SAINTE-BEUVE
Poète et critique
Né à BooJogne-ftar-Mer, le aj décembre 1804
Est mort dans cette maison Le ij octobre 1869.
D'un autre côté, le Conseil municipal a donné le nom de Sainte-Beuve à une nouvelle rue qui part de la rue Notre-Dame-des-Champs pour aboutir au boulevard Raspail, anciennement boulevard d^Enfer.
Un typo ministre, — Nous lisons dans V Intermédiaire {10 août) :
c A l'occasion de la mort récente de M. Duclerc, ancien président du conseil des ministres, on a rap* pelé avec raison ses débuts modestes comme ouvrier typographe. On aurait pu ajouter que Pierre Leroux, Proudhon, Buioz, le chansonnier P. Dupont, et, plus prés de nous, Hégésippe Moreau, avaient illustré cette modeste profession. »
A cette nomenclature, très incomplète, comme le pense le correspondant de l'Intermédiaire, nous pouvons ajouter le nom d'un mort d'une illustration différente, Emile Eudes, qui fut, sous l'Empire, correcteur d'un journal clérical ou impérialiste, je ne me rappelle plus lequel.
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Allemagne. — Le soixante-quinzième anniversaire de la mort de K5rner a été célébré le 26 août à Wôbellin, où le poète est enterré, non loin de Ludwigsiust.
Les journaux à Berlin. — La capitale de l'empire allemand compte actuellement 621 périodiques, dont 54 publications officielles. Comme il n'est pas de branche industrielle qui n'ait son organe, les journaux consacrés au commerce et à l'industrie sont au nombre de 217; les quotidiens sont trois fois plus nombreux qu'à Vienne.
Le Mannheimer Journal s'est éteint doucement le 1" juillet, dans la quatre-vingt-dix-huitième année de son existence.
Œuvres inédites de Frédéric le Grand. — Le docteur Max Lehmann, de l'Académie des sciences Je
Berlin, signale les œuvres inédites de Frédéric le Grand, dont suivent les titres : Considérations sur l'état politique de V Europe (1782); Réflexions sur l'administration des finances pour le gouvernement prussien; De la politique* Ce dernier manuscrit semble être la continuation de ses mémoires. *
Œuvres inédites de Luther, — Le D' Tschakert« professeur d'histoire ecclésiastique à Kônigsberg, vient de découvrir, dans la bibliothèque de cette ville, une quantité de sermons et de scolies par Luther, qui n'ont jamais été publiés. Ces pièces sont d'autant plus intéressantes qu'elles appartiennent à la grande période d'activité de Luther, entre iSig et i52i. -^ Ces morceaux seront probablement insérés dans l'édition complète des œuvres de Luther en cours de publication sous le nom de Edition Hohenzollern.
Œuvres inédites de Spinosa. — On annonce qu'on vient de trouver à Hanovre plusieurs lettres de Spinosa adressées à Leibnitz. Cette correspondance, du plus haut intérêt pour quiconque s'occupe des questions philosophiques, va jeter un jour nouveau sur les relations qui ont existé entre ces deux grands penseurs.
Angleterre. — M, Emile Zola et la pudique An» gleterre, — MM. Collette et Colette, agents de la Société pour la répression du vice dans le Royaume- Uni, poursuivent l'éditeur Vizetelli pour les traductions anglaises qu'il a publiées de Nana, de Pot-Bouille et de la Terre, par Emile Zola. Le magistrat de simple police devant lequel Mr. Vizetelli a comparu a trouvé que le cas relevait d'une juridiction plus haute que la sienne, et l'a renvoyé aux prochaines assises. Il a bien voulu laisser l'éditeur en liberté, — sous caution.
Bohème. — La Presse à Prague* — Dans le cours de l'année i885, ont paru, à Prague, 692 ouvrages, 533 en langue tchèque, i5g en langue allemande, se répartissant de la manière suivante : encyclopédie et collection, 62; théologie, 19; pédagogie, 35; philologie, i3;philosophie,5; jurisprudence, 53; statistique, i. L'histoire atteint le chiffre de 55 ouvrages; la géographie, de 33 ; les sciences naturelles, de 1 2 ; la médecine, de i3; les mathémathiques et- l'astronomie, de 2; la technique, de i seulement; la musique, de 77; les périodiques sont au nombre de 137.
Brésil. — Journalistes impériaux. — T;'ois des petits-fils de dom Pedro, l'empereur du Brésil, âgés de dix, douze et dix-sept ans, publient un petit journal appelé Courrier impérial, ils en sont les éditeurs et les imprimeurs, et font eux-même le tirage de la petite feuille qui est très libérale et très anti esclavagiste.
États-Unis. — Voriginal de « l'oncle Tom ». — Nous lisons dans VEstafette du 23 juillet :
« On se souvient encore de la sensation que produisit, il y a quelque trente ans, la Case de Voncle Tom, le fameux roman de M"* Harriet Beecher- Stowe, et qui, adaptée à la scène, fut représentée avec succès à la Porte-Saint-Martin.
