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«•amoncellent, il y n encore un ciel bleu et de chauds rivons. Quand l'heure de l'impartialité sera venue, tioi des adversaires reconnatiront qu'ils ont travaillé uas le savoir à la m(me oeuvre. Tous alors proclameronl qu'About Eut un de ceux qui ont te plus aimé, à one heure critique s'il en fut, le progrés et la liberté. •
M- Jules Clareiie a pris ensuite la parole au nom Je la Société des gens de lettres et de la Société des aateurs dramatiques.
Après avoir parlé de « cet esprit de Gaule alerte. «Hmaani, pétillant =1 stvoureuï comme un vin génêr«ui et léger» qu'Edmond Abouta prodigué à travers )M livres, ses comédies, ses préfaces et ses polémique», M. Clareiie a ajouté :
■ Je me rappelle l'cionnement et le tapage causés y^r son premier livre. Aboui revenait d'Athènes et, nppormni de l'Hymeite moins de miel que d'abeilles, il nous donnait alltgremenl de» pages ironiques sur la Crêce contemporjine, «ur le Roi des Montagnes. Il acmblail qu'il eût fait là-bas provision de sel «tllqiiB pour en cribler les descendants d'Aristol>li«ne. Les vaillants compatriote» de Botiari» prirent |«ur parti de ces Orientales d'un nouveau genre et II» pouvaient se dire, après tout, que c'était encore I (irtee qui donnait de son esprit à ce lili de Kran»' ■
si bien pris l'habitude de le voir, que parfois il m'arrive encore de lever la léie, comme s'il était encore là... Il n'est plus là, maia le voici revivant dans le bronze, souriant toujours, tenant à la main ce livre sur la Grèce qui a été son premier sourire, et à ses cdtés son Alsace, qui a été son dernier amour... Il n'est plus là, mais les année» ont passé sans toucher à sa mémoire, et nous nous retrouvons,
et, comme au premier jour, nous lui apportons notre salut et notre hommage au nom de ceux qui l'ont connu, qui l'ont admiré et qui l'ont aimé! >
Une atlocuiion de M. Chambreland, au nom des habitants des Landes, en souvenir du livre les Échasses de maître Pierre : undiscours de M.Thivet- Rapide, au nom des ouvriers typographe»; en6n, une causerie familière de M. Francisque Sarcey ont terminé la
M. Edouard Pailleron ; sa première pièce. — E\ie iut écrite au lycée, nous dit la Gabelle anecdotique, n ne vit jamais le jour de la publicité. C'était une tragédie, intitulée Inès, ou le Brasero, que Pailleron avait composée pendant la classe, en collaboration avec un de ses camarades nomme Dutrou, et en dépit de la surveillance de son ■ pion >, qui s'appelait Mazerat.
Anatole France raconte longuement cette histoire dans sa chronique du Temps, k l'aide des souvenirs mêmes de Pailleron i ce sujet :
• Quand la pièce fut terminée, l'enthousiasme de la classe de seconde était immense; mais il s'y mêlait quelque perpleïitè. On s'inquiétait des destinées du chef-d'œuvre. Le faire jouer était difficile, le faire imprimer coûteux- Enfin, un élève proposa d'envoyer le drame à Victor Hugo, alors à Guernesey, en lui demandant aide et conseil. Cet avis fut adopté avec enthousiasme. Une lettre fut soigneusement rédigée. L'adresse même ne fut point mise à la légère. Loin de là!
■ L'adresse donc, dit Pailleron dans son journal, la simple adresse tracée sur l'enveloppe, que de méditations elle nous coûta!... Nous voulions qu'elle renfermât et laissât transparaître tout un monde de pensées, récriminations contre le pouvoir, sympatbie pour l'eiilé, admiration pour le poète.
• Je ne sais pas si la suscription i laquelle nous nous arrêtâmes exprimait tout cela, mais elle n'était, a coup sûr, ni longue ni banale.
