‹ Le livre (volume 4)Chapitre 33 sur 129 · LIVRES DE BIBLIOPHILES · texte numérisé non relu

LIVRES DE BIBLIOPHILES

I>BRKIERS OUVRAGES

Chez Launette le tome IX des Confessions do J.-J. Rousseau, illustré par Leloir, avec des eaux-fortes de Teyssonnières. On ne cesse d'admirer cei ouvrage mo;ièle, bien conçu, bien conduit, parfiiit sous tous points. Nous avons eu à dire à chaque livraison ce que nous pensions de cette remarquable publication, qui est vraiment une merveille en son genre. Il faut espérer que tous les amis des livres d'art distinguû seront de notre sentiment, car ce serait à désespérer du bon goût des amateurs, si cet ouvrage si superbement illustré ne trouvait pas un large succès dans le monde des Bibliophiles français et étrangers.

Chei Emile Testard a paru enfin un livre depuis longtemps annoncé et attendu : la Chroniqne du règne de Charles IX, par Prosper Mérimée, avec des illustrations nombreuses d'Edouard Toudouze, ancien priit de Rome, peintre historique des xvr et xvn" siècles, et illustrateur de Mademoiselle de Maupin, publiée chez Con-

- Ce volume est de format grand in-S* Jésus, imprimé à mille exemplaires, non numérotés (ce qui est un tort). L'impression est faite par Chamerot, sur vélin, et les cent dix compositions de M. Toudouze ont été gravées sur bois par six graveurs divers:MM. Charpentié, Dutheil, Froment, MûauUe, Rousseau et Thomps. Prix de l'exemplaire vélin : 40 francs. Le tirage de grand luxe • comprend vingt-cinq exemplaires sur chine (n** 76 à 100), au prix de 100 francs, et soixantequinze exemplaires sur japon (i à 7$), au prix de 125 francs.

Cette publication d'art est la première d'une sé- •"ie d'ouvrages que M. Testard compte nous donner successivement, et qui comprendra les Chouans de Balzac, illustrés par Julien Le Blant, et les Beaux Messieurs de Bois-Doré, avec illustrations

d'Adrien Moreau. Il paraît que ces doux belles œuvres paraîtront dans le courant de 1889.

Nous ne pouvons nous occuper en ce rhomènt que de la Chronique de Charles IX, dont iious possédons sous les yeux un exemplaire sur vélin.

L'impression du livre est fort belle et fait honneur à Georges Chamerot. Rien à dire sur l'imposition du texte, sur les marges, sur l'ensemble du volume, qui est de fort bon goûL Les corn* positions d'Edouard Toudouze sont également très heureuses, d'une grande science de détails, d'une rare habileté de mise en scène, d'une véritable ingéniosité dans la recherche et dans la disposition de ses personnages. Les bois seuls sont un peu inquiétants, dans une tonalité grise; évidemment trop lâchés ci surcoupés à la roulette, ils n'ont pas la franche vigueur ni la hardiesse de taille des anciennes gravures sur bois et ils se rapprochent trop par la minutie et le fignolage des procédés de reproduction à grande réduction héliographique. Évidemment Toudouze, qui est un artiste précis, très documenté, trèi fouilleur do physionomies et très chercheur de petits détails, n'est pas facile h interpréter avec ampleur, et les burinisles du bois sont obligés de miniaturer leur buis à ta loupe pour mettre en valeur ses jolis dessins ; aussi il nous est permis de penser que peut-être le bois ne convenait point à Toudouze, et nous eussions' peut- 6tre préféré un livre d'un prix plus élevé et entièrement aquafortisé, avec mélange de fins procédés sur cuivre, àceite » mise ligneuse » qui, pour être fort bien soignée, est certainement trop apprêtée et trop raffinée dans la délicatesse des tailles menues, menues, menues.

Quoi qu'il en soit c'est là un beau livre à tous égards et qui fera plus pour la renommée editoriale artistique de M. Emile Testard que Yédilion nationale de Victor Hugo, oîi l'on sent cepen-

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dant que tant de soins et d'efforts ont été dépen-

ses. La Chronique de Charles IX d'Edouard Toudouze est certes plus conforme à la vérité historique que celle dont Ed. Morin se fit naguère l'illustrateur pour la Société des Amîs des livres j mais Morin avait la plume amusante, et l'eau-forte a conservé ses jolis jeux de croquiste ribrant. M. Testard a monté la Chronique dans le livre, comme Claretie a monté Henri III au Théâtre-Français : c'est la même sûreté de goût, la même précision de détails, le même charme, ce n*est pas peu dire; et je souhaite que le succès soit aussi grand, car cette édition, malgré nos légères critiques, mérite d'être accueillie avec empressement par tous les bibliophiles MériméisteSy c'est-à-dire par les vrais lettrés.

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La Maison Quantin a publié le mois dernier plusieurs volumes fringants d'allure, sous des couvertures printanières qui font plaisir à voir ; il faut d'abord citer les Contes choisis de •Ghaiûpfleury, qui comprennent les Trouvailles de M. Br^etoncel, la Sonnette de M, Berloquin, Monsieur Tringle, Cette édition de grand luxe est illustrée d'un portrait de Champfieury, de trois eaux-fortes et de nombreux dessins dans le texte par Evert Van Muyden. Un volume in-8® carré, tirage à mille exemplaires numérotés sur vélin du Marais. Prix : 1 5 francs. Quarante--cinq exemplaires sur grand japon. Prix : 3o francs. Cinq exemplaires sur japon avec aquarelles originales sur le faux-titre. Prix : loo francs. • Champfieury, le père du Réalisme, le chef d'école des premières évolutions de notre littérature vers la vérité descriptive et l'observation, Champfieury, qui eut un si grand succès avec les Bourgeois de Molinchard et qui écrivit plus de vingt romans classés et appréciés du public, a surtout excellé dans le conte humoristique prestement enlevé, écrit d'une plume satirique avec une verve mordante et une ironie un peu bonhomme, qui ont donné à son oeuvre un caractère si particulier. Qui ne connaît, par le souvenir reconnaissant du rire provoqué, l'infortuné Mo«sieur Tringle ? Qui ne se souvient de l'antiquaire Bretoncelle? Qui enfin n'a gardé mémoire des exploits de Monsieur Berloquin^ mis en enfer par Je carillon mystérieux et nocturne de sa sonnette.

Ceis trois types de province sont restés à nos yeux bien vivants, bien accusés dans leur silhouette bouffonne ; ils se maintiennent par la pondération même de leur nature caricaturale et font figure à part dans le bagage littéraire très considérable du peintre de Mademoiselle Mariette.

Les directeurs de la Maison Quantin ont voulu donner au public ces trois contes choisis en une édition délicatement illustrée et tirée à petit nombre. Ils ont trouvé en M. E. Van Muyden uu dessinateur original, un petit-cousin de Topffer par l'ingéniosité de ses croquis et aussi par son rare talent d'aquafortiste. M. Van Muyden a semé près de cent dessins dans ce délicieux petit livre qui est combiné et exécuté avec le goût le plus sûr, dans une conception toute nouvelle de l'illustration. Les trois contes sont précédés de trois têtes de chapitre et lettres ornées à l'eauforte. A ce tirage en taille-douce se trouvent joints des dessins au lavis, à la plume, au fusain, heureusement répandus dans le texte et tirés typographiquement avec un grand éclat d'impression.

Cette publication, qui s'épuisera vivement, fait partie de cette petite série d'ouvrages contemporains entreprise par la Maison Quantin et qui a débuté l'an dernier par le Rosier de Ai"»* Husson, de Guy de Maupassant, illustré page à page par Habert-Dys et quia obtenu un très grand succès auprès des bibliophiles friands de nouveautés artistiques.

La seconde publication de la Maison Quantin nous ramène enfin à cette ancienne Petite Collection antique qui eut tant de succès.

Le volume qui clôt la série, c'est Catulle, Odes à Lesbie et Épithalame de Thétis et Pelée, avec notices par A.-J. Pons. Un volume in-32 colombier, illustré par Poirson de trois en-têtes et onze gravures formant pages, imprimés en aquarelles typographiques, avec encadrement bistre. Prix : lo francs.

La Petite Collection antique^ fondée il y a quelques années par la librairie Quantin, est demeurée sans rivale par le choix raffiné des ouvrages et le goût exquis qui a présidé aux illustrations : Apulée, Ovide, Anacréon, Théocrite, Properce, Luchsn, Horace, Virgile, pour n'en citer que quelques-uns, sont entrés de plein droit dans cette collection. Les genres étrusque, grisaille, pompéien, etc., les tons vert bronze, bleu clair, bleu faïence, carmin, etc., ont été employés à tour de rôle dans les premiers volumes; pour le quatorzième, — Catulle, — que nous avons sous les yeux, l'artiste, M. Poirson, a imaginé un encadrement bistre qui est d'une véritable élégance, avec des aquarelles typographiques fiiisant l'effet de miniatures. Les caractères sont d'une netteté remarquable, l'impression est une caresse pour l'œil ; l'ensemble forme un bijou typographique, composé de séductipns aux-

CRITIQUE LITTÉRAIRE DU MOIS

quelles nous ne savons quel bibliophile serait capable de résister. ,

Ce volume clôt définitivement la Petite Collection antique, mais il la clôt dignement. Tous les amateurs voudront relire dans cette coquette édition le poète qui a mérité d'être appelé TAndré Chénier des Romains, le chantre passionné d'Ariane, Taimable auteur du Moineau de Les» bie. Les fidèles traductions de Guinguené et de MM. Collet et Joguet, les savantes notices biographique et artistique de A.-J. Pons donnent à cet ouvrage, irréprochable au point de vue de la forme, un cachet de haute science qui en double la valeur et Tintérêt.

Les quatorze volumes de la Petite Collection antique forment un monument unique et bien bom ogène.