« Le héros du roman, Lewis Clark, que Pauteur avait nommé George Harris, existe encore et est actuellement en exhibition dans un musée des États- Unis.
« Son plus grand plaisir est de raconter Phistoire de son évasion, en 1841, et des souffrances qu'il a éprouvées après s'être échappé de la plantation où il était esclave.
« La conclusion du récit .de Clark est assez curieuse :
« Je suis resté six ans, dit-il, chez le beau-frère de a M™* Stowe, à Portsmoulh.
« Chaque jour, cette dame m'interrogeait et prenait « des notes. Elle n*avait jamais été dans le Sud, et, sans « moi, la Case de Voncle Tom n'aurait jamais existé. « Tous les incidents que renferme le livre, c*est moi • qui les ai racontés à M"" Stowe. »
« Collaborer à un chef-d'œuvre et être exhibé dans un musée !... Pourquoi aussi ce Clark n'a-t-il pas songé à réclamer une part des droits^'auteur? ■
— Mr. James Hunter, bien connu par ses éditions du dictionnaire d'Ogilvie et du supplément au dictionnaire de Worcester, vient de prendre la direction du journal American Notes and Queries,
The Writer^ publié à Boston et destiné particulièrement aux gens de lettres, se propose d'agrandir son format et d'élever son prix d'abonnement à deux dollars, à- partir de janvier prochain.
Islande. — Bibliographie islandaise. — Le Nordisk Boghhandlertidende (Copenhague, O. H. Dclbanco) a donné dans son numéro 56, du 29 juin 1888, la liste des publications islandaises de l'année dernière. Cette liste, dressée par Sigurd L. Jônasson, renferme 75 titres.
Lithuanie. — Dans la Lithuanie prussienne on a imprimé, l'année dernière, à peu près 256,ooo exemplaires de livres divers. Les Nouvelles de Vilna rapportent que dans la Lithuanie russe, comptant envi- ,ron 3 millions d'habitants, i5o,ooo livres se sont vendus dans les années i883 à 1887.
Luxembourg. — Le Luxembourg vient d'adhérer à la convention internationale pour la protection littéraire et artistique.
Russie. — Les livres en 1887, — Le nombre dci ouvrages publiés en Russie en 1887, sans compter la Finlande, a été de 7,366, dont^ 5,442 en langue russe et en 18,540,398 exemplay-es sur 24,403,242, chiffre total. Quant à leur répartition, en premier lieu viennent les livres classiques, puis les romans, les belleslettres, les ouvrages ascétiques et théologiques, les éditions populaires illustrées, historiques, etc. La philosophie et les arts occupent le dernier rang. Parmi les auteurs, Pouchkine, dont les oeuvres ont cessé d'être un monopole, a eu le plus de vogue : il en a été imprimé i63 au nombre de 1,481,375 exemplaires. Les œuvres du comte Léo n Tolstoï ont atteint le chiffre de 677,000 exemplaires, dont 93,000 renferment son drame : Puissance des ténèbres, et 397,000 ses écrits populaires. Après eux viennent, dans l'ordre suivant : Krylof (5o,ooo exempl.); Gogol (40,000); Tourguenef (16,000) ; Lermoniof (i5,ooo); Griboédof et Grégorovitch*(chacun io,ooo).
Ce qu'on dit de notre Revue. — A propos de la bibliothèque parisienne formée par l'abbé Bossuet, et du catalogue qui en a été publié chez M. Damascène Morgand, // Bibliofilo, de Bologne (juin-juillet), emprunte tous les renseignements qu'il croit intéressants pour ses lecteurs à l'article de « l'egregio bibliographo Paolo Lacombe », qui forme la chronique du Livre du 10 juin. Il est regrettable que les citations qu'il fait en français soient défigurées par de nombreuses fautes d'impression.
« Ce qu'il y a de plus attrayant pour nous dans le Livre de juillet, dit the Academy (28 juillet), c'est une notice, point longue, mais achevée et enthousiaste, sur Toute la Lyre, par M. Jean Richepin. En un temps où c'est un tic^ aussi vulgaire que sot.
en France, d'affecter de se gausser du plus grand poète français de ce siècle, il est agréable de trouver un écrivain comme M. Richepin, lequel ne saurait certes être accusé de manquer de « modernité •• prendre un ton différent. Cet article, cependant, n'est que dans la seconde partie. Les places d'honneur sont occupées par une longue étude sur « les Bourbons bibliophiles » (qui exhibe l'érudition et le talent bien connu de M. Eugène Asse et est joliment illustrée par un groupe de portaits en vignettes) et par un caulogue de la vente La Roche- Lacarelle.