■ Elle n'avait que trois mots et un seul point d'exclamation :
> Victor Hugo
, Niu* éiîona v-itin», Aboul et moi, et pendant de i.iiHUe* «nnées, fc'eo souvent, quand je sortais, uKtinr lflé»itablBTT)eni sous ses fenêtres, que de foi» f\t »fty»(a,!»-haut. sur »onbakon. »«ul, ou à côte de ««fifanis. et me siluatii de quelque sourire ! J'avais
Victor Hugo répondit. Victor Hugo répondait toujours. On sait le style ordinaire de ses épîtres i la jeuneise : • \'atre aurore a sacré mon crépuscule. Vous portez une étoile au front. Ex imo, Victor
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Hugo. I II écrivit donc : « Vous êtes Pavenir, je suis le passé; vous arrivez, je pars; vous entrez dans la iumtére, j^entre dans l'ombre. » Mais d*aide, de conseil, point! La jeunesse est confiante; la jeunesse est généreuse. La classe de seconde, qui avait tant espéré de la lettre de Victor Hugo, ne fut point déçue en la lisant. On oublia ce qu^on avait demandé, et on fut toutà Porgueilleuse joie d'avoir reçu une page du maître. On se passait le précieux autographe de main en main. Il en résulta quelque désordre à rétude. Le pâle Mazerat essaya de confisquer la lettre, mais il dut céder devant la colère indignée de la classe et rendre ce papier glorieux.
Vente d'autographes. — On a vendu le mois dernier, à rhôtel Drouot, une collection d'autographes provenant en partie de feu Violet d'Épagny, auteur dramatique et directeur de TOdéon. Cette collection contenait un grand nombre de lettres d'artistes et d^auteurs dramatiques, ainsi que plusieurs documents manuscrits pouvant intéresser l'histoire des théâtres de Paris.
La vente a produit 4)i74 fr. 5o. Voici les prix les plus intéressants :
Lettre d'Andrieux, poète comique et académicien, au comte Joseph-Bonaparte de Survilliers, qu'il appelle son bienfaiteur. Cette lettre, du 27 février 1828, contient sur la situation politique d'alors l'appréciation suivante : « Le jésuitisme nous gagne, les prêtres nous débordent de tous les côtés. Si cela continue, ils seront bientôt autant et plus riches qu'ils ne l'étaient avant la Révolution. Ils sont déjà beaucoup plus puissants qu'ils ne l'étaient en 1780. Ils deviennent très redoutables et il est difficile de prévoir s'ils finiront par subjuguer et abêtir complètement la majorité des Français, ou s'ils perdront entièrement leur autorité, ce qui n'arrivera peut-être qu'à la suite d'un changement de religion qui pourrait être précédé et suivi de guerre civile... », adjugée 26 francs.
Épîire de Balzac, demandant des places pour une seconde représentation, 5o francs.
Correspondance intime de la comtesse Dash avec d'Épagny, 36 francs.
Le manuscrit de la Princesse de Bagdad, avec corrections et annotations par Alexandre Dumas fils, ii5 francs.
3i5 lettres originales, écrites à d'Épagny par des littérateurs, artistes, directeurs de théâtres, etc., 3i5 francs.
Lettre de Victor Hugo invitant M. d'Épagny à grossir le nombre des poètes éminents qui doivent venir entendre une lecture de Cromwell, 36 francs.
Diverses lettres de Scribe, relatives à plusieurs de ses pièces, vendues de 25 à 52 francs.
Plusieurs dossiers contenant des lettres d'acteurs et d'écrivains célèbres, une, entre autres, signée Thiers, relative à M"* Leverd, ont éré adjugés de i5 à too francs.
Deux précieux manuscrits contenant le journal
inédit de Joanny, célèbre tragédien, adjugés 610 fr.
Faillites de libraires et imprimeurs. — Un rapport du président du tribunal de commerce du département de la Seine fait connaître que le nombre des faillites a été, pour 1887, de 1,926. Nous avons relevé, dans les noms des faillis, trente noms d'imprimeurs ou de libraires.
Ecole du Livre. — Les plans de l'École du Livre viennent d'être approuvés par le conseil d'architecture de la ville de Paris.
Dans une réunion de la commission du conseil municipal, il a été entendu que les plans et devis, après revision, seraient présentés le plus tôt possible au vote du conseil. La dépense s'élèverait à 900,000 francs.
Soutenance de thèses. — M. Amélineau, maître de conférences à l'École des hautes études, a soutenu les deux thèses suivantes pour le doctorat devant la Faculté des lettres de Paris, en Sorbonne, le 1 1 janvier dernier.