La Librairie des Bibliophiles a entrepris, dans sa Nouvelle Bibliothèque classique à 3 francs le volume (cartonné, 4 francs), la publication des Œuvres choisies de Voltaire. On n'achète plus aujourd'hui de Voltaire complet, et un choix judicieux de ses œuvres, très élégamment imprimé dans un format commode et portatif, et accessible à tous par la modicité de son prix, est un véritable service rendu aux lecteurs.

Cette nouvelle édition est due aux soins de M. Georges Bcngesco. La pureté du texte, réimprimé sur la dernière édition publiée du vivant de Voltaire ; la science et l'agrément répandus dans les Préfaces placées en tête de chaque volume; l'abondance des variantes, l'intérêt des notes, tout concourt à faire de ceUe publication une véritable œuvre d'érudition digne du savant diplomate à quf l'on doit la Bibliographie voltairienne.

Le tome V, qui paraît aujourd'hui, est le quatrième et dernier volume des Romans et Contes.

Outre le tirage ordinaire, il est fait un, tirage d'amateurs à petit nombre sur papier de Hollande, papier de Chine et papier Whatman.

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Nous avons parlé il y a quelque temps, dans cette revue, d'un Livre de prières tissé en soie entièrement. Cette publication surprenante, faite par M. Antoine Roux, libraire à Lyon, est aujourd'hui terminée, et nous sommes heureux de pouvoir citer un article de M. Charles Comte relatif à cette œuvre unique en son genre :

«•Il y a quelques années, dit M. Comte, Egger, le savant helléniste de l'Institut, contait à l'un de ses anciens élèves de l'Ecole normale, M. Heinnch, alors doyen de la Faculté des lettres à

Lyon, qu'il écrivait un ouvrage intitulé : le Livre, c'est-à-dire une étude sur les divers systèmes par lesquels l'homme a fixé et transmis sa pensée. Le doyen lui répondit que sûrement il pourrait lui citer un livre fait par un procédé qu'il ne connaissait pas; et, pour appuyer son dire, lui annonça qu'il venait de se . produire à Lyon un vrai livre non imprimé, mais avec des caractères tissés dans la soie.

(X Egger s'informa, et, dans un rapport communiqué à l'Institut, dit qu'un disciple de Jacquard (ce fut son expression), M. J.-A. Henry, fabricant à Lyon, venait d'inventer le livre tissé en soie, c'est-à-dire le livre aux caractères inaltérables, dont la matière pourrait défier le temps par sa solidité.

« Ce livre était le poème des laboureurs de Lamartine. C'était une recherche de tissage dont les rares exemplaires Vont jamais été dans le commerce. L'un d'eux est à la Bibliothèque nationale; un autre, plus riche, édition unique, fut commandé tout spécialement et sous condition qu'il n'en serait plus tissé d'autres, pour être offert au comte de Paris.

« L'ouvrage actuel, dont le premier exemplaire a été offert à Sa Sainteté Léon XIII, le Livre de prières, est le résultat des précédentes recherches et peut être considéré comme le vrai prototype du livre tissé.

« Nous savons que celui qui l'a fait n'a pas eu la prétention de faire mieux que ses prédécesseurs,' auteurs de tableaux tissés, tels que le Testament de Louis XVI, par Maisiat, le Jacquard de Bon-' nefond, par Didier Petit, une Vierge de Raphaël^ par Furnion, Y Appel à la civilisation, par Verzier, le magnifique portrait de Washington, par Mathevon et Bouvard, et celui de Humboldt, par Lamy et Giraud. Il a voulu faire autre chose et nous ne voulons nous-même établir aucune comparaison. Dans le livre tissé, en effet, neuve est l'idée, nouvelle est la manière,

a Le plus précieux des concours fut acquis à M. J.-A. Henry, celui d'un artiste aussi distingué que modeste, le R. Père Hervier, de la Société de Marie; c'est lui qui, à titre gracieux, s'est plu à faire le choix des prières et à dessiner ensuite d'une main savante, délicate, ingénieuse, les pages toutes différentes dans les styles gothiques du xiv« au XVI* siècle.

« M. Roux, libraire-éditeur bien connu, vînt joindre sa compétence spéciale, sa collaboration effective dans les frais, et se charger d'être l'intermédiaire auprès du public. Ce fut avec une joyeuse ardeur que M. J.-A. Henry entreprit le tissage des charmants dessins du R. P. Hervier.

« Les feuillets du livre sont tissés avec les plus

belles soies cévenoles de la marque privilégiée de l'Argentière de MM. Palluat et Teslenoire. Varmure qui sert de fond est un satin sî serré qu'il prend l'aspect d'une armure 'particulière. Contrairement à ce qui s'est fait jusqu'à ce jour, ie livre présente la chaîne horizontalement, tandis que la Irame produit les caractères dans le sens vertical,

• Les mouvements de mécanisme sont d'un dixième de millimètre. Une des grandes difficultés vaincues est celle de la finesse du tissu, qui compte 400 passées de trame; mais tout se réalise avec l'ouvrier de Lyon auquel on peut ftiut demander, avec lequel on peut tout oser.

« Le R. Père Hervier, M. Henry et M. Roux ont désiré que le premier exemplaire de cet ouvrage, unique en son genre, fût déposé aux pieds de Sa Sainteté Léon XJII pendant ses f?tes jubilaires. Sa Grandeur Mgr l'archevêque de Lyon a bien voulu leur témoigner l'intérêt qu'il prenait à cette œuvre, en se chargeant de la présenter; et ils ont eu la joie d'apprendre que le Saint-Père a parcouru te Livre de prières page à page et a déclaré se le réserver après l'Exposition pour sa bibliothèqueparticulière.

■ C'est la plus belle récompense que les auteurs aient pu souhaiter pour cet ouvrage d'un petit volume, 11 est vrai, mais fruit de beaucoup d'études, de dépenses et de labeur.

■ On avait écrit sur ce livre avec plus ou moins d'exactitude et de précision. Nous nous sommes permis de le faire connaître, dans l'unique but

de rétablir la vérité et d'attribuer à chacun o

qui lui

t dû.

Le prix de l'ouvrage a été fixé à zoo francs complet en carton. L'éditeur se charge des reliures depuis 100 francs jusqu'à 1,000 francs. Il réserve des gardes tissées spécialement au prix de 80 francs les quatre gardes.

Passons du sacré au profane.

Notre ami le libraire-éditeur Isidore Liseux ne fait plus gémir les presses que pour nos voisins d'outre-Manche; il réserve aux puritains de la Grande-Bretagne la traduction de ses plus rares éditions de naguère. Nous signalons à nos lec-

s insulaires deux liv

squii

'. sont pas pré-

cisément réservés au Drawing-Room, le premier est rOpus sadicum, qui cache sous cette latinité transparente la Justine du marquis de Sade. [Tirage à petit nombre, 2 guinées. Un vol. grand in-S" de 400 pp.)

L'autre est intitulé Froverbs in Jests op the talea of Comazano, petit volume elzévirien in-16 de 240 pages, prix 10 schellîngs, qui est la traduction fidèle des fameux proverbes de Comazano, publiées il y a quelques années par le zèle érudit de M. Lîzeux.

Fermons les yeux.

Ne g£noiis pas monsieur Lizeui !.

— PuiLiCATioNi NOuTiLL» (Bibliographie du mois. ■ ans annoncées ou en préparation, tant en France qu't : Misceltanits. — A tmhvers Journaux it Périodiques. t récemment décidés.

• Ouvrages signalés de l'étranger. — r Europe). — Nouvillbi littébaibei - NËCHOLOGii des hommes de lettres et

PUBLICATIONS NOUVELLES ET ANNONCEES En France et à l'Étranger.

u livre de M. Emile Zola. — M. Eugène Clisson, de l'Événement, a interviewé M. Emile Zola, qui lui a fait, sur le livre nouveau pour lequel il rassemble des documents, les confidences suivantes :

« Le sujet? c'est tout simplement l'histoire d'un crime accompli en chemin de fer, avec instruction, descente de justice, procureur de la République, personnel judiciaire, etc. Le drame se dénouera, s'il se dénoue, à la cour d'assiies de Rouen.

■ En un mot, )e veux faire un roman dramatique, tragique, quelque chose de • cauchemardant ■ comme Thérèse Raquin, une étude de ce que le crime peut amener comme réactif dans certains tempéraments. On verra l'accomplissement et la suite du crime dans le cadre d'une grande ligue en mouvement.

« Voilà l'idée : vous comprenez combien je dois travailler pour me procurer les documents nécessaires à faire sur cette donnée un ouvrage complet.

■ J'ai choisi pour théâtre de mon drame la ligne de l'Ouest, qui est courte, qui est une bonne artère, avec deux terminus, Paris d'un côté, le Havre de l'autre. Considérant le chemin de fer comme un Stre, j'ai trouvé que la ligne de l'Ouest figurait une bonne colonne vertébrale, avec la mer au bout.

B Je me suis adressé à la Compagnie de l'Ouest^ à laquelle je me plais à rendre témoignage de la courtoisie et de l'afTabilité avec laquelle ses chefs de service se sont mis à ma disposition. M. Marin, le directeur; M. Clérault, ingénieur en chef du matériel et de la traction, ont accueilli ma demande avec une bonne grâce parfaite. M. Clérault m'a même offert de m 'accompagner, ainsi que M. Pol Lefévre, sous-chef du mouvement, qui vient de publier un fort intéressant ouvrage sur les chemins de fer en collaboration avec M. Cerbelaud.

a A Paris, j'ai visité la gare dans tous ses détails avec M. Lefévre, qui m'a expliqué minutieusement le mouvement. Puis je suis parti ces jours derniers pour le Havre. Je me suis arrêté à Rouen, et dans quelque tempi, quand la saison le permettra, je me propose d'aller à Mantes sur une locomotive, de jour et de nuit, avec le chauffeur et le mécanicien, pour me rendre compte par moi-même — un de mes héros est mécanicien -~ de la nature des sensations que l'on éprouve.