« Ajoutons la brève expression de la satisfaction que nous avons éprouvée en voyant, dans une autre note, sous la signature du rédacteur en chef « 0. U. », une réprobation bien méritée d'une de ces publications
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
(d ordinaire belf;eB) qui, soui l'étiquette de bibliophilic.n'oflrent qu'ordure et sottise. M. Uzanne est lisez connu pour n'flre pas prude, et nous-même nous nous défendons du péché de pruderie; mais il y a beiucoDp trop de choses de ce genre qui se répandent iu)aurd'hiii. •
De son cdié. Notes and Queriei (21 juillet] publie çtxedUonilparagraph : « Le Livre de juiliet contient une longue et intéressante notice par M, Eugène Asse sur ■ les Bourbons bibliophiles • ; laquelle est accompignce d'une illustration par M. F. Courboin, conlenajit cinq des membres de cette illustre famille. M. Roger Mari parle des • Estampes originales «, et M. Jean Richepin donne une appréciation critique de Toalt la Lyre, par Victor Hugo •.
De notre numéro du 10 août, le même journal cite les pages de souvenirs personnels écrites par M. Lemercier de Neuville sur Charles Monselet, le ponrait de C.-H. Charpentier, et l'étude sur de QuinccfparM.Thêodorde Wyzewa, laquelle a prouve
érêlq
enFra
rature anglaise >. H ajoute — et noua regrettons fo que le reproche soit mérité — que o des fautes d'io pression palpables défigurent • ce dernier article.
États-Unis. — On lit dans the Nation, du ig jui lel:
• Il y a detix ans, M. Octave Uzanne recueillait si
essais légers sur les livres et l'art du livre, et les publiait avec le titre de ^01 Amis les livres. 11 fait aujourd'hui un second et similaire recueil, les Zigjags d'un curieux (New- York, F. W. Christern), presque pareil, extérieurement et intérieurement, à son aimable prédécesseur. La plus grande partie des huit chapitres du volume a paru dans le Livre, dont M. Uzanne est le directeur. Il y a des articles sur les femmes bibliophiles (sujet sur lequel M. Lang aussi a écrit avec charme), s — N'est-ce pas ici le lieu de faire remarquer que M. Lang prend quelquefois son bien chez les autres et sait trouver ce qui n'est pas perdu .' — ■ Des articles sur la gravure française moderne, sur les collecteurs d'autographes, sur Balzac, sur Baudelaire, et aussi sur des bagatelles, grandes ou petites. Le style de M. Uzanne est précieux, et pourtant moderne. Il a une touche bien personnelle, et il voit la vie et la littérature de ses propres yeux. Son attaque contre les journauK.de Paris qui accordent énormément plus d'attention aux pièces da théâtre qu'aux livres ne manque ni de piquant ni de vérité, bien qu'elle ne paraisse pas devoir être d'un grand prolii, au point de vue du résultat immédiat,
Le V
lelio
1 de
l'hdtel Drouot, où se font la plupart des ventes aux enchères à Paris, trouve en nous un cordial écho. Le livre de M. Uzanne est admirable, imprimé sur papier de Hollande, et l'édition est limitée à 665 exemplaires. .
FRAHGB
- Une dépèche de Gap (11 aoùl) nous apprend ede l'Académie
Bergaigne était un
les Inscripiions de célèbre. Sa mort > des études oricn-
la mort de M. Abel Bergaign<
des Inscriptions et Belles-Letti
Faculté des Lettres de Paris. M
des jeunes membres de l'inslitu
sur la RelfgioH des Védas et su
Cambodge l'avaient déjà rend
plonge dans le deuil tous les an
taies, qui respectaient
sur lui les plus grandes espérances. Il était né en
■838. C'est dans une excursion qu'il faisait seul dans
la montagne qu'il a trouvé la mort,
^ M. Théodore Berrier, conservateur-adjoint de
la bibliothèque Mazariae, t
i Paris, dans si
Il est l'auteur d'un grand nombre de poésies, parmi lesquelles l'Echa/aud. C'est, dit-on, depuis la publication de celte pièce, que te couperet est caché aux yeux du condamné.
M. Gustave de Clausade de Saint-Amarand,
président de la Société d'archéologie du Midi, vient de mourir à l'âge de soixante-quatorze ans.
M. Je Clausade était aussi membre titulaire de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse.
— ^IW-
-^ M. Charles Gros, personnalité très originale, très connue dans le monde littéraire et scientifique,
est mort au commencement d^août, dans sa quarantecinquième année.
A onze ans, s'il faut en croire les biographes, Charles Gros étudiait les langues orientales. A seize ans, il enseignait Thébreu et le sanscrit et avait comme élèves MM. Michel Bréal et Paul Meyer, professeurs au Collège de France.
Le 3o avril 1876, un an avant qu'Edison prît un brevet, il remettait à TAcadémie des Sciences un pli cacheté contenant la description du phonographe qu*il appelait « paléophone ». Il laisse de nombreuses études astronomiques, un traité de la photographie en couleurs et une mécanique cérébrale.
Ce chercheur était doublé d'un poète des plus
excentriques et des plus raffinés. On a de lui un