‹ Le livre (volume 4)Chapitre 80 sur 129 · La Poésie de Coventry Patmore · texte numérisé non relu

La Poésie de Coventry Patmore

I. Essays chiefiy literary and ethical, by Aubrey de Vere, LL.D. London, Macmillan and C«, 1889: un vol. pet. in-8® vin-Siq p. Prix : 7 f. 5o (6 shillings).

CAZETTC BliLIOGRAPRlQUE

5. ■ Une politique irlandaise *, écrite en janvier 1887 et où il recherche les conditions que devrait remplir une bonne politique en Irlande. Il trouve qu'elle devrait être forte et persévérante ; qu'elle devrait Sire juste; qu'elle devrait être gétiénuse et même sympathique, dans les cas où la sympathie n'implique pas cette faiblesse qui encourage des espérances destinées à ne jamais être remplies. Le programme est honnête, mais vague, et bon pour tous les pays; le reste de l'article est consacré à le préciser et à l'appliquer à llrlande, dont la condition morale et matérielle intéresse vivement l'auteur.

6. t La Représentation proportionnelle considérée au point de vue de l'idée qu'elle implique. > Cette idée, c'est l'idée de la représentation nationale dans sa dignité et sa vérité : représentation qui ne peut être atteinte qu'en faisant des collèges électoraux nommant trois représentants, et en donnant à chaque électeur le droit de reporter ses trois votes sur un seul candidat; de cette manière, il suffira que la

* deuï cinquièmes pour qu'elle si Si part dans la représentation. Ce système fonctionne déjà, à la satisfaction de tous, dans l'élection au scrutin de liste des assemhlées locales, comme conseils municipaux, commissions scolaires, etc.

7. B Les Propriétés ecclésiastiques et leur sécularisation. ■ Il y déplore la sécularisât ion des biens de l'Église en Irlande et est d'avis qu'une semblable mesure en Angleterre serait une des plus lourdes calamités que pût essuyer le pays.

8. a Quelques notes sur l'incroyance moderne, s Rejeter la révélation, ainsi pense M. Aubrey de Vere, c'est renoncer à son propre héritage et se résigner à ne rien connaître des origines et de la fin de l'homme, non plus, par conséquent, que des véritables conditions de sa nature. Ces quelques pages ont été écrites pour servir d'introduction à un ouvrage d'allégorie et de polémique religieuse iamalé Proteus and Amadeus, dans la composition duquel M. Aubrey de Vere tient à déclarer qu'il n'est pour rien.

9. • Remarques sur la philosophie de la règle de foi. > La règle de foi moderne c'est le j ugement particulier, ce que nous appelons le libre examen; la règle de foi de jadis, la bonne, c'est l'auloriié de l'Église. M, de Vere s'efforce de prouver que cette dernière est la seule qui soit véritablement philosophique ; il nous semble donner, en très bons termes, les meilleures raisons du monde pour convaincre les convaincus.

10. s Le caractère personnel de la poésie de Wordsworth. » Nous avouons que nous aimons beaucoup mieux M. Aubrey de Vere critique litté-

raire qu'écrivain politique, moraliste ou théologien. Il apporte alors, dans ses analyses et ses appréciations, le sentiment d'un vrai poète, et il sait faire vibrer le lecteur k son unisson. Ce morceau complète ses études sur Wordsworth, à qui il avait déjà consacré une bonne partie de ses Eisays ehiefly oh Poetry. Il est dîiïicile d'entrer plus intimement qu'il ne le fait dans l'esprit et dans le talent de ce poète délicat, tendre, pur et passionné, très compliqué dans sa natveté mystique, qui fut aussi un penseur intéressant et un prosateur de grande allure. Nous souhaiterions, pour notre part, que Mr. Aubrey de Vere fit réimprimer, pour en former un livre à part, les quatre articles sur Wordsworth qu'il a disséminés dans ses trois volumes d'Essays. Nous aurions là le dernier mot de la critique compréhensive et sympathique, dit sur Wordsworth par un homme dont le génie a une singulière affinité avec le

II nous est venu d'Amérique, parmi d'autres livres dont nous parlerons ailleurs et qui portent tous la fière devise de la Riverside Press : « Tout bien ou rien », un volume qui fait un contraste assez piquant avec celui de Mr. Aubrey de Vere. Il a pour titre Indoor Sludies, et pour auteur Mr. John Burroughs". Ce n'est point dans l'intérieurde son cabinet, portes fermées, que Mr. John purroughs cherche, d'ordinaire, sessujets d'étude. Le grand air, les champs, la nature et ses hôtes, ce qu'on voit, ce qu'on fait, tout ce qu'on pense, out o/doors, voilà qui lui est bien plus familier que son pupitre, les rayons de sa bibliothèque et les gros livres de référence, fatigants à consulter. Et voilà pourquoi peut-être Victor Hugo lui a paru un géant difforme, un malformed giant. Il ne l'aura vu qu'entre les quatre murs de son cabinet, où il lui était difficile de se mettre au point.

