II
PUBLICATIONS ANNONCÉES OU EN PRÉPARATION -
en France et à l'Etranger
FRANCE
— Le livre de Henry Houssaye : i8 t4, annoncé depuis longtemps, doit paraître ce mois-ci. A en juger par les quelques chapitres publiés dans la Revue des Deux Mondes, ce livre, qui reconstitue Thistoire de la fin de l'Empire et des premiers jours de la Restauration au moyen des seuls documents des archives françaises et étrangères, suscitera de vives polémiques.
*- Plusieurs lecteurs du Livre ou amis inconnus de son rédacteur en chef nous demandent à quelle époque paraîtront deux ouvrages précédemment annoncés : la Physiologie des quais de Paris et le Paroissien du célibataire.
Le premier de ces ouvrages sera mis en vente dans le courant d'avril.
Quant au Paroissien, l'auteur se réserve le soin de parfaire ce livre qui ne verra sans doute le jour qu'en octobre prochain sous son format petit in-S», tirage à mille exemplaires numérotés, les exemplaires de luxe étant presque entièrement souscrits.
— On annonce la prochaine mise en vente du tome IV de V Histoire de la guerre civile en Amérique, par M. le comte de Paris.
Le Molière Leman-Lemonnyer, — On se demandait si cette superbe publication, arrêtée si malencontreusement par les procès d'illustrateurs à éditeur et par la débâcle du libraire Lemonnyer, devait jamais continuer; les souscripteurs de cette œuvre magistrale étaient dans une sombre inquiétude dont nous sommes heureux de les pouvoir tirer.
Une société anonyme s'est formée pour la continuation de ce grand Molière, et M. Emile Testard a été choisi comme éditeur de cette société. ' D'ici peu de mois nous espérons voir paraître un nouveau fascicule du Jlfo/ière Léman, qui dès lors, il le faut espérer, se poursuivra jusqu'à la fin, dotant ainsi notre librairie d'un Molière incomparable par la beauté et la précision de l'illustration.
— Le duc de Broglie va réunir en volume la série d'articles qui ont paru dans la Revue des Deux Mondes sur Marie Thérèse, impératrice.
— > On n'a point oublié le succès qui a accueilli l'étude consacrée par MM. Lucien Perey et Gaston Mau
gras à la princesse de Ligne; on nous annonce un nouveau volume de M. Perey : Histoire d'une grande dame au xviii» siècle; la comtesse Hélène Potocka,
— L'auteur de la Terre travaille en ce moment à un nouvel ouvrage qui aura pour titre : Un rêve,
~ La librairie Privât, de Toulouse, annonce une Bibliothèque méridionale qui comprendra les éditions des œuvres des principaux troubadours, accompagnées d'introductions, notes et glossaires. Cette série s'ouvrira par l'édition de Bertrand de Bom, duc à M. Thomas, et dont l'impression est presque achevée.
— M. Georges Bertin doit nous donner une Madame de Lamballe étudiée d'après des documents inédits. Le livre est édité par les soins de la Revue rétrospective,
— L'éditeur Conquet met en souscription pour paraître le mois prochain un nouveau volume de J. Claretie: Bouddha, L'édition, de format in-i6, sera tirée à 400 exemplaires numérotés. Le livre sera illustré de : I frontispice, 5 en-têtes et 5 culs-delampe, dessinés par Robaudi et gravés par Nargeot. Le volume, suivant les papiers et les états des planches, se vendra 5o, 3o et i5 francs.
— Les Amies de Bal!(ac, tel est le titre d'un volume que M. Gabriel Ferry va faire paraître chez Calnlann Lévy.
— La Société des amis des livres de Lyon, dont nous donnions récemment les statuts, vient d'éditer Trilby,dc Ch. Nodier, avec des illustrations de Paul Avril. Le livre va paraître sous peu de jours, format in-8'.
— L'éditeur Dupret annonce comme devant paraître cette année dans sa Collection bleue les ouvrages suivants : F. Lefranc : Une maladie littéraire les Décadents; — J. Tel lier : V Érudition romantique;
— A. Copin : les Maisons historiques de Paris ;
M. Barrés : Huit jours che!( M. Renan; — Hugues Le Roux : Alphonse Daudet; — de Veyran : les Peintres de la mer ; — H. Olivier : les Maudits et les Déca» dents; — G. Ferry : Vaudevillistes anciens et vaude» villistes nouveaux.
ETRANGER
Allemagne. — La librairie Hertz, de Berlin, annonce la prochaine apparition du premier volume d'une biographie de Schiller, par M. Otto Brahm.
^ Une étude biographique sur les frères Schlegel doit paraître prochainement. Elle a pour auteur M. J. Minor.
Angleterre. — MM. Furnivall et Pollard préparent une nouvelle édition de Chaucer, Cette édition aura six volumes et ne contiendra que les œuvres authentiques.
— M. Yonge prépare pour la Collection des grands écrivains anglais une Vie de Walter Scott,
Italie. -* Les Mémoires de M. Minghetti vont être incessamment publiés; ils ne comprendront pas moins de quatre volumes.
Russie. — M. Kawczynski, docentà TUniversité de Leopol, fait imprimer en ce moment en français un livre sur le rythme en général et particulièrement sur les origines et Thistoire de la versification rythmique. M. Kawczynski, qui a déjà publié en polonais deux importants mémoires sur ce sujet, professe sur beaucoup de points des opinions absolument contraires à celles de la plupart des philologues actuels et prétend les appuyer uniquement sur des textes.
L'ouvrage paraîtra à Paris, chez le libraire Vieweg, dans le courant de cette année.
FRANGE
La Revue des Deux Mondes: Souvenirs de M. Blaf{e de Bury. — M. Blaze de Bury est aujourd'hui parmi les derniers survivants des écrivains qui furent à la Revue des Deux Mondes les collaborateurs de la première heure. Il publie dans la Revue internationale tous les souvenirs de sa vie littéraire qui, de près où de loin, se rattachent à l'histoire du recueil que fonda et dirigea Buloz. Quand on se rappelle les noms de tous les écrivains français qui figurent aux tables de la Revue des Deux Mondes, on devine le prix des souvenirs de M. Blaze de Bury. Cest une riche collection d'anecdotes intéressantes et de vivants portraits. C'est, en de légères et rapides esquisses, l'évocation d'un demi-siècle d'art et de littérature.
Nous voudrions citer ici, au hasard de notre lecture, quelques fragments du premier article paru dans la Revue internationale.
Voici un joli croquis de Victor Cousin dans les bureaux de la rue Saint-Benoît.
« Cousin, avant de monter au premier étage causer Avec Buloz, s'arrêtait en bas chez Gerdès qu'il abordait par ce préambule sacramentel prononcé en s'asseyant :
< Je sortais de l'Académie et je me suis dit : Allons ▼oir comment va Gerdès, ce bon Gerdès !
