Livre
SOMMAIRE GÉNÉRAL
Critique littéraire du moia. — Romans. - Mélangea littéraires. - Poésies. - Histoire. - Beaui- Arta. - Géographie. - Bibliographie. - Mélangea. - Gaiette bibliographique. - Causerie. — Documenta bibliographiques, etc.
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SOD taknr, que dans li^ heiiii rtcii^-il :ip|n.'IJ /./ ' i"iiari]U:ililus ;l di.-s piiiiils de vul' divi.Ts, toutes
Main ^.luche. Le Mikimu. un i.-(ll-t, dcl^M^j p.ir >li\ iciMnt i'\vilki- m nous, au plus profond do
uneiiouvaieanib^.-dcprcsd^-cenip,,j^cs,vn/.-i,m./, ! r'"nv, i.n JJio pr,ilo,ij;J. l'armi cHl-s nous cite-
Hui restera l^ type k plu.s c^aa du la lilii! du | um'. llaiiM yùrc cl fils, d'une );r;nuiiose -simpli-
bêsi^rt, telle que l'a vue l'auK^iir, ulle k.\\[\\ l'.i --ile, wn:.- puiss;iiUi.' enian.iiioii de lie mm ^-om-
Saisie dans sn chair, Jims son .uiiin.ilite, d^Jiis l'IiLpiee; Bnitcile. l'Ordonihince. lo L.ipin : puis
Sïsfauvcs et brutales nmoiirs. I.j maniera diuil ' ^''■■^ -inaly^L-. leniiniius. l'ii soir, Us Kpiiifilt's.
Allouma arrive ^licz k- colon et devient s,i mai- i lliilum.r. te Ki'iiJcj-iviis. Mais, parmi ces di\, l,i
irwse, l'histoire Je se.s fuites et de ses retours ' pli-i-s remuante, celle tppi secoue le |■-lll:^ faniuelie-
avccsiisiCtements en laniheaiit, le drajue simple | it's'U le lecteur, c'est /,■ /-',i,'t; il est impusMi.Je de
«le son suprême départ avec un berj;er Je sa race, !■> ^i'c -.ans une J^iiniion lerril-le. .ucc ieiliu;
sont condenses avec un art inimitable ilans ce ' ^le l'inceste au l'ond du ereur, fécitnel, précis, suvoureus. q\ii lais-^e a res|>rit.
presque aux narine^ l'arôme subtil et i n ■[ ■ t I ^^^^"^^ "^^ '^ Seyne, par .M.mI(Ii;i .biLiAssi-i,
'ii la fille arabe,
sables. " I l->^'^' - ''ri^ - -' '"
Si Allouma sJduit par >.-,n cwtisiue, eu .uOnie | M. .Maurice ,lou.
temps que par sa pénétration du caractère l'e'mi- elei;,ini et uu delîcat
•V. V-Ti •. , •
velopper, sous sa plume distinguée, cette intéressante étude de femme qu'il intitule simplement Madame de la Sejrne, et dont la psychologie est fouillée avec le double raffinement d'un lettré, d'un penseur. Le caractère de l'héroïne, très spécial, attache immédiatement ; il faut absolument prendre parti pour elle ou contre elle, et même si ses idées particulières sur l'amour, sur le mariage, ne cadrent pas avec nos idées d'hommes, nous sommes cependant singulièrement attirés par sa beauté, par sa forme sensuelle, par ce bel éclat de fleur luxuriante , destinée fatalement à être cueillie par un amant. Nous étudions avec curiosité ses luttes, ses résistances contre sa propre chair ; mais il entre dans notre curiosité quelque chose de l'espoir féroce de ce fameux Anglais suivant un dompteur avec acharnement, partout où il allfrit, pour le voir dévoré par son lion. La chute désirée de Valentine de la Seyne nous satisfait dans notre bestialité de mâles.
