‹ Le livre (volume 4)Chapitre 55 sur 129 · PORCHER · texte numérisé non relu

PORCHER

On le voit, il y a une légère différence entre ces vacations qu'on payait trois livres et les ventes publiques qui produisent aujourd'hui 60/0 aux commissaires-priseurs.

ETRANGER

Allemagne. — Le quatrième cahier supplémentaire du Centralblatt fUr Bibilotekwesen^ que dirige le D' O. Hartwig, de Halle, contient un catalogue de la bibliothèque du couvent d'Admond, en Styrie. On y trouve un Rythmus Leonis IX papœ. On ne connaissait pas, jusqu'à présent, de poésie de ce pape alsacien.

Angleterre. — VAthenœum annonce, pour la dernière semaine de juin, la vente de la biblio-

thèque de feu J. Eglington Bailey, de Manchester. Cette collection comprend environ 1 5,000 volumes, dont beaucoup sont des livres rares ou précieux.

Italie. — La bibliothèque nationale centrale de Florence possède, sans compter les Opère minort de Dante, 420 éditions différentes de la Divina Commediay dont 523 en italien, 33 en français, 10 en anglais, 9 en latin, 5 en hollandais et 9 en diverses autres langnes.

Catalogues. — MM. Labitte, Em. Paul et C ont distribué le catalogue de la bibliothèque de feu M. P. L., dont la vente a eu lieu à l'hôtel Drouot, du 7 au 9 mai. On y remarquait une belle collection de livres à figures du xviii« et du xix« siècles, des Didot, des Cazin, quelques collections d'estampes, de belles reliures en maroquin.

A Londres, MM. Lotheby, Wilkinson et Hodge ont rendu une partie de la bibliothèque de feu William-Charles Smith, de Shortgrowe, Essex (10 et II mai), où se trouvaient, entre autres, une belle série de livres par Dibdin, la Brilannia de Cambden, le Lafontaine illustré par Oudry, et quelques autres beaux livres français à gravure. Ils ont aussi vendu le stock considérable de livres de toutes nations, parmi lesquels desCruikshauk, des Restif, des livres français illustrés du xviii" siècle, laissés par M. Charles Hutt. (Vente du i3 au 21 mai).

En Belgique, du 6 au 11 mai s'est vendue la première partie de la bibliothèque du chevalier J.de Neufforge,en l'hôtel Ravenstein,à Bruxelles. La bibliothèque étant restée en l'état où elle se trouvait à la mort du chevalier, en 1828, les livres de notre siècle y manquent; mais elle abonde en choses curieuses et. inattendues des siècles passés, — Une autre vente, beaucoup moins intéressante, s'est faite le 23 mai par le ministère de M. Charles Peeters. Les ouvrages flamands y étaient en grand nombre.

Les Catalogues à prix marqués se ressemblent chaque mois. Donnons une mention particulière au Petit Bouquiniste de VEst publié nouvellement par M. Auguste Pargon, libraire à Langreset qui, outre sa liste de livres en vente, donne une causerie bibliographique, signée G. Naudé et un tf Bulletin trimestriel du Marché des Livres d'occasion ».

D'Angleterre, M. Bernard Quaistch nous envoie son catalogue, n*» 96, contenant une partie de ses acquisitions aux grandes ventes récentes du comte de Hopetown et du duc de Buccleugh,

mm

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

dont il a cté fait mention ici. Il y a là beaucoup de grands livres à de gros prix.

A propos de vente et d'achat de livres, nos lecteurs s'amuseront peut-être en lisant une anecdote que nous empruntons au Publisher's Weekly (27 avril), lequel l'emprunte lui-même au Chicago News.

« L'autre jour, dans Taprès-midi, un monsieur de très modeste apparence entra dans la boutique de librairie de M, Clary, et se mit à regarder les livres précieux dans le coin réservé aux raretés anglaises. Mr. Millard suivait l'étranger d'un œil soupçonneux, parce que, peu de temps auparavant, un monsieur de modeste apparence avait rais dans sa poche plusieurs livres précieux et s'était esquivé avec. Cependant, Mr. Millard ne tarda pas à s'apercevoir que le tranquille étranger avaitquelque connaissance des livres, car il parlait avec beaucop d'intelligence des meilleures éditions. Mr. Millard en fut même touché et chagrin. Ce monsieur, pensait-il, est un monsieur qui est bibliomane. Voyez avec quelle tendresse son œil sans flamme s'allume en regardant ce Dickens avec figures ajoutées! Quels mouvements d'envie sans espoir agitent en ce moment son cœur 1 Le pauvre diable 1 Mon devoir est de le détourner de ces livres aux prix impossibles et de l'amener à des ouvrages en rapport avec ses ressources. »

Mais Têtranger ne se laissait point détourner d'une ligne. Il ne voulait examiner que les trésors les plus coûteux. « Je regrette que vous « ayez vendu le Brown de Washington, dit-il « tristement. Je l'aurais pris et n'aurais pas « demandé mieux.

«—Notre prix était de i5o dollars», dit négligemment M. Millard.

a — Pas ti'op cher, dit l'étranger d'un ton u calme. Et maintenant, puis-je vous prier d'en- « voyer ces cinq volumes, chez moi, à l'hôtel « Richelieu. Le commis de l'hôtel paiera la « note. A propos, à combien monte-t-elle en « tout ?

« — A deux cent trente-cinq dollars, dit « M. Millard d'un ton significatif. — Eh bien l « envoyez ces livres à l'hôtel Richelieu tout « de suite, dit l'étranger, et le commis paiera « pour moi. »

« Un regard chargé de bile et de soupçons glissa des yeux perçants de M. Millard. « Quel tf nom, s'il Vous plaît ? demanda-t-il, d'un ton « courtois, mais ferme.

a Georges W. Vanderbilt, de New* York, dit le modeste étranger, tranquillement. »

On sait que M. Vanderbilt est un des plus opulents citoyens des Etats-Unis.

Nous devons une mention particulière a un important catalogue que la maison Frederik Muller et C'% d'Amsterdam, vient de mettre en distribution sous le titre Bihliotheca Rhynwykiana. Il est composé de plus de quatorze cents numéros de livras curieux et peu communs sur la théologie catholique et protestante, et contient des divisions intéressantes sur les missions des jésuites aux Indes, au Japon, à la Chine et en Amérique, ainsi que sur le jansénisme et les ultramontains. Ces livres proviennent de la bibliothèque formée dans la maison de Rhynwyk, prés de Zeist et non loin d'Utrecht, par des jansénistes chassés de l'abbaye d'Orval (Luxembourg belge), et particulièrement par J.-B. Le Sesne de Menille-d'Etemare et Gabriel Du Pac de Bellegarde, chanoine et comte de Lvon.

