MMM
Bibliothèque du château de Saint» Blacard. — Nous avons à déplorer la perte de cette bibliothèque, entièrement détruite par le feu le mois dernier.
Elle renfermait de nombreux documents historiques et la plus grande partie des papiers et archives de la famille des Gontaut-Biron.
ETRANGER
Angleterre. — British Muséum. — On a découvert au British Muséum deux volumes déposés au département de la topographie et des cartes, contenant les dessins originaux d'Androuet Du Cerceau pour ses Plus excellents Bâtiments de France. Ils avaient fait partie de la bibliothèque du roi Georges III^ donnée au musée par son fils et successeur Georges IV.
Ils figurent au catalogue de cette collection dans la partie réservée aux cartes, estampes et dessins, mais la description qui suit immédiatement celle du volume des Plus excellents Bâtiments n'indique pas que ce sont des dessins, ce qui a fort probablement dépisté les chercheurs en leur donnant à croire que c'était simplement un double recueil de planches.
Ce sont deux volumes in-folio, d'une reliure française ancienne, en maroquin rouge, qui ont été subséquemmcnt timbrés des armes de Georges III et qui portent au dos : Bâtiments de France par Du Cerceau, t. I" et t. II respectivement. Le premier volume est formé de 63 grandes feuilles de parchemin offrant les dessins, plans, élévations et détails d'ornementation des châteaux royaux et autres, en commençant par Blois et Atnboise pour finir par Bury, en suivant l'ordre de la suite des planches gravées. A la fin du volume sont insérés six dessins, sur papier ceux-ci, pour certaines planches des cinq ordres. Le second volume est de 58 feuilles de parchemin, commençant par les dessins du Louvre pour finir par ceux de Gaillon et de Neaulne. On voit par cette courie description que l'ordre est interverti, et que pour suivre la numération des planches gravées le tome II devait devenir tome 1''.
Parmi les dessins, il y en a qui se trouvent là en double, avec des corrections, des changements de détails qui relèvent l'intérêt du recueil. Chaque volume porte, sur son premier feuillet de garde, l'inscription : Des livres de M. l'abbé Le Normant, d'une vieille écriture du commencement du xvii* siècle.
MMAMMMAMAMVSAAA
Italie. — Bibliothèque Vicior-Emmanuel. — La bibliothèque Victor-Emmanuel, à Rome, vient d'ac quérir deux manuscrits intéressants. La premier renferme i33 portraits de princes et princesses de la maison d'Kste ; on trouve dans le second trois traites en latin sur divers jeux, dont le jeu d'échecs.
MMMMMMAMMMM.
Russie. — Bibliothèque populaire de Saint-Pétersbourg. — Le conseil municipal de Saint-Pétersbourg vient de fonder en cette ville une bibliothèque populaire qui, dès son ouverture, n'a point cessé d'être assidûment suivie.
BIBL. UOD. — X.
PUBLICATIONS NOUVELLES
Ouvrages récemment parus. — Bibliographie du mois.
— Paris — Province — Étrangbr —
^^><^^-^^^-^iS)-^
FRANGE
Vient de paraître à la librairie Quantin : le Barbier de Séville, in-32 de près de 200 pages, imprimé sur papier vergé fort, avec cinq eaux-fortes par Va) ton, gravées par Abot. — Prix : 6 francs.
Ce volume fait partie de la collection artistique publiée sous le titre de Bibliothèque de poche, inaugurée par le Voyage autour de ma Chambre, de Xavier de Maistre, et continuée brillamment par le Mariage de Figaro et Turcaret.
Ces gracieux petits livres ont pleinement réussi. Leur succès est dû à la perfection du tirage, fait sur un papier de Hollande fabriqué spécialement à leur iformat commode, qui justifie bien le titre adopté pour cette collection.
L^illustration des deux chefs-d'œuvre de Beaumarchais a été confiée à des artistes du talent le plus délicat. Les délicieuses compositions de Valton, gravées par rhabile aquafortiste Abot et imprimées en taille-douce sur le papier même du texte, reproduisent en tête de chacun des actes une des principales scènes de la comédie.
Le volume contient, en outre, un très joli portrait de Beaumarchais, dessiné par Valton d'après un portrait du temps.
— 11 vient de paraître à la maison Quantin un important ouvrage sous ce titre : Bibliographie des principales éditions originales des écrivains français du XV* au xviii* siècle, par Jules Le Petit. Un vol. in-8" de 600 pages. Prix : 35 francs.
