GAZETTE BIB
J'aime infiniment cette douce charlatanerie qui entoure Thomme de prestige aimable. On vous envoyé pour vos trois beautés chimériques un petit satiné; il ne tiendra qu'à vous de vous servir de la baguette magique de Virgile pour en faire un joli, berger. Plus d'une jolie bergère pourra si méprendre et ce ne sera pas, dit-on, la seule que vous aurés trompée en votre vie. Quand viendrés-vous nous faire entendre vos délicieux vers,
■ Paris, ce 23 janvier. »
Unequiitance de rente, par Armande Béjart,où elle prend la qualité de veuve de J.-B. Poquelin, sieur de Molière : 60 francs.
Un manuscrit d'un article da Lamartine sur le banquet d'Autun, où il est dit : a La politique est une religion qui a ses professions de foi, ses hérésies et ses schismes, comme les autres cultes. Nous sommes de la foi de Mirabeau, de Sieyès, de Vergniaud, de Lanjuinais, de Lafayette; nous ne sommes pas du schisme de Camille Desmoulins • : 43 francs. Une lettre de Lamartine, datée du 20 février 1848, adressée à M. Guyard, et contenant des instructions pour la marche à suivre dans le journal le Bien public, de Mâcon, 41 franc». Nous en détachons le passage suivant:
< Nous sommes ici placés, par la démence du gouvernement, sur un baril de poudre.* J'ai fait hier, à la réunion générale des oppositions, une improvisation très énergique quia enlevé la réunion. Le parti national et le parti ambitieux, qui se confondaient, commencent déjà à se séparer. Je reste ferme et, fussé-jeseul, au parti du droit national. Je redoute les événements, mais le devoir envers les idées avant tout ».
Une lettre très affectueuse de M, Claretie sur ses travaux et ses projets littéraires, pleine de déférence envers Monselet qu'il appelle son maître : 42 fr. ; une lettre de Barbey d'Aurevilly : 26 fr.; une lettre de M. Champfleury : 29 fr. ; une lettre du sculpteur Aimé Millet, expliquant le projet de monument à élever à Henri Murger : 24 fr.; un billet de Sarah Bernhardt ainsi conçu : • Décidément vous ne m'aimez pas ? Et on dit que les extrêmes se touchent 1 Enfin !» : 26 fr.
Signalons encore une lettre d'Auguste Comte, le créateur du positivisme ; ces lettres sont rares :
A Monsieur Auguste Guyard , à Paris.
Paris, le samedi 27 Charlemagne 67
(14 juillet i855).
« Monsieur,
« Ayant bientôt reconnu que, chez les modernes, la lecture nuit beaucoup k la méditation, j'ai, depuis de longues années, contracté l'habitude
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de ne lire que les grands poètes occidentaux. Je lis chaque matin un chapitre de Vlmitation et chaque soir un chant de Dante, en réservant pour mes instants de loisir mes autres lectures poétiques, de manière à relire annuellement tous les chefs-d'œuvre. Ce régime cérébral m'ayant toujours été très salutaire, je m'y suis tellement attaché que je n'y puis admettre que de rares et courtes exceptions, motivées d'après l'importance extraordinaire de quelques ouvrages, quoique je me trouve ainsi privé de communications intéressantes.
« D'après cette explication, je ne puis aucunement vous promettre la lecture de l'écrit que vous avez bien voulu me soumettre. Mais je chargerai de son examen l'un de mes meilleurs disciples qui m'en rendra soigneusement compte.
<c Salut et fraternité,
« Auguste Comte.
« 10, rue Monsieur-le-Prince. »
Une lettre de Latude, écrite à la Bastille le 25 avril 1763 et adressée à Sartine; il lui narre ses longues souffrances depuis quinze ans et demande de faire un récit de ses maux :
« Monseigneur, je vous supplie, par vos entrailles paternelles et de miséricorde, d'avoir la bonté de m'accorder cette grâce. Ne me laissez donc pas périr faute de me secourir. Me voilà dans la quinzième année de souffrance; il faut que tout.aye une fin; on ne doit point pousser la nature au désespoir. Monseigneur de Sartine, daignez être sensible à ma très humble prière, si vous ne voulez point que je vous écrive tous les jours. Je n'en puis plus. Il faut raisonner avec la raison. Si cette relation est inutile, vous la jetterez au feu. Si, au contraire, elle peut me servir de quelques secours, ne m'empêchez donc point de la faire faire. Bon. Dieu, viens à mon secours; bon Dieu, daigne par ta grande miséricorde inspirer de la compassion pour moy à Monseigueur de Sartine et lui accorder ta sainte bénédiction. »
ETRANGER
Allemagne. — En Allemagne, nous avons deux ouvrages bibliographiques d'une certaine importance à signaler aux amateurs de livres et bibliothécaires :
L'éditeur Otto Harrassowitz, de Leipzig, annonce : Schéma des Realkataloges der Konigli^ chen Universitàtsbibliothek Halle a. S., in -8°, Prix : 9 marks (11 fr. 2 5).