PUBLICATIONS NOUVELLES ET ANNONCEES

en France et à l'Étranger

FRANGE

Sous ce titre : Vingt jours à Paris pendant l'Exposition universelle, la Maison Quantin publie et vient de mettre en vente un délicieux et coquet Guide-Album du Touriste, par Constant de Tours, illustré de deux cents

dessins d'après nature, dans le format in-S*» oblong, agréable et léger comme un carnet d'artiste (prix : 3 fr. 5o cartonné).

Assurément l'Exposition du centenaire a fait et fera paraître encore de très nombreux guides, des Vade-Mecum^ des Indicateurs, des Opuscules de tout genre, de toute nature, de tous formats

sur Paris, ses plaisirs, ses monuments et ses curiosités pittoresques et artistiques, il est douteux cependant qu'on puisse concevoir dans la note légèrement fantaisiste, et exécuter avec plus de goût et de bonne entente du Livre, un ouvrage mieux établi et plus éclairé de dessins exquis que celui qui nous occupe.

Dans le Guide de Constant de Tours c'est bien le Paris moderne qui vit et qui palpite, qui brille et s'éclaire, c'est bien le Paris des amoureux de Paris, ce Paris si intime, si enjôleur, si profondément captivant qu'il naturalise de force tous les étrangers qui ont le goût dans l'œil, l'esprit aux lèvres et l'ardeur de la beauté dans le cœur. Ce Guide-Album n'a rien de froid, de méthodique ou de poncif; il sait faire voir et aimer la ville jusque dans ses verrues^ comme disait Montaigne ; il promène les curieux dans tous les bons coins et il soulève toutes les portières des endroits étranges, amusants ou très typiques.

Ce joli Guide n'est ni officieux ni officiel et n'est point fait pour les voyageurs de MM. Cook et fils ou Lubin ; il s'adresse à la masse de nos visiteurs-flâneurs et chercheurs d'original — c'est là son mérite et c'est là ce qui lui assure un succès qu'aucun autrp ouvrage similaire ne saurait lui disputer.

Ecrit avec belle humeur par un Parisien d'autant plus Parisien qu'il est né au pays de Balzac (ce jardin de France), illustré avec esprit, gaîté et une grande finesse d'exécution, le guide Vingt jours à Paris a été imprimé avec une rare perfection par la maison Quantin. C'est un livrebijou que nous sommes heureux de louanger en toute liberté de conscience et loin de toute question de boutique.

Il fera son chemin sûrement au Champ de Mars, aussi bien que dans toutes les librairies de la capitale, et les tirages seront nombreux et très successifs si tous les gens de goût qui nous vont visiter se laissent aller à regarder ce petit album captivant comme la ville qu'il se plaît à décrire.

Une Histoire officielle de l'Institut de France, — Pour compléter son annuaire, dont le plan a été rajeuni et modifié, l'Institut avait décidé qu'un volume séparé, ayant pour objet Thistoire des anciennes Académies et de l'Institut, serait rédigé par un de ses membres les plus compétents, M. Aucoc. Ce travail est aujourd'hui terminé. Il a pour titre: « Institut de France. Lois, statuts, règlements concernant les anciennes Académies et l'Institut. Tableau des fondations. »

nière séance de la Société des bibliophiles de Guyenne, à Bordeaux, le président a annoncé que M.Charles de Montesquieu, consentant enfin à ouvrir les archives de sa famille, mettait à la disposition de la société, pour être publiés par ses soins, le catalogue manuscrit de la bibliothèque de son illustre aïeul, annoté de la main même de l'auteur dé VEsprit des lois, et un ouvrage intitulé : De la Monarchie universelle en Europe. A l'unanimité, la Société a voté l'impression de ces deux ouvrages. Il en sera tiré cent cinquante exemplaires.

L'Homme qui tue. — L'éditeur G. Édingcr a récemment mis en vente, sous une élégante couverture illustrée, une nouvelle édition du beau livre d'Hector France, V Homme qui tue (i vol. in- 1 8 : 2 fr.) . Le succès littéraire de l'ouvrage est depuis longtemps assuré ; mais cette nouvelle édition à bon marché, qui sera un succès de librairie, ne contribuera pas peu à le rendre populaire.

Le Sonnet aux Jeux Floraux. — Un poète d'un talent élevé et délicat, M. F.-E. Adam, l'auteur d'un charmant volume publié chez Ollendorf, sous le titre : « Par les Bois », vient de publier Les Trois Galatée^ sonnets qui ont obtenu le prix au concours des Jeux floraux, cette année. (Toulouse, Durladoure- Privai). Ce sont trois petites merveilles de sentiment et d'expression.

L'Annuaire Eudel, — Avec V Hôtel Drouot et la Curiosité en 1887-1888, que publie aujourd'hui la Bibliothèque Charpentier, Paul Eudel atteint la huitième année de cette intéressante série de documents sur les collections, l'art et le bibelot. L'auteur, qui a créé un genre fort goûté du public, nous présente cette année un volume qui aura certainement le succès de ses aînés. Une préface très remarquable d'Edmond Bonnaffé, ajoute à l'attrait de ce livre, vade^mecum de l'amateur et du collectionneur.

Œuvres inédites de Montesquieu, — A la der- |

La Lutherie et les Luthiers, par Antoine Vidal. Un volume in-8<^ avec 3o planches de gravures. Paris, Maison Quantin, 7, rue Saint-Benoît. Prix, broché : 2 5 francs. ^- Ce livre s'adresse surtout aux amateurs de l'art instrumental. Après avoir fait le résumé de l'histoire du violon et de ses dérivés, l'auteur parle de l'art de la lutherie : l'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne, la France, etc., sont passées en revue, et les œuvres des luthiers

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

de tous ces pays, appréciés avec une compétence consciencieuse et impartiale.

Une suite de gravures donne l'image fidèle d'instruments précieux, et d'une collection d'étiquettes de luthiers, documents inédits pour la plupart, et tous reproduits sur les originaux euxmêmes.

Voilà une œuvre qui est non-seulement utile, mais vraiment indispensable à tous ceux qui pratiquent et aiment Tart du violon.