Thèse latine. De historia lausiaca; thèse française, le Gnosticisme égyptien.
ETRANGER
Jj^TiL
Angleterre. — Le centenaire du « Times ». — Il y a eu, le i" janvier dernier, un siècle que le Times a paru pour la première fois.
En réalité, il y a plus de cent ans que la plus célèbre des feuilles anglaises existe; il y a cent trois ans; mais ce n'est que le i*' janvier 1788 que le Daily universal Register abandonnait ce titre pour celui qu'il a conservé depuis de : the Times.
Fondé par M. John Walter, qui, d'abord armateur, se fit imprimeur après avoir perdu sa fortune, le Times est toujours resté la propriété de la famille du fondateur, et c'est encore M. Walter, le troisième du nom, le petit-fils de John Walter !•', qui possède actuellement le Times.
Le Times n'a pas, dès le début, été très prospère. Le succès fut lent à venir, et ce n'est guère qu'après un quart de siècle d'efforts que sa réputation était définitivement faite et son avenir assuré.
Retracer l'histoire du Times serait faire l'histoire universelle de tout un siècle, car un des éléments du succès du Times fut le soin qu'il apporta, dès sa fondation, à tenir ses lecteurs au courant de tout ce qui se passait à l'étranger, où il entretenait à grands frais des correspondants qui le tenaient informé des événements du jour.
Bien des fois, au commencement du siècle, à l'époque des guerres de Napoléon I«', le Times reçut et publia les nouvelles des grandes batailles avant
Si
-i^i; i; ti.'avern ornent fût informé. IT jtïE; inui uoc iHui-^nJanvC d'sllurei irei œ.iI rjtt du homme» j't'ii; Ju iemp»,et M. \Vj!tire»aya i«sb:imiIialions «n» nombre. On alU aàuji iiia^u'i i« mettre en [■rttnn. Entre temps. -;i xawrwîrrji: Jes ^-orrespon- Jance* qui éwient *i7i£*tecj j« ouruil et on lui faisait toutes le* mîMref ri.'iuib'ius.
Mais le icouier-^ ri<nc tra-.: jifatr: à forte partie, et rien ne rxt^'x M. « j ra-. jui unnaisa un système de coutTtr» «kv-iui j Iumik Je «on journal, et qui. n3 -.-f -. enr^i jutreï. «: t« eipèdier d'Ecosse à L*^.*t«». !^" >t«» «ï?"^"» monte», le compte rendu >.''itn I -^TUitr .'iia.-'<'ji~f pv'Ittique qu'il publia avant (t-tM Ttf* <vw.'u*~'«'<;v wU lui coûta 5,000 francs; — « 1 .'^'4 « 'vrtu'xt lui si'uriail, et il pouvail faire
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1 tits et de son petli-AIs, le .Voiler «Ha de succès en sucent è la position eicepiiona presse européenne. Ce qui I y^-'-.NN Jv" un- l«'lt« mesure à ce résultai, c'est \ *."■• 4W4 Iv^ iTv'iTitMrtire» du journal ont touiours •■■ • \ ^^.•>•■' 1«tit« i\litors nu rédacteurs en cbef. Le f •'% \\ VNv Jt* ■i*\>\ qui se Dont succédé à la direction ,1.1 f-"wx «un M. J.'hn Delane qui, pendant vinfîi , .,, ..... . .u .-.'rioi- sans faiW
....hii.