C'est du reste la splendide Valentine qui domine le livre, l'emplit de sa séduction, de son irrésistible chair, effaçant autour d'elle tous les autres comparses, artistement peints par l'écrivain. Son curé de campagne est une belle figure qui contraste heureusement avec le colonel Astier, un amusant type de grognard, le papa Thuille, le soudard Teranneau, d'autres encore, joliment dessinés en silhouettes d'un relief très net. Ce serait dans la peinture des personnages, ou plutôt des caractères de l'amoureux, Antoine Mirai, et de Camille Astier que nous trouverions quelques critiques à formuler; peut-être, à notre sens, y a-t-il un peu d'exagération, de trop noirci dans leurs défauts, la faiblesse de l'homme, l'aigreur continue de la femme ; mais ce sont là matières discutables, des endroits sans doute volontairement soulignés par le romancier pour mieux accentuer ses effets, ^donner plus de ressort au drame, et nous ne saurions le lui reprocher. Certainement Madame de la Seyne est la meilleure oeuvre de Maurice Jouannin; écrite en un joli style, avec une sincère préoccupation de littérature et de psychologie, elle a droit au succès et elle l'obtiendra.
Un Caractère, par Léon Hennique. Paris, Tresse et Stock, 1889, un vol. in- 18 jésus. — Prix : 3 fr. 5o.
Livre étrange, quelque peu troublant, le nouveau roman de Léon Hennique : un Caractère apporte dans la littérature coniemporame une notation particulière, et mêle au récit détaillé d'une existence humaine les phénomènes curieux du spiritisme. C'est une œuvre d'art, d'un art
raffiné, subtil, ciselée jusqu'à l'outrance, autant en raison de sa forme, de l'âpre travail de son style, que par le fouillé des caractères, que par l'exactitude des reconstitutions historiques. Il y a là, dans le mélange hardi de l'évocation du passé avec l'évocation de ce qui sera peut-être l'avenir, la révélation du monde invisible, une recherche d'art peu ordinaire, bien faite pour intéresser les lettrés, émouvoir les penseurs, attirer enfin l'attention sur une œuvre consciencieuse, profondément burinée et marchant sans écarts, sans faiblesses, dans le même sens, de la première à la dernière ligne.
Plus d'un grand écrivain a été séduit ou impressionné par l'invisible, par le surnaturel ; Balzac trahit cette inquiétude dans Louis Lambert^ plus vivement encore dans l'étude intitulée Seraphita; Théophile Gautier la révèle dans Spirite, Avatar, le Chevalier double, A cette époque, Swedenborg attirait les esprits cultivés; de nos jours le spiritisme a la même influence, et c*est sous l'envoûtement progressif de cette idée que Léon Hennique a écrit un Caractère^ livre de pur lettré, de curieux chercheur de choses neuves. Nous n'entrerons pas dans l'analyse de ce roman plein de talent, d'un attrait tout à fait bizarre; nous pouvons pourtant, en dehors des idées spirites, signaler l'émouvant passage où le marquis Agénor de Cluzes voit sa petite-fille Laure et croit retrouver en elle Thérèse, la femme qu'il a perdue, et dont Vesprit le hante; toute la partie du livre consacrée à la vie de la fillette chez son grand-père est adorable et d'une vibrante hun^anité. A côté de la partie romanesque, des intéressantes recherches d'histoire, d'archéologie, l'écrivain a fait œuvre de philosophe ; son livre séduira par son amalgame de mystère et de réalité.
A la Côte, par Franz Jourdain. Paris, Librairie moderne, 1889. Un vol. in- 18 jésus. — Prix : 3 fr. 5o.
Voilà certes un livre qui n'est pas banal et qui se lance dans la mêlée littéraire avec une certaine allure crâne et dégagée faisant plaisir à voir, à constater. Il s'en dégage un courant d'électricité irrésistible, à secouer les plus rétifs et les plus blasés, à communiquer aux plus inertes ce frisson de vie dont il déborde et qui bouillonne dans ces pages chaudes, vibrantes. Parfois paradoxal, mais paradoxal dans le bon sens du mot, dans sa signification conquérante de marche en avant, de progrès, de guerre aux abus, aux préjugés, aux chaînes lourdes de la société, il est, avant tout, plein de mouvement et de vraie humanité» Dans A la Côte y comme dans ses précéAlents
CRITIQUE (.lTTF:ilamE DU MOIS
onïniges, l'auleor, Frantz Jourdain, nous prou i quel degré il possède ce don, l'émotion
famille, les joie màe-, il adore pas seulement e mais suri OUI i;n
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même temps que le nôtre, que les frissons dont il nous emplit, il les subit luî~même, en sensiiîf, en nerveux, en convaincu passionné. Les histoires qu'il nous raconte ne sont pas des créations imaginaires, des arrangements ; ce sont des choses vues, senties, souffertes, et il est impossible de je iromptr, à l'accent de vérité, au cri de deiresse ou de plaisir qui jaillit, ardent, bouleversant, de chacune de ces études de vie si Spre, si profonde. C'est un attendri sincère qui prend un douloureux plaisir à ramasser les misérables, les humbles, comme on ramasse des fleurs demiianêes, écrasées par un pied brutal ou indifférent ; il panse leurs plaies, met à nu les blessures de leur âme et les baigne doucement d'une Larme, les enveloppe d'un mot de tendresse, d'une page pénétrante et calmante.