Mr.JohnBurroughs a écrit de charmants livres, pleins de fraîcheur et de verdeur, comme leurs titres : Fresh Fietds, Birds and Poeis, Loeusis and WildHoney, Wake Robin, Winler Sunshine. Signs and Seasons, etc. Celui-ci est, croyonsnous, le premier pas qu'il a fait dans la carrière poudreuse de la critique proprement dite. Ce n'est pas que ses préférences ne se fassent jour en plus d'un endroit. Ainsi, chaque fois qu'il rencontre ou qu'il peut faire naître l'occasion de s'arrêter aux sciences naturelles, à celles qui ne sont rien sans l'observation directe des phéno-

1. Indoor Sludies, by John Burrougbs. Boston and New-York; Houghton, Mifflin and C°, 1889; un vol. in-i6, a56p. Prix: fi f. 35.

mènes niitiirels, il n'y manque pas. 11 aime à ouvrir sa porte, comme le dit le titre d'un de ses essayi |.!n open door), et à regarder dehors. Les poètes et la science, l'arbre de vie des biologistes, la solitude au sein de la nature, sont des stations où il se repose de son voyage en un fauteuil à travers les esprits de ses compatriotes : Henry D. ThorL-au, Emerson, Hawthorne, d'Anglais comme iMatihew Arnold et Carlyle, et même de Français comme Victor Hugo.

Un critique d'un journal de Boston, the Literary H-'orU (6 juillet), dit avec justesse, cenous semble, à propos de ce livre : « Le talent de Mr. Burroiighs est toujours personnel et sincère... mais il e^t impuissant à apprécier les qualités qu'il ne possède pas,.. Lorsqu'il parle de la poésie au point de vue littéraire, sa critique est in suffis;! iiif, parce qu'il manque apparemment du pouvoir li'.ipprécier le côté technique et les différences <1^ degré dans les manifestations de cet art... Instruit par la nature qu'il a étudiée de près, dans cette région de la Nouvelle- Angleterre, où rien n'est outré, excepté le climat, M. Burroughs n'a guère rien de commun avec les poètes de passion violente ou d'universelle harmonie... • En somme, « le talent de M. Burroughs, robuste mais étroit, est plus apte à l'exposition des faits qu'à la critique. •

C'est à peu près ce que nous disions en commençant. Mais nous ne serions pas juste si nous n'ajoutions que l'accent personnel et volontaire de Mr. Biirroughs donne à tout ce qu'il écrit un attrait piquant, une saveur saine et appétissante, et que, si l'on pense assez souvent qu'il a tort, on lui sait gré de se tromper avec tant de franchise dans l'allure et le ton.

Nous siijnalerons, comme nous ayant particulièrement diverti, un essay intitulé Little Spoons versui Bii; Spoons (le Procès des petites cuillers contre Ils grandes), où il détaille, avec beaucoup d'humour et de gai bon sens, le contraste que présentent la solide et un peu massive nature de l'Anglais i;t le tempérament sec, nerveux, agile, libre de tout superflu, de l'Américain. Le dernier morceau, an Egotistical Cfiapter, nous a aussi vivtment intéressé, en dépit du moi, cette mauvaise herbe, qui s'y étale et y croise en tous sens ses pousses envahissantes. Nous demandons à en citer ces lignes, parce qu'elles contribueront à l'aire connaître la valeur d'un poète dont le nom a retenti partout, mais dont l'œuvre est restée à peu prés inconnue en France : « Whitman [Walt Whiiman] a exercé sur moi une sorte d'influence libérale et libératrice; il m'a donné en même temps une leçon de positivisme que je n'aurais tiré, dans la même mesure, d'aucune autre source.

Whitman ouvre les portes et les ouvre larges. 11 déverse un fleuve de sympathie humaine qui met à flot le monde entier. Il est une grande force humanisante ; il n'y a pas, dans la littérature, une autre personnalité qui me donne à ce point le sens de la largeur et de la grandeur dans les qualités purement humaines et personnelles. On sent dans ses poésies un homme qui vit et respire comme on ne le sent nulle pari ailleurs. Ceci ne serait pas une recommandation pour certains lecteurs; mais c'en est une pour ceux qui, comme moi, estiment dans un livre les qualités éternelles de l'humanité au-dessus de toute chose. Mettre une grande personnalité dans la poésie, c'est créer une vivante fontaine de force, où la race surmenée et épuisée peut se rafraîchir et se renouveler. B

Nous terminerons cette revue des publications de choix qui nous viennent de l'étranger par un très joli volume de Mr. F. Hopkinson Smith, intitulé a Wkiie Umbrella in Mexico (une Om- • brelle blanche au Mexique)'. L'introduction dira mieux que nous ne saurions le faire ce que l'auteur a voulu et ce qu'il a efl'ectivement eiécuté.