Ce volume est destiné, croyons-nous, à rendre de grands services aux bibliophiles et libraires; il prendra place, à côté des ouvrages tant consultés de Brunet, de Quérard, de Picot, de Harrisse, de Cohen et d'Otto Lorenz.
On y trouve non seulement la description minutieuse des principales éditions originales de nos meilleures écrivains français (éditions en grande-partie négligées par Brunet), mais encore la reproduction exacte des titres (au nombre de 3oo environ) de ces éditions.
L'auteur a pensé que cette bibliographie figurée pourrait faciliter aux chercheurs et aux lettrés la distinction entre les vraies éditions bonnes et estimées et les contrefaçons sans valeur, distinction que les notes les plus exactes ne suffisent pas toujours à établir.
Chaque article se termine par une liste des prix que les différents exemplaires ont atteints dans les principales ventes ou chez les libraires, depuis quarante ans.
L'ensemble de ce travail offre donc un double intérêt, littéraire et pratique, commercial même; cl il s'adresse autant à ceux qui font des éditions anciennes de nos grands écrivains l'objet de leurs études, qu'à ceux qui recherchent ces éditions au simple point de vue de la collection.
Nous en rendrons compte prochainement en détail.
— Le dernier ouvrage de M, Pierre de Nolhac, travailleur infatigable, est consacré à Erasme en Italie. Ce livre, qui a paru chez Klincksieck, contient douze lettres inédites d'Erasme.
— La première partie de Tétude historique et critique que M. le vicomte H. Delaborde consacre à Marc- Antoine Raimondi vient de paraître à la librairie de TArt en un superbe volume in-4», orné de nombreuses illustrations.
— Les éditeurs Perrin ont fait paraître le premier tome des Mémoires et correspondance du comte de Villèle. — L'ouvrage doit former quatre volumes.
— La librairie Clouzot, à Niort, met en vente un Recueil de notes sur l'église réformée de t'ontenayle-Comte et ses pasteurs, par M. B. Fillon. Cet ouvrage contient de précieux renseignements sur Luther, Calvin, Rabelais et Antoine Augereau, Timpriineur de la reine de Navarre.
— M. Jacques Ballieu a fait tirer à part et mettre en vente chez l'éditeur Dupret Tanicle qu'il avait donné à la Revue d'art dramatique : Un ainer littc raire au xviu* siècle ; le diner du hout-du-banc.
— M. Bizos, doyen de la Faculté des lettres d'Aix, vient de faire paraître une intéressante plaquette sur Prévost Paradol et les souvenirs de son enseignement à la Faculté aixoise.
— Un membre de l'Académie de Stanislas, M. F. des Robert vient de consacrer une étude sur la vie et les oeuvres de M^* Tastu. Cette brochure n'est point dans le commerce.
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
Ul
BTRANGBR
Allemagne. — La cinquième édition de l'Etymologisches Wcsrterbuch der Romanischen Sprachen de F. Diez vient de paraître à Rouen, chez le libraire Marcus. Elle contient un appendice de M. Aug. Scbeler.
— L^éditeur W. Spemann, de Stuttgart, continue avec la plus grande activité la publication de sa Deutsche National litteratur, collection des classiques qui se distingue par son élégance et la modicité de son prix autant que par sa correction et Pabondance des notes et des commentaires. Les derniers volumes édités sont : Wieland (tome I), Gœthe (34* volume), Jean-Paul (VI), les Ménestrels (I), Immermann (I).
De la co//ec/ion ^i'/'emânn (i marc le volume in-i8, reliure toile élégante, litre rouge et noir) ont paru : 276-277-279 : Discours du prince de Bismarck; 278 : le Livre des lieder, de Henri Heine.
- La librairie Schwetschke, de Brunswick, publie une traduction du volume que Sen Brinke,un auteur hollandais, a consacré à Zola et ses œuvres.
Allemagne. — Voici quelques sommaires de revues allemandes.
Deutsche Rundschau (janvier) : Georges Brandés : Emile Zola. ~R. Marloth : L^ Allemagne en Afrique. —P. Spetta rBeethoveniana. — Achelis : Développements de Tethnologie moderne. — Sous les tilleuls, scènes de la vie berlinoise. — Deux lettres de F. Mendelssohn.
Nord und Sud (janvier) : H. Diels : Les guérisons miraculeuses dans l'antiquité. — 1. Tourguénefi' : Ine soirée à Sorrente. — R. Lowenfeld : Conrad Ferdinand Meyer. — Paul Lindau. Un grand procès : quel est Tassassin ?
yom Fels i^um Meer ; n» 5 : Un projet de théâtre scientifique populaire. — A. Roberts : Un coin de Normandie. — B. Katscher : La rue à Londres. — E'Nagel : Aventures en Afrique. — E. Forsier : Une visite à Goethe. — E. Sellinz : Une nouvelle machine i calculer.