Ajoutons que ce volume a été tiré à un nombre fort restreint d'exemplaires ; les souscripteurs feront bien de se hâter.

LAri en exil, roman, par Georges Rodenbach. (i volume grand in-i8 jésus. Paris, Librairie Moderne, 7, rue Saint-Benoît). — VArt en exil est le premier roman du poète de la Jeunesse blanche et du Silence. C'est une monographie d'âme, l'étude d'un écrivain dans la vie de province et l'analyse de son lent, mais fatal envoûtement.

Pour cadre, une ville morte dans le lointain des Flandres, et le décor si original et gothique des Béguinages.

Le contraire d'un roman parisien, mais une œuvre ayant sa couleur et son parfum exotiques, tout en restant bien française par la sûreté et le pittoresque de la langue.

— La collection de la Vie privée d^autre/ois, par M. Alfred Franklin (Pion, éditeur), qui comprenait déjà de curieuses études sur les soins de la toilette, la cuisine, l'annonce et la réclame au temps jadis, etc., vient de s'enrichir de deux piquants ouvrages aussi instructifs qu'amusants : Les repas et la civilité de la table et Comment on

devenait patron.

Les Mémoires de Paris^ par Ch. Chinchollc^ avec préface d'Emile Zola. (Un volume in-j8 )ésus. Paris, Librairie Moderne, 7, rue Saint- Benoît. Prix : 3 fr. 5o). — C'est une véritable encyclopédie contemporaine, instructive et amusante à la fois, que M. Charles Chincholle, du Ffgaro, vient de publier à la Librairie Moderne, sous le titre : les Mémoires de Paris.

On y rencontre et Séverine et Verdi, et le père Monsabré et Maxime Lisbonne, et cent autres qui sont, à divers titres, les héros de Paris. On y passe du crime à la vertu, du grotesque au sublime. Tous y vivent en chair et en os* Tout y est tracé avec une vérité surprenante. Aussi Emile Zola a-t-il composé pour ce curieux livre une préface qui est un chef-d'œuvre. Espérons que

Tauteur, qui a tant écrit, nous donnera quelque jour, rien qu'en fouillant ses cartons, un pendant aux Mémoires de Paris !

Une nouvelle Histoire des Voyages. — La librairie E. Junod et O^ (i3i, boulevard Raspail) met en vente une « Nouvelle Histoire des Voyages et des grandes Découvertes géographiques dans tous les temps et dans tous les pays », par Richard Cortambert (2 vol. in -4* illustrés de 100 figures hors texte et de cartes en couleur. Prix : 60 fr.). Le nom du compilateur est une garantie d'exactitude, car M. Cortambert est un de nos géographes les plus distingués. Les éditeurs offrent en prime, avec l'ouvrage, une belle sphère, d'un mètre de circonférence, céleste ou terrestre, au choix du souscripteur.

Plan de Paris et Indicateur des Voies et Éta^ blissements publics, d'après un système nouveau, par D. Aïtoff, membre de la Société de géographie de Paris. Paris, Maison Quantin. Prix : 2 fr. — La Maison Quantin vient de mettre en vente un nouveau plan de Paris gravé sur cuivre et imprimé en huit couleurs. Ce plan, rédigé d'après un système nouveau, permet de voir du premier coup les grandes artères de Paris, les boulevards, les avenues, les rues importantes, etc. En outre, grâce à une indication claire et simple contenue dans le texte alphabétique des rues dont le plan est muni, on peut trouver sur ce dernier et avec une grande facilité, les moindres passages, impasses, cités, etc., etc., qui ne sont indiqués généralement que sur les grands plans en plusieurs feuilles.

Un pliage spécial du plan permet de le consulter SANS LE DÉPLIER, avantage précieux pour les promeneurs.

L'indicateur, d'un format de poche, contient les listes alphabétiques des rues, des monuments, des établissements et institutions civils et religieux, les itinéraires des tramways et des omnibus, et une foule d'autres renseignements utiles pour le public qui viendra visiter Paris en vue de l'Exposition universelle.

— La seconde partie des Aventures extraor^ dinaires d'un savant russe, par MM. G. Le Faure et Hi de Graffigny, avec quantité de dessins de L. Vallet, Henriot, etc., vient de paraître chez G. Erlinger (i vol. in-4°; 4 francs). C'est un voyage scientifiquement fantastique et amusant, à la manière popularisée par Verne et par Flammarion, dans le soleil et les petites planètes.

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— Aujourd'hui paraissent à la librairie Charpentier, en un volume in-8®. les Discours parlementaires de Waldeck-Rousseau. M. Lecouflet, par les soins duquel ces discours sont publiés, a placé en tôte du volume une introduction dans laquelle il retrace la vie politique de Tancien ministre de l'Intérieur.

— La Théorie des tempéraments^ par Messieurs Polti et Gary, vient de paraître chez Carré, 58, rue Saint-André-des-Arts. Dans cet élégant résumé d'un. travail de cinq ans, les auteurs ont voulu réduire la physionomie à des principes géométriques, le déterminisme à des équations d'algèbre à la portée de tous, et fait aboutir le naturalisme à l'absolu.

— 3-2^ fascicule du deuxième Supplément au « Grand Dictionnaire » Pierre Larousse. — La plus grande partie de ce fascicule est consacrée à la France, C'est une véritable monographie de notre pays à l'heure actuelle. On n'y trouve pas seulement des renseignements précis et tout récents sur la population, le commerce, la navigation, etc., mais encore un récit détaillé de notre histoire, depuis le ministère Dufaure jusqu'au cabinet présidé par M. Floquet (1877-1889). Il faut y joindre le tableau du mouvement littéraire et artistique contemporain et le compte rendu des principaux ouvrages parus sur la France depuis dix ans.

A citer aussi, parmi les articles de ce fascicule, les biographies de MM. Ferry et Floquet, le récit de la mission Flatters et une belle étude sur la folie. — Prix du fascicule : i fr. 10.

— La Grande Encyclopédie» — Nous appelons l'attention sur la composition particulièrement intéressante de la 18 1'' livraison de la Grande Encyclopédie. Elle renferme une étude magistrale de M. Eugène Muntz sur Brunellesco, le célèbre architecte de la Renaissance ; une description géographique et historique de la ville de Bruxelles, avec un plan et la reproduction des plus beaux monuments; enfin, une monographie zoologique importante sur les Bryozoaires.