I Mon investigation, dit Mr. Hopkinson Smith, n'a pas été bien loin au-dessous de la surface. La tâche eût été peu en rapport avec mes moyens, et te résultai superflu. Le détail des ressources, des religions, de la politique, des gouvernements, des conditions sociales et des malheurs du Mexique emplit déjà maints in-folio, et pèse lourdement sur maints rayons de bibliothèque, et aussi, je l'espère, sur quelques consciences.

II J'ai préféré présenter ce qui peut intéresser le peintre et l'oisif : une terre de blanche clarté solaire, pleine de l'odeur des fleurs; une terre de costumes brillants, d'églises croulantes et de vieux couvents; une terre de salutations bénévoles, de courtoisie extrême, d'ouverte et large hospitalité.

I Je me suis délecté l'âme du balancement des lis au soleil, de l'assaut des roses se pressant sur les murailles ruineuses, des larges feuilles de palmiers épandant des ombres rafraîchies, et je n'ai rien gaspillé de mon temps précieux à chercher le lézard et la taupe rampant k leurs racines.

a Satisfait de lu nouveauté et du charme de la vie pittoresque qui m'entourait, j'ai regardé les enfants nus dans leurs jeux et le péon patient au travail; et le hautain hidalgo, armé et gardé, in-

1. A White Umbrella U Mexico, by F. Hopkintoo Smlih. Wiih illustrations, by ihe Author. Boston and New-York; Hougliton, Mjtfljn and C*, iSSq; un vol. pei. in-S*, 127 p.

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

spectant ses plantations; et la senoriia brune de peau, pressant ses lèvres contre la grille du confessionnal ; et jusqu'au coup d'œil furtifet dérobé de Voutiaw, sans me préoccuper d'analyser ou de résoudre aucun des nombreux problèmes religieux et sociaux qui rendent possibles de telles conditions.

« C'était assez pour moi de trouver la vie sauvage du Comanche, le grand état du Don espagnol, et les débris de la splendeur passée des ordres religieux existant côte à côte avec le résidu de cette civilisation aztèque qui enflammait les cœurs espagnols aux anciens jours de la conquête. Assez de découvrir que, dans ce résidu, survivait encore une race capable de la plus haute culture et digne de l'étude !a plus approfondie. Peuple distinct et particulier, peuple désintéressé, patriote, tendre de cœur, de grande beauté individuelle, de grand courage, de politesse raffinée. Peuple maintenant dans sa vie de tous les jours une étiquette qui est un phénomène chez une r^ce foulée aui pieds; offrant du premier coup à l'étranger et au passant, du seuil même de ses huttes en briques crues, une hospitalité si généreuse, accompagnée d'une courtoisie si exquise, qu'on s'arrête à la porte suivante pour jouir encore de cette volupté.

< C'était plus qu'assez de m'ébatcre sous un soleil italien éclairant une terre à demi tropicale; de voir en haut des pics coiffés de blanc s'enfonfant dans le bleu; de voir en bas des plaines balayées des vents qu'entourent des chaînes déchiquetées de montagnes; de saisir le reflet étincelant des cités en miniature, çà et là serties comme des joyaux dans des oasis d'oliviers et d'orangers, et de me convaincre qu'aujourd'hui, avec son paysage varié, ses costumes, son architecture, sa vie dans la rue, ses canaux encombrés de bateaux chargés de fleurs, ses marchés où se pressent les indigènes vêtus de couleurs brillantes, ses intérieurs d'église éteints et ses couvents abandonnés, le Mexique est le pays le plus merveilleusement pittoresque qui soit sous le soleil. Une Venise tropicale! une Espagne à demi barbare! une nouvelle Terre sainte!

« Pour jouir complètement de ce peuple-ci. comme de tout autre, il faut vivre dans les rues. Une causerie avec la vieille qui vend des rosaires près de la porte de la cathédrale, une demi-heure passée avec le sacristain après la messe matinale, un mot de temps en temps avec Tànier, le porteur d'eau et le padre vous donneront une plus juste idée et une vue plus pénétrante de sa vie iniime que des journées passées au musée ou dans le palais du gouverneur.

e Si VOUS avez pour compagne une ombrelle

blanche, et si, sous son abri, vous restez des heures assis, peignant les coins pittoresques qui vous charment l'œil, vous aurez des foules de spectateurs attirés par la curiosité oisive. Beaucoup se montreront de vrais amis pendant votre séjour, et rivaliseront à qui vous rendra le plus de petits services gracieux, que vous aimerez à repasser dans votre mémoire longtemps après que vos pieds auront remué la poussière blanche de leurs villages.

« C'est dans cet esprit et dans ce but que je vous demande de vous détourner de l'ardeur et de l'empressement affairé de votre vie quotidienne le temps qu'il faut pour partager avec moi la fraîcheur et la quiétude de mon ombrelle blanche, pendant qu'elle est ouverte au Mexique.»