Magasin fur Litteratur : ti^ 5i : E. Wechsler : Auteurs viennois. — n* 52 : Les fêtes à propos de Tanniversairc du poète Vondel, à Cologne. — n® i (1888) : C. Bleibtren : Les maximes de La Rochefoucauld.
— n»2:I,ouis de Hessem : L^i Terre de Zola. — D* 3 : L. Kuld : A propos de Tinterdiction de la Terre,
G«e/(5cAtf// (janvier) : H. Heiberg : Un vieux conte.
— E. Mauerhof : Le mensonge dans les œuvres littéraires. — G. Alberti : Les théâtres de Berlin.
Deutsche Dichtung (i*' et i5 janvier) : E. Wicheri : Séparée. — R.-M. Werner : Physiologie de la poésie lyrique.— O. Artung : Cari Becle. — Le Burg-théâtre de Vienne et le drame allemand (d'après des documents inédits). — Karl Frenzel : Jules Rodenberg.
— M. Max Nordau vient de faire paraître un nouveau roman : la Maladie du siècle. Ce livre n^a pas rencontré, même en Allemagne, d'unanimes approbations.
Belgique. — Les bibliophiles s'abonneront à l'élé* gant recueil bi-mensuel que l'éditeur Kistemaeckers vient de mettre en vente à Bruxelles : le XVIIl^ Siècle galant et littéraire.
Imprimée avec un luxe remarquable, semée de croquis et de culs-de-lampe nombreux, cette gazette du siècle des marquisettcs publie des contes grivois et des nouvelles de la plus exquise mignardise, et tous les documents scandaleux du temps.
Peut-être serait-il imprudent de la laisser aux mains des jeunes filles, mais tous les délicats et tous les collectionneurs se précipiteront sur cette délicieuse publication toute embaumée du parfum défunt des boudoirs de nos aïeules.
La première année est en vente et forme un superbe in-8*' de 400 pages, texte compact et contenant plus de 200 mignonnes gravures.
Le XVIII* Siècle n'est imprimé que pour ses abonnés exclusivement — et sous aucun prétexte il n'en est vendu de livraisons séparées. — Le tirage en est limité (i3 francs par an).
L'éditeur Kistemaeckers vient e'galement de faire paraître un petit volume, imprimé en couleurs, et qui est à la fois une œuvre audacieuse et des plus curieuses dans sa sauvage brutalité.
Cela s'appelle la Litanie des pouacres et le titre en est justifié, car l'auteur, M. Boyer d'Agen, le romancier de la Gouine, s'e&t efforcé d'y dépeindre les caractères \ts plus saillants de la société contemporaine, et cela sous la forme austère et lamentable des litanies catholiques! C'est ainsi que nous voyons défiler devant nos yeux : l'Assassin, — l'ivrogne, — le Gueux, — le Bourgeois, — le Paysan, — la Femme honnête et celle... qui ne l'est pas! — etc., etc.
Suisse. — Parmi les récentes publications suisses, il convient de citer les Dernières poésies d'Eugène Rambert (Lausanne, Rouge, 1888, in-16) et une étude historique de M. James Chambrier: Rois d^Espagne; de Charles IV à Alphonse XII (Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 1888, in-12).
Hollande. — Le cinquième volume de l'importante Histoire d'Amsterdam, ouvrage auquel M. Ter Gouw consacre tous ses soins, vient de paraître.
Hy
PUBLICATIONS ANNONCÉES OU EN PRÉPARATIO
en France et à FEtranger
^ ::^filBÈ .
FRANGE
Publications historiques de la ville de Paris, — Dans la séance du 3o décembre, le conseil municipal de la ville de Paris a, sur le rapport de M. Dépasse, autorisé la publication:
i" De deux plans de Paris en 1789 et 1794;
2^ D^un répertoire des manuscrits relatifs à la Révolution française, par M. Tuetey ;
3® D*un ouvrage : les Clubs contre-révolutionnaires, par M. Augustin Challamel.
Un crédit de 22,000 francs est inscrit pour cet objet.
MM. Félix Frank et Adolphe Chenevière doivent publier à la librairie Cerf une lexique de la langue de Bonaventure Despériers.