Dans la 182*, on trouvera la description géographique et l'histoire de deux grandes villes étrangères dont les habitants ont toujours témoigné beaucoup de sympathie à la France : Bucarest et Budapest, dont la physionomie apparaît clairement, grâce aux deux plans à grande échelle et aux nombreuses reproductions de monuments qui illustrent le texte.

Les questions budgétaires ont dans tous les pays une importance prépondérante. Mais bien des gens, rebutés par la complication apparente du mécanisme de nos budgets, ne se rendent pas un compte suffisant de notre organisation financière. Ceux-là feront bien de lire la remarquable monographie du budget insérée par M. Dreyfus dans la i83* livraison de la Grande Encyclopédie. Qu'on lise ce travail si clair, précis, rempli de renseignements curieux, et l'on ne pourra s'exposer au reproche d'ignorer volontairement le mécanisme et la marche de notre budget, et de négliger le premier des devoirs d'un citoyen d'une libre démocratie. — Une livraison spécimen est envoyée contre i franc en timbresposte. H. Lamirault et C'% 61, rue de Rennes, Paris.

— L^Art (librairie de l'Art, Paris, 29, cité

d'Antin), vient de se surpasser à l'occasion du Salon de 1889. Le numéro spécial qu'il publie sera certainement mis hors de pair par le public et les connaisseurs. Il est impossible, en effet, de ne pas être frappé, au premier aspect, de la différence qui existe entre ce numéro, si artistement présenté, et les publications de toutes sortes ayant un caractère plus ou moins industriel.

L'Art a voulu éviter la monotonie et l'allure d'à peu près qu'ont inévitablement les reproductions par procédé direct. Cela inspire le plus souvent une médiocre opinion d'œuvres remarquables. La raison en est bien simple : ces sortes de reproductions donnent le même aspect aux toiles les plus différentes de touche et de facture.

Les éditeurs de VArt ont eu l'idée de demander à chacun des maîtres contemporains d'importants dessins, extrêmement poussés, qui donnent la couleur, la sensation exacte, de leur œuvre. C'est non plus une traduction, mais l'interprétation exacte par les artistes eux-mêmes. On comprend l'intérêt et la valeur d'un pareil ensemble.

Le texte est dû à la plume de M. Paul Leroi, dont le talent et l'autorité sont hautement reconnus. Il est impossible de présenter un travail plus complet et, en même temps, ayant un cachet plus artistique.

Le numéro exceptionnel de VArty consacre au Salon de 1889, restera comme un document des plus luxueux et des plus complets sur une des expositions les plus importantes, et les amateurs lui conserveront dans leur portefeuille une place de choix.

Ce numéro, qui renferme un supplément de 48 pages et 70 illustrations, est mis en vente sans augmentation de prix, soit 2 fr. 5o.

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

— Nouveaux périodiques et journaux, — Une revue de littérature et d'art, la Pléîade (i8, rue Duperré; 6 francs, par an; o fr. 60 le numéro), vient de se fonder avec M. L.-P. de Brinn' Ganbast pour rédacteur en chef. Parmi les noms des collaborateurs figurent ceux de MM. Jean Ajalbert, Maurice Barrés, Alexandre Boutique, Edouard Dubus, Ephraïm Mikhaël, Laurent Tailhade, etc. Citer ces noms, c'est dire les tendances littéraires de la revue, en même temps que le genre de talent qu'il faut s'attendre à y rencontrer.

Le mois d'avril a vu naître le Moderniste illustré, paraissant tous les samedis, sous la direction de M. André Henry, et avec M. G. Albert Aurier pour rédacteur en chef (53, passage JoufFroy : un an, 12 francs; le numéro, o fr. 20].

ETRANGER

Allemagne. — On annonce la publication de la correspondance de Leibnitz, récemment signalée par le D' £. Bodemann, de Hanovre, sous ce litre : Der Briefwechsel der Gottfried Wilhelm Leibni^ in der KonigL offentlichen Bibliothek \u Hannover,

— M. G. Buchwald, de Zwickau, est sur le

point de publier onze sermons inédits de Luther,

prononcés en iSSg.

— Nous avons reçu la deuxième livraison de Sammlung Bibliotheswissenschaftlicher Arbeiten, dirigée par M. Karl Dziatzko, bibliothécaire et chef de l'Université de Gôttingen (Berlin, A. Asher et C"). Cette livraison est consacrée à un savant travail du directeur sur Gutenberg (Bjitr'ûge ^ur Gut€nbergfrage)y avec la reproduction fac-similé d'un document notarié du 6 novembre 145 3, conservé dans la bibliothèque de l'Université de GiJttingen. La première livraison contient, à propos de Wilhelm Brunsbach et de son psautier, des recherches bibliographiques sur les livres liturgiques de l'Occident chrétien.

Angleterre. — Parmi les livres que la maison Macmillan et C" a publiés dans le courant du mois d'avril, nous citerons : la traduction de lettres de Mérimée à une inconnue, sous le titre An Author's Love (2 vol., i5 francs); un roman fantastique et africain de Mr. Julian Corbett : Kophetna the Thirteenth (2 vol., 1 5 francs) ; Greifensteiny by F. Marion Crawford (3 vol., 36 fr. 25); Lord Lawrence^ par sir Richard Temple, dans la

BIBL. MOD. — XI

série des English Men 0/ Action (3 fr. 10); une étude de mœurs par Mr. Henry James ; A London Life (2 vol., i5 francs); la seconde partie des essais de sir John Lubbock, dont il a été rendu compte ici : The Fleasures of Life (4 fr. 35).

— L'éditeur Murray, de Londres, annonce la Vie d'Alexander Pope, par W. J. Cornthope.qui clora la publication des œuvres complètes du poète entreprise par cette maison; Among Can^ nibals, quatre ans de voyages en Australie, par Cari Lumholtz, de Christiania; une étude sur les portraits authentiques de Marie Stuart avec reproductions et figures sur bois, par George Scharf ; tke Viking Age, étude historique sur les mœurs et coutumes des ancêtres des Anglais modernes, par Paul de Chaillu, et the English Poor, ouvrage où Mr. Thomas Mackay présente l'histoire économique et sociale du paupérisme en Angleterre, et étudie l'influence de la propriété sur le caractère et les mœurs 'des individus.