Ce morceau, ravissant dans le texte, donne bien le ton du livre. Puissions-nous ne pas l'avoir trop maltraité et détiguré dans la traduction que nous improvisons en courant!

L'auteur, qui n'est pas un artiste en littérature seulement, a illustré son volume d'une vingtaine de délicieuses vignettes, et les éditeurs ont fait de cet ouvrage, par la qualité du papier, la beauté des caractères, l'harmonie des marges et le scrupule de la correction, un bijou typographique, dans un cartonnage solide, sobre et parfaii élégant.

Les nouvelles académiques n'ont pas augmente en intérêt ce mois-ci. L'Académie des inscriptions et belles- lettres a, dans sa séance du 28 juin, décerne le prix Gobert. Les concurrents étaient au nombre de trois : MM. No^l Valois, auteur d'un Inventaire des arrêtés du Conseil d'État (règne de Henri IV) et d'un autre ouvrage intitulé : les Conseils du roi aux itiv*, xv* et xvi" ïiècles; M. Auguste Molinier, auteur d'une Géographie historique de la province du Languedoc au moyen âge; M. Élie Berger, qui a déjà obtenu cette distinction l'an dernier.

Pour le premier prix Gobert, sur 38 votants, M. Noél Valois a obtenu ï5 voix; M. Auguste Molinier, G; M. Élie Berger, 6; bulletin blanc, 1.

En conséquence, le premier prix Gobert a été décerné à M. Noël Valois, archiviste aux Archives nationales.

Pour le second prix Gobert, sur 3? votants, M. Auguste Molinier a obtenu 33 voix, et M, Élie Berger, 4.

M. Molinier, conservateur à la bibliothèque Sainte-Geneviève, a été proclamé lauréat de l'Institut pour le second prix Goberi.

Dans sa séance du 5 juillet, la même Académie a proclamé les décisions de la commission des

ÏÏi

cS>^

:ii^r.

Mm * ■' • .

pi ^ -s"

antiquités de la France. Sont de'cernées les récompenses suivantes :

I" médaille à M. Jarry, auteur d'une Vie politique de Louis de France, duc d'Orléans (i3'j2'

2* médaille à M. Paul Guérin, pour son /?eci/eï7 des documents concernant le Poitou, contenus dans les registres de la chancellerie de France^ t. IV.

3" médaille à M. Clément Pallu de Lessert, pour ses Fastes de la Numidie sous la domination romaine.

4* médaille autorisée par décision ministérielle spéciale, à MM. Camille Favre et Léon Lecestre pour publication faite pour la Société de l'histoire de France et intitulée ; le Jouvencely par Jean de Bueil.

re

1'" mention à M. le duc de La Trémoïlle pour ses Archives d'un serviteur de Louis XL

2« mention à M. Charles Morel, auteur d'un ouvrage intitulé : Genève et la colonie de Vienne.

L'Académie des beaux-arts n'a pas fractionné, cette année, le prix Bordin. Elle l'attribue tout entier à M. Henry Havard pour le Dictionnaire de l'ameublement et de la décoration, voulant ainsi honorer d'une récompense tout à fait supérieure l'œuvre magistrale éditée par la maison Quantin.

Pendant que l'Institut finit de distribuer ses prix, les Académies de province publient leurs programmes de concours. Celle de Nîmes offre :

I* Une médaille d'or de la valeur de 3oo francs à décerner en 1890 (poésie française);

Les concurrents sont laissés libres, tant pour le choix du sujet que pour la forme de l'œuvre, à la condition que les pièces à produire n'excèdent pas deux cents vers.

2® Une médaille d'or de la valeur de 3oo francs à décerner en 1891 (histoire littéraire) : François Guizot, historien.

Les œuvres seront adressées /ranco au secrétaire perpétuel de l'Académie, au plus tard le 3i décembre 1889 pour le premier concours, et le 3i décembre 1890 pour le second concours.

Nous avons promis de tenir nos lecteurs au courant des travaux du Congrès littéraire international. Dans sa quatrième séance, présidée par

M. L. Mickiewicz, il a pris les résolutions suivantes :

1° Le droit de traduction sera protégé de la même manière que le droit sur l'œuvre originale et pour le même temps.

2** Il n'y a pas lieu d'imposer aux auteurs d'articles de journaux ou de recueils périodiques l'obligation d'en interdire la reproduction.

30 Nul ne peut reproduire des fragments des œuvres d'un auteur sans son consentement dans des chrestomathies, des anthologies ou recueils de morceaux choisis.

4° Le Congrès émet le vœu que les pays signataires de la convention s'entendent pour l'unification de leurs législations intérieures, de manière à assurer la complète et effective réciprocité sur tous les points.

5° La transformation d'un roman en pièce de théâtre, ou vice versa, sans le consentement de l'auteur et généralement ce qu'on appelle l'adaptation constituent une reproduction illicite.