Nous avons eu occasion de parler de la publication qu^entreprend l'éditeur Monnier sous ce titre : VAge du romantisme, La dernière livraison était consacrée à Mérimée. Trois fascicules sont sous presse ; dans Tun M. Gédalge étudiera BerHo:{ et la musique romantique ; dans les deux autres, M. P. Burty nous montrera Jean Gigoux peintre et vignettisie.
L'éditeur A. Colin va mettre en vente une Histoire de la civilisation contemporaine en France, par M. A. Rambaud, formant le complément de VHistoire de la civilisation française du même auteur.
M. Michel Delines, que nos lecteurs connaissent déjà par l'emprunt que nous lui avons fait d'un
extrait de son dernier ouvrage : la France jugée par la Russie, corrige les épreuves d'un nouveau volume : Tourguéneff inconnu,
— M. G. Michel va faire paraître dans la Petite Bibliothèque économique publiée par Guillaumin une élude sur Vauban et la dime royale. Viendront ensuite dans la même collection: Bentham, par M"« Raffalovick ; Adam Smith, par M. Courcellc- Sencuil. Sont en préparation : Hume, par M. Léon Say ; Michel Chevalier, par M. Leroy-Beaulieu ; Fourier, par M. Ch. Gide; Bastiat, par M. de Foville; Quesnay, par M. Yves Guyot ; Turgot, par M. Robinot; John Stuart Mill, par M. Roquet; Sully, par M. Chailley et Wolowski, par M. E. Levasseur.
ETRANGER
— L'éditeur Kistemaeckers de Bruxelles prépare une édition de haut ragoût qui sera intitulée : le Livre d'heures satyrique et libertin de la fin du siècle. Ce volume parodie page par page un livre d^heures catholique ou orthodoxe, avec des encadrements miniatures en couleurs à chaque page, qui représentent les stations, les étapes de Pamour. L'auteur garde provisoirement Panonyme; quant au dessinateur... il ne signera pas. Mais le secret sera bientôt celui de polichinelle.
Espagne. — M. Picatoste poursuit ses Études sur la grandeur et la décadence de VEspagne, Le troisième volume de cet important ouvrage va paraître à Madrid chez l'éditeur Hernando.
NOUVELLES LITTÉRAIRES DIVERSES — Miscellanées françaises et étrangères —
Distinctions honorifiques. — Par décret, en date du 3i décembre 1887, ont été promus au grade de chevalier dans Tordre national de la Légion d'honneur : MM. Albert Mérat, homme de lettres; Ferdinand Brunetière, homme de lettres; Jules Lemaître, homme de lettres; Ernest Leroux, libraire-éditeur; Léon Hugonnet, publicistc; Eugène Pitou et Bertin, journalistes.
Parmi les nouveaux officiers de l'instruction pu-
blique, nous remarquons MM. Belin et Dreyfous, éditeurs; Raoul Frary; Albert Cim, Bourgeat, Firmin Javel et Louis Serizier, journalistes.
MM. Baude de Maurcelay, Irénée Blanc, Capelle, Gouin, Paul Eudel, Bouvet, René de Cuers, publicistes ou journalistes, ont reçu les palmes d^officiers d'académie, ainsi que MM. Lamirault, Mantoux, Laurens et Wiener, éditeurs; Chéret, dessinateur lithographe; Blanchot, ancien gérant du cercle delà Librairie.
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
Livres à Vindex, — Un décret de la Sacrée-Congrégation de l'Index, en date du 20 décembre 1887, condamne et proscrit les ouvrages suivants :
E. Ledrain : Histoire d*Israël, i" et 2« parties. Paris, Lemerre, éditeur, 1879-1882.
P. Lenormant : les Origines de Vhistoire d* après la Bible et les traditions des peuples orfen/aujf. Paris,
H. Lasserre t les Saints Évangiles, traduction nouvelle. Paris, 1887.
Le dépôt légal, — Les départements qui ont, Tanncc dernière, donné le plus gros appoint au dépôt légal, sont :
Pour les volumes : Seine-et-Oise, 840 volumes; Indre-et-Loire, 798; Rhône, 726; Seine-Inférieure, 566 ; Haute-Vienne, 557 ; Seine-et-Marne, 453; Meurtheet-Moselle, 440; Somme, 426; Gironde, 412.
Pour les journaux, revues, livraisons : Somme, 1,654 publications; Bouches-du-Rhône, 1,590; Seine- Inférieure, 1,457; Gironde, 1431 ; Nord, 1,292; Indreet-Loire, 864 ; Meurthe-et-Moselle, 856.
