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pns un pouvoir permanent comme la sensibilité' ou la mémoire. C'est la forme (la tendance au monoïdéismel qui s'impose à une matière (le cours ordinaire des états de conscience); son point de départ est dans le hasard des cîrconsiances (attention spontanée) ou dans la position d'un but dt-Ierminé d'avance [attention volontaire). Dans les deux cas, il faut que des états affectifs des tendances soient éveillés. Là est U direction primitive. Si elles manquent, tout avorte ; si elles sont vacillantes, l'atiention est instable ^ si elles ne durent pas, l'attention s'évanouît. Un état de conscience étant ainsi devenu prépondérant, le mécanisme de l'association entre en jeu suivant sa forme multiple. Le travail de direcîion consiste à choisir les étais appropriés, à les maintenir (par inhibition) dans la conscience, en sorte qu'ils puissent proliférer à leur tour, et ainsi de suite par une série de choix, d'arrêts et de renforcements. L'attention ne peut rien de plus; elle ne crée rien, et si le cerveau est infécond, si les associations sont pauvres, elle fonctionne vainement. B
Contentons-nous de signaler une très intéressante analyse encore du sentiment de l'effortdans le cas d'attention, et aussi la discussion qui, la précédant, se rapporte aux trois thèses présentées quant au sentiment de l'effort pris en général, la thùse de Bain : l'effort est d'origine centrale; la
thèse de Charlton Bastîan, Ferrier, W, James . il est d'origine périphérique, la thèse de Wundt: il est à la fois central et périphérique, t Le sentiment de l'effort dans l'attention a son origine dans ces états physiques déjà énumérés, conditions nécessaires de l'attention ; il n'est que leur répercussion dans la conscience; il dépend de la quantité et de la qualité des contractions musculaires. Dans le passage de l'état de disiraclion à l'état d'attention, il y a transformation de force de tension en force vive, d'énergie potentielle en énergie actuelle, o
Le troisième chapitre a moins d'importance. Il renferme une excellente description des idées t^xes et de l'extase.
Comme conclusion, après avoir répété, après Spinoza, qu'on ne tend pas à une chose parce qu'on la juge bonne, mais qu'on la juge telle parce qu'on y tend, M. Ribot écrit : « L'attention dépend d'états affectifs, les états affectifs se réduisent à des tendances, les tendances sont au fond des mouvements (ou arrêts de mouvements) conscients ou inconscients. L'attention, spontanée ou volontaire, est donc liée à des conditions motrices dès son origine même. >
L'auteur incline au déterminisme; ceux qui tiennent pour la hberté ne seront pas les derniers àlire ce dernier ouvrage du chef de l'école psychophysiologique française. f.-g.
Sommaire. — Chrohique bibliographique. — Bulletin dee Bibliothèqubs : Ventes. — Bibliographies. — Catalogues. — Publications noutelles (Bibliographie du mois. — Ouvrages signalés de Fitranger. — Publications annoncées ou en préparation, tant en France qu'en Europe). — Nouvelles littébakes : Miscellaniei. — A tkatebs Joubhaui et Péeiodioubs. — Nécrologie des hommes de lettres et e récemment décédit.
CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE
SoMHiiKE : L'Imitation de Jésus-Christ, version rythmée anglaise. — Les Essays de M. Aubrey de Vere. — Un critique américain. — Une ombrelle blanche au Mexique. — L'Académie des. Inscriptions et Belles- Lettres, le prix Goben et les récompenses de ta commission des antiquités. — L'Académie des Beaux-Ans et le prix Bordin. — Le concours de l'Académie de Nîmes. — Le Congrès littéraire. — La Russie et le Congrès de géographie. — Le Congrès des orientalistes et la France. — Les documents inédits relatifs i la Révolution.
Nous avons eu l'occasion d'annoncer naguère une nouvelle traduction anglaise de l'Imitation de Jésus-Christ publie'e chez l'éditeur atmé des bibliophiles, Mr. Elliol Stock. Le volume mérite qu'on en parle plus au long*.
Il est superflu de rappeler la popularité dont l'Imitation jouit dans tous les pays chrétiens et auprès des penseurs et des poètes, quelle que puisse être leur croyance. On a calculé que ce livre a eu plus de cinq mille éditions, et qu'il a ûcé traduit en 56 langues. Les recherches, les commentaires, les hypothèses et les théories se sont accumulés derrière ce petit livre, qui a été tan des instruments les plus puissants de l'activité intellectuelle et spirituelle depuis la fin du moyen âge. Cependant c'est à notre temps qu'il était réservé de découvrir combien la forme sous laquelle l'Imitation a été publiée jusqu'ici était trompeuse, inexacte et inefficace à rendre le charme de l'original.
r. Musica Ecclesiasiica. — The Imitation of Christ. By Thomas Kempis. Now for ihe fîril lime sel forth in rhylbmic sentences According to ibe original intention of ihe Author. Wiih a Préface by H. P. Liddon, 0. D., D. C. L., Canon and Chanceltor of St-Paul's. London, Elliot Stock, 1889^ i vol. pet. in-8°; xii- 199 p.; 6 shillings (7 f. 5o).
De hauts esprits l'avaient soupçonné, et c'est poussé par cet instinct supérieur du génie, sans dOute, que Pierre Corneille voulut donner de l'Imitation une traduction en vers. En effet, le livre n'a pas été écrit en simple prose, mais bien suivant un rythme plus ou moins régulier. Adrien de But, contemporain de Thomas de Kempen {yulgo Thomas à Kempis), dit textuellement que celui-ci avait écrit metrîce l'ouvrage commençant par ces mots : Qui sequitur me. Et, preuve plus probante encore, il existe à Bruxelles un manuscrit de l'Imitation intitulé libellus qui vocalur musica ecclesiastica,exécalé peu dt temps après la mort de Thomas et conservant les traces indéniables de la forme rythmique originale.