Dans sa cinquième séance, sous la présidence de M. Jules Claretie, il a voté cette résolution :

« La reproduction d'une œuvre littéraire au moyen de lectures publiques ne peut avoir lieu sans l'autorisation de l'auteur. »

Le 27 juin, à deux heures, a eu lieu la séance solennelle de clôture, sous la présidence de M. Jules Simon, dans les salons du ministère de l'instruction publique.

Le prochain congrès se tiendra à Stockholm.

Congrès international de géographie. — Si l'empire d'Allemagne nous fait la politesse de s'abstenir de paraître à ce congrès, les autres Etats nous font l'honneur et l'amitié d'y prendre part avec empressement. Ainsi le baron Kaulbars, ancien commissaire impérial russe en Bulgarie, représentera la Russie et la Société impériale de géographie.

Le baron Kaulbars vient de terminer un volumineux travail en français, spécialement destiné au congrès et intitulé : Aperçu des travaux géo* graphiques en Russie.

Le Congrès international d'Orientalistes se tiendra, cette année, en Suède. Il s^ouvrira le 8 septembre.

MM, Guimet, Jire^-teur du Musée national d religions, et Amelineau, maître de confL-renc à l'Ecole pratique des Hautes Études, ont e désignés pour représenter la France ii ce coj grès.

Terminons ces renseignements oiRciels en a;

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE i|3

nonçani que M. J. Guillaume est chargé de publier, dans la collection diis documents historiques inédits relatifs à la RJ\ olution de 1780, les « procès-verbauï du comité d'instruction publique de la Convention u.

FRANCE

La Bibliothèque natian.ile et ses exposUiona. — La direction de la Bibliothèque nationale de la nie Richelieu a fait placer aux portes de cet établissement un avis en français et en anglais, informant le public que le mardi et le vendredi, de dix heures à quatre heures, on peut, sans carte, visiter les principales salles et les curiosités que renferme la bibliothèque : au rez-de-chaussée, le vestibule de l'administration, les manuscrits, les galeries d'estampes. Au premier étage, la galerie Mazarine, la galerie des chartes, l'euposition do géographie et le département des me'd;tilles.

Elle a ouvert, en même temps, deux nouvi^He.s collections de livres, de manuscrits et de cartes de géographie des plus précieuses, autant par leur richesse que par leur rareté. Dans la première salle, située au rez-de-chaussée, se trouvent les livres et manuscrits. Ces livres ontéié chissés en deitï catégories : ceux qui empruntent leur valeur à leur reliure et ceux dont le texte est également remarquable et par la composition et par les souvenirs qu'il rappelle. A citer, dans la première catégorie, une reliure Je I^ic V, une reliure de Colbert et une Imiutioii de Jésus-Christ, datant de 14S8. Les livres exposés sont au nombre d'environ 180. On remarque, entre autres, un exemplaire tout à fait inconnu du Dictionnaire de l'Académie, daté de iGyù, It! Livre d'Or d'Antoine de Lorraine, un livre de Jean l-ouqnet, dom les enluminures sont considérées comme étant des plus remarquables. 11 y a là des ouvrages ou des livres de prières qui ont app.irli;nu à

n autographe se trouve le

presque tous les rois Je France. La section des manuscrits n'olTre pas moins d'intérêt. F.Ue embrasse une période partant du vu" siècle et allant jusqu'au xix*. Voici des manuscrits de Charles V et de Jean le Bon. En face, de Bossuet. A côté de ce iournal de Huei, ancien évêque d'Avranch dans lequel le prélat notait jour par jour ses i penses. Le détail de ces dépt^nses offre un r intérêt en raison des particularités t qu'il comporte. Sur la même ligne, dans la vitrine d'angle, est exposé l'orii-inal de la Marseillaise, avec ce titre : Hymne des Marseillais, et, à la suite des trois couplets, la signature Rouget de Lisie, signature qui passe pour absolument authentique. Dans une autre vitrine sont exposées des chartes des rois de France, accompagnées

core deux curieux documents : l'un de François 6forza et l'autre de lïarberousse. A l'autre extrémité de la salle se trouve une collection très complète des manuscrits de Victor Hugo : Nolre- Daine de J'.iris, les Misérables, etc. A signaler également un dessin absolument authentique de Léonard de Vinci. Ces précieuses collections représentent une somme considérable. Plusieurs des ouvrages achetés ont été payés 7,000. d.ooo et jusqu'à 1 0,000 fr. Cette exposition n'aura d'ailleurs qu'une durée temporaire; elle ne se prolongera pas au delà du mois de novembre prochain.

L'exposition de géographie est installée au premier étage et mérite également d'être visitée. M. Gabriel Marcel, l'organisateur de cette exposition, a trouvé Je gr.inJes diilicult^:'; de cl.isse-

ment occasionnées par le nombre des salles et leur éloignement les unes des autres. Il a remédié à cet inconvénient, autant que possible, en groupant, dans la a Notice », les objets de même nature et les cartes des mêmes régions.