Les départements qui ont le plus faible contingent sont : la 'Guadeloupe, i volume; la Réunion, 5; Lot, 6; Charente, 6; Haute-Saône, g; Yonne, 11; Haute-Loire, 12; Oran, i3;*Landes, 14; Corse, i5.
Hautes-Pyrénées, 24 publications; Loiret, 36; Oise, 48; Haute-Loire, 49; Nièvre, 5i; Haute-Saône, 53; Alpes-Maritimes, 65.
La donation de Chantilly et la délégation de l'Institut à Bruxelles, — Nous avons annoncé qu'une délégation de l'Institut devait porter à Bruxelles la médaille offerte au duc d'Aumale, par Tlnstitut, en remerciement de la donation de Chantilly.
Cette médaille, œuvre du graveur Chaplain, est grande de neuf centimètres de diamètre. Elle représente d'un côté le duc d'Aumale, de l'autre le château de Chantilly, à vol d'oiseau. Elle ne porte aucune inscription.
On a frappé trois exemplaires de cette médaille, tous trois offerts au duc d'Aumale, Tun en or, Tautre en argent, le troisième en bronze.
La matrice n'a pas été détruite, car on en tirera un exemplaire pour chaque membre de l'Institut. Et plus tard, lorsqu'on donnera des prix avec les revenus du domaine de Chantilly, chaque lauréat recevra une médaille.
Cette médaille a été remise, le 29 décembre dernier, au duc d'Aumale, par la délégation qui se composait de MM. Renan, Jules Simon, Bertrand et Wallon.
M. Renan a adressé au duc une allocution dans laquelle il Ta remercié de la magnifique donation qu'il a faite à Tlnstitut. Il a fait l'éloge des services que le duc a rendus à la France et qu'il vient de compléter 8i noblement.
Il a dit que non seulement le duc avait fait à la
science une donation comportant des revenus considérables, mais encore qu'il y avait ajouté de superbes collections amassées depuis un demi-siècle.
En terminant, M. Renan a exprimé les regrets qu'éprouve l'Institut des circonstances qui tiennent le prince éloigné de la France. ^
Le duc d'Aumale a répondu en taisant l'éloge des services rendus à la France par l'Institut.
Il a félicité M. Chapelain, l'auteur des médailles commémoratives, et s'est entretenu avec les différents membres de la délégation.
Réception de M. Gréard à V Académie française. — La réception de M. Gréard à l'Académie française a eu lieu le 19 janvier dernier. C'est M. le duc de Broglie qui a répondu an récipiendaire.
Nous détachons du discours du vice-recteur de l'A cadémie de Paris le passage relatif à M""» Swetchine sur la vie et les œuvres de laquelle le comte de FaU loux écrivit, en 1859, un livre fort remarqué :
Il (M. de Falloux) revenait de son voyage d'Angleterre lorsqu'il fut admis dans l'intimité de M""® Swet» chine. Il ne s'y laissa pas engager du premier coup. Le fonds d'indépendance que toute sa vie il a conservé envers tout le monde le tint longtemps en défiance : cette domination, sous laquelle il voyait ceux qui l'avaient une fois acceptée courber humblement la tête, l'inquiétait. A peine s'y fut-il prêté à son tour qu'il subit le charme. Je ne crois pas que personne ait été plus près du cœur de M"« Swectchine. C'est lui qui a reçu son dernier soupir, publié ses lettres et ses pensées; et il n'est pas d'œuvre dont il ait suivi la fortune avec plus de sollicitude. Son amour filial ne l'a-t-il pas quelquefois entraîné ? M"**' Swetchine avait mérité, ce semble, qu'on fît un choix dans ses papiers, et qu'on laissât sous le voile où elle s'enveloppait tout ce qu'elle avait voulut retenir d'elle-même. « La piété solide est discrète », disait-elle sagement. Une conscience délicate et habituée à se recueillir peut indéfiniment se repaître de ses extases ; c'est toute la vie des cénobites. On ne se maintient pas longtemps avec l'intérêt pour les autres à ce ton de sublimité. Les sentiments les plus élevés ou les plus touchants ne sauraient se passer, pour plaire, d'un peu de détente et de variété. Lirait-on M"*" de Sévigné, si à ces chères radoteries sur sa fille elle ne mêlait sans cesse des nouvelles de la cour et de la ville, toute sorte de jugements exquis, même de propos sans conséquence? Il y a d'ailleurs trop souvent chez M"** Swetchine un raffinement de spiritualité qui embarrasse. M"** de Sévigné aurait demandé qu'on lui épaissît tout cela, et je doute que le grand sens de M™** de Maintenon, si vite aveti par les égarements de M"* Guyon des dangers de la doctrine du pur amour, eût encouragé tes agapes mystérieuses qui réunissaient à minuit, dans la chapelle voisine du salon, les fidèles de la maison.
