raient mauvais gré d'aller sur les brisées des journaux quotidiens. Nous ne parlerons donc que des qualités merveilleuses de clarté, d'agrément, de finesse, que l'auteur a développées dans ce livre, qui se divise en trois parties : « M, Boulanger et ses apôtres, — Le programme. '— Paix ou guerre, » Nous y trouvons aussi quelques chapitres qui appartiennent plus à l'histoire qu'à la polémique, et qu'il convient par là de signaler : tel celui sur les événements de 1848, et d'autres où M. Jules Simon traite avec une grande hauteur de vue ces grandes questions de paix ou de guerre, qui n'agitent pas seulement la France, mais l'Europe tout entière, depuis que l'existence au milieu d'elle d'une nation perpétuellement armée en guerre fait dépendre du caprice ou de la passion d'un seul homme le sort de tant de millions d'existences. e, a.
BIBL. UOD. — XI.
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SCIENCES DIVERSES
Physique — Mathématiques — Sciences occultes
Sciences appliquées à l'industrie — Technologie
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Le itvre des métiers manuels, répertoire des procédés industriels, tours de main et ficelles d'atelier, par J.-P. HouzÉ. Un vol. in- 12. Pans, Hetzel et C'% éditeurs. — Prix : 4 francs.
Cet ouvrage prend place dans Texcellente Bibliothèque des professions industrielles, commerciales et agricoles : il renferme les notions essentielles des arts manuels : c'est un guide sérieux, pratique, rédigé de telle sorte que l'ouvrier des petites villes et des campagnes, que Tamateur qui emploie ses loisirs à travailler de ses mains sans fréquenter les ateliers, puissent être initiés aux découvertes de l'industrie et aux procédés des ateliers et des manufactures des grandes villes. Comme, les procédés de l'industrie ne sont que l'application des principes de la science, M. Houzé a sagement fait précéder. les renseignements techniques de notions scientifiques succinctes et claires, qui permettent au lecteur d'apercevoir au moins la raison d'être des procédés préconisés. Cinq planches hors texte comprenant un certain nombre de figures d'outils ou de constructions géométriques ou mécaniques aident à l'intelligence du texte.
L'éducation bourgeoise laisse trop à l'écart les connaissances usuelles ; nous Tavons maintes fois regretté, en constatant l'impuissance des jeunes gens, intelligents et bien instruits du reste, en face de la moindre difRculté de travail manuel. Combien est-U de jeunes gens qui puissent seulement démonter et replacer une serrure? Combien qui sachent distinguer dans une charpente d'un chevron l'arêtier?
Et pourtant de quelle utilité ne serait-il pas de les initier en passant, à l'occasion, sans les condamner à en faire une étude spéciale, aux notions élémentaires du cubage des bois, par exemple, des termes techniques employés dans la construction; et puisque la mode est aux bains de mer, de profiter du séjour sur la plage pour leur apprendre les premiers principes du droit maritime, de la construction navale, etc. 1
Dans ce but nous recommandons, dans cette Bibliothèque des professions industrielles, commerciales et agricoles, le Guide pratique du constructeur, de Pernot, refondu par Camille Tron-
quon et Ch. Baye ; le Guide théorique et pratique du cubage des bois^ par Louis Frochot, le Livre de poche du charpentier, par Merly ; les I^otions pratiques de droit maritime^ par Alf. Doneaud ; le Guide pratique d'architecture navalCy par Gustave Bousquet ; et aussi, l'ouvrage intéressant et instructif de Viollet-le-Duc, Comment on construit une maison^ si rempli de sages conseils et d'utiles aperçus, encore que la maison que construit le jeune Paul sous la direction de son grand cousin soit déjà assez peu ordinaire, puisqu'il ne s'agit de rien moins que d'une résidence de campagne évaluée deux cent mille francs. Mais les principes fondamentaux sont aussi bons et efficaces s'il est question d'une moindre construction.
La Biologie végétale^ par Paul Vuillemin, chef des travaux d'histoire naturelle à la Faculté de médecine de Nancy, avec quatre-vingt-deux figures intercalées dans le texte. Un vol. in-16 de la Bibliothèque scientifique contemporaine* Paris, J.-B. Baillière et fils; 1888. — Prix : 3 fr. 5o.