La Revue de géographie de M. L. Drapeyron (juillet), nous fournit sur cette exposition les détails suivants :

Parmi les ouvrages généraux qui sont exposés on doit citer : la géographie en vers de Berlînghieri, le premier ouvrage, au dire de Libri, orné de cartes gravées sur métal ; plusieurs éditions de Ptolémée, notamment celles de 1480 et de i5i3, ^ une belle édition enluminée de Tatlas d'Ortelius, le recueil devenu aussi rare que cher de Braun ou Bruyn, qui nous donne, à la fin du xvi" siècle, le. plan ou le portrait des villes les plus importantes non seulement de l'Europe, mais du monde entier, un Mercator, un Flambeau de la Mer, un atlas de d*Anville, Tatlas manuscrit des Gabelles, par Sanson, etc.

Une autre série, à la fois plus riche et plus nombreuse, comprend les globes et les instruments. On y rencontre un certain nombre de globes arabes en cuivre avec caractères koufiques, des boussoles, des armilles, des cadrans solaires et bien d'autres instruments aussi précieux par leur ancienneté que par la perfection du travail.

Parmi les globes nous ne pouvons faire autrement que de noter au passage les beaux globes céleste et terrestre de Senex, un globe doré du XVI* siècle auquel on attribue une origine espagnole ou plutôt flamande, le fac-similé du globe de Martin Behaim qui date de 1492, sur lequel l'Amérique n'est pas figurée et dont l'original se trouve à Nuremberg, un curieux globe en bois rapporté de Venise par M. le comte Riant, un globe français en cuivre du xvi® siècle provenant de la bibliothèque de l'abbé Lécuy de Bourges.

Quant aux différents systèmes de projection en usage au xvi* siècle, ils sont représentés en grande partie par une suite de mappemondes où Ton voit, à côté de la mappemonde cordiforme de Fine, celle doublement cordiforme de Sala-» manca, la projection sinusoïdale de Jean Cossin de Dieppe, les mappemondes de Sébastien Cabot et de Mercator, cette dernière publiée à Duisbourg en 1 569, exemplaires uniques, celles de Castaldi (1546), de François de Mongenet, de Vavassore, d'Ottavio Pisani, etc,, puis des globes en fuseaux, tels que celui de Schoner (i523), d'Apian (i5i8) dont M. Nordenskjold a publié une reproduction, la carte dite de Henri II publiée par Jomard, dont l'original appartient à lord Crawford et qui porte cette inscription qui avait échappé à Jomard : par Pierre Desceliersà Ar- 1

ques, 1546; une petite mappemonde en fuseaux sur parchemin qu'on croyait espagnole et qui est incontestablement portugaise, et jusqu'à une mappemonde chinoise qui a été faite par l'ordre et pour l'usage de l'empereur Khanghî.

Que si vous êtes fatigué de cette énumération, si forcément sèche qu'elle soit, allez à la section de géographie et priez M. Marcel de vous donner quelques renseignements sur les portulans qui sont exposés, et si vous ne revenez pas émerveillés de l'intérêt qu'offrent ces antiques documents lorsqu'ils sont expliqués, illustrés avec congruité, c'est que vous êtes indigne de vous occuper de géographiç.

Que direz-vous de la carte pisane, du fac-similé de la carte de Dulcery qui est bien le prototype de la carte catalane, des portulans de Mecia de Villadestes de Giroldis, de Roselli, de Benincasa, de Soleri, de Gaspar Viegas, d'Agnese de Visconte de Maiollo, de Diego Homem, de Nicolas Desliens, de B. Olives et de l'interminable série des Oliva, fils dégénérés d'une nombreuse lignée majorcaine qui prolonge jusqu'au milieu du xvn« siècle l'art du cartographe exercé par les Olives à Majorque dès le commencement du xvi* siècle.

Puis ce sont les cartes de Math. Prunes, de Villaroel, de Volcius, de Gijsbert, la splendide pièce qui porte la double signature de Harmem et Martin lansz de Domingo Sanches, de Cornetus, de Roussin et de tant d'autres cartographes, fameux ou médiocres.

Permettez-moi de vous arrêter cependant quelques minutes devant une petite plaquette en parchemin ouverte dans une vitrine au milieu des objets les plus précieux; c'est un portulan de poche à l'usage des marins bretons imprimé en caractère xylographiques. De ces portulans auxquels sont joints un calendrier et une table de positions astronomiques, celui du duc d'Aumale passait pour être le seul exemplaire connu, et, par cela même, avait acquis un prix inappréciable ; bien que celui dont nous parlons ici ait déjà été exposé en 1875, il avait échappé à l'attention des bibliographes.

Quand nous aurons ajouté que chaque pays est ensuite représenté à l'exposition géographique par quelques-unes de ses cartes les plus anciennes et les plus rares, que la France y est peinte dans une série de documents de toute beauté et dont quelques-uns sont d'une insigne rareté, quand nous aurons rappelé l'intéressante collection des reliefs parmi lesquels nous devons citer en première ligne ceux qui sont dus à Lartigue, à Fauvel et à Bardin, nous n'aurons pas tout dit.