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• .>>ir livquenlé les bureaux de rédaction iitMv «i)||lii>* pour se faire une idée du tra- ^■•iiil'Hl un tdilor.Ce n'est pasqu'il s'e'puise ,W lu fopie. t.'edilor, au contraire, n'écrit >ir Ut»* >'""* '' journal qu'il dirifte, mais il ,,.ll iiiiil, Ui loui et, surtout, inspire tout ce Ir liiiirnnl, a irait à ]a politique
IvB en générsl au bureau du journa |« heures, et n'en sort qu'à trois heure: liant ce temps, il a lu toutes les dêpè que le ié1é{;raphe et lu poste lu
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ilrhlil* l>" >'itriiriiinications officielles émanant d'un „^,„,,l,.i H |ii..|u'É la réclamation d'un touriste anglais ^,\Ht |iiii ii'i Kcndarme franfais, qui l'a rencontré „ 1 1IM.I A rlcasiner un peu trop prés d'une place
l'.iiilniii le* sessions parlementaires, il a aussi lu I, ^ lnl»'iiiiiri"''le» discours prononcés à Westminster, ,ii «III I' vu d'une dépêche, sur la nouvelle d'un ,l>i>ni-iiii"i' triiportanl qui s'est passé à Sainl-PéterslliilIlM, • Vienne, à Berlin, à Paris, à New-York, ,„, iiiK plirate d'un discours-ministre; ce dis-
,( |.|^i'i1 elc prononcé à deux heures du matin,
il a iiiMomliaiemenl décidé la ligne de conduite à sutiiN, f* Clinique à adopter, et, en quelques phrases )ii|i|.li'>, il Indique à un leader writer, convoqué ausrt\ni, le canevas de l'article d'une colonne et demie,
i'«*i la longueur traditionnelle, ~ qui sera iml'iliii« à ((uatre heure* du matin et déjà en route
tlc»( de règle que ces articles, cea commentaires ii( d'iivcni pat ilre remit au lendemain; aussi quelle
sûreté de jugement, quelle habitude de la politique, quelle connaissance de l'opinion publique et du jeu des partis il faut posséder pour faire un edilor dn
M. Delane, il faut le dire — ei c'est, d'ailleurs, un fait reconnu par tous en Angleterre, de sorte qu'on peut Je répéter sans blesser aucune susceptibilité — est resté te seul edilor que le Times ait eu. Homme du monde, [1 dînait en ville, fréquentait les salons et les clubs, et, de ce commerce avec tout ce que l'Angleterre compte d'illustrations dans la politique, dans les administrations, dans les lettres, dans les arts, il recueillait une am^ile moisson de faits, d'informations, d'impressions qu'il savait k merveille utiliser pour
Pendant vingt-cinq ans, de [85o à 1875, le Times a occupé une position unique. Grâce i ses immenses
jour ses colonnes, il p>ibliait des dépèchet, des lel-
mesure de se procurer; il avait des informations rapides et sOres telles qu'aucun concurrent ne pouvait en obtenir. De plus, loin d'être en butte aux persécutions des hommes d'Etat, il recevait leurs confidences et souvent même leur collaboration lui était acquise. Lord .Salisbury, dil-on, alors qu'il n'était que lord Robert Cecil, a collaboré régulièrement au Times; lord Bramweli et M. Léonard Courtney, pour ne citer
publique, collaborateurs de ce journal. Enfin, l'impartialité, l'austérité même du Times e'taient tellement
une signitication tout à fait exceptionnelle.
En est-il de même aujourd'hui? Oui et non. Le Times a toujours d'excellentes correspondances étrangères, des articles de fond bien pensés et bien écrits; mais il n'a plus le monopole, en quelque sorte.de ces informations et de ce mérite littéraire qui faisaient de lui, autrefois, un agent politique hors ligne. La presse A bon marché, le grand ioumal quotidien à un penny, dont le créateur est M. Lawson, le fondateur du Daily T'We^a^'i, a fait depuis une vingiaine d'années de si grands et si rapides progrès, que le Times, qui fut longtemps l'unique journal politique anglais, a actuellement des rivaux formidables qui lut sont rarement inférieurs, et dans bien des cas même, le distancent.
Sans doute, le Times a eu, le premier, un fil entre Paris et Londres; mais bientôt /e Daily Telegrapk en avait un, puis le Standard imitait le Daily Telegraph. Le Times a eu pendant la guerre de Crimée comme war-correspoiident le célèbre D' Russell; mais le Daily News a eu, depuis, MM. Gahan et Archibatd Forbes, et, pendant la guerre franco-nllemande, aucun journal n'a été ni mieux ni plus rapidement renseigné que le journal libéral.
Plus récemment, pendant la guerre du Soudan, le Daily Chronicle et le Daily Telegraph publiaient les nouvelles les plus complètes avant le Times. Je ne parte pas du Standard ni du Morning Post parce que, presque au début de la campagne, les corres-
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po
pondants de ces deux journaux furent tués dans une bataille entre les troupes anglaises quUls suivaient et les Soudanais.