« Puis tout à coup, sur un ton moins oratoire et de l'air distrait d'un homme pipant au vol un souvenir en risque de s'égarer : A propos, mon bon Gerdès, il me semble que nous devons avoir un petit compte. Si nous profitions de l'occasion pour le régler, qu'en pensez-vous, mon brave ami ?
« Avec Buloz, son emphase s'humanisait. Il se faisait modeste, célébrait très haut l'extraordinaire bon sens de « son cher directeur », et prêchait partout la discipline. C'était simplement une manière de parler, car au fond il ne concédait rien, et je l'ai vu souvent livrer des batailles pour maintenir l'intégrité de son grand style en présence du cher directeur et l'empêcher d'éteindre une seule de «t ces nobles flam- N mes dont brûlait le cœur de Condé. »
De Villemain, M. Blaze de Bury nous conte une anecdote qui révèle quelle bonté de cœur il dissimulait sous une écorce rugueuse :
« Un jour que je venais lui recommander pour l'un des prix à distribuer l'ouvrage d'un poète de talent mort depuis à la peine et que nous avons tous connu :
N — Un tel, me dit-il ; mais vous oubliez donc que nous lui avons donné le prix Lambert l'année dernière ?
« — Vous vous trompez, cher maître, c'est il y a deux ans.
« — N'importe, c'est repasser trop tôt; qu'il revienne l'année prochaine.
« — Et^ en attendant... car il a femme et enfants et se meurt de la poitrine...
« — Que voulez-vous que j'y fasse ? PAcadémie n'est pourtant pas un hôpital.
« — Et presque aussitôt quittant ce ton bourru :
« — Il a femme et enfants, dites-vous? Eh bien, envoyez-le-»moi... J'y songe; non, ne me l'envoyez pas; tenez, remettez-lui ceci sans me nommer.
« Et je le vis prendre au hasard en un tas de bouquins un méchant petit volume des Dialogues de Lu" cien, dans lequel il fourra trois billets de cent francs. »
Et ce trait rappelle à M. Blaze de Bury un pareil trait de Lamartine :
« Reconduisant un hôte un soir d'hiver, il s'aperçoit sur le palier qu'il fait très froid et que son visiteur — un pauvre diable de confrère en Apollon — n'a pas de paletot. Il le rappelle à grande hâte :
« — Monsieur ! monsieur !
« L'autre monte.
« Un manteau, celui de Lamartine, pendait au ràlelier de l'antichambre. Lamartine le décroche, le jette sur les épaules du visiteur et, fermant vite la porte ail verrou, lui crie du dedans :
« — Vous alliez oublier votre manteau. *
Le portrait de Gustave Planche n'est point flatté. M. Blaze de Bury, tout en reconnaissant à Planche l'intégrité du caractère et la sûreté de l'homme du métier, n'a de goût ni pour sa critique étroite, impuissante à comprendre le génie de Victor Hugo ou celui de Balzac, ni pour son style dogmatique, autoritaire, qui procède par « formules et ritournelles ». Quant à l'homme, il était d'un abord assez répugnant, et là-dessus M. Blaze de Bury est d'accord avec tous ses contemporains.
« Contraste bizarre, cet idéaliste épuré, ce critique des bords de l'Eurotas était le plus malpropre des cyniques; il n'avait aux lèvres que Phidias, Platon, Raphaël et se plaisait aux mœurs d'un loqueteux. Ceux-là mêmes qui lui ffiardonnaient ses points de vue et ses antagonismes systématiques fuyaient son approche en se bouchant le nez. Res sacra miser, mais l'orgueil qui se drape en de sordides haillons, faut-il aussi le respecter i Buloz s'ennuyait tout le premier de cette pose funeste à la bonne hygiène de son cabinet de rédaction où Gustave Planche s'installait invariablement tous les après-midi de deux à six. On patientait pourtant jusqu'à l'hiver, histoire de ne blesser aucune susceptibilité; mais les premiers froids servaient de prétexte pour solliciter la mise au rancart d'une friperie décidément infectieuse.
« — Mon pauvre ami, soupirait Buloz, je vous plains; vous devez geler dans ces vêtements de coutil.
« — Heu ! heu ! répondait Planche flairant une avance.
« Et Buloz qui n'en voulait pas donner, prévoyant l'emploi immédiat que son philosophe en ferait, Buloz tranquillement continuait :
« — Gerdès va vous accompagner à la Belle Jardinière, vous y choisirez un complet d'hiver et ce sera lui qui réglera.
« Le lendemain, transformation à vue; un Planche chaudement vêtu, étoffé, lavé, invraisemblable, l'usage étant que Gerdès profitât de la circonstance pour conduire aux bains le catéchumène.
« Cela durait ainsi quatre ou cinq jours, pendant lesquels nous jouissions d'un Planche à l'eau de Cologne, frais, reluisant et battant neuf; puis, brusquement, un matin, l'ancien masque rentrait en scène et l'immonde souquenille de coutil remplaçait les beaux vêtements neufs vendus au marchand d'habits pour quelques pistoles dont le buvetier du carrefour avait eu -l'étrenne. L'argent glissait entre ses doigts; un jour, il hérite de 20^000 fr., les fourre dans un sac et va se promener en Italie, tirant à mesure jusqu'au dernier sou ; quand le sac fut vide, il revint prendre sa place à la Revue. C'était le neveu de Rameau. Où travaillait-il ? On cite un certain café de la rue Taranne, mais il ne s'y rencontrait qu'à l'heure des dissertations. Sainte-Beuve avait, passage du Commerce, un réduit caché qu'il n'ouvrait qu'aux initiés et sur un frappement cabalistique. Planche minutait sa copie dans les lieux publics où les hasards de la beuverie le conduisaient.»
De « beuverie » en « beuverie », Planche mourut, tué par l'alcool.
Bibliothèques et bibliothécaires. — Le rapport du ministre de l'instruction publique sur les bibliothèques et les archives a été généralement apprécié en termes sévères par toute la presse.
Notre collaborateur M. Victor Fournel a pris texte de ce rapport pour écrire au sujet des bibliothèques et des bibliothécaires un charmant article que nos lecteurs nous sauront certainement gré de reproduire ici :
« Un décret du ministre de l'instruction publique vient de jeter le trouble dans l'intéressant microcosme des bibliothécaires. Pour les profanes, il n'a l'air de rien, ce décret; mais les intéressés en ont compris du premier coup toutes les conséquences, sans môme avoir besoin de lire le rapport dont il est accompagné et qui en dévoile nettement le but. En fixant la limite d'âge pour la mise à la retraite du personnel des Archives nationales et des quatre grandes bibliothèques parisiennes qui appartiennent à l'État, le ministre ne vise à rien moins qu'à l'élimination des gens de lettres et à leur remplacement successif, du haut en bas de la hiérarchie, par des hommes de la carrière.