> C'est dans ces différents voyages que je recueillerai mes documents. J'en ai déjà quelquesuns et de fort intéressants.

■ Mon roman se passant à Paris, à Rouen, au Havre, et peut-être à une station intermédiaire en i86q, il me fallait connaître la gare du Havre. Or cette gare a été reconstruite il y a cinq ans. C'était gênant. Heureusement le chef de gare, M. Cugnot, auquel je m'adressai, me mit en

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rapport avec un vieil employé qui m'a fourni des renseignements qui me serviront.

« J'ai fait de même à Rouen ; j'y ai visité avec soin le palais de justice et la cour d'assises qui tiendra une place dans le livre ; j'ai cherché aux environs une station pouvant servir au déroulement du drame.

« Quant à la gare de Paris, bien qu'elle soit entièrement transformée, lé souvenir que j'en ai gardé, joint aux plans que l'on a bien voulu m'en communiquer, me permettront de la reconstituer de toutes pièces.

« Tout en faisant pour ce nouveau livre ce que j'ai fait pour les autres, je suis néanmoins effrayé de la grandeur de l'œuvre; je serai obligé de « ramasser » mon sujet au lieu de l'étendre. Quand on décrit le Bonheur des dames, on n'a affaire qu'à une maison de nouveautés; dans Germinal, il ne s'agit que d'une mine; mais dans un roman qui traite des chemins de fer avec ses télégraphes, ses systèmes, en un mot la vie d'une ligne, on est forcé de & peindre au fresque » pour être bien compris. Ayant une connaissance approfondie du sujet, je veux o en savoir plus long que je n'en dirai », sans cela je serais débordé, et je tiens à ce que mon volume, pas gros, mais bien digéré, donne la sensation de la vie vécue, sans être noyé dans les détails.

« L'étude des chemins de fer sera donc le principal attrait du livre ; c'est celle qui m'a donné et nie donnera encore le plus de travail. Quant au monde judiciaire, je le prendrai sur le vif — et facilement — dans des conversations avec des avocats, des juges. Il ne tient pas, d'ailleurs, une place considérable dans le roman.

« Aujourd'hui, je commence à être outillé ; dans un mois, tous mes documents obtenus, je commencerai à écrire, soit ici, soit à Médan. »

Comme ceci ps^aissait dans l'Evénement du 8 mars, M. Zola est sans doute, à l'heure présente, occupé à mettre en oeuvre les documents recueillis comme il vient de le dire.

Un livre qui ne se vend pas. — On n'a pas oublié le nom d'Amédée Rolland, qui, de i856 à 1868, a fait représenter plusieurs pièces sur différents théâtres. Voulant élever à sa mémoire un monument durable, son frère, M. Jules Rolland, vient de faire imprimer chez Jouaust une magnifique édition de Nos Ancêtres^ tragédie nationale, d'Amédée Rolland, qui fut jouée à la Porte-Saint-Martin en 1868, l'année même de sa mort. Le livre, orné de très belles gravures, n'est tiré qu'à cinq cents exemplaires, numérotés

et portant chacun le nom de la personne h qui il est destiné, car, ni pour or ni pour argent, on ne pourra se le procurer. Voilà donc un ouvrage qui fera le désespoir de bien des bibliophiles.

Une biographie de Mignet. — La librairie académique Perrin et C'« a tout récemment mis en vente le livre de M. Edouard Petit : François Mignet, Nos lecteurs en ont eu la primeur dans le chapitre qui relate avec tant de grâce et de charme la liaison de l'académicien avec la princesse de Belgiojoso. Nous ne nous attarderons donc pas à faire l'éloge de cette biographie, artistement composée et présentée, et bourrée de documents inédits. Mais nous nous réservons d'y revenir et de l'analyser dans le détail.

Le centenaire du « Journal des Dé bais ». — Au mois d'août prochain, le journal des Débats aura cent ans révolus. La collection du Journal des Débats reflète d'une manière singulièrement vivante et curieuse l'histoire politique etiittéraire de la France et de l'Europe depuis la Révolution fratiçaise ; elle offre à un point de vue plus spécial l'image fidèle des transformations subies par le journalisme au cours de ce siècle. Aussi la direction du Journal des Débats a-t-elle conçu le projet de publier, à l'occasion du centenaire, un livre qui fasse revivre le passé de cette vieille maison.

Le texte du livre du centenaire, qui sera complètement inédit, sera dû à la collaboration de MM. le duc d'Aumale, V. Cherbuliez, Alexandre Dumas, O, Gréard,E. Legouvé, John Lemoinne, E. Renan, Léon Say, Jules Simon, H. Taine, E.-M. de VogUé, pour ne citer que les membres de l'Académie française.

M. Eugène Pion s'est efforcé de mettre l'illustratioA du volume à la hauteur de la partie littéraire. Ainsi le livre contiendra toute une série de planches gravées d'après Ingres, Paul Delaroche, MM. Guillaume, Chaplain, etc. ; des eauxfortes signées Le Rat, Sadoux, etc.

Les œuvres de Jasmin. — M. Boyer, d'Ageo, va publier les œuvres complètes du poète gascon, Jasmin (4 vol. in-8*>), aux frais de sa ville natale. Cette publication coïncidera avec de grandes fêtes en l'honneur du poète agenais, qui auront lieu le lundi de Pâques, 22 avril, et où tout le Midi languedociennant sera convié. M. Jules Andrieu, auteur d'une remarquable biographie de l'Agenais dont un de nos collaborateurs a rendu

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

compte dans le Livre de septembre, publie à ce propos, dans l'Echo de Gascogne^ quelques réflexions à la fois savantes et judicieuses sur les différences essentielles et originelles qui existent entre le provençal et le languedocien, et sur les réformes à adopter dans Torthographe de ce dernier idiome.

La Vie parisienne de 1888, par Emile Blavet, vient de paraître chez l'éditeur Ollendorff. Nous ne saurions faire un meilleur éloge de ce livre qu'en citant les lignes suivantes, empruntées à la maîtresse préface qu'Emile Zola a écrite pour ce volume : « Je viens de feuilleter votre livre, et voilà que le Paris de Tan dernier a revécu devant moi. Cela se tient, cela marche, évoque de la vie. C'est ce qui a passé et ce qui passera encore, dans l'éternel recommencement de notre agitation. Oui, Paris est là, avec un peu de son sang et de sa cervelle. J'imagine que, dans mille ans, on retrouve ce volume : ce sera la momie débarrassée de ses bandelettes, ayant encore le rire léger de ses lèvres. » Signalons enfin, sur la couverture, une composition fort originale due au spirituel crayon d'Emile Bayardr

. Il vient de se tirer, à un très petit nombre d'exemplaires, un livre excessivement fantaisiste intitulé : VÉcole d'amour.

C'est l'histoire de l'éternelle lutte du cœur et des sens, sous forme de nouvelles piquantes, de paradoxes et de-pçnsées.

L'auteur, M. Gabriel Prévost, s'est surtout inspiré d'observations prises sur le vif, qui donnent un grand intérêt d'actualité à une étude où l'ironie n'exclut pas le sentiment Le titre d'un des chapitre: l'Éloge des laides, donnera une idée de cette œuvre étrange, où l'originalité et les vues personnelles trouvent moyen de rajeunir un thème toujours jeune malgré son ancienneté. Ajoutons que la gauloiserie du sujet étant atténuée par les finesses du style, le livre peut parfaitement figurer sur la table d'un salon. ^ vol. in-i8 à la Librairie moderne, 7, rue Saint-Benoît.

Le septième volume de la Grande Encyclopédie, — La Grande Encyclopédie met en vente son f volume, qui nous conduit à peu près jusqu'à la fin de la lettre. B. La régularité parfaite de la publication, le succès croissant qu'elle obtient auprès du public, permettront prochainementaux éditeurs de doubler le nombre de livraisons par semaine, de manière à l'achever en cinq

années. La Grande Encyclopédie comprendra alors plus de 100,000 articles, sans compter les renvois. Par la richesse de son vocabulaire, elle dépasse tous les dictionnaires. Les biographies sont aussi nombreuses que dans les plus développés de nos dictionnaires biographiques. Les illustrations et les cartes augmentent beaucoup l'utilité et la valeur de ces volumes. Jamais d'ailleurs une œuvre analogue, depuis celle de Diderot et d'Alembert, n'avait, en France du moins, mis à sa tête des savants aussi illustres, ni réuni une pareille légion de collaborateurs, dont les signatures, placées au bas de tous les articles notables, donnent au lecteur une garantie complète. La bibliographie, trèS soignée, permet aux spécialistes de se reporter immédiatement aux monographies plus détaillées.

Il nous est impossible d'énumérer ici nvême les articles les plus curieux renfermés dans ce nouveau volume. Nous conseillons toutefois au lecteur qui désirerait juger par lui-même de VEncyclopédie^ de se rapporter pour la littérature aux études publiées par M. Brunetiére sur Boileau, Bossuet et Bourdaloue; pour l'étude toujours si intéressante des religions de l'Inde aux articles Bouddhisme de M. Feer, Brahmanisme de M. Sylvain Lévi, qui fournissent des renseignements qu'on ne trouverait nulle part; pour l'histoire et la politique, les deux familles des Bonaparte et des Bourbons ont été l'objet d'études ' aussi approfondies et détaillées qu'impartiales ; la biographie du général Boulanger est peut-êtr^ la meilleure qui ait été publiée. Signalons encore, au hasard du souvenir, Texamen approfondi de la question des Boissons, de celle des Bouilleurs de cru; des articles très étendus et très variés sur la Bourgogne et la Bretagne; un véritable ouvrage de M. Levasseur sur le Brésil. La partie industrielle est toujours aussi soignée : dans les articles Bois, Boisage, Boiserie, Bonneterie, acide Borique, Boucherie, Bougie, Boulangerie^ Bouton^ Boyauderie^ tout le monde trouvera quelque chose à prendre, de même dans une notice très soignée sur la Bourse, La partie scientifique reste irréprochable, l'article Boussole en peut servir de ^modèle.