Dans un ordre d'idées plus spéciales quant au
sujet, mais moins restreint quant au lieu, Breitkopf et Hartel, de la même ville, ont en cours de publication un Bibliographischer und ihematischer Musikkatalog des pàpstlichen Kapellarchives in Vatikan \u Rom, d'à pris les manuscrits originaux, par Fr. X. Haberl, directeur de TÉcole de musique sacrée à Regensburg.
Angleterre. — Mr. Richard Copley Christie, chancelier du diocèse de Manchester, bien connu desiecteurs du Livre et de tous ceux qu s'intéressent à l'histoire de l'imprimerie, a fait tirer à part l'étude lue par lui a la dernière réunion de la Library Association^h Glasgow (septembre 1888), et que nous avions déjà tout spécialement signalée parmi les autres travaux de l'association. Cette mince brochure, intitulée Elsevier Bifliography (London, Dryden Press : J. Davy and sons, 1888; petit in-4®, 11 p.), est une revue critique, savamment faite, de tous les travaux auxquels les Elzevier ont donné lieu en France, en Allemagne, en Hollande, en Belgique et en Angleterre. Tout ami des livres qui voudra s'instruire dans cette bibliographie spéciale ne saurait, pour le choix et la valeur des documents à consulter, rencontrer un meilleur guide.
La' célèbre Bodleian Library a publié le mois dernier un rapport étendu (Oxford, December 1888; in-4°) o.ù est exposée la situation de cette bibliothèque de 1882 à 1887. Dan's ce rapport, qui n'occupe pas moins de 66 pages de texte compact, Mr. Edward B." Nicholsom, le bibliothécaire, après un bref historique de la bibliothèque avant 1882, entre dans les plus grands détails sur les acquisitions, donations, adjonctions de collections, sur les catalogues, des diverses branches, sur les reliures, sur la disposition des salles, les facilités offertes aux lecteurs, sur la collection des médailles, sur le budget de la bibliothèque, recettes et dépenses, et finalement sur le personnel. Le savant et zélé bibliothécaire conclut par ces paroles modestes et dignes que nous offrons à la méditation de ses collègues de France, lesquels ne nous ont point habitué à en entendre de semblables : « Plus un bibliothécaire a de service dans sa profession, et plus il trouve qu'il a à apprendre, plus il trouve difficile de faire quoi que ce soit qui ne puisse être mieux, et plus il trouve aussi qu'il faut du temps pour faire les choses passablement bien. Son principal encouragement, en dehors du sentiment de son devoir vis-à-vis de sa bibliothèque, consiste en ce qu'il ne manque guère d'avoir à se féliciter de la patience de ceux envers qui il est responsable
dans son office, aussi bien que de celle de ceux que c'est sa fonction de servir. »
Et ce ne sont pas là de pures paroles. Outre le catalogue alphabétique, le bibliothécaire de la Bodléienne prépare ce qu'il appelle un SubjecU Cataloguey c'est-à-dire un catalogue où les ouvrages sont groupés et classés par sujets, et il invite dès maintenant, avec instance, les lecteurs à lui indiquer le sujet de leurs investigation'S : il leur fournira sur-le-champ un paquet de fiches qui contiendront les titres et indications bibliographiques des livres traitant plus ou moins directement de ce sujet et existant dans la bibliothèque. On imagine quelles facilités et quelle économie de temps un tel arrangement doit présenter pour les recherches. Et c'est presque comme une faveur personnelle que Mr. Edward B. Nicholson demande qu'on veuille bien user de cette extraordinaire commodité !