« C'est toute une petite révolution. Les bureaux l'emportent. La victoire est à l'École des chartes. Mais les ministères passent, si les bureaux ne passent pas, et les décrets deviennent quelquefois caducs bien longtemps avant d'être arrivés à l'âge mûr.
« Il me semble que le décret eût dû commencer par séparer les archives des bibliothèques, au lieu
de les confondre comme à plaisir. Pour les archives, il faut des archivistes, rien de plus naturel, comme pour un civet il faut un lièvre (à moins que ce ne soit un simple lapin), et les archivistes sont formés à l'École des chartes. Mais pour les bibliothèques, est-il donc indispensable d^avoir régulièrement suivi la filière et fait ces études professionnelles dont parle le ministre ?
c Cela est si peu indispensable que beaucoup d^excellents bibliothécaires, et môme de bibliographes renommés, n*ont nullement passé par TÉcole, pour laquelle, d'ailleurs — ai-je besoin de le dire ? — je professe une considération sincère. Ni Brunet ni Quérard, pour me borner à ces deux maîtres du genre, n'avaient franchi le seuil de l'École des chartes : croyez-vous qu'ils fussent impropres à dresser des catalogues ? M. Taschereau n'était point un homme de la carrière; il n'avait pas monté degrés par degrés tous les échelons de la hiérarchie, et M. Taschereau, qui était d'ailleurs, il faut lui rendre cette justice, un des êtres les plus désagréables de la création et qui avait élevé l'absence d'urbanité jusqu*à la hauteur d'un principe, ne fut-il pas — sauf ce point, qui n'a rien à voir, avec la discussion présente — un administrateur modèle, qui a introduit dans le règlement de la Bibliothèque une foule de réformes sérieuses et pratiques?
t Pourtant la Bibliothèque nationale est certainement celle qui, par son importance exceptionnelle, par la multiplicité de ses services, par la tâche laborieuse que l'afiluence des lecteurs, le nombre et la nature des demandes, la difficulté des recherches imposent à son personnel, exige le plus, à tous les degrés, des hommes du métier.
« Je veux faire toutes les concessions possibles à M. le ministre. J'admets, je proclame même que ces places de bibliothécaires ne doivent pas être distribuées absolument comme des sinécures, et j'admets aussi — mais cette concession se retourne contre les bureaux — qu'elles ont été données plus d'une fois à la faveixr et tout à fait de travers, à quelque romancier ou poète capable de prendre B»unet, l'auteur du Manuel du libraire, pour le comédien dont les inimitables grimaces ont réjoui nos pères dans le Désespoir de Jocrisse.
• 11 est clair que si Ton eût choisi Labiche pour le bombarder bibliothécaire, M. Léopold Delisle aurait fait ses réserves, et que je ne conseillerais à aucun ministre de déléguer M. Meilhac ou M. Ludovic Halévy à la confection du catalogue des ouvrages de jurisprudence. Qu'en conclure ? Tout simplement qu'on a bien fait de ne pas songer à Labiche et qu'on fera bien de ne pas songer à Meilhac; mais nullement qu'il faille exclure de la même façon d'uutres écrivains, érudits, critiques, quelquefois même romanciers, qui aiment les livres et qui les connaissent.
• Un des choix les plus singuliers dont on ait jamais pu s'autoriser contre la nomination des hommes de lettres aux fonctions de bibliothécaire, fut celui <1^UQ écrivain charmant nommé en i853 conserva-
teur de la bibliothèque Mazarine. Jules Sandeau — pourquoi ne pas le nommer ? il est mort, et cette révélation, qui n'en sera pas une pour beaucoup de mes lecteurs, ne peut faire aucun tort à sa mémoire — était un homme aimable et un romancier excellent, mais fait pour remplir cette place aussi bien que je pourrais l'être pour diriger le cotillon dans un bal. On la lui avait donnée comme on donnait jadis un bénéfice à un abbé de cour, mais il aurait fallu que ce fût un de ces bénéfices tels qu'en demandait Scarron, si simple qu'il suffit de croire en Diç)! pour le remplir, et Ton aurait dû stipuler qu'il n'aurait à faire acte de présence que le jour de l'émargement. Une place de bibliothécaire décernée dans ces conditions ressemblerait à ces pensions qu'on distribuait autrefois aux gens de lettres sur le Mercure.
u II fallait voir Jules Sandeau dans sa cage pendant la semaine où revenait sa condamnation à la bibliothèque forcée. Jamais les grands lions roux de l'Atlas, derrière les barreaux de leur loge, n'ont paru plus consumés par la nostalgie du désert que l'auteur de Marianna, cloué sur son fauteuil de cuir, par celle de son cigare et de sa rêverie au coin du feu. Les fégendes les plus extraordinaires sur la façon dont il s'acquittait de sa tâche passaient de bouche en bouche et sont arrivées jusqu'à nous. En voici une, que je ne garantis pas, car c'est peut-être un bruit que les archivistes ont fait courir :
« Au bureau central où ils sont assis, les bibliothécaires ont, devant ou derrière eux, dans des rayons spéciaux, les classiques de la bibliographie, depuis le Père Lelong jusqu'à Quérard et O. Lorenz, pour les consulter eux-mêmes et les communiquer au lecteur qui a besoin d'une indication. Un travailleur s'approche du bureau où Jules Sandeau, pareil à un doux ruminant, songeait, les yeux mi-clos, à Mademoiselle de la Seiglière, ou peut-être simplement à une bonne flânerie au soleil dans les Champs-Elysées :
« — Pardon, monsieur, la Bibliothèque du père Lelong, s'il vous plaît!
« Sandeau s'éveille lentement de son kief :
« — Ce n'est pas ici, vsiovïmwt. {Avec une. nuance de compassion) : ici, c'est la bibliothèque Mazarine.
« — Vous ne me comprenez pas, monsieur. Tenez... là... derrière vous.
« Jules Sandeau se retourne d'un mouvement plein de condescendance ennuyée, et embrassant du regard le panorama qui se déroule sous les fenêtres :
« — Derrière moi, monsieur ! dit-il avec un étonnement paisible, derrière moi, c'est la Seine.
« Je crois bien que l'histoire est trop jolie pour être authentique. J'y sens la touche d'un bibliothécaire du métier, resté conservateur adjoint pendant que Sandeau lui passait sur le corps. Serait-elle vraie, elle prouverait simplement qu'il faut savoir choisir parmi les gens de lettres, et nous ne disons pas autre chose.