Le docteur Hirsche, de Hambourg, qui a passé un quart de siècle à cette étude, a découvert que ce rythme est indiqué nettement par un système de ponctuation rigoureusement observé d'un bout à l'autre, excepté dans un petit nombre de chapitres du livre 111. Le résultat de cette découverte a été la publication, chez Weiss, éditeur à Heidelberg, du manuscrit autographe de Thomas de Kempen, écrit en 1441. Le début suffira pour montrer l'allure de la versification, très irrégulière, tantôt rimée, tantôt simplement cadencée, et où la quantité des syllabes latines ne laisse pas que
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LE LITEE
%oti¥ùni aUérét au gré de la fantaisie ou de l'ignor;»nce de Vicnvuin :
Oui Mquîtur me ooo ambulat in tenebrîs :
Oiiit Uorninui*
H)«^ iunt verba CbrUti qui boa admoneicur,
Quatenuf vîtam eîoi et oiorea imitemor;
Si ifur»c'iter velimoa illoniinari.
Et ab ornni cotcitate corâU Hberari.
Summum îfçîtur atudîum nostrum ait
In vita Jeao Chritti meditari.
Mr. Klliot Stock a déjà publié le fac-similé du manuscrit autographe de Thomas à Kempis, avec une introduction par M.Charles Ruelens, bibliothécaire de la Bibliothèque royale à Bruxelles*. Mais la présente traduction est la première ten« tative qui ait été faite pour garder, dans une langue vivante, le rythme du texte latin tel que Thomas de Kempen Ta laissé,
C^ette traduction a, d'ailleurs, d'autres caractères qui lui sont particuliers* Elle est plus simple que les précédentes versions en langue anglaise. On en a proscrit les termes pompeux et vagues, les locutions difficiles 11 comprendre; chaque fois que rinterprétatlon diffère du sens vulgairement adopté, le lecteur en est averti par une note. Elle est plus exacte dans ses détails. Par exemple, on u rétabli le titre Church Music (Musica Eccleniasiica). Aucun passage n'a été omis ni adouci pour cadrer avec les doctrines d'une secte particulière ; tout est donné sans fard et présente le sens même de l'auteur.
On a conservé Tordre des matières que Thomas il Kempis avait choisi. C'est ainsi que le livre sur lu communion vient à sa véritable place, après le second. Tous ceux qui ont lu les ouvrages des mystiques savent que la Dévote exhortation à la sainte communion (livre III) conduit nécessairement & Itt Consolation intérieure (livre IV). Les éditions ordinaires renversent cet ordre, faisant ainsi un contre-sens qui ne se trouve point, bien entendu, dans le manuscrit autographe.
Rappelons en passant que le véritable nom de Thomas i\ Kempis est Thomas Hœmmerlein, et que son appellation latine Thomas Kempensis veut dire juste Thomas de Kempen.
Nous ne saurions trop louer cette traduction tout imprégnée de l'esprit de l'original. Rien de plus net, de plus scrupuleusement modelé sur le texte, et en même temps de plus satisfaisant à Toreille que cette belle prose rythmée. Nous
I. Thomœ Kempensis de Imitatione Chrtsti libri quatuor* Textum ex autographe Thomœ nunc primum «ccuratissime reddidît, distinxit, novo modo disposuit; capitulorum Argumenta, locos parallelos adjecit... Un vol. pet. în-8»; 7 f. 5o.
voudrions cepezd^nt demander an tradoctear s'il oe craint pas de s'être un peu plus affranchi que de co'jtunae de ses légitimes et salutaires scrupules lorsqu'il rend Ei ontnia ad unum trahit^ et I omnia in uno ridet par cène phrase andthétiqoe, où se troorent deux noms qu'on chercherait vainement, même en germe, dans le texte latin :
And who to One brings ail las questicms. And in One sees ail kis amswers ?
Mais ce sont là chicanes sur lesquelles il y aurait mauvaise grâce à insister, et qu'on ne trouverait, d'ailleurs, que bien rarement l'occasion de faire.
Est-il nécessaire d'ajouter qu'au point de vue matériel le livre est digne de tout ce qui porte la marque de Mr. EUiot Stock, et que, dans une des reliures de luxe qu'offre l'éditeur, il peut satisfaire les amateurs les plus délicats.
L'esprit religieux qui a dicté, du premier mot au dernier, le livre du moine Thomas de Kempen, n'est point absent du volume d^Essays que Mr. Aubrey de Vere vient de publier chez l'éditeur Macmillan^ De même que dans ses deux précédents volumes (Essays chiefiy on Poetry), Mr. Aubrey de Vere nous apparaît ici comme une âme pieuse, pénétrée des préceptes d'humilité, des idées de spiritualité qui font trouver dans le renoncement et la prière la source de tous les vrais biens. Il revêt le discret mysticisme de sa pensée des charmes d'un style pur, pénétrant et comme musical. Nous serions bien étonnés s'il ne se sentait pas attiré vers le merveilleux livre de Thomas à Kempis, et s'il n'appréciait pas, avec plus d'intime émotion que la plupart des lecteurs, la valeur de la nouvelle traduction. Mais Mr. Aubrey de Vere est un homme de son temps, et ses préoccupations religieuses sont plutôt de tendance pratique que d'ordre spéculatif.
Ce volume contient dix essays^ ou études, dont voici les titres :
1. « Quelques remarques sur la littérature sous ses aspects sociaux », morceau qui, nous dit-il, appartient à une série de conférences faites sur la demande du cardinal Newman, lorsqu'il était recteur de l'Université catholique d'Irlande.