Le même bibliothécaire met en souscription une série de reproductions en collotype et en photolithographie des manuscrits Remarquables et des imprimés d'une rareté exceptionnelle que la Bodléienne possède en si grand nombre.
Les premières reproductions seront publiées dans l'ordre suivant :
I* Ms. Junius II, connu sous le nom de Ms. de Cœdipon, en collotype : 232 pages en 12 livraisons. Prix de souscription (payable d'avance), 10 shillings 6 p^ence (i3 fr. 10) par livraison.'
2® Ars moriendi^ that is to saye the craft for to deye for the helthe of mannes sowle. Livre imprimé probablement par Caxton en 1491, seul exemplaire connu. En photolithographie : 16 pages; 2 sh. 6 p. (3 fr. 10).
3** Une description probablement unique de la procession ordonnée par le Pape en actions de grâces du massacre de la Saint-Barthélémy, imprimée à Rome l'année du massacre. Photolithographie; 4 pages; I sh. 6 p. (i fr. 85.)
Chaque reproduction est accompagnée d'un texte explicatif. 11 est inutile d'insister ici sur l'intérêt que présente une telle entreprise.
Parmi les publications récemment annoncées par les éditeurs anglais, nous en relevons une qui se rapporte particulièrement à ce qui nous intéresse dans ce bulletin des bibliothèques, bibliothécaires et bibliopolcs : c'est une histoire du commerce des livres en Angleterre {A His^ tory ofEnglish Bookselling) par Mr. W™. Roberts, chez Sampson Low et C*.
Enfin nous empruntons, pour les bibliographes et bibliophiles, au journal Notes and Queries (17 novembre), une description d'un exemplaire de « les Nouvelles Récréations et Joyeux devis de Bonavenlure Des Periers, varlet de
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
Chambre de la Royne de Navarre. A Paris, par Galiot dû Pré, en la grande salle du Palais, et en la rue Sainct-Jacques à l'enseigne de la Galère d'or », en la possession d'un collabo qui signe Urban et s'exprime ainsi : « Le Supplément (1878) au Manuel du Libraire de Brunet dit, à propos de cette rare édition, non datée, qu'à la vente Libri un exemplaire fort laid se vendit trois guinées, et qu'un autre, plus beau et recouvert d'une jolie reliure du temps, a été porté à 9 guinées pour le Bristish Muséum. Cette dernière assertion est inexacte. L'édition n'est pas, et n'a jamais été au British Muséum. L'exemplaire que je possède ne correspond pas exactement à la description de Brunet. Il a bien, comme dans Brunet, 296 feuillet^, mais avec les erreurs de pagination suivantes : le feuillet i3o répète le chiffre 128, et les feuillets suivants, de deux en deux, sont ainsi reculés de deux unités : i3o pour i32, i32 pour 1 34, jusqu'à 142 pour 144. Puis 143 et 144 se trouvent répétés; i85 est imprimé 285; 186, 176; 187, 287; 216, 116; 279, 179. La dernière feuille, de 8 feuillets, signée Pp, et non numérotée, contient un sonnet, la table, et, comme dans Brunet, un feuillet blanc, dont un côté porte une devise imprimée. » Ces indications peuvent être utiles pour la collation des autres exemplaires de cette édition; mais Urban est-il bien sûr que son exemplaire n'est pas un livre complété, c'est-à-dire fait de pièces * et de morceaux empruntés à des éditions différentes, ou même raccommodé avec des fac-similés plus ou moins exacts ? Les plus habiles s'y laissent prendre : il suffit d'être hors garde.
Belgique. — Sous ce titre : les Manuscrits de Cheltenham^Xe conservateur en chef de la Bibliothèque royale de Belgique, M. Edouard Fétis, a publié, dans le supplément de l'Indépendance belge du 9 décembre, de très intéressants renseignements que nous reproduisons après le Courrier de VArt.