La Légende des Siècles, complète en quatre volumes, paraît chez Hetzel-Quantin, dans la nouvelle édition in- 18 à 2 francs des Œuvres de Victor Hugo. Cette importante publication met ainsi la grande épopée à la portée de tous et va consacrer le succès de VÉdition définitive dans le format Charpentier. Chaque volume de la Légende des Siècles est vendu séparément.

Le deuxième supplément « Larousse ». — Le 32* fascicule du 2® Supplément 2m Grand Dictionnaire Pierre Larousse vient de paraître.

La plus grande partie de ce fascicule est consacrée à la France. Cest une véritable moflographie de notre pays à l'heure actuelle. On n'y trouve pas seulement des renseignements précis et tout récents sur la population, le 'commerce, la navigation, etc., mais encore un récit détaillé de notre histoire depuis^ le ministère Dufaure jusqu'au cabinet présidé par M. Floquet (1877- 1889). Il faut y joindre le tableau du mouvement littéraire et artistique contemporain et le compte rendu des principaux ouvrages parus sur la France depuis dix ans. ^

A citer aussi parmi les articles de ce fascicule les biographies de MM. Ferry et Floquet, le récit de la mission Flatters et une belle étude sur la Folie.

— i Guy de Maupassant vient de publier chez OUendorff un nouveau volume sous ce titre : la Main gauche. Ce titre dit assez que dans ce livre l'auteur de Pierre et Jean raconte des liaisons qui n'ont rien de légitime. — On verra défiler dans ces histoires, qui forment chacune un petit roman, tout le cortège des amoureuses de tous les mondes et même d'aucun monde. Guy de Maupassant, avec son observation d'une psycho- • logie si pénétrante, a fixé des types féminins d'une perversité et d'une complexité déroutantes. Le UVre est d'une grande variété et, à côté de la note mélancolique, contient des aventures alertes et gaies, toutes empreintes du charme personnel aux héroïnes de l'auteur. La Main gauche va faire travailler bien des jolies têtes, dont les plus intimes pensées sont dévoilées là sans pitié.

Pastels {dix portraits de femmes) par Paul Bourget, voilà le titre du nouveau livre que publie la maison Lemerre. C'est une des œuvres les plus curieuses du maître analyste. Jamais la femme du monde, et de tous les mondes, n'avait été rendue comme dans ces pages fines, railleuses et substantielles où s'est complu le cruel écrivain.

Nouveaux périodiques. — M. Alfred Chérie, directeur de l'agence VArgus^ bien connu des artistes et littérateurs désireux de collectionner les opinions de la presse à leur endroit, vient de fonder une Revue illustrée de la presse française et étrangère^ avec ce sous-titre : « Archives de V Argus de la presse », où l'on trouvera presque

au complet le titre et l'analyse des anicles de la presse quotidienne et des revues, sans compter des éphémérides, un tableau du mouvement de la presse, une correspondance et une quantité d'informations diverses. La revue paraît le 16 de chaque mois et ne coûte que 6 francs par an. Le nom du secrétaire général, M. Janmart de Brouillant, est une garantie nouvelle de la valeur et de la portée de cette publication.

— Le dessinateur Forain, dont les caricaturés et les légendes résument la philosophie parisienne d'aujourd'hui, fonde un petit journal satirique, dont il fait exclusivement les dessins, et dont le texte est fourni par les nombreux amis qu'il a dans les lettres.

Le premier numéro contient une préface de Scholl et une belle étude de Richepin sur le dessin humoristique.

Titre du journal : le Fi/re.

— On annonce l'apparition (12 février) de VOrgane de la papeterie, journal d'intérêts commerciaux, littéraire et d'annonces, paraissant tous les mardis ; imprimerie Maugeret, 20, rue du Faubourg-Poissonnière ; un an, 10 francs.

ETRANGER

Allemagne. — Le professeur Koelbing de Breslau a tout récemment publié une édition composée d'une chanson de geste anglaise du xv« siècle, Ipomedon. Son édition contient trois versions différentes, d'après trois manuscrits, dont chacun est unique. Dans une longue introduction il étudie les particularités de chaque version de cette légende, et la compare à l'original français de Hue de Rotelande. Une quantité de notes savantes et plusieurs tables anah'tiques ajoutent encore à la valeur et à l'utilité de l'ouvrage. Le même érudit a sous presse, pour la Société des anciens textes anglais, une édition (ÏArthour and Merlin d'après les manuscrits.

— Dans les Neudrucke de M. Wollmœller paraîtra prochainement une édition de Silvanire, de Mairet, par M. R. Otto.

— M. F. Pfaff, de Fribourg en Brisgau, prépare une édition complète et diplomatique du manu-

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

scrit C qui était naguère à Paris, qui est aujourd'hui à Heidelberg et qui contient les poésies des Minnesinger.

— Nous sommes redevables à M. Louis de Hessem des notes qui suivent :

« Parmi les ouvrages qui ne tarderont pas à voir le jour, nous signalons d'ores et déjà comme devant être d'une réelle importance :

' « A Munich, une étude de L. Millier- Walde sur Léonard de Vinci^ ornée de deux cents reproductions du maître et de nombreuses gravures dans le texte (à paraître en cinq livraisons, chez G. Hirth).

« A Vienne, une suite de cent quarante-cinq planches reproduisant des œuvres de la galerie Lichtenstein (Van Dyck, Rubens, Ruysdael, Rembrandt, le Poussin, etc.) et se composant de trenteune planches de 0,24 x o,3o et de cent quatorze planches de 0,40 :5c o,5o (à paraître également en cinq livraisons).

■ Enfin, à Leipzig (chez F. A. Brockhaus), la troisième et dernière partie des voyages du célèbre docteur Nachtigall, volume dont les amis du grand voyageur ont pu réunir les éléments dans les documents laissés par celui-ci. »

« Le nom de Nachtigall est une transition naturelle pour en arriver à signaler un curieux et intéressant volume de M. Hermann Post sur la jurisprudence des peuples et des tribus de l'Afrique (Afrikanische Jurisprudens[) édité par la librairie Schwarz, d'Oldenbourg (J. Peelman et C'% 189, boulevard Saint-Germain, à Paris). Ce livre est évidemment d'un chercheur laborieux. — Que de sources à fouiller pour en arriver à mettre debout un travail de ce genre, pour qui veut le faire sérieusement 1 — mais cependant il est difficile de rencontrer chose plus originale, plus amusante, plus réjouissante. Ceci tient naturellement à la matière, car ce ne sont pas des faits et des dires sur lesquels on puisse être blasé parmi nous que les us et coutumes de ces peuplades, leurs croyances, leurs pratiques, leurs jurisprudences si diverses en ce qui touche les différents acte§ de la vie humaine ou sociale. Le seul regret que je manifesterai — un regret que l'auteur ne comprendra peut-être pas — c'est raS|>ect rébarbatif et inquiétant du titre, qui sans doute aura déjà dû écarter plu^ d'un lecteur.

« Je ferai la même remarque à propos d*un volume d'un genre tout dif!éreAt, mais tout aussi savant et tout aussi attrayant, de M. Gustave Andressen sur l'étvmologie populaire allemande

Ueber Deutsche Volksetymologie^ un vol. in-8, chez Hennihger frères, à Heilbronn, et J. Peelman et C", 189, boulevard Saint-Germain, à Paris). Cependant, malgré son titre peu alléchant, ce livre vient d'atteindre sa cinquième édition. Ce résultat démontre surabondamment les rares qualités d'érudition, de perspicacité, de sagacité et d'ingéniosité que l'auteur a su lui donner. Grâce à sa sûreté d'érudit, à sa finesse de flair, M. Andressen obtient des résultats surprenants, des découvertes extraordinaires. Des volumes de ce genre sont de véritables vulgarisateurs qui rendent agréables les sujets les plus ardus.

« Peut-être nos lecteurs trouveront-ils le moment opportun pour voir signaler à leur attention le dernier volume de M. Geffcken, dont la deuxième édition vient de paraître sous le titre Politische Feder^eichnungen (Croquis politiques) chez Hermann Paetel, à Berlin (J. Peelman et C*% 189, boulevard Saint-Germain, à Paris). Ancien ministre accrédité à Berlin et à Londres, des villes librei d'Allemagne, M. Geffcken n'est point le premier venu : il a été mêlé à bien des affaires délicates et a su garder dans un coin de sa mémoire le souvenir précis de nombre de faits dont il a été le témoin. Si l'on ajoute à ceci la valeur d'écrivain et d'économiste qu'en Allemagne on s'accorde à lui reconnaître, ce sera peine inutile d'insister sur les mérites de ce volume qui rassemble des études fortes et nourries sur l'empire britannique, le prince consort, lord Palmerston, lord Beaconsfield, Gladstone, le baron Nothomb et le comte de Circourt.

Les œuvres du prince Rodolphe d'Autriche. — Au moment même ou l'héritier de la couronne d'Autriche allait trouver une mort inattendue à Mayerling, les journaux annonçaient que le prince était sur le point de livrer à l'impression un ouvrage important sur les chasses de TAutriche-Hongrie. Le volume, illustré par les principaux artistes nationaux, ne devait être tiré qu'à deux cents exemplaires, de même que les ouvrages précédents du prince Rodolphe qui n'ont eu qu'un tirage très restreint (nous citerons Quinze jours sur le Danube et Un voyage en Orient), Que va-t-il advenir de cette publication qui n'aurait pas eu sans doute pour seul mérite d'être due à un futur empereur, car le prince Rodolphe avait, de l'avis de beaucoup, de remarquables connaissances en histoire naturelle ?