. Qu'est-ce que la vie? Qu'est-ce que la plante? Comment les définir? Ce sont les premières questions que se devait poser l'auteur et qu'il s'est posées en effet. Il a regardé aux définitions déjà proposées : on ne distingue pas assez, montret-il, entre la vie et la mort quand on dit, et on le dit fréquemmeht, que vivre, c'est mourir incessamment; et l'on distingue trop entre la plante et l'animal, car. vaines absolument sont les distinctions que l'on fonde ou sur la motilitc, ou sur la nature des tissus, ou encore sur le mode de nutrition. Mais les définitions sont-elles si nécessaires à qui pense se contenter d'analyser et de décrire? Il est difficile de définir la vie, mais ne suffit-ii pas de reconnaître «r qu'elle est liée à une alternance d'analyse et de synthèse chimiques, morphologiques et physiologiques »? La question d'origine n'importe pas ici. Il est plus difficile de définir la plante, mais ne suffit-il pas d'admettre, et on l'admet, que la pierre de l'édifice vivant, c'est la cellule. La cellule vit, la cellule est une unité morphologique et biolo-
CRITIQUE LITTÉRAIRE DU MOIS
gique à la fois. « Connaître la vie de la plante, c'est connaître la structure et les propriétés de la cellule, base commune de la vie des végétaux et des animaux; c'est connaître les caractères spéciaux que présente la cellule chez la plante. Point de propriétés fondamentales : la plante vit comme Tanimal; mais quelques phénomènes -secondaires impriment à Télément végétal une allure qui Toppose, dans la grande majorité des cas, à rélément animal et justifie le nom de cellule végétale. »
Ces phénomènes secondaires, M. Vuillemin les indique, au passage, (fans son Introduction; ils sont : le groupement des cellules, la forme du corps, l'agencement et le fonctionnement des organes; et, découvrant le plan de son travail, il nous dit déjà que la plante, qui joue son rôle dans l'économie de la nature, ne saurait être seulement considérée en elle-même ": la plante a ses rivaux auxquels elle dispute la place et la nourriture nécessaires à son accroissement; elle a des armes défensives qui lui permettent de se. soustraire même aux animaux et même à l'homme; plusieurs espèces ont des armes offensives et plusieurs dévorent leurs ennemis; une étude de la vie des plantes, pour être complète, doit forcément comprendre une étude de la vie cellulaire, une étude de la vie individuelle, une étude de la vie sociale.
M. Vuillemin, dîms la première partie de son ouvrage, parle des cellules typiques, des cellules modifiées, celles-ci par réduction, celles-là par différenciation; de la cellule végétale et des caractères généraux qu'elle présente, des dérivés du protoplasma dans la cellule végétale. Dans la deuxième, il traite de l'agencement des cellules en corps végétal, des corps épithélial et vasculaire, des fonctions, des organes fixateurs, des organes de soutien à éléments mous et à éléments durs, des organes de protection, du travestissement, du mimétisme, du polymorphisme, des aliments et, d'une manière plus générale, de l'absorption; puis de Texcrétion, de la respiration, des transformations internes, des fonctions de la vie spécifique; enfin : rénovation ou naissance morphologique, multiplication ou naissance physiologique, fusion, conservation, dispersioifi. La troisième partie ne contient que deux chapitres seulement, l'un ayant pour titre : Relations entre individus d*unh même espèce^ et le second : Relations entre espèces distinctes.
L'auteur use et abuse du qualificatif ^ merveilleux; c'est le seul reproche que nous pourrions lui faire. Le sujet est par lui fort bien ordonné, et toujours très simple, toujours très clair est son exposé des connaissances qui se peuvent
considérer comme aujourd'hui acquises en biologie végétale. p. g. t
Les Sciences expérimentales en 1889, par
O. Badoureau, ingénieur au corps des mines», Paris, Maison Quantin, 7, rue Saint-Benoît., Un vol. de 25o pages avec 20 figures. — Prix, broché : 5 francs.
Le livre de M. Badoureau, véritable syn^ thèse des sciences expérimentales, est une partie de rœuvre d'Auguste Comte, rajeunie et mise au courant des progrès les plus modernes de la Science. Ce volume comprend les cinq parties sui* vantes : Introduction, État des corps, Phénomènes naturels, Conclusions, Industrie. Dans la seconde partie, l'auteur a introduit d'assez nombreuses idées personnelles qu'il soumet à l'appréciation des savants. Dans la troisième il a exposé sommairement la mécanique, la physique, la chimie^ la biologie et la géologie^ en insistant 'sur les phénomènes dont s'occype la physique : 5o«, chaleur^ électricitéy magnétisme^ énergie rayon^ nantej et en définissant avec le plus grand soin les diverses unités employées.