« Nous n'avons pas besoin de sortir de la Mazarine pour démontrer que la chose n'est pas seulement possible, mais facile. J'imagine que Sainte-Beuve, qui y resta jusqu'en 1848, ne devait pas être trop dé-
placé dans cet emploi ni M. de Sacy non plus. Philarète Chastes, bien quMl fût un irrégulier, s^acquittait consciencieusement de ses devoirs de bibliothécaire, et il a laissé çà et là, sur les catalogues de la Mazarine, des témoignages de son zèle. Aujourd'hui encore, la bibliothèque compte parmi ses conservateurs, M. Ferdinand Fabre, l'auteur des Courbes^on et de VAbbé Tigrane, et je ne crois pas que personne puisse accuser l'excellent romancier d^être au-dessous de sa tâche.
« Lorsque j^étais étudiant, — hélas! comme dit la chanson, je parle de longtemps, ^ je fréquentais beaucoup la bibliothèque Sainte-Geneviève, dont les trois quarts des employés étaient des hommes de lettres. Je les appelle des employés parce quMls en faisaient le métier. Il y avait là, assis à de petites tables tout autour de la salle, et toujours prêts à grimper aux galeries pour rapporter le volume demandé, Al. Dufaî, Trianon, Alfred des Essarts, Augustin Challamel, etc. Au bureau central, à côté de M. Pinçon, qui avait été coiffeur pendant trente ans et n'avait passé ni par TÉcole des chartes ni par les bureaux, on voyait apparaître tantôt Xavier Marmier, qui n'était pas encore de l'Académie française, mais qui fut toujours grand bouquiniste et grand bibliophile, et M. Ferdinand Denis, qui passait déjà pour un vieillard en ce temps-là et qui aura quatre-vingt^ dix ans dans trois mois. Ajoutez à cette liste som* maire M. Cucheval- Clarigny, qui ne la déparera pas trop, à ce qu'il me semble.
N Entre toutes les grandes bibliothèques de Paris, l'Arsenal a toujours particulièrement servi d'asile aux gens de lettres. C'était, pour ainsi dire, une tradition dans la maison, et nulle part ils n'ont jeté plus d'éclat. Le nom de Charles l^odier aurait dû protéger ses successeurs. Et l'aimable bibliophile Jacob ! Encore un qui n'avait pas suivi la filière, qui n'avait pas monté un par un tous les degrés de la hiérarchie ! Ce n'en était pas moins le modèle des conservateurs, amoureux du livre, dont il était à la fois friand et goulu, affable, empressé, serviable, toujours prêt à donner dix renseignements pour un, et qu'on ne pouvait consulter sans éveiller aussitôt sa curiosité et sa mémoire, sans s'exposer à le voir immédiatement, malgré son âge, courir de salle en salle, grimper à l'échelle, et revenir avec une charge d'in-quarto dans les bras. A dire vrai, il était prudent de ne pas se fier sans contrôle à ses consultations et on ne tardait pas à s'apercevoir qu'il en fallait beaucoup rabattre : il avait trop d'imagination et prenait facilement ses hypothèses pour des réalités.
« Je ne parle pas de M. Laurent (de l'Ardèche) ; ce fut une nomination purement politique. Aujourd'hui, ou plutôt hier, l'administrateur de l'Arsenal était M. Edouard Thierry, dontil serait superflu de faire Télogecommeérudit, comme critique et comme écrivain. Ace triple titre, il tenait parfaitement sa place à la suite de Charles Nodier et de Paul Lacroix. Je me permets même de croire qu'il faisait meilleure figure à la tête de cette grande bibliothèque, — la plus riche de Paris, dans la partie qu'il connaît le mieux, c'est-à-
dire en pièces de théâtre, — que le chef de bureau, fort distingué, je n'en doute point, par lequel on vient de le remplacer. Je sais bien que M. Edouard Thierry est dans sa soixante-quinzième année; mais la vieillesse, tant qu'elle n'est point la caducité, n'est pas un obstacle à des fonctions exemptes de toute fatigue matérielle. Le modèle peut-être le plus accom* pli des bibliothécaires, Van Praët, qui a laissé une mémoire impérissable rue de Richelieu, rendait encore des services à quatre-vingt-dix ans et Paul Lacroix n'est mort qu'à soixante-dix-huit ans, sans avoir éprouvé le besoin de prendre sa retraite.
« Que d'autres gens de lettres dans ceftte magnifique bibliothèque de l'Arsenal, dont le seul tort est de s'ouvrir dans un quartier perdu et d'imposer un long voyage à ses habitués : Eugène MuUer, H. de Bornier, Louis Ulbach, hier encore P. Malitourne, qui est mort, et Lorédan-Larchey, qui, je crois, a donné sa démission ! Pensez-vous que, pour être un homme de lettres, M. Lorédan-Larchey, qui est aussi un curieux, un philologue, un virtuose de l'érudition, ne fût pas un excellent bibliothécaire ?
« C'est M. Edouard Thierry qui a ouvert l'hécatombe décrétée par l'administration. Si l'on applique les règles posées par le décret, M. Louis Ulbach le suivra dans la retraite, et bien d'autres ensuite. Mais voici mieux et qui pourrait suffire à juger la mesure : dans cette même bibliothèque de l'Arsenal, il y a, depuis six ou sept ans, un écrivain connu, tout récemment encore critique littéraire d'un grand journal, et qui a publié beaucoup d'éditions très estimées avec notes et notices, des auteurs du xviii' siècle. Entré comme surnuméraire, cet écrivain, que je ne veux pas nommer, est toujours surnuméraire aujourd'hui : il a dépassé la cinquantaine, et il ne lui reste d'autre parti à prendre que de donner sa démission, après avoir sacrifié six années de sa vie, à l'âge où les années sont précieuses, au Minotaure administratif. Charmante récompense ! Aimable couronnement d'un surnumérariat qui a été aussi laborieux que gratuit.