Sa fin soudaine n'a pas été non plus sans jeter quelque trouble dans le comité de rédaction de

la Monarchie austro-hongroise^ description détaillée et illustrée de rAutriche-Hongrie, publication de très longue haleine dont quelques volumes seulement bnt paru (à Vienne, chez l'éditeur A. Holder) et dont le prince Rodolphe était à la fois rinspirateur, le protecteur énergique et le collaborateur assidu. Le comité, après avoir placé Tœuvre sous les auspices de la princesse Stéphanie, veuve du prince Rodolphe, a résolu de remettre à plus tard la partie de l'édition hongroise qui devait, avec le comité de Pesth, contenir la description de Gtidollo, réservée par le prince Rodolphe, dont il n'avait pas remis le manuscrit. Le comité a résolu également en principe d'écrire une biographie très complète du prince, sans toutefois arrêter aucune époque pour ce travail. Il va de soi que la Monarchie austro-hongroise n'en marchera pas avec moins de régularité vers son achèvement.

« Nouveaux périodiques. — La croisade prechée contre l'esclavage par Mgr Lavigerie, et soutenue avec tant d'énergie par le gouvernement allemand, * a son contre-coup dans le monde des lettres et fait sortir de terre des publications comme Die katholische Welt, revue bi-mensuelle rédigée par plusieurs membres du clergé archiépiscopal de Cologne et éditée par A. Riffarth, et Gott will es! (Dieu le veut!), bi-mensuel égament.

« Dans le domaine littéraire^ une nouvelle revue intitulée Litterarische Corresponden:^ und kritische Rundschau^ dirigée par H. Thoin, éditée par Armin Boumann, à Leipzig, se propose de renseigner ses lecteurs autant sur les hommes que sur les oeuvres.

« Enfin, parmi les publications de vulgarisation scientique, une revue mensuelle, Himmel und Erdey éditée avec un luxe de bon goût par Hermann Paetel, de Berlin, a pour rédacteur en chef depuis sa fondation, qui date à peine, M. Wilhelm Meyer, astronome distingué et président de la Société berlinoise t/ra«ia, dont la présente revue est l'organe officiel. UUrania a pour objectif de « populariser les sciences naturelles et de répandre dans la mesure de ses forces les jouissances que procure la connaissance de la nature » ; ce programme s'applique naturellement à Himmel und Erde (Ciel et Terre) qui est un des moyens mis en œuvre par la Société pour arriver à son but. La rédaction est de premier choix, à en juger par la liste des collaborateurs, dont la plupart ont des noms bien connus du monde savant. Il ne reste qu'à' souhaiter à ces honorables de ne point perdre de vue le côté de vulgarisation que doit avoir la publication, et qu'a su ménager avec beaucoup de tact leur rédacteur en chef,

M. Wilhelm Meyer dans son récent volume sur les origines de la terre et des choses terrestres (Die Entstehung der Erde und des Irdischen, un vol. in-8 de quatre cents pages, chez Hermann Paetel, à Berlin, et J. Peelman et C*% 189, boulevard Saint-Germain, à Paris). »

Aj'outons à cette nomenclature raisonnée l'annonce d'une nouvelle revue typographique : Technische Jahrbuchfûrden Buch-und Kunstdruck (Revue de la librairie et de l'imprimerie), publiée et imprimée à Salzbourg, Autriche, sous la direction de M. Anton Halanska.

Angleterre. — La Société des anciens textes anglais (Early English Text Society) vient de mettre en distribution, parmi ses membres, la première partie du Canterhury Psalter^ édité par Mr. F. Horsley, d'après le manuscrit unique conservékTrinity Collège, Cambridge(circa n5o), et la quatrième partie du Bruce de Barton, édité par Mr. Skeat.

— La maison Macmillan et C*% de Londres, a publié, pendant le mois de février : Natural /«heritance^ par Francis Galton, Neighbours on the Greerty nouveau roman en trois volumes de Mrs. Oliphant, un choix d'études lues à la « Wordsworth Society » par Mr. William Knight et réunies sous le titre de Wordsworthiana, the Critical Period in American History (iy83'iy8g)y par John Fiske, et le premier volume de la série que nous avons annoncée : English Men of Action, Ce volume est consacré, comme on le sait, au général Gordon, et dû au colonel sir William Butler. Il a été suivi de Henry the Fifth^ par le révérend A. J. Church; en mai paraîtra Lord Laurence^ par sir Richard Temple, et en juin Wellington^ par Mr. George Hooper.

— Mr. D. G. Ritchie, de Jésus Collège, Oxford, prépare un volume de lettres écrites par Mrs. Carlyle et dont la plupart sont inédites.

— Mr.G.F.Warner,duBritish Muséum, prépare, pour le Roxburghe Club, une édition des voyages de Mandeville. Il a récemment distribué /Ae Mroure of Mans Saluacione, édité par Mr. Alfred H. Huth, et qui est une traduction anglaise du XV" siècle du Spéculum Humanœ Salvationis. Le manuscrit de cette.traduction est unique.

— La Spenser Society annonce une nouvelle série dont le premier volume sera le Polyolbion

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

de Druyton, avec le titre gravé, le portrait du prince Henry, et trente et une cartes de comtes.

— On annonce un nouveau volume de vers par Mr. Algernon Swinburne, sous le titre de Poems and BalladSj Third Séries.

— Depuis le 20 mars, les éditeurs Cassel et C'« publient un nouveau journal hebdomadaire illustré, intitulé Worky et s'adressant aux ouvriers de tout ordre, aussi bien qu'aux amateurs et aux artistes.

— La Société anglaise pour Tétude des légendes et des mœurs des bohémiens {the Gtpsy Lore Society) commence la publication d'un journal où seront consignés les résultats des recherches de ses membres suc là sujet qui les intéresse en commun.

Ëtats-Unis. — Parmi les publications mises en vente par la maison Houghton, Mifflin et C", de Boston et de New-York, pendant le mois de mars, nous remarquons : les œuvres du philosophe et économiste Rowland G. Hazard, en quatre volumes; A Quaker Girl ofNantucket, roman plein de fraîcheur et de grâce, par Mary Catherine Lee, et les poésies d'Emma Lazarus.

— Le i*'-mars a paru à New-York (Sg, West Fourteenth Street) le premier numéro d'une publication nouvelle intitulée La Revue française. Elle a pour but de donner au public des Etats- Unis des œuvres choisies parmi les meilleures des écrivains français, avec des éclaircissements quand il en est besoin et des études sur la langue et la littérature françaises par des critiques et des professeurs compétents. La Revue française, sans être exclusive, s'attachera de préférence aux œuvres contemporaines.

FRANGE

Alfred de Musset inédit. — Un professeur de Marseille a envoyé aux Annales un sonnet de Musset qu'il déclare absolument inédit. Il en tenait la copie de M. Pons, Tavant-dernier secrétaire de Sarnte-Beuve. Le voici :

A George Sand*

Telle de VAngelus la cloche matinale Fait dans les carrefours hurler les chiens errants, Tel ton luth chaste et pur, trempé dans Teau lustrale, 0 George, a fait pousser de hideux aboiements.

Maisquand les vents sifflaient sur ta muse au front pâle, Ta n'as pas remué ses longs cheveux flottants : Tn savais que Phébé, Tétoile virginale Qui soulève les mers, fait baver les serpents.

Tu n^as pas répondu,, même par ua sourire, A ceux qui s'épuisaient en tourments inconnus Pour mettre un peu de fange autour de tes pieds nus.

Comme Desdëmona, tMnclinant sur ta lyre,

Quand Torage a passé, tu n*as pas écouté,

Et tes grahds yeux rêveurs ne s'en sont pas douté!

D'un autre côté, le correspondant du journal anglais the Bookseller appelle notre attention sur une lettre signée « Thomas Delta » et insérée dans YAthena^um du 9 mars, où Tauteur analyse succinctement un fragment dramatique de cent trente-quatre vers intitulé Derniers moments de François /•', et enfoui dans le Keepsake français de i83i. Les extraits qu'il en .donne sont trop courts pour être d'un grand intérêt, et nous paraissent de plus défigurés par quelques fautes de transcription. Si le' Keepsake français de i83i nous tombe jamais sous la main, nous vérifierons pour nos lecteurs la trouvaille de Thomas Delta.

— Un comité s*est décidément formé pour élever une statue au poète de Rolla et des Nuits, La souscription, ouverte par « la Jeunesse de France », se fait chez Lemcrre, et paraît en bonne voie de succès. Une maquette de statue est déjà laite. Elle est Tœuvre d'un artiste aussi épris des

lettres que de son art, et auquel nous souhaitons sincèrement de ne pas avoir à supporter la mSme décïpiion que pour le monument de Balzac. Nous avons nommé M. Marquet de Vassclot.

Une nouvelle Société littéraire. — Une Société ouverte aux hommes de lettres et aux artistes de la Brelagnt, du Poitou, de l'Anjou et du Maine, vient de se fonder à Paris, sous le titre de Société artistique et littéraire de l'Ouest.

Son but est essentiellement philanthropique; elle se propose d'affecter les fonds qu'elle recueillera à encourager ses compatriotes qui, débutant dans la carrière des lettres et des arts, ne trouvent pas dans le travail des moyens d'existence suffisants. Elle servira également à établir des relations confraternelles entre les artistes et les littérateurs originaires des quatre provinces susdésignées.