La plus importante des nouvelles, presque un petit roman, A la Côte, ouvre le volume et le baptise; c'est une aventure tragique, terrible, dont on ne garde cependant, grâce au talent de l'écrirain, qu'une sensation de mélancolie douce ; nous lui laisserons tout son charme, toute sa fleur, en ne la détaillant pas. Mais tant de choses fioni a citer dans ce livre exquis, qu'il devient iliiHcile de faire un choix, de signaler au lecteur /m Trois robes blanches, d'une note si parfaite, plutôt que la brillante satire lesBoltes, le curieux reei: du siège le Pâté d'éléphant, ou ces pages bruissantes de précieux souvenirs sur Concourt, R-tgnaait, Alphonse Daudet, Marcel Deprej, sans compter l'étude absolument de premier ordre,- Ouvriers du bâtiment, qui termine le recueil. C'est là un beau livre, un bon livre, batailleur, surtout vivant, qi tait laisser passer sans le feuilleter longuement « sans en goûter le charme intense.
;VAL. Paris, Victor -18 Jésus. — Prix :
La Fiancée, par Ponson-Ge Havard, 1889. Un volumeir
L'auteur du roman une Divorcée, œuvre qui ne manquait pas de certaines qualités de couleur " d'émotion, vient de publier sous ce titre : la Fiancée, un livre qui ne nous paraît tenir aucune des promesses faites par le précédent volume. Lobsetïation, le style et jusqu'à la fiibul.ition.
tout est d'une banalité, d'une faiblesse que l'on ne peut s'empêcher de constater et de regretter ; nous croyons que ce nouveau roman est une erreur de l'auteur et qu'il s'empressera de la réparer par quelque livre mieux écrit, mïeuï étudié et mieux pensé, sinon nous n'aurions même p;is parlé de la Fiancée.
Justice, par Hector Mae.ot, Puris, G. Charpentier et C", 1.S81). Un vol. in-18 Jésus. — PHn :
Justice n'est pas purement un roman, nême temps une étude philosophique e e, très heuri;usement conduite, fouillée
table dar
oindres dé-
tails. Sa grande originahté, ce qui lui donne une physionomie spéciale parmi les e'tuUes du même ordre qui peuvent avoir été faîtes, c'est d'être arrivé, avec une implacable logiquL' "des faits et des choses, à faire condamner et punir le criminel pour un crime dont il est innoct-nt, c'est d'avoir trouve ce raffinement épouvantable dans le châiimeni, une juste punition dans une injustice. Tous ceux qui se sont indignés, dans Cott' science, de 1 impunité du coupable et ont plaint l'innocent, condamné à sa place, trouveront dans Justice une réelle satisfaction, en voyant le criminel, soumis l1 la même torture, avec d'épouvantables complications, se débattre vainement au milieu de l'enlacement terrible des preuves. Il y a comme une véritable justice ù le sentir dans la même position que sa victime, ne pouvant rien établir de solide pour sa défense, tout lui faisant successivement défaut, même les arguments sur lesquels il était tout à fait en droit de compter. C'est avec un intérêt palpitant que l'on suit les détails de ce drame, qui murche droit au but, d'une foudroyante rupidité, sans jamais dévier deson chemin, accumulant peu à poules mille choses infinies qui, réunies, finiront par écraser le docteur Saniel et le jeter impitoyablement à la mort. Autrefois, après avoir assassiné l'homme d'affaires Catiîé pour lui voler 35, 000 francs, et M*"' Dammanville pour faire disparaître l'unique témoin de son crime, le docteur Saoiel avait laissé condamner à sa place l'innocent Florentin Cormier et avait pu croire étouffer à jamais le remords, rire de la conscience; aujourd'hui, dénoncé par Florentin, écrasé par les apparences, il est condamné à mort, comme ayant empoisonné, pour hériter d'eux, ses deux beaux-lils, qui, réellement, sont morts de mort naturelle: c'est la/'ustice qui accomplit son œuvre de réparation. Ily a là un drame Jos plus saisissants, assurant le succès de ce nouveau et curieux roman d'Hector Malot.