La Bibliothèque royale de Belgique vient de faire en Angleterre une acquisition très importante, la plus considérable qui ait enrichi la section des manuscrits de ce dépôt littéraire depuis sa création. Il s'agit d'un groupe d'environ 400 manuscrits, du ix« au xv* siècle pour la plupart, qui ne formait que la très minime partie de la plus riche bibliothèque qu'ait possédée un particulier. Sir Thomas Phillips, un Anglais archimillionnaire, a consacré, pendant plus de quarante ans, ses immenses revenus à réunir des collections de manuscrits et de livres rares dont la richesse est un sujet d'étonnement et d'admira-
tion pour tous ceux qui en voient l'ensemble dans la belle résidence de sa famille, à Cheltenham. Les h^éritiers de sir Thomas Phillips ont obtenu de la cour de la chancellerie d'Angleterre l'autorisation de céder, non à des particuliers, mais à des gouvernements ou à de grandes institutions, des lots de manuscrits dont le prix serait, d'après la loi anglaise, employé en reconstitution de majorât. Des acquisitions importantes ont été faites à ces conditions par les gouvernements allemand, hollandais et belge; l'Italie et la France négocient pour entrer en possession des documents qui concernent leur histoire. Quant à ceux qui intéressent particulièrement l'Angleterre à un titre quelconque, ils sont réservés au British Muséum,
Par les acquisitions qui viennent d'être faites à Cheltenham, au moyen d'un crédit spécial voté par les Chambres belges, la Bibliothèque royale s'est enrichie d'un choix des manuscrits les plus rares et les plus précieux de nos anciennes bibliothèques monastiques. En voici l'indication sommaire par provenance.
De l'abbaye de Villers : dix-neuf volumes du xii'' au XIV* siècle dont plusieurs portent des traces du pillage et de l'incendie pittoresquement décrits par Van Bemmel dans le dernier chapitre de Dom Placide* Ce sont, en général, de beaux spécimens de là calligraphie du moyen âge, parmi lesquels un Chorale renfermant un grand nombre de morceaux de plain-chant en neumes du xiv** siècle, et qui peut être considéré comme un document des plus importants pour la musique d'église à cette époque.
De l'abbaye de Cambron : trente-cinq volumes du XII* et du xiii* siècle, offrant cette particularité caractéristique d'avoir conservé leur reliure primitive, étant recouverts de peaux non tannées, avec les poils de l'animal." Les auteurs transcrits dans ces volumes sont généralement des Pères de l'Eglise. Il s'y trouve aussi des écrits de Vincent de Beauvais (Spéculum historiale)^ les Gestes de l'empereur Frédéric 11^ par Pierre des Vignes; V Histoire de Jérusalem^ par Jacques de Vitry; Y Histoire scolastique, de Pierre Comestor; un Priscien et plusieurs autres écrivains religieux du moyen âge.
De l'abbaye de Saint-Ghislain : vingt-trois manuscrits du ix'^ au xv" siècle qui peuvent compter parmi les plus précieux produits de hotre paléographie primitive, et dont plusieurs sont ornés de belles majuscules. Les plus anciens sont des documents intéressants pour l'histoire hagiographique belge. Deux ouvrages de ce même fonds méritent d'être signalés pour leur valeur philologique ; ce sont : i® une histoire
universelle jusqu'à Tannée 1276, manuscrit français en deux volumes, du xiv« siècle; 2« le Lyvre historial de la Bible, également en langue française et de la même époque. A noter encore un supefbe Joséphe, ayant une majuscule historiée de 3o centimètres de hauteur.
Trente volumes, les plus anciens étant du xiv<* siècle, proviennent de la célèbre abbaye de Saint-Martin, à Tournay. On sait, dans le monde de rérudition, que les transcriptions faites dans ce monastère bénédictin, particulièrement sous le premier abbé Odon, étaient renommées pour l'exactitude d^s textes et pour la beauté de l'exécution calligraphique. Les volumes dont vient de s'enrichir la Bibliothèque royale justifient pleinement cette réputation. Dahs le nombre, il faut citer surtout le manuscrit de la Chronique d'Heriman^ d'après lequel les Bénédictins ont donné, leur édition du Spicilegium.
Cent dix volumes du xu*' au xiv* siècle forment le contingent de l'abbaye d'Aulne. Ce sont, en général, des œuvres des Pères de l'Eglise et des commentateurs des textes sacrés; mais il en est d'autres qui présentent un grand intérêt pour l'histoire et pour la science. Tels sont une Chronique^ de Sigebert de Gembloux, contenant les additions qui ont été publiées dans les Monumenta Germaniœ^ de Pertz; une Géométrie d'Euclide, avec le commentaire de Campanus (du xiii« siècle) ; des traités d'Aristote, des opuscules de Cassiodore, de Denys l'Aréopagite, de Beda, et de nombreux écrits d'auteurs du moyen âge. Ces manuscrits sont en bon état, malheureusement sir Thomas Phillips les a fait habiller à la moderne, ce qui n'est pas pour charmer les yeux des curieux d'archéologie littéraire.