Mais si M™* Swetchine avait trop gardé de souvenir des pratiques de l'Orient, si trop souvent elle se laisse ravir à des coups d'aile qui l'emportent dans les nuages, qu'elle solidité de raison chaque fois
Cat
qu*ellfc est ramenée sur terre par les conseils que ses amis lui demandent! Elle a la note juste pourlouies les situations, le mot libérateur pour tous les cas de conscience. Dans la petite société d^éllte qui se presse autour d'elle comme autour d'une mère, Montalembert, Lacordaire, de Tocqueville, — je ne parle que de ceux qui ne sont plus, — on se dispute sa clairvoyante tendresse. Dés qu'il eût pris sa place, M. de Falloux se sentit contristé comme les autres, quand la porte s'ouvrait pour de nouveaux venus. Chacun voulait l'avoir à soi et elle n'interdisait à personne de croire qu'il était le préféré, l'unique. Pour tous, elle est le frein et Taiguillon, l'aiguillon surtout. Ce qui achève la vertu à ses yeux, c'est Faction. Son salon, dit M. de Falloux, était un foyer chrétien ; et de ce foyer sortirent la plupart des œuvres de propagande religieuse, qui, sous la direction du P. Lacordaire et du P. Ravignan, de Frédéric Ozanam et d'Armand de Melun, se sont multipliées pendant les dernières années du gouvernement de Juillet, les unes tournées vers les plus hautes régions de la société parisienne, les autresappropriées aux classes populaires. M. deFalloux s'engagea dans la milice des jeunes missionnaires qui se partageaient les faubourgs. Chaque semaine, il allait, du banc d'oeuvres des paroisses, évangéliser les ouvriers, en leur racontant la vie des saints; et c'est à M"* Swetchine, à l'ardeur de la vie morale qui rayonnait en elle, qu'il rapportait le succès comme l'inspiration de sa parole. Sans M. de Falloux, on n'aurait pas connu peut-ôtre, certainement on connaîtrait moins bien M™" Swetchine; il semble que M. de Falloux n'aurait pas pris complètement possession de lui-môme. C'est elle, il le déclare, qui le fit entrer dans la vie sérieusement chrétienne.
Obsèques de M, Auguste Maquet, — Voici le discours prononcé aux obsèques de M. Auguste Maquet par M. Ludovic Halévy, au nom de la Société des auteurs dramatiques :
« Messieurs, dans les premières pages de ses Impressions de voyage en Espagne^ Alexandre Dumas a fait en peu de lignes le plus ressemblant des portraits de celui qui est là, dans ce cercueil, entouré des amis de la dernière heure, des amis à qui sa mémoire restera toujours chère.
I' Auguste Maquet; écrivait Alexandre Dumas, étant, « après moi, l'homme qui travaille le plus au monde, K sortait peu, se montrait peu, parlait peu. »
tt Oui, voilà bien celui que nous avons connu et 4imé. Le travail a été la grande passion de sa vie. Auguste Maquet était, à dix-huit ans, en i83i, professeur suppléant d'histoire au lycée Charlemagne, et, dans sa dernière lettre, écrite il y a huit jours à peine, il disait à son ami, M. Ritt, directeur de l'Opéra :
n Je rentrerai à Paris pour assister mardi prochain « à la répétition de la Dame de Monsoreau, et je ne « vous quitterai plus jusqu'à la première représen- •1 tation. »
« Mardi prochain, c'était avant-hier, et, la veille,
Maquet était mort, et il n'est rentré à Paris que pour y recevoir nos adieux en cette très douloureuse journée.
« 1 83 1- 1888! Il y a près de soixante ans entre ces deux dates, près de soixante ans d'une très noble existence vouée tout entière au travail et à l'honneur.
u Presque au début de sa carrière littéraire, pendant une quinzaine d'années, Auguste Maquet a été le très jfîdèle collaborateur du conteur merveilleux, du grand homme de théâtre, de l'auteur de ces œuvres populaires qui gardent encore ajourd'hui et garderont toujours le charme et l'éclat d'une éternelle jeunesse.
c Cette collaboration fut d'abord anonyme, et voici comment les deux noms d'Alexandhe Dumas et d'Auguste Maquet furent jetés pour la première fois au public, dans un immense applaudissement.