OuviER Marthihi. Paris, Victor , Va vol. in-i8 jésus. — Prix :
Œuvre d'un débucant dans les lettres, ta Gosse est une étude des bas-fonds sociaux d'un poignant t-t i-trange intérêt. On ne peut se défendre d'une sorte de pitié attendrie en lisant ces pages, où s'étale la vie d'un malheureux être, plus réellement voué à une implacable fatalité qu'au vice proprement dit. Même dans les instants où il est le plus coupable, même quand il tombe en pleine fange, même quand il arrive a"u crime, l'horreur qu'on éprouve pour lui est plus émue que celle qui vous frappe d'habitude en présence d'un criminel de profession. L'écrivain a fait là ccuvre de philosophe, car son roman fait penser; il dépeint la plaie de telle sorte qu'on songe constamment aux moyens de la guérir; il remue violemment en nous les idées de justice et les problèmes sociaux. C'est un livre h lire et à
Le Calvaire d'une femme, par LauKent DoHi tx. Paris, Victor Havard, 1889. Un vol.
in-iS iesus. — Prix r 3 fr. 5o.
Il y a une action, un mouvement assez intéressants dans le livre de M. Laurent Doillet, et si le soin tîu style répondait à l'imagination émouvante du sujet, ce serait assurément une œuvre qui séduirait que le Calvaire d'une femme. Malheureusement ce n'est pas écrit. La situation est dramatique, on ne peut manquer d'être touché piir la situation de cette malheureuse femme qui, violée par un misérable, est obligée de cacher sa faute et de ne pas avouer sa maternité, même à son fils, cet enfant qu'elle adore en secret, qu'elle entoure de soins, et pour lequel elle se résout à ne sembler être qu'une parente. Nous ne raconterons pas les péripéties de ce drame, qui ^e sauve seulement par ces péripéties, trouvant le moyen d'être attachant sans avoir aucune forme littéraire, aucun souffle d'art, aucune qualité de langue.
Quelques fous, par Harry Alis. Paris, Alphoiiio Lemerre, 1889. Un vol. in-18 jésus. —
Les siï curieuses études qu'Harry Alîs intitule Quelques fous tiennent à ta fois de la satire par le froid. le pénétrant mordant de leur raillerie, de la philosophie par la profondeur des pensées, et du roman par le vif ragoût littéraire qui les enveloppe. D'une sincère et réaliste hu-
manité dans la peinture des caractères, des petits événements de la vie courante, elles atteignent cependant à l'émotion communicative dans certaines parties, où le cri de douleur du malheureux, la souffrance intense de l'humble et du deshérité, se dégagent vibrants, brisant l'espèce de vernis sceptique et pessimiste dont l'auteur s'est plu à les glacer en son ironie d'analyste. Il y a aussi dans Terre et Mer, entre autres, quelques unes des plus belles marines, des plus exactes observations de la mer bretonne, que nous connaissions ; çà et là des coins d'appartement, des croquis de bureaux, trahissent le talent descriptif de l'écrivain.
Chacune des longues nouvelles de ce très intéressant volume se présente avec une physionomie différente, quelque chose de séduisant et de mystérieux qui fixe l'attention, irrite la pensée et fait du lecteur sa proie assurée. Nous croyons devoir signaler d'une manière toute particulière, non seulement aux vrais amis des lettres, mais à tous ceux qui lisent pour s'amuser ou s'instruire, ce livre plein de sagesse, de joyeuse humeur, de hautes qualités d'art, et que l'écrivain appelle humoristiquement Quelques fous, par antithèse sans doute, car son volume déborde de vérité ei de bon sens.