Il nous faut, en effet, consacrer au moins quel-

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

ques lignes à la dernière des séries de la « Notice " rédigée par M. G. Marcel qui comprend les plans de baiailte, les travaux de siège, ce qu'on appelle communément géographie militaire.

N'oublier pas de feuilleter le bel atlas des campagnes de Louis XIV par Beaulieu, un atlas de sièges et de batailles de divers auteurs du xvi* et du ivit* siècle; ne passez pas sans les regarder devant le plan, en anglais, de la bataille d'Arqués et du siège de Dieppe, pièce peut-être unique et d'un intérêt considérable pour l'histoire de l'imagerie, devant les plans de Boulogne, de Poitiers, de Metz qui sont de toute rareté, surtout conservés comme ils le sont et paraissant sortir des mains du graveur. Étudiez enKn en détail ce plan manuscrit de la bataille d'Austerlitz qui vous en dira long sur les causes de l'âpreté de la lutte et ce tùpo de la retraite de Prague à Egra, dressé par quelque officier, compagnon du maréchal de Belle-isle.

Un manuscrit apocryphe. — Un amateur italien, M. Carlo Morbio, possédait le manuscrit d'une chronique française relative aux ■ Tardvenus ■ compagnies de routiers qui ont dévasté le Lyonnais de i36o è i365. Ce manuscrit avait été déjà remarqué par M. le comte Riant qui avait essayé d'en faire faire l'acquisition pour la Bibliothèque nationale. Après la mort de M. Carlo Morbio, sa bibliothèque a passé entre les mains de libraires allemands qui l'ont mise aux enchères,le 24 juin dernier, à Leipzig. Le catalogue de la vente appelait l'attention et l'intérêt des amateurs sur le manuscrit. M. Léopold Delisle, qui en suspectait l'authenticité, a demandé qu'on lui en photographiât quelques spécimens. Ces photographies ont levé tous les doutes de M. Delisle, qui a fait à l'Académie des inscriptions et belleslettres, une communication sur ce sujet. Selon le savant paléographe, la Chronique des Tardvenus est un manuscrit qui a été fabriqué entre ]S5o et 1870 par un faussaire ignorant et maladroit. -

La bibliothèque du comité de législation éirangère. — Cette bibliothèque que nous signalions dans notre dernier numéro à l'attention du public, fondée en 1876 au ministère de la justice, a été parfaitement comprise, et ceux qui en ont la garde n'ont ménagé ni leur temps ni leur peine à cette utile institution. Un premier catalogue, imprimé en 1879, comprenait 1,664 numéros se répartissant en près de 5, 000 volumes. Le second catalogue qui vient d'être publié (Paris, imprimerie nationale, 1889, in-8' de XL-719P.) annule complètement le précédent et renferme 4,062

numéros formant un total de [8,oa( l'on songe qu'ils ont tous tr^iit, plus ou moins directement, â la législation étrangère, on ne peut s'empêcher de reconnaître combien est précieux un tel amoncellement de livres, la plupart fort rares ou fort difficiles à rencontrer. Les goui nements étrangers se sont prêtés avec la plu: tière bonne grâce à des échanges et point ménagé les dons, qui ont facilité singulièrement cet accroissement considérable pendant une période aussi courte. Sur le droit international, sur la législation comparée, sur les législations administratives, commerciales, coloniales de tous les pays, cette bibliothèque est d'une richesse incomparable. Le catalogue, œuvre de M. Jules Preux, est, avec ses notes explicatives, ses tables, ses renvois fréquents, presque l'idéal du genre, {PolybtMion, juilieC.)

Bibliographie bénédictine. — L'imprimerie Saint-Pierre, à Solesmes vient de publier, en un élégant volume in-8», la Bibliographie des Bénédictins de la congrégation deFrance (lÉ 262 p.), qui avait été entreprise à l'occasion du cinquantenaire de la congrégation célébré il y a deux ans. L'ouvrage, dédié au cardinal Pitra, mais qui n'a été achevé qu'après sa par une savante introduction diins laquelle l'auteur, dom Fr. Cabrol, met très bien en lumière et d'une manière impartiale les services que les Bénédictins de Solesmes ont rendus aux études sacrées depuis leur réorganisntion par dom Guéranger; il passe en revue les publications les plus importantes de son ordre sur la liturgie et le chant grégorien (on sait'la part que dom Guéranger a eue dans les études titurgiquos de notre siècle), sur la théologie mystique et la spiritualité, sur la théologie dogmatique et morale et le droit canon, sur L'hagiographie, sur la pairologie et l'archéologie chrétienne, sur l'histoire ecclésiastique, locale et monastique). La bibliographie proprement dite se compose de l'énuméralion de toutes les publications bénédictines (livres ou simples articles), faite par ordre d'autL-urs; les recherches sont rendues très commodes par deux tables, l'une chronologique, l'autre anLdytiquc. 11 serait à souhaiter que tous les corps savants, religieux ou laïques, eussent des répertoires bibliographiques aussi bien faits. (Revue critique, i" juillet.)