Les membres fondateurs ont définilivement eonstitui: leur bureau ainsi qu'il suit ;

Présideat : M. Olivier Merson, critique d'an.;

Vice-présidents : MM. Eugène Bonnemére, homme de lettres, et Lansyer, artiste peintre';

Secrétaire : M. René Huelte, publiciste;

Trésorier : M. F.-E. Adam, homme de lettres et, aioutons le, poète d'un vrai talent.

Un concours poétique en province, — L'Académie des Muses santones vient de publier le programme Je son concours poétique de 1889. Comme les années précédentes, l'Académie fera imprimer à ses frais le meilleur volume de vers qui lui sera présenté; l'auteur recevra gratuitement 35o exemplaires de son œuvre, et le prix offert par le Président de la République lui sera décerné. Ce prix consiste en une mainnifique pièce de la Manufacture nationale de Sèvres. Il y aura plusieurs autres prix.

Le programme complet du concours est adressé à toute personne qui en fait la demande à M. Victor Billaud, secrétaire de l'Académie, à Royan ( C h a r e n te- Inférieu re) ■

ÉTRAHaSR

Allemagne. — ta a Deutsche Rundschau ■ et le procès Geffcken. — Nos lecteurs ont sans doute conservé quelque souvenir de cette affaire soulevée par le gouvernement allemand à propos de la publication du journal de l'empereur Frédéric lli, affaire qui menaçait de prendre des proportions exagérées et qui vient de finir piteuse-

mant en queue de poisson. Après une ordonnance de non-lieu rendue au profit de M. Geffcken, qui avait livré le manuscrit à la Revue dirigée par M. Rodenberg, voici que la saisie opérée sur les numéros de ta Deutsche Rundschau contenant le journal incriminé est levée : tout est bien qui tinit bien.

Espagne. — Une Jéte littéraire à Barcelone. — Nous lisons dans l'Observateur français du 17 mars ;

I Une grande solennité littéraire a eu lieu à Barcelone le 16 février. 11 y avait cinquante ans qu'avait paru un recueil de belles poésies écrites dans une langOe que l'on croyait morte, en catalan. Ces poésies, sous le titre Lo Gayter del Uabregat, furent d'abord publiées dans le Diario de Barcelone, sans porter Je nom de leur auteur devenu célèbre depuis, Joaquin Rubio y Ors. Le succès de ces vers fut énorme.

B L'idiome habituel, l'idiome vulgaire dans lequel depuis si longtemps n'avait chanté aucun poète, servait tout h coup à exprimer dans un beau langage les pensées les plus élevées, les émotions les plus douces. Ce fut un événement plus grand encore que celui que produisit chei nous l'apparition de Mireille, où l'on voyait aussi un dialecte dédaigné redevenir une langue harmonieuse. Les années ont passé, mais l'œuvre de Rubio y Ors a conservé son prestige. C'est ce qu'a prouvé la glorieuse manifestation qui réunissait, dans la vaste salle du Congrès, une foute enthousiaste, heureuse de célébrer le cinquantième anniversaire de la renaissance littéraire de ta Catalogne. De nombreuses poésies, dont plusieurs étaient adressées à Rubio y Ors, d'éloquents discours se succédèrent aux applaudissements du public qui assistait à cette fête, et à la grande émotion de celui en l'honneur de qui elle avait lieu.

« Le livre qui, voilà un demi-siècle, produisit une si vive, si durable sensation, méritait bien de reparaître en une édition nouvelle : aussi vient-on de publier le premier volume d'une splendide réimpression du Gayter del Llobregat. Un seul tome eût été bien insuffisant, parce que les nombreux amis, les admirateurs que Rubio y Ors compte dans toute l'Europe, ont voulu s'associer aussi â la solennité commémorative de Barcelone en traduisant ses beaux vers dans leur langue. Le poète catalan a donc tour à tour été interprété par des poètes espagnols, français, provençaus, grecs, allemands, italiens, qui, de cette nouvelle édition, font réellement une édition polyglotte. 1

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A TRAVERS JOURNAUX ET PÉRIODIQUES

— Sous ce titre : Cotelle, Bedau, Bonnet, mi- »iaturisles du nvii' siècle, M. Jules Guiffrey donne à l'Art du 1" mars une belle et solide étude sur un manuscrit de la Bibliothèque nationale intitulé; Cartes des marches et mouvements et plans de tous les ports occupés par l'armée du Roy cornnaniie par Sa Majesté en personne pendant les campagnes des années 1 6^5, 1676, iSj-j eti6j8, contre les armées confédérées d'Espagne, deHollaadeet de Lunebourg f cet ouvrage forme 4 toloin« inscrits sous les n'>789i,789a,7893et7894 du fonds français (Réserve).

— Nous receYons le premier numéro d'une renie de petit format, la Chronique moderne {bimensuelle, 14 fr., 8, boulevard des Italiens), dirigée par MM. Gabriel Martinet Robert Bernier. Des vers inédits de Richepin , des critiques oonsciencieuses, quelques pages endiablées de Goudeau, une nouvelle de Léon Cladel, et beaucoup d'autres bonnes choses encore mettent du premier coup cette publication au rang de celles qu'il n'est pas permis d'ignorer.

— Le CoMmer rfe/'ilr(annoncecoiiime devant incessamment paraître à la Librairie de l'Art, ag, dté d'Aotin, les deilx premiers volumes d'une série intitulée Bibliothèque littéraire de la Famille, sous la direction de M.F.Lhomme, agrégé de l'Université et professeur au lycée Janson de SaiUy.

— Dans la Grande Revue{2i février) que dirige avec tant de goût littéraire et artistique M.Arsène Houssaye, M. Armand Silvestre continue de rédiger ses curieux souvenirs sur un café Carlistes, ei M. Octave de Parisis consacre quelques pages d'une fine psychologie à la Dépravation littéraire. CiioDs encore, au milieu de beaucoup d'articles remarquables à des titres divers le Théâtre en Ruisie : ses origines jusqu'à nos jours , par M. Pierre de Corvin (Nevsky).

— On lira avec plaisir et profit, dans /'/nifruction publique du 9 mars, une conférence de M. F. Brunetiére sur Racine et Andromaque. On y apprendra que si les romantiques ont dénigré Racine à l'envi, c'est qu'il était trop réaliste, trop naturaliste pour eux, et que si ses contemporains l'ont tant discuté et finalement l'ont dégoûté du théâtre, c'est que, dans ses recherches de la société et de la nature, il s'éloignait trop des conicéniques de son temps.

— M. Victor Waille exhume, dans \ARevue bleue du 2 mars, un poème inédit de Benjamin Constant, qui dormait ignoré dîns les archives de la a Société d'agriculture, sciences et arts ■, de Poligny. Ce manuscrit contient plus de quatre mille vers de différentes mesures, formant un poème qui, sous ie titre de : te Siège de Soissona, roman du vi* siècle, en vers libres, est un violent et curieux pamphlet contre Napoléon.

— La Revue de géographie, que dirige avec autorité M. Ludovic Drapeyron, publie, dans son numéro de mars, ie commencement d'une étude très intéressante sur le marchand -voyageur Tavernier 11670-1689). M. Ch.Joret, l'auteur de ce travail, a trouvé un manuscrit provenant de la bibliothèque de Lamoignon, qui renferme des fragments des sis voyages de Tavernier, avec des variantes nombreuses et importantes. Il a aussi euà sa disposition des documents inédits qui lui permettent de redresser plusieurs erreurs cou* rantes, et de déterminer le Heu de la mort et de la sépulture de ce célèbre voyageur.

— La Revue des langues vivantes, à laquelle le

professeur A. Wolfromm a su assurer le succès (Havre, 9, rue Casimir-Perier, un an: la fr.), publie, dans son numéro de mars, une remarquable étude sur Samuel Taylor Coleridge, par un des jeunes littérateurs français qui connaissent le mieux la littérature anglaise, M. Gabriel Sar-

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lo romaTque vulgaire la place littéraire que le j(roc pseudo-classique a, selon lui, usurpée.

(ai| Une critique élevée du roman psycholoffiquc récemment publié par M. Edouard Rod, le Sens de la vie. Ce morceau estdûkM.Andre Hullays.

— Écho de Paris (27 février) Une diatribre contre Alfred de Musset, par M. Edmond Lepel- Icticr, — qui est coutumier du fait, — à propos de k statue qu'on se prépare à lui élever.

— Il" mars). Un dith)Tambe de M. Henry l*aucr en l'honneur d'Alfred de Miismi el à propos de la même statue.

Ce iournal coniinuede publier rtnaiiqjemeni des nouvelles d'un haut rapjût '^rtir^i^ï, siences de M. TKcodore de BainiUe « Ji M. G-y de Maupâf.«ant.

— Lstifette .34 te^Tier . V:it .:i-r:ioq:jt on M- Franoisq;;* Sarcey :i:T -.^t £i t^£ i— ;:Minie et un peu xiniiçree de M. ^ ^~-' ~ d; K C.i.reàt, d^' To'.i^oî, d« homtnw ds .t j.^:.-fcr!:.r e: de Je«i-.ne d Arc,

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GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

Depuis le i8 mars, le Gil Blas publie chaque lundi une nouvelle comme sait en imaginer et en étrire notre ami et collaborateur Jean Richepin.

— Journal de la santé (17 mars). Un article du D' E. Monin, sur la Crampe des écrivains.

— La Loi (22 février). Une étude de M. Julien Bregeault intitulée : la Loi sur la presse devant le Sénat,

— Le Temps (26 février). Un article remarquable de M. Henry Michel sur le livre de M. Manouvrier : V Éducation de la bourgeoisie dans la République, L'ouvrage n'est déjà plus une nouveauté, mais les questions qu'il traite et les réformes qu'il suggère ne cesseront pas de longtemps d'avoir l'intérêt de l'actualité.