<c Si de ces grandes bibliothèques nous passons à celles de Fontainebleau et de Compiègne, qui appartiennent également à l'État et que le ministre n'a au* cune raison de laisser en dehors d'une mesure générale ; à celle de la Ville de Paris, du Sénat et de la Chambre, que. Dieu merci, le décret n'atteint pas, nous voyons partout les gens de lettres, — critiques, romanciers, poètes même, — tenant parfaitement leur place. J'en pi^rle en homme désintéressé, qui n'est rien, pas même officier d'académie, et qui ne veut rien être : est-il une ambition à la fois plus modeste, plus naturelle et plus légitime que celle qui pousse un écrivain à souhaiter le titre de bibliothécaire ? J'ai un ami conservateur dans l'une des grandes bibliothèques de Paris. Il y demeure ; il a un cabinet de travail silencieux et un jardin où, les soirs d'été, il relit La Fontaine et Fénelon. Il vit en sage dans cette retraite, loin du monde, au milieu des livres qui sont ses amis, heureux de les avoir toujours sous la main, de s'en approprier le suc, de les cooi-
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
muniquer aux autres et de les leur révéler. Il est là dans son cadre. Que de fois ne me suis-je pas dit tout au fond du cœur, en lui seirant la main et en le voyant satisfait de son sort : Hoc erat in votis ! J'ai bien fait de ne point céder à l'entraînement. Qui sait si je ne serais pas encore aujourd'hui surnuméraire et réduit à donner ma démission, comme l'infortuné confrère dont je viens de vous parler \
Les débuts littéraires cTEugéne Labiche. — M. R. Alexandre vient de donner sous ce titre dans la Revue politique et littéraire un intéressant article dont nous extrayons les passages suivants :
« ... Peut-être le lecteur sait-il déjà que Labiche, avant d^aborder le théâtre, s'essaya dans plusieurs journaux et revues. Né en i8i5, il fit ses premières armes en i834, c'est-à-dire à l'âge de dix-neuf ans, dans un recueil intitulée P Essor, revue de format ia-8', qui, comme l'indiquait un prospectus que rien n'etfrayait, embrassait ce tout ce qui est du ressort de la littérature, de la philosophie, des sciences et des arts 1. Ce recueil était dirigé par un certain Tyriée Tastet, qui était auteur dramatique à ses heures, et présentait au public pour la réalisation de son vaste programme une pléiade de jeunes collaborateurs.
« Nous y rencontrons pour la première fois le nom de Labiche au bas d'un article intitulé: Pauvre fummel qui occupait modestement trois pages du journal. 11 est écrit d'un bout à l'autre dans un sentiment de mélancolie poétique au travers duquel on ne pouvait certes pas entrevoir la tournure d'esprit par laquelle l'auteur devait un jour se taire remarquer...
« A FEssor qui n'avait vécu qu'une année succéda leChérubirij autre revue tirée sur papier rose où nous relevons les nom d'Achille Jubinai, Auguste Lefranc, Ferdinand Dugué, Emmanuel Gonzalès.
t Outre quelques articles de critique théâtrale, Labiche publia dans ce recueil une correspondance daté.e d'Arona, sur les bords du lac Majeur. Il donna une description de la statue monumentale de saint Charles Borromée.
« Un autre numéro (i3 novembre 1834) contient un récit de voyage, intitulé De Paris à Melun ; études àe diligence* On y trouve de fines et humoristiques observations silr les voyageurs en général et sur les compagnons de route de l'auteur en particulier.
< Le Chérubin cessa à son tour de paraître; Labiche t'attacha à la rédaction de la Revue des théâtres, organe plus important, fondé par Victor Herbin, et donna, en janvier i836, la Tirelire de Jean Rotrou, article qu'on a pu lire dans un des suppléments du %<iro(2i mars 1880).
< Vers la fin de la même année. Labiche nous donne une Histoire politique et dramatique de la ville de Rueiljta trois lettres écrites soi-disant par un naturel ^u pays...
« Citons aussi dans la Revue de France une étude de Labiche sous la rubrique: Révolution de mots..,
« C'est vers i836 que Labiche écrivit son roman: la Clef des champs, qui n'aurait été imprimé qu'en i83g, et qui contient des traits de la plus piquante observation sur les mœurs de la petite bourgeoisie. Ce volume, tiré à très petit nombre, est aujourd'hui introuvable.
« Nous terminerons le relevé dbs articles de jour* naux en mentionnant un autre roman dû à une conception des plus originales, qui fut encore publié dans la Revue des théâtres. Cela s'appelait le Bec dans l'eau et devait être écrit par huit rédacteurs du journal dont plusieurs sont devenus célèbres : Ed. Thierry, Marc Michel, Labiche, G. d'Avrigny, J. Belin, le rédacteur en chef, A. Se vil le, A. Second et A. Lefranc. Deux d'entre eux restèrent les plus fidèles coUaboraters de Labiche. L'ouvrage devait se composer de seize chapitres, chacun des auteurs se chargeant d'en écrire deux dans l'ordre que le hasard fixerait. Il n'y avait rien .du reste d'arrêté d'avance sauf le titre de l'ouvrage.
« Ce bizarre procédé de collaboration, qui rappelle un peu celui des auteurs de la Croix de Berny, produisit une sorte de roman dont les premiers chapitres, que nous avons parcourus, n'avaient après tout pas trop mauvaise tournure...
« Nous arrivons enfin à l'époque où Labiche eut le plaisir inoubliable de voir représenter sa première pièce.
« Nous parlerons seulement pour mémoire d'une certaine Cuvette d'^eau, que signale la biographie d'Eugène de Mirecourt' sans nous donner aucune indication précise. Nous pensons qu'il s'agit d'un manuscrit qui fut présenté à quelque petit théâtre de Paris et ne put encore être admis à l'honneur d'affronter le feu de la rampe.
« C'est le 2 juillet i838 que fut donné sur le théâtre du Palais-Royal Monsieur de Coyllin, comédie en un acte de MM. Marc Michel, Lefranc et Labiche.
« La pièce est amusante et fui fort bien accueillie du public.
(( Ce premier succès des trois jeunes auteurs devait malheureusement leur attirer un assez vif désagrément et donner à Labiche, tout fraîchement pourvu du titre de licencié en droit, l'occasion de mettre bientôt ses études en pratique.
« La plupart des traits du caractère de M. de Coyllin, rnpportés dans les Mémoires de Saint-Simon, avaient déjà fourni à M. Paul de Musset le sujet d'une étude qui avait été publiée quelques mois auparavant dans la Revue de Paris sous ce titre; VHomme le plus poli de France et de Navarre, Estimant que les auteurs de Monsieur de Coyllin s'étaient servis de son travail, il leur intenta un procès, prétendant loucher une part de droits d'auteur dans les bénéfices de cette pièce. Le jugement fut rendu
Id8
le 2 juillet i839, juste un an jour pour jour après la première représentation. Le tribunal repoussa les prétentions du demandeur en ce qui concernait sa part de collaboration, mais condamna les trois auteurs à lui payer trois cents francs de dommages-intérêts, comme ayant fait quelques emprunts au texte de son article.
« Le soir même où fut joué Monsieur de Coyllin, nos trois auteurs/ cachés sous le pseudonyme de M"*« Laroche, donnaient sur le petit théâtre du Luxembourg, autrement dit Bobino, le Capitaine cTArcourt ou la Fée du château. Etait-ce un drame ou une comédie ? Nous n^avons pu trouver aucun renseignement à cet égard.
« Peu de temps après, ils faisaient encore représenter sur le théâtre du Panthéon, PAvocat Loubet. Cétait un drame, cette fois, et des plus noirs. 11 était tiré d'une nouvelle de M"* H. Armand qui devint plus tard M"' Ch. Reybaud... Le succès fut tellement sérieux que le maître du café du théâtre fit peindre sur les panneaux de son établissement les principales scènes du drame. Ces auteurs, qui s'étaient d'abord dissimulés sous le nom de Paul Dandré, se démasquèrent dès qu'ils furent rassurés sur le sort de leur pièce.