De l'abbaye de Stavelot : trois manuscrits seulement, mais d'une importance capitale, des xi® et XH* siècles : un Josephus, Antiquitates Judœorum, superbe Volume de grande dimension, orné de deux belles miniatures du xii« siècle ; la Vie de saint Remacle, patron de l'abbaye, beau spécimen calligraphique du xi® siècle, et un précieux recueil hagiographique de la même époque.
Parmi les autres monastères dont on a recueilli des débris moins importants, mais qui pourtant se trouvent représentés- dans cet ensemble des sources de la paléographie nationale, nous citerons Rouge-Cloître, Saint-Trond, Bethléem, près de Louvain, la Chartreuse de Ruremonde, Sept- Fontaines, Rochefort, Bonne-Espérance, Saint- Martin de Louvain. Outre l'intérêt des textes, beaucoup de ces codices ont celui des annotations ou de certaines particularités historiques, ainsi que celui des ornementations.
Dans le nombre des manuscrits de provenance
diverse, il en est qui seront appréciés pour leur hnportance historique ou littéraire, par exemple:
Une Chronique du couvent de Rouge-Cloître, par J. Fr. Vander Auwera, renfermant le récit, jour par jour, des événements qui ont précédé et suivi la suppression du monastère, dans les dernières années du xviii® siècle.
Le Passe-temps de Jean Lhermite^ journal autographe d'un gentilhomme de la chambre de Philippe II, depuis iSSy jusqu'en 1599, accompagné de dessins à la plume. Ce manuscrit, infolio de près de 400 pages d'une écriture serrée, est un tableau complet et des plus curieux de l'Espagne à la fin du xvi® siècle. Les dessins, dont l'auteur a lui-même illustré le texte de son journal, sont d'une exécution qui n'est pas maladroite. On y voit, entre autres, un Jeu de tor^ reaux tenu à Valladolid, qui est peut-être la plus ancienne représentation figurée du spectacle si populaire en Espagne; de très beaux plans de l'Escurial et de la maison royale' d'Aranjuez; l'horloge et la lampe du cabinet de travail de Philippe II; la chaise longue qui servait au monarque lorsqu'il avait la goqtte ; une vue de la place du palais de Madrid, où des acrobates exécutent sur la corde des exercices comme ceux que font leurs descendants à l'Eden.
Le Voyage de François Vinchant, l'auteur des Annales du Hainaut. en France et en Italie dans les années i6oy et 1610^ recueil de 800 pages; très intéressant.
Des Rebellions du peuple des Flandres contre leur seigneur naturel^ etc., en trois volumes in-folio, écrits par messire Rombauld Loeds, en i56o.
Recueil du temps passé et affaires domestiques^ de Philippe de La Ruelle, avec son voyage à Parme, etc., un volume in-folio du xviii* siècle.
Une Histoire des faits et gestes d'Alexandre Farnèse, en italien, travail considérable, à consulter par ceux qui s'occuperont de l'histoire des Pays-Bas dans la seconde moitié du xvi" siècle.
Le Spieghel historiael, de Jean Van Maerlant. Le même volume contient le poème inédit de Seven vroeden van binnen Romen et Den Boec van der Rosen, traduction partielle en vers du Roman de la Rose, plus quelques fabliaux inédits et fort curieux. Ce volume, du commencement du xiv® siècle, est un des documents les plus précieux pour l'histoire de la littérature néerlandaise. L'Académie flamande est sur le point d'en entreprendre la publication.
Histoire généalogique de la maison deBergues Saint'Vinoc et d'Ardres, travail original autographe de Marius Voet, le plus consciencieux et le plus érudit de nos anciens hcraldistes*
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Un recueil généalogique important, probablement de Butkens, et relatif principalement aux familles de Flandre et de Brabant. .