Enfants et Uères, par M~< Alphonse Daudet. Paris, A. Lemerre, 1889, Un vol. in-18 Jésus.— Prix : 3 fr. 5o.
Rien d'exquis, de distingué et de profondément ému comme les délicates études que M°" Alphonse Daudet vient de réunir en volume sous ce titre Enfants et Mères; c'est Tceuvre d'art dans le sens le plus absolu du moi, dans sa fine préciosité de miniature savamment peinte sur quelque luisante feuille d'ivoire, dans son charme d'aquarelle aux nuances tendres et fondues, dans sa poudre tendre de pastel aux contours douteux, aux éclats discrets faisant réfugier toute la vie au fond d'une prunelle ou sur le carmin des lèvres. C'est ainsi que M"* Alphonse Daudet a su fixer, en quelques endroits, par une observation puisée dans son cœur, par une phrase, par un mot, l'âme voltigeante de l'enfanl, l'amour sans bornes de la mère. Jour par jour, heure par heure, elle a suivi le petit, depuis sa naissance, à l'heure où on lui souhaite la birnvenue, où l'on surveille ses premiers pas, où se fait peu à peu l'éclosion de son petit être intelligent, pour l'accornpagner ensuite dans ses progrés, ceux de l'instruction complétant ceux de l'instinct, ceux de la nature, ceux de l'éducation ; cl, toujours, on devine au-dessus du nouveiiu-i^e
CRITIQUE LITTERAIRE DU
ircbuchant, balbutiant, riant ou pleurant, l'ombre maiernelle attentive, continuant de couver de son immense passion, lie sa sollicitude infatigable, celui qui, plus tard, ne saura jamais assez la remercier, jamais la récompenser suffisamment de lani de soucis, d'enveloppements d'amour, d'an-
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souvenirs d'enfance, de jolis détails de vie de Ëlleite complètent ce de'licieux volume, où l'âme d'une femme s'est ouverte ave profonde, avec des mots d'une dresse, avec un art, qui n'est que le cri persuasif Je h vérité servi par un beau talent et un style raffiné. Livre des mères, livre des jeunes tilles, ce sera aussi le livre des hommes, le livre de tous ceux qui voudront de nouveau savourer ce grand amour des mères pour leurs enfants et retrouver le tendre écho de leur enfance. g. t.
HeBdemoiaelles de Barberic, par le marquis de Castellane. Un vol. grand in-i8 jésus. Paris, Librairie moderne, maison Quant in, -, rue Saint-Benoît. — Prix : 3 fr. 5o.
Ce nouveau roman de M. le marquis de Castellane çst une étude critique très fouillée de la vie des jeunes Parisiennes, Le couvent, le monde, le premier amour, les premiers déboires. Tout le problème de la vie moderne est abordé dans ce volume avec une grande sûreté de louche et une parfaite connaissance des milieux étudiés. Mais ce qui est surtout affirmé et mis en lumière, c'est l'injustice des jugements du monde, et du grand monde en particulier.
Myrrtw-Maria, par Oscar Méténier. Paris, Tresse et Stock. Un vol. in-i8. ~ Prix : 3 fr. 5o.
L'œuvre de M. Oscar Méténier appartient au genre du roman historique. Nous sommes au temps de Pierre le Grand et de Charles XII, et une des difficultés qu'a dû tout d'abord renconirer l'auteur a été de Tutter d'intérêt avec l'hisloire que Voltaire a écrite du héros suédois et qniatout l'attrait d'un roman. Il s'en est fort bien lire. Sa Myrrha-Maria, fille de ce célèbre Paikul, si atrocement mis à mort par le roi de
Suède, poursuit la vengeance de son père, et cette vengeance explique à la fois le désastre de la campagne entreprise par Charles XII contre le czar, et sa mort violente devant la forteresse de yrederickshall. Toute cette trame dramatique est fort ingénieusement ourdie. Mais ce qui dislingue particulièrement le livre de M. Méténier ce sont des descriptions très exactes, très réussies, des mœurs et des pays au milieu desquels il a placé les épisodes divers de son roman. Saxe, Bohème, Russie, Ukraine, Suède. Avec de tels changements de scènes, la monotonie n'était certes pas à craindre, mais peut-être un peu de confusion. Cet écuâil a été adroitement évité. En somme, une lecture fort agréable et souvent e'mouvante.