— Enfin le roman et la préface de M. Quesnay de Beaurepaire, alias Jules de Glouvet, alias Lucie Herpin, ont donné lieu à quantité d'articles divers de ton et d'opinion, parmi lesquels nous citons, un peu au hasard, ceux de M. Félicien Champsaur d^ns .l'Événement du 10 février; de M, Georges Montorgueil {le Faux nes^ de Lucie Herpin] dans le Paris du 1 3 ; de M. Henry Bauer, fulminant contre M. de Beaurepaire et contre l'Académie^ dans l'Écho de Farts du 18, et de M. Louis de Gramont {Idéalisme et Réalisme)^ dans l'Intransigeant à\i 5 mars; pour être émt dans un journal où la littérature cède le pas aux polémiques politiques les plus violentes, ce dernier article ne nous semble pas le moins raisotnnable, il s'en faut. !

ETRANGER

Allemagne. — Nous signalons aux bibliographes, dans le Centralblatt f'ùr Bibliothekswesen de mars (Leipzig, Otto Harrassowitz, éditeur), une liste des incunables imprimés à Cologne et con-; serves dans la bibliothèque grand-ducale dei Darmstadt, par le docteur R. Busch.

— Dans la revue de M. Paul Lindau Nord und sud (mars), M. H. Zschalig, de Dresde, consacre quelques pages aux femmes poètes de notre vieille littérature française, telles Marie de France, Christine de Pisan, Louise Labé, Catherine Desroches. Quelques lais ou élégies, dont le choix est heureux et la traduction fort bien réussie, ajoutent de l'agrément à son travail.

— A propos de la récente publication » à Berlin et à Londres, de Touvrage intitulé Reproductions

of original drawings by Rembrandt Harmens^ van Ryit, edited by F. Lippmann^ mth the assistance of W. Bode^ Sidney Calvin^ F. Seymour Haden and J. F. Heseltine, la revue artistique du professeur docteur Cari von LUtzow, Zeitschrift fur bildende Kunst (21 février) publie quelques pages de M. A. Bredius sur les dessins de Rembrandt {Die Hand^eichnungen Rembrandt), avec quelques reproductions bien choisies et bien venues.

Angleterre. — Nous lisons danç the Aca^ demy (23 février) : Le Livre pour février s'ouvre sur une proposition de M. Uzanne pour la fondation d'une Société de <f. Bibliophiles contemporains, » dont le but est de publier et de comparer des travaux et des recherches bibliographiques. Il y a toujours quelque difficulté à mettre en opération des sociétés internationales ; mais il n'existe pas de raison, à première vue, pour que celle-ci ne soit pas un succès. Deux autres articles viennent ensuite dans la première partie. L'un est une étude, avec un bon portrait, d'Eugène Renduel, l'éditeur des romantiques de la première heure, avec les notices de quelques livres imprimés

Suivant le rituel

De Renduel,

comme le chante un aimable barde. L'autre discute et cite une partie de la correspondance de Casanova avec le prince de Ligne. Nous avouons que l'attention accordée à M"* Seingalt par quelques personnes nous paraît un peu excessive; mais il en peut sembler autrement à d'autres.

— A noter dans the Art Magasine (Cassell) de février, outre la continuation des articles descriptifs de miss L. C. Higgin sur la pittoresque île d'Arran,avec dessins appropriés, la troisième partie de la revue des portraits de Dante Gabriel Rossetti, par son frère William M. Rossetti, avec \ un dessin de lui le représentant à l'âge de vingtdeux ans, et un fac-similé d'un très beau crayon iXris après sa mort par Frederick J, Shield. Le même journal publie depuis janvier, une étude sur le journalisme illustré en Angleterre, plein de renseignements curieux et de reproductions d'illustrations intéressantes par des dessinateurs du temps passé comme Leech et Rowlandson.

The Bookworm de mars insère quelques pages recommandables, bien que ne donnant rien de nouveau sur les Elzevirs et leurs bibliographes, si-

ssu

gnées Bookhunter. Nous signalons en outre une notice sur un éditeur célèbre à Londres au siècle dernier, John Newbery, et nous reproduisons ce quatrain macaronique que le Bookworm offre comme légende d'ex^libris :

Qui ce libre (sic) volera, Pro suis criminibus, Au gibet il dansera, Pedibus pendentibus.

. — Dans le numéro de mars de the Forlnightly Reviewy M"« Blaze de Bury, — dont Timprimeur estropie le nom à la fin de Tarticle en Blaye de .Bury, — donne une longue, diffuse et très extraordinaire étude sur ce qu'il lui plaît d'appeler ihe Décadence of French Thought^ « La Décadence de la pensée française. » Si M°*' Blaze de Bury connaissait la pensée française, qu^elle prend pour sujet de ses attaques et de ses reproches, elle n'aurait pas eu celle d'envoyer pareille élucubration à une Revue de Londres, car rien n'est moins français que cette pensée là.

— Mr. Garnet Smith consacre, dans the Gentleman! s Magapne de mars, quelques pages intéressantes et émues, mais quelque peu sentimentales et d'un ton légèrement suranné, à Gérard de Nerval. A lire aussi dans ce numéro une étude sur le Saint-Graal (the Holy Grail), par le révérend Henry Stuart Fayan, à propos du livre que nous avons annoncé de M. Alfred Nutt: Studies on the Legend of the Holy Grail^ with especial référence to the Hypothesis of Us Celtic origin.

sur la valeur de cette^ublicatîon (London, EUiot Stock ; un numéro : eight pence, 80 centimes).

— Un travail du professeur John Ferguson sur les frères Foulis et les origines de Timprimerie à Glasgow, un article de Mr. Richard Copley Christie où, sous le titre de^ Dynasty of LibrarianSy il passe en revue les Bignon qui, depuis Jérôme jusqu'à Jean-Frédéric (1642- 1783) eurent la garde de I4 librairie ou bibliothèque du roi de France, devenue notre bibliothèque nationale; la mise en lumière par Mr. E. Gordon Duff d'un imprimeur anglais du xv* siècle, inconnu jusqu'à ce jour et qui ne serait autrequeJ. Huvin, imprimeur à Rouen dès 1490; la suite des études signées Theophrastus junior sur les bibliothécaires, •celle-ci ayant pour sujet spécial the Theoretical Librarian, — sans compter d'autres articles moins importants ou d'un intérêt moins général, — constituent le numéro de mars du nouvel organe de « the Library Association of the United Kingdom », the Library, Il est inutile d'insister

— The Saturday Review (2 mars) compare curieusement les ventes d'art à l'hôtel Drouot avec celles qu'exécutent les auctioneers anglais, tels que les Christie, les Sotheby, les Puttick, etc. Il y a là des traits pris sur le vif et des informations dont tous ont besoin. La conclusion est que l'hôtel Drouot est un lieu merveilleux eu son genre, mais que les Anglais peuvent d'autant mieux se contenter de ce qu'ils ont qu'ils le payent moins cher.

Mr. William Roberts, dans Wit and Wisdom (9 mars), consacre une demi-colonne à la nouvelle société des Bibliophiles contemporains que fonde notre rédacteur en chef, M. Uzanne. Mr. William Roberts aime trop les livres pour n'être pas partisan du projet. Il pense seulement que les frais exigés des membres seront trop élevés, et il regrette que la Société ne soit pas ouverte à toutes les bonnes volontés et à toutes les bourses. Voilà qui « part d'un bon naturel i, comme dit La Fontaine, « mais, ajouteronsnous avec le fabuliste, quittez ce souci », ce n'est pas une société populaire que M. Uzanne désire créer.

A ce propos, nous lisons dans VÉcho de Paris:

« Notre confrère Octave Uzanne, qui préside depuis longtemps aux destinées de la revue le Livre^ vient de publier un projet de formation de Société d'amateurs de belles-lettres et de beaux livres qui fera parler d'elle dans le monde des curieux et des délicats.

« Cette Société prendra le nom de « Bibliophiles contemporains ».

« Les statuts et règlements projetés sont fort ingénieusement conçus et présentés, et toute l'aristocratie des lettres et des arts a déjà répondu à l'appel de M. Octave Uzanne.

« La réussite de la nouvelle Société est d'ores et déjà assurée, et comme le nombre des sociétaires ne pourra pas dépasser deux cents, il est probable que les places vacantes seront aussi enviées et aussi ambitionnées qu'un fauteuil à l'Institut».

États-Unis. — Le grand journal de New York consacré à l'art du livre, the American Bookmaker^ a publié, dans son numéro de février, tout un supplément rendant compte des cérémonies, têtes et réjouissances auxquelles a donné lieu le

'^bfr"T •^•— ^

AZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

cent quaire-vingt- troisième anniversaire de la naissance de Franklin (17 janvier). Les typos d'Amérique, les Typaitieitr, comme ils s'inliiulent savamment, s'y sont montrés d'enthousiastes et dignes descendants de leur grand an-

— Le Hurper's Magasine de mars fait l'honneur de son numéro h l'Institut de France. Mr. Théodore Child a écrit sur ce sujet une étude assez complète et propre à dissiper chez nos voisins de l'autre coté de l'Atlantique un certain nombre de préjugés et de misconceptions. L'article est illustré de nombreux dessins, à la fois réalistes et humoristiques, dus à M. Alexis Lemaisire et gravés par MM. Deis, Hellawell, Lewis, Heard, Varley, Lindsay, Wolf et Tinkey.

nous apprend que Montesquieu en France, de même qu'Adam Smith en Angleterre, n'appartient pas h. la classe des écrivains, mais plutôt à celle des philosophes ou des hommes d'État. Ce qu'il y a de plus eïtraordinaire dans de telles bévues, c'est qu'elles sont gratuites. Qui s'est jamais avisé de demander à the Ncttion, de New York, son opinion sur Montesquieu ?