« Le 4 avril iSSg, Labiche donna avec Lefranc, au théâtre Saint-Marcel, un drame dont le titre était: la Forge des châtaigniers et qui fut fort applaudi... Citons encore la Peine du talion, drame en trois actes représenté en juin iSSg sur le théâtre du Luxembourg. Lefranc et Labiche avaient emprunté leur titre et leur sujet à une très attachante nouvelle de Ch. de Bernard, que l'on peut lire dans le volume intitulé le Nœud gordien,
« Ce drame n'eut à cette époque que peu de représentations; il fut repris plus tard avec succès sur le théâtre Beaumarchais (5 novembre 1848).
«Mentionnons enfin comme appartenant aux débuts de Labiche V Article gôo ou la Donation (avec Ancelot), joué au Vaudeville le 20 août iSSg, et le Fin mot aux Variétés^ le 21 juillet ;840... »
Obsèques de M, Chantelau^e; discours de M, François Coppée. — Voici le texte du discours prononcé aux obsèques de M. Chantelauze par M. François Coppée, qui était un des amis intimes de l'auteur du Cardinal de Keti[ :
a Messieurs,
« Celui à qui nous venons adresser un suprême adieu était de ces hommes chez qui la modestie égale le mérite; de plus, il avait en toutes choses un goût singulièrement délicat, et sa mémoire s'offenserait des pompes et des exagérations ordinaires d'un éloge funèbre. Il convient cependant qu'un ami retrace en traits rapides, devant le cercueil de cet historien d'élite, une vie consacrée tout entière au travail et au besoin de la vérité.
« Né d'une excellente famille forézienne, à qui le gouvernement de la Restauration a dû un ministre
fameux par son dévouement et sa fidélité, François- Régis Chantelauze débuta, jeune encore, dans la diplomatie; mais il abandonna bientôt cette carrière pour se livrer exclusivement â sa passion dts recherches historiques, et l'on peut dire que, depuis plus de trente aus, son existence a été celle d'un bénédictin. Vous vous rappelez, vous tous, ses amis, son étroit cabinet de la rue Jacob, qui n'avait d'ailleurs d'une cellule que la dimension, car il était orné des livres précieux et des purs objets d'art patiemment réunis par ce fureteur à l'instinct infaillible, par ce collectionneur dont les rares heures de loisir se passaient chez les bouquinistes et chez les marchands de curiosités. C'est là que, solitaire et sédentaire, pendant des années et des années, sans se reposer un seul jour, il est resté courbé sur sa lente et sûre besogne; c'est là que ses beaux yeux pleins de lumière, clos, hélas ! à jamais, cherchaient sans cesse, dans l'amoncellement des volumes et des dossiers ouverts, la page suggestive, la phrase d'où jaillit la certitude, le mot évocateur et révélateur; c'est là que cet infatigable ouvrier débrouillait de ses doigts agiles l'écheveau des intrigues de la Fronde ; c'est là que ce juge clairvoyant, et doué d'une pénétration pour ainsi dire géniale, devinait jusqu'aux plus secrètes arrière-pensées d'un personnage qu'il admira toujours sans en être jamais dupe, de ce Catilina français dont il a peint un portrait impérissable, de ce cardinal de Retz, dont il disait à Sainte-Beuve, dans une charmante saillie : « Auprès de lui, Talleyrand n'est qu'un enfant de chœur. »
« Le cardinal de Retz ! Désormais ce nom ne sera plus prononcé sans qu'on parle de Chantelauze. Sans doute il a d'autres titres à la reconnaissance des lettrés et des érudits. Son étude sur le procès de Marie Stuart lui a mérité l'admiration et les éloges de Mignet, du maître qui connaissait le mieux, à coup sûr, ce drame pathétique. Je sais peu de pages plus terribles, dans leur simplicité, que celles où Chantelauze a établi, sur la captivité, sur les souffrances, sur la mort du Dauphin au Temple, des vérités définitives. Mais l'oeuvre maîtresse de notre ami, c'est son Cardinal de Ret^ ; et, bien que le monument soit inachevé, on chercherait en vain, dans les plus formidables labeurs littéraires, quelque chose de comparable à ces huit gros volumes compacts, écrits d'un style clair, sobre et substantiel, où rien n'est abandonné à la conjecture et à l'hypothèse, où toutes les assertions sont irréfutablement justifiées, où sont résolues, à force de méthode, de recherche profonde et de robuste critique toutes les énigmes qu'offrent la vie et le caractère de Paul de Gondi, où est éclairé, en un mot, jusqu'en ses replis les plus obscurs le génie puissant et scélérat de ce Florentin d'origine en qui semble avoir revécu l'âme de Machiavel.
tt Tant de travaux, tant de nobles travaux, avaient naturellement acquis à Chantelauze la haute estime de l'Académie française; elle lui avait décerné, à deux reprises, le grand prix Gobert, et la seule modestie du lauréat l'avait empêché de devenir plus tôt
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
UD candidat. Tout récemment, il s'était enfin décidé à cette démarche légitime, encouragé par des amis qui se réjouissaient de lui donner cette marque de leur sympathie. A présent, ce cercueil est là pour prouver une fois de plus, à eux et à lui, la vanité du titre d'immortel. Mais Chantelauze laisse à TAcadémie autre chose que le souvenir d'un bon historien «d'un écrivain de race; par une clause généreuse de son testament, il lègue à la bibliothèque de l'In- Sliiut ses riches et importantes collections de manuscrits, de livres, de portraits et d'estampes sur le XVII* siècle, et il acquiert ainsi de nouveaux droits à la reconnaissance et aux regrets douloureux d'une compagnie où sa place était marquée.
■ Je voudrais encore, messieurs, vous dire quelques mots des qualités privées de notre ami. Ce très savant homme fut un excellent homme, et., par un phénomène remarquable, celui qui avait appliqué sa pensée à dénouer le nœud des pires intrigues et qui avait démonté, pièce à pièce, le mécanisme dangereux et compliqué d'un cervcaq de conspirateur, conserva, jusqu^à la fin de sa vie, la bonté naïve, la candeur d'âme d'un enfant. Mais ai-je besoin d'insister? Vous l'avez tous connu, apprécié, aimé. Vous vous rappelez en ce moment combien cet homme d'éducation exquise avait en même temps de naturel et de bonhomie. Vous avez éprouvé combien il était affectueux, loyal et fidèle; vous avez été gagnés bien des fois par sa gaieté communicative, par la grâce de cet esprit qui s'amusait tant lui-même de ses innocentes malices, par ce bon rire qui venait d'un si bon cœur.