Dana le mariage, par Jack Linné. Un vol. in-i8 Jésus. Paris, 1889. Alphonse Lemerre, éditeur. — Prix : 3 fr. 5o,
M™» de Varès a été mariée sans que l'amour fût de la partie; son mari ne satisfait pas ses tendances sentimentales; naturellement un amant
les mérites qu'elle
le mari. Un beau
r. Scène, larmes,
cachait a
se rencontre qui p n'a pas encore reconnus <lar jour le mari soupçonne 1' brouille, séparation. Et i M""* de Varès s'aperçoit qut fond de son noble cœur toutes les qualités qu'dle lui reprochait de ne pas avoir. De sorte qu'elle refuse de divorcer pour épouser son amant. Lequel des deux aime-t-eile le mieux, maintenant qu'elle n'a ni l'un ni l'autre ? L'auteur eut pu faire cette curieuse étude ; il a préféré s'en tenir à l'histoire, d'ailleurs ^intéressante, de l'adultère bourgeoise. En somme, c'est une œuvre dont le mérite est réel. fr..
DERNIÈRES PUBLICATIONS
La B«Ue, par René Maîzeroy. Paris, Paul Ollendorff, 1889. Un vol. in.i8 Jésus. — Prix : 3 fr. bo.
Llgnoranoe acquise, par Eugène Motel. Paris, Tresse et Stock, 1889. Un vol. in-i8 Jésus. — Prix : 3 fr. 5o.
MÉLANGES LITTÉRAIRES Critique. — Philologie. — Linguisti^mt.
Études sur ta France contemporaine, par (rtOBCM Rexaiiu. Paris, 1888. Un vol. in-i8. Alb. S4»int. éditeur. ~ Pris : 3 fr. 5o.
r4rmi les publications récentes consacrées à rexamen de l'état intelleciut-l, moral et social de t.i Frjncc, il convient de faire une place ^ part à cet nuvrjftc. Le titre est modeste : il représente irftî* Aude» écrites sobrement et fortement par M, (Icorgc* Ilenard. ancien élève de l'École normale itipcficurc, fluiourd'hui professeur à l'Uni- ■>vr»inf <]« I-atiïanne.
Il examine au point de sa valeur littéraire et (le twn imporianci; sociale le na/Mru/ijme; puis il éludii.' It» cautic», la forme et la portée de l'in- Jluencf allemande; enfin, avec une me'thode claire et une complète érudition, il expose les doctrines aocialistus, dont lu plupart s'avisent de parler — pour les soutenir ou les combattre — sans les bîei) connaître, en s'arrètiintaux mots etaux formules.
Lu livre de M. Georges Renard mérite l'attention de ceux qu'intéressent les j;rands débats littéruifoset philosophiques.
Corneille et la Poétique d'Aristote, par Jui.Ks Lkmaitre. Une brochure in-i8 Jésus, Pnris. iS8S. II. Lcccne et Oudin, éditeurs.
C'est lu critique de l'esthétique dramatique de (loroeilio que M. Jules Lemaître nous présente. Piii! note priilimiuaire nous avertit que ce travail CM lii Iniduclioii, un peu développée par endroits, de su thèse Iniuio smuenuc en Sorbonne pour le docionit, lies Prifjcfs <i\ Examens do Corneille et du MH discours touchant les |)arties du poème diiimatique, le» moyens de traiter lu tragédie seinii lu vmiicmhlnhle et le nécessaire, et enfin les trois uiiité». rapproches de la doctrine vraie d'Arislotc, M. Juks l.emyitre conclut que : 1' ce u'fst put par une iue\pliciible décadence de son seule que (Corneille, ny.uit fait le Cid, a fait Perth.mte. Sofhmisbi'. AttiLx. .S«»vim; mais c'est liluim |viv le deicloppement constant et par l'a |iplu*n lion do l'idée aii>UTe et naïve qu'il s'est Hr.iiideur ; 1" si C".orneillc a
été gêné, inquiété, par Aristote, il n'est peut-être pas vrai de dire que les règles aient sérieusement entravé son génie, ni que son théâtre serait très différent s'il ne les avait pas connues ou s'il les avait méprisées. — Corneille est trop luimême, trop clairement et partout pour qu'on ait à se demander ce qu'il eût fait en dehors de telle ou telle influence.