ÉTRAIfQER

Angleterre. — Une décmiverte au British Muséum. — Un fonctionnaire Ju Hritish Muséum, M. Naaké, a découvert, ce qui est probablement

frf?^

rÀ' ;

.If 'y ■" ■•

le plus ancien texte polonais imprimé. C'est un hymne à la Vierge que les soldats polonais avaient rhabitude de chanter avant le combat. Elle se trouve imprimée dans les matières liminaires d'un ouvrages de Jean Laski, archevêque de Gnesen, intitulé : Comune incliti Polonie Regni Privilegium, Côstitutionu et Indultuû Publicitus Decretorum Approbatoruq* ..• In edibus Johannis Haller, Cracovie, i5o6, in -fol.

La bibliothèque deJ.-O. HallivelUPhillipps, et les manuscrits italiens. — On sait que cette très importante collection s'est vendue à Londres, par les soins de MM. Sotheby, Wilkinson et Hodge, du i" au 4 juillet dernier. A ce propos le préfet de la bibliothèque Marciana, à Venise, M. C. Castellani a dressé la liste des manuscrits vénitiens que comprenait cette collection, et Ta insérée d'abord dans le tome xxxvii (p. i, 1889) du recueil Archivio Veneto. Il vient de la publier en brochure avec une solide introduction du professeur A. Favaro, sous ce titre : Elenco deiMss. Veneti délia Collepone Philipps in Cheltenham cornparativamente illustrati (Venepa, fratelli Visentîni^ 1 broch. in-8«, 5o p.).

ft0*^0*^^^^^^^^'*»

La bibliothèque Crawford. — On lit dans Saint- James* s Galette (22 juin) : « A tort ou à raison, ceux qui passent pour s'y connaître comptent qu'il faudra cent journées pour vendre aux enchères toute la bibliothèque du comte de Crawford. Il y a déjà eu quatorze jours de vente, et les résultats sont, en somme, satisfaisants. La première portion de la bibliothèque, vendue il y a deux ans, se composait de 2,149 lots, qui ont réalisé 19,073 livres sterling, 9 shillings et 6 pence, en dix jours d'enchères. La seconde portion, en juin dernier, n'a duré que quatre jours, et ne contenait que i,io5 numéros. Les prix atteints montrent clairement que les classiques n'excitent plus la compétition qu'ils excitaient il y a un quart de siècle, tandis que les manuscrits enluminés, les vieilles impressions anglaises et les beaux ouvrages illustrés sont en hausse. Une liturgie excessivement rare (i5oo-i6o2), que lord Crawford avait payé 25o livres sterling à M. Quaritet, a été rachetée par le grand libraire de Piccadilly, pour 870 livres. »

W^^^M^^^kMMM*

Le prix des livres français dans les ventes anglaises. — M. William Roberts, le rédacteur du Bookworm, nous fait l'amitié de nous adresser quelques notes sur la vente C, J. Knight, qui a eu lieu à Londres, en mai dernier. Nous y remar-

quons : la Pucelle (Leclerc, i865), sur vélin, relié en maroquin parThibaron, 21 livres sterling, soit plus de 525 fr.; les Romans àt Voltaire (Bouillon, 1778), 2 suites de figures ajoutées, une copie, i3 livres 10 shillings; le Misanthrope (Paris, J. Ribon, 1667), en maroquin de Cuzin, 26 livres; V Ombrelle y de notre directeur, M. Octave Uzanne, 1 livre 16 shillings; Son Altesse la Femme^ du même écrivain, i livre 6 shillings.

Autriche. — Bibliothèque Ferdinand^ à Innsbriick. — L'empereur d'Autriche vient d'acquérir un manuscrit musical des plus rares, qu'il destine à la bibliothèque Ferdinand, à InnsbrUck. C'est un recueil des chansons du ménestrel tyrolien Oswald von Wolkenstein, né en 1 3o7, au château du même nom. En qualité de chevalier errant, le Minnesinger Oswald a parcouru l'Europe ainsi que plusieurs contrées de l'Orient. Il a laissé un choix considérable de chants d'amour et de chansons à boire, qui sont renfermés dans trois recueils manuscrits. Le plus précieux de ces manuscrits est précisément celui que l'empereur François-Joseph vient d'acheter à la famille du comte de Wolkenstein, et qui est daté de i383. Il contient plusieurs portraits de l'auteur et la notation de quatre-vingt-huit chansons.

La bibliothèque Ferdinand possède déjà un recueil du ménestrel tyrolien, daté de 1441 ; le troisième, qui porte la date de 1425, se trouve à la bibliothèque impériale de Vienne.

Page 1