« Je ne troublerai pas par plus de paroles l'émotion de vos souvenirs. Disons adieu sans grandes phrases à l'ami qui ne les aimait pas, ou plutôt disons-lui au revoir : car tous ceux qui gardent l'espérance en une vie future ne peuvent se résigner à croire qu'ils le quittent aujourd'hui pour toujours, il a vécu selon l'honneur, il a été simple et bon, il a beaucoup travaille. Il est dans le paradis des honnêtes gens. »
La maison de campagne de Molière. — On vient de resuurer, à Meudon, la maison de campagne d'Ar- , mande Bé)ard, femme de Molière. Cette dernière en fil l'acquisition en 1676, trois ans après la mort de son mari, d'un sieur Claude Laborie, secrétaire du roi. Cette demeure historique, d'un caractère architectural primitif, du commencement du xvii* siècle, est passée entre différentes mains, et en dernier lieu à Porientaliste M. Du laurier, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, qui la fit classer parmi les monuments historiques.
Dernièrement, M. Dulaurier fils avait découvert dans cette maison, sous plusieurs couches de papier, des peintures murales qui ornaient le salon de l'infi- <lèle Armande; elles consistent en frises, médaillons et panneaux du plus beau style Louis XIV.
Sùdété du Folk'Lore» — La société du Folk-Lore,
qui a pour but de recueillir les chansons, légendes et contes populaires, a constitué ainsi son bureau pour 1888 :
Président : M. Charles Ploix, président de la Société de linguistique; vice-présidents : MM. Michel Bréal, de l'Institut; docteur Hamy, directeur du musée du Trocadéro; Loys Brueyre, auteur des Contes populaires d'Angleterre et l'un des plus ardents promoteurs du Folk-Lore; secrétaire général : M. Paul Sébillot.
Dans l'assemblée générale où a eu lieu cette élection, sous la présidence de M. Girard de Rialle, M. Paul Sébillot a fait connaître d'intéressants renseignements sur le développement pris par le Folk- Lore :
« Nous avons, a-t-il dit, la satisfaction de constater que notre Société commence à être connue et appréciée à l'étranger. Nous comptons comme sociétaires le Briiish Muséum, les bibliothèques d'Oxford, de Saint-Pétersbourg/ de Weimar, l'université d'Amsterdam, etc. Nombre de savants étrangers sont devenus nos collègues, entre autres MM. W. Ralston, R. Kœh- 1er, Andrew Lang, W. Gregor, Schuchardt, dont la notoriété est européenne. En France, nous avons inscrit, en 1887, 109 membres nouveaux. Notre Revue, qui contenait 32 pages en 1886, 48 en 1887, en contiendra 64 cette année-ci. D'autre part, une série de réimpressions d'ouvrages rares est à l'étude. »
L'assemblée a décidé, en principe, l'organisation d'un musée du Folk-Lore et des conférences destinées à propager le goût des traditions populaires.
La statue de Lamarck, — Quelques disciples et admirateurs de Lamarck ont décidé d'ouvrir une souscription dont le produit est destiné à élever une statue au grand naturaliste.
Les journaux parisiens en 1827, — Le total des journaux qui se publiaient à Paris en 1827 — un document de l'époque en fait, foi — était de 67, comprenant toutes les publications quotidiennes, hebdomadaires, etc., politiques, littéraires, scientifiques, nationales, étrangères, etc.
Aujourd'hui, les seuls journaux politiques et quotidiens dépassent de beaucoup ce chiffre de 37.
Voici la moyenne du tirage de queiques-ujis de ces journaux dans les cinq premiers mois de 1827 :
Constitutionnel^ 19,732; Débats, 1 2,638; Quotidienne, 5,624 ; Journal des Villes et des Campagnes^ 3,433; Étoile, 3,338; Moniteur, 3,o95 ; Courrier français, 2,932; Journal de Paris, 2,535; Gaj^ette de France, 1,573; Galette des Tribunaux, i,38o; Spectateur, 574; Globe, 470 ; et enfin le Figaro, 465.
Le cervelet de Voltaire. — L'Intermédiaire des chercheurs dit qu'un certain Mitouard fils, pharmacien, 10, rue du Bouloi, possédait en 1801 le cervelet de Voltaire.
« Son père avait embaumé le grand homme et obtenu de la famille la permission de conserver « le siège du génie de Voltaire », comme le disait pompeusement Mitouard.
« En l'an VII, le propriétaire de cette relique l'offrit au ministre de l'intérieur, François de Neufchâteau, pour qu'elle fût « un des principaux ornements du^Muséum d'histoire naturelle ». Neufchàteau estima que le cervelet de Voltaire trouverait une place plus digne de lui à la Bibliothèque nationale. Un rapport, demandé par le ministre, concluait en ce sens; mais le dépôt ne fut pas effectué, puisque, en i83o, Mitouard offrit vainement encore au ministre de l'intérieur cette « pièce anatomique » (toujours d'après Mitouard).
« Le neveu du pharmacien ne fut pas plus heureux que son oncle ; l'Académie française refusa le don que lui faisait M. Verdier, et l'un des derniers biographes de Voltaire, M. Paul Âvenel, assurait, en 1867, que le cervelet de l'illustre 'écrivain, promené de dépôt en dépôt, était revenu à cette époque, entre les mains de M'*« Mitouard, arrière-petite-fille du premier détenteur. — Où se trouve-t-il aujourd'hui ? »
Legs à V Académie française, — M"* Kastner-Boupsault, veuve de M. Georges Kastner, membre de l'institut, vient de léguer à l'Académie française la somme de 55,ooo francs pour la fondation de divers prix.
La « Revue politique et littéraire ». — Le conseil d'administration de la Revue bleue vient de désigner comme directeur de cette publication, en remplacement de M. £ugène Yung, récemment décédé, M. Alfred Rambaud, professeur à la Faculté des lettres.
Soutenance de thèses. — M. V. Barberet, agrégé des lettres, professeur au lycée de Dijon, a soutenu les deux thèses suivantes pour le doctorat devant la Faculté des lettres de Paris.
Thèse latine. — De Columellœ vita et scriptis*
Thèse française. — Lesage et le théâtre de la Foire.
ETRANGER
Allemagne. ~ Le commerce des livres à Leip:{ig et à Berlin, — Jusqu'ici Leipzig passait pour être la ville de l'Allemagne où le commerce de la librairie était le plus actif; depuis quelques années Berlin lui fait une concurrence sérieuse qui, en i885 s'est accusée par une différence à son actif de 80 publications, tandis qu'en 1886 Leipzig est de nouveau en avance de 248. On édite surtout à Berlin les livres de droit, de sciences et d'art militaire.