— Le numéro exceptionnel [Spring Number) du Stationery and Bookselling (J. G. Smith et C^*, i65, Victoria Street, Londres), que nous annoncions récemment, a paru sous la forme d'un volume in-4» de 340 pages. Outre les renseignements techniques et les annonces industrielles et commerciales se rapportant à la typographie et à la papeterie, qui y abondent, parmi lesquels nous citerons une étude sur l'art du relieur (Bookbinding as an art), au double point de vue de l'histoire et de la pratique, une conférence sur la reliure anglaise au temps de Henry VII et de Henry VIII par Mr. W. H. James Weale, où les noms français font bonne figure, et deux savants articles de Mr. W. Roberts sur la librairie en Ecosse et sur les éditeursauteurs (The Publisher as an Author), Ce numéro vaut à lui seul plus que le prix de l'abonnement pour l'année, qui est de 5 shillings (6 fr. 25.).

— Le i5 mai a paru, simultanément à Londres et à Paris, un nouveau magapnef sous le titre de East and West (est et ouest).

Autriche. — Une nouvelle revue typographique : la Revue de la Librairie et de l'Impri' merie, a récemment paru à Salzbourg sous la direction de M. Anton Halanska.

Espagne. — On annonce de VAteneo de Ma-

drid un livre destiné à faire sensation. C'est une attaque à fond de train contre les académiciens espagnols, par le philologue orientaliste don Martin Minguer, qui fut un des brillants élèves de Saint-Acheul, L'ouvrage a pour titre : Los Acadimicos. U'storia de aljunas Academias o la ciencia oficial à fines detSiglo xiï, en Espatia.

États-Unis.- MM. Houghton, Mifflin et C", de Cambridge, Massachusetts, ont mis en vente le 4 mai plusieurs nouveaux ouvrages, parmi lesquels nojis citerons : Emerson in Concord, par son fils Edward Waldo Emerson, avec un portrait inédit (I vol. in-S» ; 8 fr. 75) ; The Story 0/ William and Lucy Smith, par George-S. Merriam (i vol. in-8' : 10 fr.}; Picturesque Alaska, par Abby Johnson Woodman, avec une introduction de J.-G. Whiltier et des illustrations (i vol. in- 16: 5 fr.}; une nouvelle édition revue et très augmentée par Charles G. Wheeler, de l'ouvrage si utile de William A. Wheeler, Noied Names 0/ Fiction (i vol. in-i2 : 10 fr.) , The Stary of an Enihusiast, par Mrs. C.-V. Jamison (1 vol- : a fr. 5o).

Publications de MM. FratelH Trêves. — Le bel ouvrage de M. Edmondo de Amicis Sull'Oceano, si justctnent populaire en Italie, tient de paraître en treizième édition chez les éditeurs FratelH

Trêve, de Milan (i voi. in-i6, 412 p. ; prîi : 5 fr.). Ce n'est pas un simple récit de voyage, dû â la plume d'un écrivain pittoresque et maître de toutes les ressources de sa langue; c'est aussi un livre d'une haute portée sociale où sont traitées, sans nulle sécheresse et avec une incontestable autorité, les plus graves questions touchant la population, la production, l'alimentation, et particulièrement l'émigration au point de vue de l'influence qu'elle peut avoir sur le bien-être général dans notre vieux continent. Littérateurs," économistes et hommes politiques trouveront également leur profit à lire cette œuvre remarquable et àla méditer.

La même maison d'édition a mis en vente le 12 mai une édition illustrée du livre célèbre de M. Edmondo De Amicis, Gli Amici, Ma romaa de Gabriele d'Assunzio, // Piacere, et la Physio^ logie de la haine {Fisiologia deW Odio) par Paolo Mantegazza, le grand physiologiste.

— L'éditeur S. Lapi, de Città di Castetlo, vient de publier le discours prononcé par l'avocat Vite Sansonetti dans l'afiaire de Raffaele di Cesare, gérant du Carrière di Napoli, poursuivi pour offense à la Constitution et au roi. Ce discours intitulé Re Costitujionale è re inerte? est fort éloquent et plein d'intérêt ; mais nous nous interdisons ici tout ce qui touche à la politique.

A TRAVERS JOURNAUX ET PÉRIODIQUES

— A signaler, dans te Correspondant du zS avril, une belle revue par M. Victor Fournel du livre rie M. Barboy d'Aurevilly, les Œuvres et les hommes. — La presse quotidienne s'esl naturellement grandement cmue à la mort, encore toute récente, du maître écrivain. On a un peu dénigré et insulté, — comment en perdre l'habitude ? Mais les regrets et l'admiration du plus grand nombre n'ont guère permis d'entendre ces vois discordantes. Voici la nomenclature — très incomplète — des principaux articles auxquels celte mort a donné lieu : Journal des Débats (i6 avril), article élogieus, avec réserves, de M. André Hallays. — Echo de Paris : le 26 avril, M. Henry Bauer, dans son article ta Ville et le Théâtre, rend hommage au grand talent, à la sincériié artistique, au désintéressement parfait du mort ; le 17, M. E. Lepellelier lui consacre une étude mi-miel, mivinaigre, et le goût du vinaigre l'emporte décidément à la fin; le 28, M. Edouard Deschaumes, dans un article intitulé la Pauvreté littéraire, constate que « M. Barbey d'Aurevilly retardait sur notre époque et nos mœurs au point de vue de l'argent u, et que " la pauvreté en littérature a fait son temps ", M. Edmond Deschaumes doit le savoir pour l'affirmer, et nous lui en faisons sincèrement compliment, puisse-t-il en Itre ainsi pour tout le monde das lettres! Enfin, le 3 mai, H. Octave Mirbeau, sous le titre de la Comédie de la Gloire, donne la note, 3pre et vibrante, mais JQste, selon nous. — XIX' Siècle (27 avril) M, Henry Fouquier consacre à ce grand mort un article la Vie de Paris; — dans l'Événement^ (î5 avril), M. Paul Belon le prend pour sujet de sachroniquePirmçHipajse. — Figaro (37 avril); étude très poussée par M. Théophile Sylvestre. — Justice (16 avril). Bol et bon article de M. Gustave Geffroy, sous ce titre : la Mort d'un écrivain. ~ Gabelle de France, Un feuilleton sévère de H. Simon Boubée. J'en passe, et sans doute des meilleurs.

— L'Instruction publique (avril-mai) , publie une

suite d'études fort instructives sur n l'enseignement desarts libéraux au commencement du xn' siècle «, par M. L. Clerval.