« C'était au théâtre de l'Ambigu, le 27 octobre 1847, le soir de la preuiière représentation du drame des Mousquetaires f qui a pris sur l'affiche, une dizaine d'années plus tard, le titre de Vingt ans après, Dumas devait signer seul, et Maquet était là avec les siens, dans une baignoire. Un jeune homme, un tout jeune homme se trouvait dans une loge voisine. Il est ici aujourd'hui parmi nous, venant rendre un suprême hommage à celui qui a été si étroitement associé au triomphe de son père.
(I Ce jeune homme n'avait publié qu'un petit volume de vers, les Péchés de jeunesse» Il n'en est pas resté là, et vous savez, messieurs, comme l'héritage de la gloire paternelle s'est miraculeusement accru entre ses mains. Mais enfin, ce soir-là il n'était encore que le petit Dumas venant assister à une victoire du grand Dumas.
« On avait déjà joué les deux tiers du drame, et l'effet de la pièce avait été considérable. La porte de la baignoire où se trouvait le jeune homme s'ouvrit tout à coup. C'était Dumas. « Sais-tu ce que je vais n faire, dit-il à son fils, si la pièce marche ainsi Il jusqu'à la fin? Je ferai nommer Maquet. Nous « serons ici à merveille pour jouir de sa surprise et « de sa joie. »
« Et, à une heure du matin..., celui qui m'a raconté ces choses était mieux que personne à même de les bien savoir; je n'ai que le regret de ne pas les dire aussi bien qu'il me les disait..., donc, à une heure du matin, Mélingue proclamait les deux noms de Dumas et de Maquet.
« M. Alexandre Dumas fils entend encore aujourd'hui, après tant d'années écoulées, les cris de joie qui partirent de la loge voisine, et il voit encore Maquet se jeter en pleurant dans les bras de Dumas.
« L'auteur de Henri III et de Mademoiselle de Belle-Isle n'était-il pas, d'ailleurs, assez riche de gloire pour pouvoir, sans crainte de s'appauvrir, laisser publiquement à Auguste Maquet sa part, sa très légitime et très large part dans tous ces succès légendaires : les Mousquetaires, la Reine Margot, le Chevalier d^Harmental, Afonte Cristo, etc., etc. ?
« Mais il n'est pas, hélas! messieurs, de collaborations éternelles... et le jour vint de la séparation
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
pour ceux que la passion du travail avait si longtemps et si heureusement réunis.
« Ce fut alors que, par des œuvres personnelles qui obtinrent de longs et retentissants succès, entre antres la Belle Gabrielle et la Maison du Baigneur , Auguste Maquet sut montrer le talent le plus origi- Dal et le plus vigoureux.
■ Et sa vie continua, dans le travail toujours; et, si la mort n^était venue brusquement l'enlever, tout plein de force et de jeunesse d^esprit, Maquet, dans peu de jours, à l'Opéra, le soir de la première représentation de la Dame de Monsoreau, Maquet aurait encore entendu son nom proclamé en même temps que le nom d'Alexandre Dumas.
« Mais Auguste Maquet, messieurs, n^a pas seulement travaillé pour lui, il a aussi travaillé pour nous, pour nous tous, auteurs dramatiques.
I En Pabsence de notre président, M. Camille Doucet, retenu en ce moment loin de nous par un devoir impérieux, j^ai Phonneur de représenter aujourd'hui la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, et j^ai le devoir de dire quels motifs particuliers nous avons d'exprimer tous nos sentiments de profonde gratitude poiilir celui qui a été, pendant de longues années, Tàme de notre Société.
< De i85i à i88t, Auguste Maquet a fait presque constamment partie de la commission des auteurs dramatiques. Il a été, pendant ces trente ans, quatre fois vice-président et quatorze fois président de la Société des auteurs.
« Les anciens de la commission — et je suis de ceux-là — savent quel dévouement passionné Maquet a mis au service de notre association.
« Président de ce tribunal de famille qui a bien souvent à juger de très graves et très délicates questiens, Maquet apportait dans ces fonctions une exquise courtoisie et une impeccable droiture.
< Il parlait peu, sortait peu, se montrait peu », a dit Alexandre Dumas. Oui, quand il s'agissait de ses intérêts et de ses affaires; mais, quand il s'agissait de nos intérêts et de nos affaires, je puis attester que Maquet parlait, sortait et se montrait.
I Sous une apparence quelque peu froide et réservée, Maquet cachait une extrême tendresse et une véritable grâce de cœur. Que de bien il a fait, et avec quel tact, quelle délicatesse, quelle discrétion !