M. Badoureau croit avec Démocrite que la matière est formée d'atomes se mouvant dans l'espace, et il admet, faute de mieux, l'hypothèse de sir W. Thomson sur la constitution des atomes. Il regarde le mot électricité comme synonyme du mot éiher. Il est, comme M. Hirn, partisan de l'existence objective des forces et de l'existence des âmes humaines, animales ou végétales, et croit, avec l'école de Darwin, à la théorie transformiste. Enfin il laisse de côté les questions religieuses que la science ne peut résoudre et ne doit jamais aborder.
La Houille et ses dérivés, par O. Chemin, ingénieur en chef des ponts et chaussées, professeur à l'école des ponts et chaussées, et F. Verdier, ingénieur civil. Paris, Maison Quantin, 7, rue Saint-Benoît. Un vol. de 3-20 pages, illustré de 106 belles gravures sur bois. — Prix, broché: 5 francs.
Cet ouvrage est le vrai livre de vulgarisation tel qu'on doit le comprendre. Il n'est pas trop technique; les auteurs n'ont employé que des expressions à la portée de tous, et ont pu condenser en 320 pages un sujet très complexe. Prenant la houille au sortir de la mine, et sans entrer dans les détails de son extraction, ils ont successivement fait connaître la nature, la composition et la propriété de ce combustible, qui est le pain de l'industrie,' puis ils ont indiqué les combustibles dérivés.
' bans UQ des chapitres se trouve traitée la question du chauffage domestique et du chauffage industriel. La fabrication du ga^ fait l'objet d'une remarquable étude basée sur les renseignements les plus nouveaui; les auteurs, pour terminer, ont passé en revue les produits dérivés de l'industrie du gaz, qui sont aujourd'hui d'une si grande importance. Mais si, dans un nombre de pages relativement restreint, les auteurs n'ont pu donner aux différents chapitres tous les développements dont ils étaient susceptibles, ils ont complété leur œuvre par un appendice contenant des notes et une bibliographie très complète qui renvoie le lecteur aux mémoires originaux et aux traités spéciaux. La richesse des illustrations de cet intéressant volume va de pair a/cc leur parfaite exactitude.
Cet ouvrage fait partie, ainsi que les Chemins de /er, de la Bibliothèque des Sciences et de l Industre, qui vient de paraître chez Quantin.
Les Ghemios de fu-, fiar Pol Lefêvre, sous- ■ chef du mouvement à la Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest, et G. Cerbclaud, inspecteur du mouvement aux chemins de fer de ' ceinture et de Paris. Maison Quantin, 7, rue Siiînt-Benoît. Paris. — 1 vol. de 3ao pages, illustré de j6j ligures, 5 planches hors texte et d'une citrte des Chemins de fer de l'Europe. — Prix broché: 5 francs.
icerniint les chemins de I s les uns — traités spécia
— sont destinés aux ingénieurs et aux agents supérieurs des compagnies ; les autres, — ouvrages de simple vulgarisation — sont à l'usage exclusif delà jeunesse. Entre ces deux termes extrêmes, il y avait place pour un livre qui présentât les choses ûe manière à être compris de tous les lecteurs; les Chemins de/er contiennent en effet des renseignements assez détaillés pour intéresser les personnes qui désirent faire une étude d'ensemble de l'organisation des voies ferrées
Le livre de MM. Lefèvre et Cerbclaud traite sous une forme claire et concise tout ce qui a rapport à cette grande industrie des transports par rails qui depuis environ un demi-siècle a : profondément modihé la vie sociale des nation: De magnihques illustrations éclaiienl Ictextet les choses mêmes sous les yeux du lec-
ont pensé que, sans sortir de notre pays, on pouvait trouver sur nos lignes françaises tous les types désirables pour la description des nombreux rouages<iuiconsiituentua chemin de fer ; leur œuvre forme par suite une monographie très complète des chemins de fer français, au début de l'année 1S89.
De nombreux exemples comparatifs font voir sur quels points et de quelle manière les railways étrangers diffèrent des nôtres.
Cet ouvrage fait partie, ainsi que la Houille et ses dérivés, de la Bibliothèque des Sciences et de l'Industrie, qui vient de paraître chez Quantin.