— La Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, publiée par la Société des Bibliophiles Bretons dont notre collaborateur, M. 0. de GournefFest le secrétaire [Nantes, rue Saint-André, 62), contient dans son numéro d'avril, entre autres articles intéressants et curieux, la fin du travail de M. Robert Oheix sur les mémoires inédits du conventionnel Honoré Fleury, et un article plein de sympathie, de poésie et de vie, de M. Louis Tiercelin, întiiulé ; Les séjours de Charles Dickens en France, et inspiré par le beau livre de M, du Pontavice de Heussey sur l'Inimitable Boj.

— Dans la Revue générale du i5 mai, la comtesse de Muzay trace d'une main alerte et sùra la silhouette de Louis Ulbach. Le numéro précédent (1" mai) contient une élude sur J. Barbey d'Aurevilly, par M. Adolphe Rîbaux, et donne lu fin des piquants souvenirs de M. Philibert Audebrand sur Roger de Bea

— La Typologie-Tucker donne, dans se méros d'avril, de fort bons conseils aux auteurs, au point de vue de la correction typographique. S'ils étaient suivis, les fautes d'impression seraient, sans aucun doute, plus rares. Mais u teur n'est pas un calligraphe; le temps le presse, et les imprimeries ont, ou doivent avoir, des cor-

— Signalons en courant dans la Presse quotidienne :

— Journal des Débats (20 avril} ; Une lettre de M. Louis H ave t, professeur au collège de France, préconisant une réforme orthographique, non seulement au nom de la commodité et de la simplicité, mais au nom de l'étymologie, — le grand

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cheval de bataille de ceu^ qui veulent s'en tenir au statu quo,

(27 avril) : Très intéressante étude de mœurs intitulée: Pauvres ménages (notes contemporaines), sous la signature de M. Paul Desjardins.

(11 mai) : Une correspondance de M. George Viollat à propos d'une représentation en l'honneur de Shakespeare au Mémorial Théâtre de Stratford-on-Avon.

(i5 mai) : Etude sur le BalthasardeM. Anatole France, par M. Henri Chantavoine.

(17 mai) : Essai sur /e5 Incertitudes de la biographie de Dante, par M. Edouard Rod.

— X/X« Siècle (23 avril) : Chronique de M. Francisque Sarcey sur l'origine et le sens du mot truculent,

— Écho de Paris (25 avril) : Le Lycée, par Nestor (M. Henry Fouquier).

(10 mai) : Un récit dramatique, saisissant et bien curieux intitulé Le Masque, par Guy de Maupassant.

-^ Éclair (29 avril) : Article anonyme intitulé le Reportage moderne, à propos de la préface mise par M. E. Zola au récent livre de M. ChinchoUe.

— Événement (17 avril) : Les Eunuques^ pdtr M. Félicien Champsaur. On se doute qu'il s'agit des eunuques littéraires, et que ces eunuques sont les critiques.

(ao avril) : Article anecdotique de L. Roger- Miles sur Louis Ulbach.

(22 avril) : Le Théâtre des Marionnettes, par M. Jules Case.

(24 avril) : Gustave Flaubert, par M. Edmond Magnier, à propos de la publication récente de sa correspondance.

— Figaro (23 avril) : Auteurs à Femmes^ par Gaston Jollivet.

(29 avril) : Fumisteries littéraires, par Henry Fouquier. Recommandé aux décadents, et autres grands poètes des temps futurs.

(11 mai) : Le Manuel du savoir^écrire, excellente satire des mœurs littéraires du temps présent par M. Octave Mirbeau.

— France (iS avril) : Chronique de M. Marcel Fouquier, sur Louis Ulbach.

— Gai^ette de France (20 avril) : Un Lycée; les professeurs; la licence elles licenciés, par M. Clovis V.

— Gil Blas (3o avril) : commence la publica-

tion d'un fragment inédit de Barbey d'Aurevilly, intitulé : la Vengeance d'une femme.

(7 mai) : Truandaille, par M. Jean Richepin.

— Liberté (24 avril) : A travers champs, par P. P., chronique consacrée à la récente publication de MM. Louis Tiercelin et J. -Guy Ropartz, le Parnasse breton contemporain,

— Moniteur Universel{20 avril) : article très hostile, naturellement, de M. Emmanuel Cosquin sur les Découvertes de M. Emile Burnouf, On sait que M. Emile Burnouf a publié dans la Revue des Deux-Mondes (i5 juillet 1888) une étude sur le Bouddhisme en Orient où il pense établir la filiation du christianisme en le faisant remonter à la religion de Bouddha.

— Paris (16 avril) : Une passion héréditaire^ à propos d'Emile de Najac, par M. Gustave Isambert.

— Parisien (20 avril) : les Décadents, par M. Paul d'Argenay.

— Parti national (ib mai) : Paris qui passe, correspondance sur le comte Tolstoï, mort récemment, signée A. Wernoff.

— Parti ouvrier (23 avril) : Emile Bergerat, par M. Paul Buquet.

— Public (23 avril) : ^Exotisme, par M. Paul d'Armon, étude consacrée au romancier anglais F. Marion Crawford.

— Temps (14 avril) : Charles Beaudelaire, par M. Anatole France.

(24 avril) : la Morale de La Fontaine, par M, E. Legouvé.

ETRANGER

Allemagne. — La publication si utile que dirige le D' O. Hartig sous le titre de Centralblati fur Bibliothekwesen (Leipzig, Otto Harrassowitz, éditeur) signale, dans son numéro de mai, la bibliographie « hautement intéressante et tout à fait curieuse » que M. F. Drujon a donnée dernièrement au Livre (la Destruction volontaire des livres ou la Bibliolytie) ; puis elle ajoute : « Nous profitons de cette occasion pour appeler une fois de plus l'attention sur cette revue. » Sans être un journal purement technique et exclusivement consacré aux bibliothèques, elle contient beaucoup de ce qui intéresse le bibliothécaire et encore plus de ce qui intéresse le bibliophile. En outre les spirituelles causeries d'Uzanne lui donnent du piquant et de l'éclat,, dans sa Biblo graphie moderne, elle donne un aperçu très complet des publications nouvelles. L'exé-

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

cution matérielle est magnifique ^ et les gravures qui illustrent chaque numéro méritent tous les éloges. Cette revue représente donc bien exactement la bibliophilie française, pleine de goût, et aussi riche en science qu'en ressources ! »

— Nous appelons l'attention des lecteurs sur deux articles de la Deutsche Rundschau pour le mois, de mai : une belle étude du pessimisme dans Shakespeare, Hamlet ; die Tragédie des Pessimismus, par M. Fr. Paulsen, et des pages bien allemandes et, par cela même, bonnes à méditer par nous, sur Max Schneckenburger, Tauteur du chant fameux Wacht am Rhein, par M.W. Lang.