< Certes, il est bien d'avoir été un homme de grand esprit et de grand talent, mais il est encore mieux d'avoir été un homme de grande bonté et de grand cœur, et il y avait ces deux hommes dans^ Auguste Maquet.
■ Président de notre commission pendant les trois dernières années de l'ancienne Société des auteurs, Maquet a travaillé plus et mieux que personne à la rédaction de ces statuts de 1879 ^^i ^"^ assuré la force et la prospérité de notre association.
> Il a été de ceux qui ont voulu que le prélèvement fût aussi large que possible sur les droits d'auteur, de ceux qui ont eu le bonheur de réussir, afin que Ton pût faire également aussi large que possible, par
des pensions et des secours, la pari de ceux envers qui la vie s'est montrée rigoureuse.
« C'est à peine si, avant 1879, nous pouvions tous les ans distribuer une dizaine de mille francs; nous pouvons en donner aujourd'hui plus de quatre-vingt mille. Notre Société ne fait plus seulement, comme autrefois, œuvre de perception ; elle est devenue une véritable association de protection et d'assistance mutuelle.
« Et cela, en grande partie, grâce à la haute intelligence et à la persévérance dévouée d'Auguste Maquet. Il est juste qu'il en soit remercié au nom de tous ceux dont les chagrins ont pu être apaisés et les misères adoucies, et j'apporte sur cette tombe le témoignage ému de l'affection et de la reconnaissance de toute cette grande famille qu'il a tant aimée et qui gardera fidèlement son souvenir. »
Inauguration du monument d'Edmond About. — Le monument élevé au cimetière du Père-Lachaise, à la mémoire d'Edmond About, a été inauguré le 22 dé* cembre décembre dernier.
Plusieurs discours ont été prononcés.
M. Ernest Renan a, le premier, pris la parole, au nom de l'Académie française.
Après avoir vanté l'œuvre du statuaire et retracé la carrière d'ardente activité d'Edmond About, M. Renan s'est ainsi exprimé :
« About fut celui qui continuait avec le moins de mélange notre ancienne tradition. Il avait la qualité dominante de l'esprit français, l'honnête droiture, la clarté. Voltaire fut avant tout un esprit honnête; About le fut aussi au plus haut degré. Demander à de tels hommes de porter éternellement un masque' sur leur visage, d'accepter docilement ces conventions, souvent puériles, auxquelles le grand nombre a peu de mérite à se soumettre, c'est demander à la lumière de ne pas aller en ligne droite. L'atmosphère où ils vivent est d'une transparence absolue ; le mystère n'a pas de sens pour eux; comme la lumière électrique, ils fouillent tous les replis et rendent le mensonge difficile; les ridicules qu'ils aperçoivent, il leur est impossible de ne pas les stigmatiser. »
About était un patriote, dit M. Renan :
« Un amour fort, d'ailleurs, un amour dominant était le principe moral de cette âme que des critiques superficiels ont qualifiée de frivole. C'était l'amour de cette pauvre France, à laquelle il devait ce qu'il y avait de meilleur en lui. Les partis qui se succédaient au pouvoir avec une rapidité désespérante eussent voulu que, pour leur être fidèle, il refusât de leur survivre. .Mais la France existait toujours pour lui, après la ruine des partis. Son patriotisme, aux jours d'épreuve, sut être éloquent et courageux.»
« Si About se laisse quelquefois égarer par les aux jugements de cette sorte, il en fut surtout vic-
t. A*! (Tinde dureté d« notre lempï! Les adver- « M 'Juhiren). «e mépritenl. A voir combien ils ■ «crere* tei uni pour les autres, on les croirait
rmif.'a.^ leurs auaquM, ils seraient indulgents. Oh! aw'1.3 verrons-nous élever un temple au pardon it^y^ue et k l'oubli ? A vrai dire, je crains que le WKrle de mes rûvt* ne soit le cimetière. La paii, Dk' >:.ieur« n'est qu'une chimère, ici seulement 0e*ie3t une réalité. Biemût, je crois, nous dirons w*tc rEectésiaite : Heureux les morts!
• *iv-it confrère n'eut pas même cette récompense
I tut
qxL-im, «or
afin
c leur vie.
aux bats
lies des autres.
hs moment où i
allait pre
dre po
session du fau-
Mtil OÙ roi
sufrrai;es l'appela
ient, la
morl est venue
k prwdrc.
Noue
n'avons p»s eu la
joie de le voir
•yvrparm
i nou
. Telle es