Que si, maintenant, nous passons à ce qui a lieu journellement, le Daily Telegraph publie chaque jour sous la rubrique : « Paris au jour le jour » deux colonnes de nouvelles parisiennes fort intéressantes et d'une allure alerte et gaie qui en rend la lecture des plus attrayantes. Le Standard, lui, a tous les malins une série de dépêches télégraphiques de Paris, de Vienne, de Berlin et de Saint-Pétersbourg qui, pour la sûreté des informations et la précision des détails, ne le cèdent aux correspondances d'aucun journal, sans en excepter le Times, C'est /^ Stari' dard qui, le premier, a eu la nouvelle du combat de Pendjeh, en Afghanistan, et celle d'une tentative d'assassinat contre l'empereur de Russie. Actuellement, on considère les correspondances étrangères du Standard^ prises dans leur ensemble, comme les meilleures de la presse londonienne.
Il n'est donc pas étonnant que le Times, avec de pareils concurrents, n'ait plus la position unique qu'il avait il y a encore une douzaine d'années. Cela ne veut pas dire qu'il ait rétrogradé; mais cela prouve que ses rivaux ont marché avec une rapidité extraordinaire.
Et ce n'est pas seulement à Londres que la presse anglaise lutte victorieusement contre te Times; c'est en province où il y a des organes dont l'influence se fait sentir jusqu'à Londres même sur les questions de politique intérieure. Je citerai, parmi les plus importantes feuilles provinciales, le Manchester Guar" dian, le Liverpool Mercury, le Western Moming NeuSjle Leeds Mercury; en Ecosse, Scotsman et le Dundee A dvertiser et, en Irlande, le Freeman's Journal
Toutefois, le Times a su conserver son prestige, et, après une carrière si bien remplie, après une existence d'un siècle, pendant laquelle on n'a eu à lui reprocher ni une bassesse, ni une défaillance, et pendant laquelle il n'a jamais cessé de faire preuve du patriotisme le plus sincère, bien que parfois exagéré, les propriétaires et les directeurs de ce journal ont bien le droit d'être fiers de célébrer, comme ils le font aujourd'hui, le centenaire du Times,
Les journaux du soir à Londres. — Voici sur les journaux qui paraissent le soir à Londres quelques renseignements que nous empruntons au Journal des Débats :
L'apparition d'un nouveau journal quotidien du matin ou du soir est toujours un événement impor. tant à Londres où la création d'un organe politique est une entreprise considérable au point de vue financier, commercial, industriel même. On compte qu'il faut, pour fonder un journal viable, une mise de fonds de 120,000 livres sterling ou 3 millions de francs. En effet, il ne s'agit pas seulement de trouver un bureau de rédaction, de réunir un certain nombre de collaborateurs et d'écrire des articles que l'on fait
imprimer par un maître imprimeur; il faut, avant que le premier numéro puisse paraître, avoir des fonds, un local et une imprimerie, avec machines et tout ce qui s'ensuit et avoir assuré à Londres et dans les provinces un service de distribution pouvant fonctionner rapidement dès le début.
C'est ce qu'a dû faire M. T.-P. O'Connor avant de lancer le premier numéro du Star qui a paru aujourd'hui. Imprimé sur papier blanc, ayant à peu près le format d'un journal français, quatre pages, le Star a fort bonne mine et est imprimé en caractères lisibles. Il se vend un demi-penny (5 centimes)» Voilà pour son aspect.
En politique, le Star sera radical, comme il le dit dans sa profession de foi en deux colonnes.
L'organe de M. T.-P. O'Connor promet d'être un rival sérieux pour les autres journaux du soir qui sont actuellement aussi nombreux que les journaux du matin, c'est-à-dire sept.
Le plus ancien journal du soir est le Globe qui date de i8o3. Whig depuis sa fondation jusqu'en 1866, le Globe est devenu conservateur et, comme il aime à le dire, constitutionnel. Il a à peu près le format du Petit Journal, mais à huit pages et se vend i penny (10 centimes). 11 est assez hostile à la France et s'imprime sur papier rose. Le Globe est beaucoup lu et est, dit-on, le plus prospère des journaux du soir londoniens.