Angleterre. — The Academy (20 avril) publie une pièce de vers de Mr. J.-T. Chapman, intitulée As iveview it, qui est aussi remarquable par la profondeur philosophique de la pensée que par l'harmonie du rythme et la force poétique de l'expression. Le même journal porte cette appréciation sur un de nos récents numéros : « Après une courte note, où le rédacteur en chef fait connaître les progrès de son projet favori d*une société internationale de bibliophiles, le Livre d'avj*il contient deux très intéressants articles. Pour le second, qui a pour sujet un épisode de la vie académique au XVII* siècle, sous le titre : Une Mystification sous Louis XI Vy le nom de l'auteur, M. Eugène Asse, est une suffisante garantie. Mais peut-être les lecteurs frivoles aimeront-ils encore mieux le premier, où M. Francis Rénier traite des caricatures de Wagner et de Berlioz, parce qu'il est illustré. Les « images », en effet, attirent bien des enfants qui ne le sont plus par les années. Et quelques-unes de ces « images » sont fort bonnes. Elles viennent de sources anglaises et allemandes aussi bien que de sources françaises, et sont empruntées directement aux ouvrages de M. Adolphe JuUien. Mais ces ouvrages, tout le monde ne les possède pas; certaines personnes peuvent ne les avoir jamais vus, et offrir ces reproductions dans un article est légitime et louable. »

Le même journal (27) donne, sous la signature Charles-J. Robinson, un remarquable compte rendu du nouveau volume de vers de M. Algernon Charles Swinburne. Citons aussi, pour tous nos amis bibliophiles, l'étude de Mr. Alfred-W. PoUard sur le Philobihlon de Richard de Bury, édité et traduit par Ernest-C. Thomas, et que nous avons déjà signalé.

, — A remarquer particulièrement dans le Bookworm de mai un article sur Albert Diirer avec quelques illustrations bien choisies, et quelques pages sur un bookworm fameux : Robert-Samuel Turner. .

— The Fornightly Review d'avril et de mai insère une étude sur Alfred de Musset due à M. Arsène Houssaye. Nous ne croyons pas que le charmant écrivain puisse se passer d'un traducteur pour se présenter aux lecteurs anglais ; mais il a eu la chance d'être compris et rendu avec presque toute la grâce, la finesse et les nuances de sa pensée. Citons encore un essai sur la vie militaire (Is a soldier's life worth living ?) par le général vicomte Wolseley, et une étude sur John Bright par Mr. Karl Blind.

— The National Review contient un essai de Mr. Philip Kent où, sous le titre de Bal^^ac's view of the artistic tempérament^ l'auteur étudie les idées exposées par le grand écrivain français dans les articles donnés par lui à la Silhouette en mars et avril i83o. Mr. Philip Kent fait remarquer en passant combien les esprits réputés les plus originaux de l'Angleterre contemporaine, tels que Carlyle, Thackeray, lord Beaconsfield, Herbert Spencer et une quantité d'autres (a host of others) sont redevables à Balzac.

— Nous lisons dans Notes and Queries (20 avril) : « Le Livre d'avril contient l'annonce de la formation de la Société des Bibliophiles contemporains, limitée à 168 membres, tous nommés dès maintenant, ce qui laisse 140 candidats for cément désappointés. Une présidence d'honneur a été donnée au duc d'Aumale. Quelques caricatures admirables sur Richard Wagner et sur Hector Berlioz et un portrait de M. Adolphe Jullien accompagne l'article suivant. ■ Les Rencontres d'un Bibliophile » donne le curieux récit d'une inimitié entre l'éveque de Noyon et l'abbé de Caumartin, dont l'Académie française fut l'origine. La a Bibliographie moderne » rend compte d'un livre au moins publié en Angleterre et sur lequel la critique anglaise est restée muette.

— The Scotsman, le grand journal quotidien d'Edimbourg, continue à publier périodiquement des chapitres de l'histoire de la librairie en Ecosse, par l'auteur si compétent de The Earlier History of English Bookselling,Mv. W. Roberts.

— Dans le très mtiîrcssant Magasin Populaire (lo centimes, lo numéro de i6 pnges, gr. iii-4°), Intitulé Wit and Wisdom , nous remarquons plusieurs articles de notre ami Mr. W. Roberts, purtfculiércmcnt celui qui a pour sujet : Les livres et leurs Fabricants {Books and their Makers]. M. Roberts s'<!tonno, dans cet article, qu'un journal français de publicité, servi gratuitement d tous ceux qui en font la demande, ne veuille insérer do notices-réclames bibliographiques que contre paiement, et il ajoute que rien do pareil no se produit en Angleterre. Cependant en Angleterre les annonces et réclames se paient comme ailleurs, et le journal en question, que Mr. W. Roberts ne nomme pas mais qu'il est aisé de reconnaître, ne peut considérer, comme il l'a expliqué maintes fois, les notices qu'on lui envoie it insérer que comme des annonces dont le paiement, fort légitime, lui permet de rester un journal gratuit de renseignements Itibliograpliiques et littéraires.

Hollande. — Internationales Archiv fur Elnoi:rjfhic. b savante et luxueuse publication que diriito le conservateur du musée ethnoi^raphique de l.eyde, .M. J.-D.-E. Schmelt» (Lcydc, P.-W.-

M. Trap, éditeur), entre dans sa deuxième année et nous sommes heureux d'en constater le succès. Ce numéro contient, entre autres travaux, un important travail du D' F. von Luschan, sur le Kharagueuz turc (Das tlîrhische Sftatienspich), avec des planches en couleurs très curieuses, et d'une admirable exécution. M. L. Serrurier y rend compte en français des travaux de la Société d'anthropologie de Paris, et M. E.-T. Haroy, du Congrès international d'anthropologie.

— Nous avons reçu une nouvelle livraison {7 et 8) de Kunstkronick, publié à Leyde, chez A.-W. Sijthoffs. Elle contient, outre le texte, un beau portrait du roi de Hollande, Guillaume III, et un paysage de M. Bilders van Bosse.