Pour aboutir à cette conclusion, M. Jules Lemaître analyse avec autant d'esprit que d'érudition, avec autant de modernisme dans la tournure d'esprit que de classique netteté dans le style, les œuvres du grand tragique et ses « doctes et ingénues dissertations ■. D'un travail d'école qui semblerait au premier abord un peu rétrospectif et vain, M. Jules Lemaître a su composer une étude pleine d'intérêt, et même d'actualité.
Il la dédie particulièrement aux jeunes gens qui étudient en vue de la licence et de l'agrégation ; mais tous ceux qui se permettent de parler du théâtre la liront avec profit ; elle leur apprendra pas mal de choses, et leur en suggérera un grand nombre d'autres. Je ne parle, bien entendu,quede ceux qui, avant de s'improviser aitiques dramatiques, ont fait des études qui Us préparent à exercer honorablement et utilement ce sacerdoce littéraire.
Scènes de la vie médicale, par le D' Jules CïR, médecin-inspecteur adjoint à Vichy. Un vol. in-16. J.-B. Baillièreet fils, éditeur, 1888. Paris, — Prix : 3 fr, 5o.
Chose étrange! nous avons vu, çà et là. dans des vaudevilles, des nouvelles, ces scènes médicales mieux traitées que par un médecin, avec plus de fantaisie amusante et un air de vérité plus frappant.
Il y a un joli trait dans ce volume : dans Mon premier accouchement, M. Jules Cyr dit : n Comme je n'ai pas écrit pour les gens du monde, mais seulement pour les médecins, je ne crois pas utile d'entrer dans des détails plus techniques. »
Nous, qui ne sommes pas médecin, nous ne
CRITIQUE LiTT
«greitons pas l'absence de ces détails techniques; mais nous regrettons qu'ils ne soient pas remplacés par plus de vivacité, d'humour et dWdit.
Vl^caeil. Politique, Religion, Duel, par le prince Georges Bibesco. Un vol. in-8°. Paris, 1888. Pion, Nourrit etC". éditeurs.
La première partie de ce volume traite do la situation politique de la Roumanie, et emprunte un intérêt très vif au\ difficultés sans cesse renaissantes de la question d'Orient et de la question des principautés danubiennes. M. le prince Georges Bibesco y consacre de nombreuses pages à la mémoire honorée de son père, qui fut prince régnant de la Roumanie; il la venge des calomnies de ses ennemis politiques et montre avec quel soin et quelle ardeur le prince élu à vie s'attachait ii développer les forces intellectuelles, morales et les ressources matérielles de son pays.
Dans la seconde partie, le prince Georges expose avec une clarté magistrale la situation respective de l'Église orthodoxe et de l'Eglise catholique en Orient. Une biographie du comte Rapetti, suivie du discours prononcé sur sa tombe, complète cette partie.
La troisième est d'un intérêt général. I! s'agit du duel et de l'honneur. C'est à propos du duel retentissant de Dunkerque (Delieirel-Chapuis), que le prince Bibesco fut amené à écrire à M. Féry d'Esclands les lettres reproduites dans
En matière d'honneur comme en matière d'escrime le noble Valaque est un arbitre hors de conteste. Son opinion est que le duel est un mal nécessaire; qu'il faut ne l'admettre que pour des cas extrêmement graves, et lui conserver son caractère dangereux, afin d'éviter, par cela même, l'abus coupable du ridicule. D'où il conclut sagement qu'un homme bien élevé doit être de bonne heure très fort au maniement des armes, non pour tuer, mais pour ne pas tuer. Et il cite quelques souvenirs authentiques qui confirment cette façon de voir.
Tout le livre est rempli des plus nobles inspirations, des sentiments les plus élevés, et justifie la préface adressée par le prince k son fils Georges-Valentin, et qui .se termine par cette iière apostrophe :
" Il faut, si l'on te demande quels sont les dieux au nom desquels tu combats, que tu puisses ré-