Pendant longtemps le Globe n'eut que des concurrents insignifiants, bien que VEvening Star soutînt la lutte pendant plusieurs années et arrivât môme à obtenir la faveur du public; mais ce journal disparut er, des anciens concurrents du Globe, il ne reste aujourd'hui que VEvening Standard, fondé en iSSy, et qui est l'édition du soir du Standard. Ce journal reproduit les informations du Standard et publie les nouvelles reçues dans la matinée, plus quelques petits articles de fantaisie bien écrits. Dans la saison parlementaire, il donne, dans ses éditions successives, d'excellents comptes rendus des séances; enfin, il se fait surtout remarquer par ses comptes rendus judiciaires qui sont les plus complets et les plus exacts.
VEvening Standard, cela est à noter, est l'unique exemple d'une édition du soir d'un journal du matin ayant pu se maintenir. Nous avons vu que VEvening Star (LvtLit disparu; il en fut de même d'une édition du soir du Daily TelegraphJ'Evemng Telegraph, qui n'eut que quelques numéros.
Plus heureuse fut la Pall Mail Galette, fondée en i863, et comme le disait son en-tête, «écrite par des gentlemen pour des gentlemen». Imprimée sur papier teinté, la Pall Mail Ga!(ette s'est vendue 2 pence (20 centimes) jusqu'en 1882, où, pour mieux soutenir la concurrence de la Saint-James^ Ga^^ette, elle abaissa son prix à i penny. Journal radical, indépendant et fantaisiste, la Pall Mail Ga:çette rechercha la sensation, la nouvelle à effet. On se souvient de sa campagne contre les «scandales de Londres», dont le retentissement fut si grand, Presque tous les jours, elle publie des dessins, des croquis, donnant tantôt le portrait d'un personnage éminent, d'un mort illus-
too
trc, d'un criminel célèbre, tantôt une illustration représentant une éviction en Irlande ou les ruines d'un théâtre incendié. La Paîl Mail Ga^^ette prétend avoir inventé le «nouveau journalisme»; mais en Amérique, et môme en France, le journal aux nouvelles à sensation, qui donne le fait important du jour sans détails superflus et sous une forme alerte et littéraire, n'est pas inconnu.
La Saint' James* Ga:çett€, qui date de 1880, est le journal antiradical par excellence. Elle est fort bien rédigée et publie de temps en temps de très remarquables articles sur la politique étrangère. Elle ne fait à la fantaisie qu'une très petite place; mais parfois elle a des articles très amusants. Elle a eu, un jour, une histoire de décoration accordée par un gouvernement étranger "au rédacteur en chef d'un organe radical, qui était un petit chef-d'œuvre d'esprit et de
malice.
La Saint-James* Galette a pour editor M. Frédéric Greenwood, qui a été le premier editor de la Pall Mail Galette.
L'EchOy fondé en 1868, est le premier journal du soir à un sou qui ait vu le jour à Londres. Pendant la guerre franco-allemande, son tirage atteignit un chiffre fabuleux et il publiait je ne sais combien d'éditions par jour. C'est môme à la soif de nouvelles qu'éprouvait à cette époque le public anglais qu'il doit son succès. L'Echo a plusieurs fois changé d'aspect Il avait à l'origine huit pages comme celles de la Pall Mail Galette; il en a maintenant quatre semblables à celles des journaux français. L'^Tc/io publie dans ses colonnes des extraits en français des journaux de Paris; c'est ce qui constitue son originalité. 11 est, de plus, radical.
Enfin, il y a encore VEvening News qui est conservateur et a le môme format que VEcho: journal à un demi-penny, il a un tirage considérable.
Bien que tous ces organes s^intitulent journaux du soir ils ne sont en réalité que des journaux du matin qui paraissent plus tard que les autres. A midi ils sont sous presse.
Kn outre, ils n'ont pas de correspondants à l'étranger ni en province et ne donnent, en fait de nouvelles, nue celles que leur envoient les agences de la presse. Leurs articles politiques, étant écrits le matin, traitent non la question du jour, mais celle de la veille; et, quant aux éditions successives, elles ne diffèrent les unes des autres, la plupart du temps, que parce riue la dernière contient un télégramme Reuter plus ou moins intigninant qui n^était pas dans les premières* I»rsque le parlement siège, ces journaux publient des comptes rendus des séances jusqu'à six ou %tpx heures; mais, comme on n^aborde les quesl|/;ni intéressantes que vers cinq heures, ces comptes rcri^us laissent encore beaucoup à désirer.