— Le nouveau périodique publié à Philadelphie sous le titre de FoeC-Lorn consacre, dans ses deux premiers numéros, une étude bibliographique à la polémique récente entre les tenants de Bacon et ceux de Shakespeare {Récent Bjcon-Skakespeare Literature, par W. H. Wyman). On ne saurait dire si cette liste raisonnée est complète; mais elle est, au moins, copieuse, et doit être consultée par tous ceux qui veulent étudier de pri's cette étrange querelle littéraire.

^d;â^«yS'-^i^;

rocROLoeifl

FRANCE

M. Jules Allnrd, père d'un jeune écrivain distingué, M. Léon Allard, e\ de H"» Alphonse DauJei,

M. Allard, qui avait oi:i:upé une grande situation

M"* Aliard, plusieurs eiudes lillcralres, nolainniEnl un volume de poésies imiiulé ; lex M,jrges de la rie.

^"Ht*- —

— M. Anquez, inspecteur général de l'Université, chevalier de la Légion d'honneur, vient de mourir à rage de soixante-huit ans (tin février).

M. Anquei avait, pendant de longues années, clé professeur d'histoire au lycée Saint-Louis.

Nous apprenons la mon (lévrier) de M. Ludovic Carrau, professeur adjoint de philosophie et directeur d'études à la Fucuite des leitres de Paris. Quoique jeune encore, M. Carrau s'était fait connaître par des iravaui: dislingues sur la Morale utilitaire e.t sur la Philosophie anglaise. Plusieurs fois lauréat de l'Institut, i! avait posé, l'an dernier, sa candidature

1 plac

itiques

l^arrai ses principaux travaux nous citerons ;

Exposition critique de la doctrine des passions dans Descartes, .Malebranclie et SpinO:{a, 1870;

Lu Morale utililaire, exposition et critique des doctrines qui fondent la muralu sur Vidée du bonheur, 1 Hyi (ouvrage couronne par l'Académie française et l'Académie des sciences morales et politiques);

Elude sur la théorie de l'évolution au point de vue psychologique, religieux et moral, iMjij;

La Conscience psychologique et morale dans l'individu et dans l'histoire. 18H8;

Les Preuves de l'immorlalité de l'âme dans le PhéJon, 188a ;

La Philosophie religieuse en Angleterre depuis Locke jusqu'à nos jours, i883; De l'Education, précis de morale pratique, iSSy;

Il avait traduit les deux ouvrages de Flini sur la philosophie de l'histoire en France et en Allemagne.

Il avait donné des études remarquées à la Revue des Deu.\- Mondes, k la Renne phihsofliique, i la

; bleue, et des édiiluns classiques de plusieun es d'Aristote, de Platon, de Sénèque et de Du-

ce la mort d'un detsialleur de !■• telli, qui avait collabora i pluiieurt

— Un annonce la mort, à l'Âge da quBranle-dïux ans, de M. Aimé Dollfus, de Mulhouse, qui, après avoir longtemps été secrétaire d'Emile de Girsrdia, a publié plusieurs romans à succès, noummenl le Vieu.x- Roi (mars).

— un—

— .Nous apprenons la mort de M. Je«o-Baptiitï Gaume, doyen des éditeurs fiançais cl un des der> niiirs médaille:!^ de Sainte-Hélène, qui a succombée Paris, à l'âge de quatre-vingt-dix-sept ans (lo mais.)

M. Gaume avait fait les campagnes d'Alletnagne et

la bataille de Leipzig. 11 était le frère de M«'Gsume,

M. Lerambert, inspecteur ge'nérai honorairede 'ersite, maître de conférences d'anglais i l'École aie, professeur à l'École des pom» et chaussée»

l'Kcole du génie maritime, examinateur d'id> -Jii à l'École navale, est mort à l'âge de soixiole-

— M. le D', lent du conseil

oine-Leon Legoueat, ancien présisanté des années, membre ettomédecine, commitivient de mourir 1

cien président de l'Acadei deur de la Légion d'hoi Pans (mars).

M. Legouesl, né à Mciz en 1820, laisse un grand nonsbre d'ouvrages spéciaux très estimés, noiiinment le Scniice de santé des armées américaines pendant la guerre des Élata-Unis.

— Nous apprenons la mon, à l'ige de quatrevingt-dix ans, de M. Emile Loubens, doyen des chefs d'institution du département de la Seine, chevalier Je la Légion d'honneur, et olBcier de l'ioslruetion publique (marsV

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

M, Loubens, qui avait dirigé pendant plus de quataote ans une des principales insiilutions de Paris, était l'auteur de plusieurs ouvrages ■cignement.

rt lie M. Charles Martîns, [en professeur au Collèf^e

On

membre de l'Ins

de France. M. Mi

jardin botanique de Montpellier, lit avec M. Bravei la

Jameuie ascension du mont Blanc (mars).

^ M, Gustave Naquet, ancien rédacteur en chef iaPetipte, de Marseille, et, en dernier lieu, du Petit Dauphinois, de Grenoble, vient de mourir à Marinlle.

M. Naquet avait été en 1848, attaché au secrétariat du gouverne me ni provisoire et exilé en 1849. De relour en France, après l'amnistie, il combattît le régime impérial dans différents journaux. Le 7 janïier 1871 il fui nommé préfet de U Corse; mais il neresla qu'un mois à ce poste. Rentré dans le jour- Pïlitmc, il fonda successivement \e Peuple k tAaritiUe, \ a Tribune à Bordeaux, et collabora, i partir de [S77, au Ralliement et à divers journaux de pro-

— M. P.-V. Nice, conseiller général du canton de Craonne, adminislraieur-gérani du Courrier de FAisne, est mort à Pommiers {[5 février).

C'êraii un agriculteur distingué.

■^ M, Jules Ozenne, qui fui longtemps général du ministère du commerce, puis pendant quelques semaines, après 1b chute du cabinet du Scize-Mai, est mort â Torcy (Seine^t-Marne), i l'âge de soixante-diï-neuf ana(2 mars).

Il avait été promu au grade de grand officier de la Légion d'honneur en 1873, pour ses travaux sur les traiicE de commerce et les négociations à l'étranger dont il avait été chargé par M, Thiers.

^ M. Gabriel Salvador, colonel d'artillerie en re- Iniie, commandeur delà Légion d'honneur, est décédé à Paris, le 31 février, à l'âge de soixante-dix

Gabriel Salvador fut a la fois un officier de mérite c distingué. Auteur de travaux techniques

csttinés s

e pri-

I le grade de général de brigade allait récompenser ses brillants services et se relira dans sa terre de la Commanderie, près de Ballan (indre-et-Loire), où il se consacra désormais aux lettres et à l'agriculture. Il publia un ouvrage étendu Et remarquable sur la vie et les œuvr-îs de son oncle, Joseph Salvador, auteur de Paris, Rome et Jérusalem. ■ mi- ■^ M. Edmond Scherer, sénateur,e»t mort à l'âge de ioiiante-quatorze ani, (.5 mars).

logiques et lilté Klèvedela fai professeur de théologii orthodoxie

Cette e'poque de

lume de Mélanges. La théologie l'absorbait e

quand il rédigea avec M. Colani la Revue de Stras-

Puis, quittani les universités et les chapelles, il entra dans !a vie parisienne, et l'intraitable ralviniate, en face de ce heurt d'idées et de passions, se prononça dcfinitivement pourle libre examen, et con-

Lvre considérable; se ires lui survivront.

Itë protestante do Strasbourg, puis !, il débuta par une iste dont la rigidité jeta quelque

iribua à entraîner l'Eglise

protestante dans les voies

ns de ses pasteurs se sont

hardiment enBagés.

C'est atorsque M. Scher

er participa avecM.NefTizer

à la fondation du Temps.

Politique intérieure et e

léricure, critique littéraire.

il aborda tous les sujets

vec une abondance ei une

érudition dont la grâce H u

ide de son style tempérait

parfois l'austérité.

En 1871, les électeurs d

Seine-et-Oiae l'envoyèrent

à rAssemblee nationale, où il nt partie du centre gRuche. Les Lettres de Versailles, qu'il adressa au Temps, sont des plus remarquables. Elles valaient les plus éloquents discours, que la faiblesse de.sqn organe lui interdisait d'apporter à la tribune.

Elu sénateur inamovible, M. Scherer demeura fidèle à ses doctrineslibéraleset modérées. Mais il consacra !n meilleure pan de son talent aux lettres et à la philosophie.

- On a

■s) du Cl

litaine de frégate Louis du Temple, qui servit à l'armée delà Loire comme général de brigade. H a publié plusieurs ouvrages techniques estimés. C'était le frère du fougueux députe royaliste de l'Assemblée de 1871, et on l'a souvent confondu avec lui, bien qu'il professai des opinions politiques diamétralement opposées.

On annonce la mort (mars) de M. Vast, le romancier dont la collaboration avec M.Ricouard, mort

pulaire. Il était né en tSbo. Les principaux romans dua-â sa collaboration avec M. Ricouard, sont: la Vieille Garde, le Tripot, la Jeune Garde, le Général etc. Au théâtre, il avait donné, toujours avec M. Ricouard : la Croix de l'alcade, le Parisien, lus Cerises, la Rue Bouleau, etc. M. Vast était, depuis prés d'un an, à laVille-Évrard.

-^ Nous apprenons du r.aire la mort d'un Français qui remplissait en Egypte une fonction importante, S. Eic. Victor Vidal-Pacha, chevalier de la Légion d'honneur. 11 était directeur de l'École de droit du Caire.

Il est décédé à l'âge Je cinquante-six ans (février).

AUemeigiie. ~— Nous avons appris la mort du D' von HoItzendorfT, professeur de droit, en réputa-

De Cassel,(n

e la roort deM.F.

l'AcBdémie de peinture de cette lire et critique d'art fort appré-

Muller, dir ïiHe, peinii

[,e professeur Muller était âgé de quatre-vingt-sept

Angleterre-

professeur de c

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