V Album amicorum^ de Bonaventure Vulcanius, de Bruges, le célèbre professeur de Leyde, contenant des pensées, des signatures de la plupart des hommes marquants de son époque : Théodore de Béze, Philippe de Marnix, Juste Lipse, Goitziui, etc.
Le Chronàdromon, de Jean Brandon, religieux de Tabbaye des Dunes, en trois volumes grand in-folio; exemplaire superbe, avec miniatures, probablement exécuté à Gand, le seul complet qu'on connaisse. '
Un très joli recueil du xvi« siècle, contenant le Quadrilogue et d'autres opuscules d'Alain Chartier, ainsi qu'un petit Traicté de conseil^ par Guillaume Fillastre, évêque de Tournai ; ouvrage sans doute inédiî.
Historia vastationis Leodiensis, exemplaire probablement original du poème d'Angelo de Viterbe sur le sac de Liège par Charles le Téméraire ; il contient un prologue étendu par Mathieu Herbenus, de Liège, prologue qui n'a pas été publié dans l'édition donnée par les Bénédictins. Ce n'esl pas seulement la Bibliothèque royale qui a fait d'importantes acquisitions 'a Chelten- 'ham. La direction des Archives générales du royaume, représentée par M. Piot, a également tiré des riches collections de sir Thomas Phillips une série de documents très intéressants. Les plus importants sont les cartulaires, qui constituent, comme on sait, des sources précieuses de renseignements pour l'histoire. En voici Tindication sommaire : cartulaire du couvent de Sainte-
Elisabeth, précédé d'une notice historique sur la fondation de cet établissement religieux, et contenant des indications intéressantes sur la topographie de Bruxelles et des environs aux xvi» et XVII* siècles; des cartulaires du couvent de Sainte- Claire, à Bruxelles, des chapellenies de Sainte- Gudule, de l'abbaye de Saint-Martin de Tournai, des monastères de Saint-Hubert et de Stavelot ; ceux du métier des drapiers et du métier des épiciers de Bruxelles, car les corporations avaient aussi leur cartulaire, où s'enregistraient les actes relatifs à la communauté. Viennent ensuite les obituaires de plusieurs couvents, qui fournissent^ des détails intéressants sur beaucoup de grandes familles de Bruxelles et du Brabant; des registres
de recettes, biens, revenus et rentes de nombre de maisons religieuses du pays, importants comme sources de renseignements pour la topographie et la linguistique; des registres provenant du grand conseil de Malines, du conseil de Brabant et du conseil de Flandre, et contenant les résolutions de ces cours de justice; un registre du conseil d'État à Bruxelles; enfin, un inventaire des privilèges et autres actes concernant la villes de Maline.
États-Unis. — Aux États-Unis, apparition d'un nouveau journal bibliographique mensuel, the Book'Loyer, sous la direction de Mr. Ingersoll- Lockwood. Le premier numéro date du mois de novembre dernier. Ce périodique s'adresse surtout aux amateurs de livres curieux, d'éditions de luxe, d'estampes, d'autographes et de documents historiques (New-York, William Evarts Benjamin, 6, Astor Place : 5 fr. par an).
La riche bibliothèque du philologue Pott, de Halle, récemment décédé, a été achetée par l'Université de Philadelphie.
The Bookmart de novembre nous donne, d'après the Library Journal^ une liste assez curieuse et fort édifiante des libéralités et legs faits récemment par des particuliers aux bibliothèques américaines. Cornell University est en procès à propos dkin legs qui lui permettrait de faire construire une nouvelle bibliothèque : Mr. H.-W, Sage avance anssitôt à l'Université 225,000 dollars, qui lui seront remboursés si l'Université entre en possession de son legs, et qu'il abandonne entièrement dans le cas contraire. Mr. C.-H. Hackley donne i25,ooo dollars aux écoles de Muskegon, Massachusetts, pour l'établissement d'une bibliothèque publique. Mr. G. Gabriel, raccommodeur de parapluies à New-Haven, lègue 3o,ooo dollars à la bibliothèque de Yale Collège et à deux autres institutions. Il faut s'arrêter ; mais nous n'épuisons pas la liste.
Sibérie. — Terminons par une réchauffante nouvelle des pays froids. La bibliothèque qui a été inaugurée par de grandes fêtes, le i*' août, à Tomsk, en Sibérie, compte déjà plus de 40,000 volumes. On ne dit pas le nombre des lecteurs.