()n pt'Ji, saris exagération, dire que le journal du ftoif e»t encore k faire à Londres, c*est-à-dîre le journal ttu soir avant des correspondances de la province e* 4t J'etranser, datées du jour même, et des articles //ritsdans l'après-midi.
Ouel est Ynoznvae hardi qui le fera?
le.
Union internationale pour la protection des œuvres littéraires et artistiques.
LÉOPOLD II, roi des Belges, A tous présents et à venir, salut.
Vu la loi du 3o septembre 1887, portant approbation de la convention concernant la création d*une Union internationale pour la protection des œuvres littéraires et artistiques conclue à Berne, le 9 septembre 1886, entre la Belgique, l'Allemagne, l'Espagne, la France, la Grande-Bretagne, Haïti, l'Italie, la Suisse et la Tunisie;
Vu l'article 14 de ladite convention et le n» 4 du protocole de clôture y annexé ;
Sur la proposition de nos ministres des affaires étrangères et de Tagriculture, de Tindustrie et des travaux publics.
Nous avons arrêté et arrêtons :
Art. I". MM. les libraires-éditeurs, imprimeurs ou détaillants quelconques faisant le commerce d'objets protégés par P Union internationale du 9 septembre 1886, sont invités à dresser l'inventaire de tous les ouvrages publiés ou en cours de publication avant le 5 décembre 1887, d'après des ouvrages édités dans un des États de TUnion et dont la reproduction ne serait plus permise aux termes de l'article 14 de la convention précitée.
Art. 2. L'exposition et la vente de ces exemplaires sera rendue licite par l'apposition d'un timbre spécial, qui sera faite par les soins du département de l'agriculture et de l'industrie.
Les ouvrages en cours de publication ne pourront ôtrc achevés et mis en vente que si les parties parues avant le 5 décembre 1887 ont été revêtues du timbre dont il s'agit.
Art. 3. Les possesseurs de clichés, bois et planches gravés de toute sorte, ainsi que de pierres lithographiées ou d'autres appareils d'impression d'ouvrages originairement publiés dans les États de l'Union et constituant des reproductions désormais interdites, sont également invités à en fournir l'inventaire.
Art. 4. Les appareils dont il est question à l'article précédent pourront être utilisés ; jusqu'au 5 décembre 1889, après qu'ils auront été revêtus d'une estampille spéciale.
Les exemplaires qui auront été fabriqués avant le 5 décembre 1889, au moyen d'appareils revêtus de l'estampille, devront être timbrés pour pouvoir être mis en vente.
Ce timbre ne sera appliqué que jusqu'au i"' janvier i8qo.
Art. 5. Les inventaires dont il est question aux articles i" et 3 seront certifiés exacts par les intéresi ses; ils devront être envoyés au ministère de Tagri-
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culture, de rindustrie et des travaux publics avant le
5 janvier prochain.
Les ouvrages et appareils quelconques d'impression portés à ces inventaires pourront seuls être timbrés.
Art. 6- Les inventaires devront être dressés d'après les modèles annexés au présent arrêté. Après avoir été dûment remplis par les intéressés, ils seront remis aux agents chargés de l'estampillage, qui les renverront au ministère de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics, munis de leur visa et avec leurs observations, s'il y a lieu.
Art. 7. L'application du timbre dont il est question aux articles 3 et 4, | i", se fera du 5 février au 4 mars 1888. Elle se fera gratuitement.
Art. 8. A partir du 5 mars 1888, toute réimpression non autorisée de publications originairement mises au jour dans l'un des États de l'Union internationale et non tombées dans le domaine public, qui serait mise en circulation dans un but commercial quelconque sans être revêtue du timbre, sera considérée comme une contrefaçon.
Art. 9. Toute reproduction frauduleuse ou falsification des timbres sera passible des peines édictées par les lois.
Art. 10. Notre ministre de l'agriculture, de l'indus^ trie et des travaux publics est chargé de l'exécution du présent arrêté.
Donné à Bruxelles, le i5 novembre 1887.
LéOPOLD.
Par le roi :
Le ministre des affaires étrangères.
Le prince de Chimay»
Le ministre de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics,
Chevalier de Moreau.
MINISTÈRE de l' AGRICULTURE, DE l'iNDUSTRIE ET DES