Italie. — La Nueva Antologia, qui se publie à Rame, a plusieurs articles qui méritent d'être cités, dans son numéro du 1" mai. En void les titres: Gli studi del Laocoonte, par E. Briiio; Socialismo antico, par A. Salandra ; U troisième partie de l'étude sur la philosophie pessimisie en Allemagne, par G. Barzellotii (/' Pessimitmo filosofim in Germania e il problema morale dâ mosr tri tempi), etc.

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FRANCE

— M. Armand BeauEsire, ancEen député de la Vendée, membre de l'Académie des sciences morales et politiques et du conseil supérieur de l'instruciion publique, auteur de plusieurs ouvrages estimés, a luccombé le 8 mai,iragedesoiunle-cinq ans(avril).

^ On nous annonce la mort de M. J.-B. Denis, proviseur honoraire du lycée Henri IV, inspecteur

honoraire d'académie, ftgé de

— M. Alfred Elwall, professeur d'anglais au lycée Henri IV et à l'École des mines, est mort en avril dernier, à l'âge de soixante-douze ans, I! laisse plusieurs ouvra|;es scolaires et pariicuiiéremenl un eicellent dictionnaire anglais-français (Delalaio).

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^— Nous apprenons la mort (mai) de M. Charles Lory, doyen de la Faculté des sciences de Grenoble, correspondant de l'Institut, auteur d'une étude sur les terrains secondaires des Alpes, monument scientifique de premier ordre, de Recherches sur la composition chimique et minéralogique des roches dans les Alpes de Dauphiné, d'une description géologique du Daupbiné et d'une infinité de travaux dispersés dans les grands recueils scientifiques.

^ AlBao«. — Nous apprenons la mort de M. BrQcker, conservateur des archives de Strasbourg, dont il a publié l'Inventaire sommaire. On lui doit aussi une Histoire des archives de la ville de Strasbourg avant 17Q0. il mettait la dernière main à une collection des ■ Ordonnances du magistrat de Strasbourg, • lorsque la mort l'a surpris.

Allemagne. — On annonce la mort du professeur A. (titschil, deGottingen, théologien distingué — — Aatriolie. — On

à qui l'on doit une histoire de piétisme. El était igé de soixante^eize ans.

— On a intime Hermann Wagen Gajelle de la Croix (avr

^— M. Ludwig Walesrade, et très populaire en Prusse, est

s fondateurs de la

humoristique récemment.

— Anglfltdrre. — Miss E.-H.-D. Bagnold, poète lyrique, qui eut son heure de notoriété, et auteur d'un excellent petit traité sur l'orthographe: Civil service orthography, est morte à Rome, en mars

•in*—

— — Un voyageur et un naturaliste dintingué, M. Robert D^mon, auteur de A Handbook to the Geology of Wermouth and the Isle of Portland {\mo et 1884), est mort le 4 mai à l'âge de soixante-qua-

—— Le D' Warren De La Rue, savant distingué qui fut longtemps à la tSte de la maison d'édition Thomas, De La Rue et C', à Londres, y est mort le ig avril, ftgé de soixante-quatorze ans.

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lort du colonel R. D. Osbora {19 avril), auteur de Islam under the Arabs et Islam ttnder the Khaiifs of Baghdad, et collaborateur actif de plusieurs journaux et revues.

— Le Révérend W. H. Simcox, né en 1843, théologien distingué et collaborateur de T/ie Expositor, de The Englisk Historical Review et de The Aco' demy, est mort à Harlaxton, dans son bénéfice, le

^— Mr. W. Spurrell, auteur et traducteur de plu* sieurs ouvrages gallois, et en même temps imprimeur e(libraire,éditeuràCarmartheD,est mort le 32 avril, à l'ftge de soixante-quinze ans.

1 mort à Vienne

LE LIVKE

(mai), i l'ïge de loixante-dix-huit qui éiait devenue célèbre par ton grand esprit, «a grande bcauLé et ta paision qu'elle avait inipirée i un grand poéie, Lenau. La baronne Sophie Lawenthal a ité immortalisée loua le nom de Sophie par le poète qui lui a liédié quelquei-una de lei chanta les plui pauionnéi et lei plus émouvantai elle avait écrit ellu-m^me un roman Inriiulé : Mètalliance. Elle était lille du conseiller auiique de Kleyie, qui avait été tria lié avec l'arcbiduc Charles, l'adversaire de Napoléon 1", et à qui l'archiduc avait dicté son autobiographie. On pense que cette autobiographie, qui fait partie de la succession de la baronne Sophie Lccwenlhal, va £ire publiée.

ÉtaU-UoiB. — Le D' F. A. P. Barnard, président du Columbia-College, poète, archéologue et orientaliste de grand talent et de science profonde, est mort le 17 avril, âgé de près de quatre-vingts ans.

^— Un auteur de livre acolaii qui, après avoir été professeur, s'était fait l'éditeur de sea propres ouvrages, M. L. H. Brown, est mort i Coluinbia, Montana, le 2S mars, à l'âge de quarantesept ans.

— Le D' Samuel W. Gross, auteur d'ouvrages timés sur la médecine, est mort à Philadelphie, le avril. Il était figé de cinquante-deux ans. — •itti"

la mort de M, Emilio

EUr du Corriere italiano, économiste 'C distingué.

-^ Suède. — Nous apprenons la mort (2 mai), de 'éveque de Strengnas, le D' Adam Tbéodor Strom-

berg, très apprécié politicien. Il était

^ Russie. — Michel Saltikoff qui, sous le pseu-

grand nombre t-Pétersbourg a

donyme de Tchedrine, a écrit ui d'ouvrages, vient de mourir à Sai l'âge de soiiante-deui ans (10 mai),

Il était extrêmement populaire en Russie dans toutes les classes de la société et laisse d'universels regrets. ^

. de Saint-Pétersbourg {mai), la mort du comte Tolstoï, ministre de l'intérieur.

a En dehors de ses fonctions of&cîelles, le comte de Tolstoï était président de l'Académie des sciences et de la section littéraire de cette Académie. Il a publié des travaux très importants sur l'Iiisloire de Russie et sur l'histoire de l'enseignement depuis le règne de l'impératrice Catherine.

« 11 est aussi l'auteur d'un ouvrage écrit en français, et rempli de documenta d'un très grand inlérét C'est VHîiloire du catholicisme en Rutsie, en trois volumes in-8>.

• Il faut ajouter que le comte Tolstoï était un des partisans de l'alliance française dans les conseils de

L'AdminittnUeHt-Gerant : A. Sa(

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