Un manuscrit de Richard Cœur-de^Lion, — On a découvert à la bibliothèque de Trêves un intéressant manuscrit.
C'est un fragment d'un vieux poème français, dont l'auteur, d'après les notes qui se trouvent au bas du texte, ne serait autre que Richard Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre.
Jeté par une tempête sur les côtes de Dalmatie, à son retour de Terre-Sainte, Richard avait été retenu prisonnier par l'empereur Henri VI, à Mayence, puis au château de Trifels, où le retrouva son favori le poète Blondel.
C'est pendant sa captivité en Allemagna qu'il aurait composé ce poème qui a pour titre : Sainte Nonna et son fils saint Devy,
Suisse. — La presse périodique en Suisse, — La Suisse possède aujourd'hui 776 journaux et revues périodiques, ou 812 si l'on ajoute les 36 publications officielles de l'administration fédérale. Le canton de Zurich vient en tête avec 123 journaux, mais si l'on considère la population des cantons, Bàle et Genève passent avant lui.
De ces 776 journaux, 491 sont publiés en langue allemande, 22g en français, 17 en italien, 3 en ro manehe, et 10 en anglais, polonais et russe. Enfin, 26 sont publiés en deux, trois, et même quatre langues. Il y a i3 de ces journaux dont la création remonte au siècle passé. '
Russie. — Le comte Léon de Tolstoï venait de publier le treizième volume de ses œuvres complètes
Sur la vie, quand on a appris que la censure avait donné l'ordre de saisir cet ouvrage et d'en détruire tous les exemplaires.
FRANCE
— Le peintre Edouard de Beaumoni esl mort le mois dernier, à l'âge de soixante-sept ans.
Il ne nous appartient pas de retracer ici l'ccuvre in peinu-e; dirons seulement qu'il avait illustré de croquis à la plume très alertes plusieurs ouvrages : les Aptntarti de Fortunatus, les Contes de La Fonaine tt Brantôme. Avant de tomber malade, il avait tnirepris d'illustrer les œuvres d'Alfred de Musset.
Edouard de Beaumoni a écrit, il y a quelques an- Kct, une amusante plaquette : Un drame dans une cara/e, dont Louis Leloïr Ai les illustrations. 11 tranillaii assidûment en ces derniers temps à un Dieliontuiire de l'épée, qu'il a pu terminer avant de mourir. Les amis dévoués qu'il avait auprès de lui K proposent de publier ud jour cet ouvrage.
^ Nous apprenons la mort de M. Marc Constan- ' tia, homme de lettres, auteur des paroles d'un grand nombre de chants et chansons, ainsi qui de plusieurs zuvrei théâtrales.
M. Marc Constantin, qui appartenait à la rédaction ia Ptlit Journal, est décédé à l'Age de soisante-dii-
— La dernière livraison de la Revue cTantkropo- '^ictQDOnce la mort, a l'âge de cinquante-quatre ans, du professeur Daily, ancien président de la Société anthropologique de Paris. M. Daily a beaucoup écrit : dau les journaux de médecine, dans les publications de psychologie et dans celles d'anthropologie. Il a donne de nombreux articles à ['Encyclopédie des KÙncei médicales.
e Chauny le décès de M. Dutailauteur de recherches •historiques sur nos tradi' ), SOS proverbes, nos locutions populaires, etc.
— M. Henri de Pêne, décédé au mois de février, tnilnéàParis, le îS avril i83o. Il fit de bonnes éiu- <te au collège RoUin et eut des succès au concours {UÉril.
tl venait de commencer son droit lorsque la fornine de ma père, engagée dans de grandes affaires, Ivt compromise par la Révolution de 1848.
61BL. UOD. — X.
[1 se tourna alors avec ardeur vers la politique et écrivit avec les ftU de Victor Hugo, à rÉvénement. Attaché par les relations de son père aux journaux léjfitimistcs, il tut, depuis le mois d'octobre 1849 jusqu'au 2 décembre, secrétaire de la rédaction de rOpînîon publique. M. de Pêne y fit la chronique sous le nom de Frederick. Il y publia les Esquisses porlu' gaises. Au milieu de ces travaux, il acheva son droit; puis, s'étant marié, il résolut de vivre de sa plume. Il fil, dans le journal le Nord et dans le Figaro, sous le pseudonyme de Remo, des c
M. de Pêne fut attaché depuis à l'Indépendance belge, k la Revue européenne, à la France. Rédacteur en chef de la Galette des étrangers, il s'associa avec M. £. Tarbé des Sablons pour fonder le Gaulois; puis il le quitta pour transformer la Ga:(etle en un autre grand journal politique, Paris, qui vécut trois mois et reparut sous le litre de Paris-Journal.
M. de Pêne a publié successivement un recueil de ses chroniques sous les titres de : Parif intime{iS5g], Paria aventureux (1860), Paris mystérieux (i86[), Pari) viveur [i8(i2), Paris effronté (i863), Paris amoureux (1864).
11 a fait représenter i Bade, en 1861, avec M"- Augusline Brohan, une comédie en trois actes : A ta campagne.
Enfin sur le tard il fit deux romans ; le premier. Trop Belle, a êlé couronné par l'Académie; le second, Née Michon, a paru l'année dernière.
général de la questure est mort le il février Jne fluxion de poitrine, 'oir conjurée, l'a enlevé
— M. Hubbard, E de la Chambre des dépi dernier au palais Bourbi que les médecins croyaie en quelques heures.
11 était dgé de soixante ans.
M. Hubbard, qui avait appartenu à la presse et, en dernier lieu, avait collaboré à la République française comme rédacteur de la partie économique et finan>
e gêné
la questure, lorsque Gambetta devint président de la Chambre.
M. Hubbard a publié une Histoire de la littérature contemporaine en Espagne et une Histoire contemporaine de l'Espagne, en six volumes, dont nous avons entretenu les lecteurs du Livre.
■*- La Société française de numismatique et d^archéologie vient de perdre, le 20 janvier, son président, M. le vicomte de Ponton d'Amécourt, né à Paris en 1825. M. de Ponton d^Amécourt laisse de nombreux ouvrages sur la numismatique mérovingienne et carlovingienne.
>— On annonce, de Blois, la mort de M. Charles Richard, correspondant à Paris du Journal d'Indreet-Loire, qui avait publié, dans le Figaro, plusieurs nouvelles et qui était l'auteur d'un roman intitulé : Peur de la vie.
■ »mi- —
-^ M. Maurice Thiébault, le bibliophile alsacien bien coniTu, vient de mourir à Strasbourg.
M. Thiébault avait consacré une partie de sa fortune à réunir des écrits rares relatifs à l'histoire d'Alsace, et à faire réimprimer un certain nombre d'ouvrages uniques se rapportant à cette histoire, afin de les empêcher de se perdre ou de tomber dans Poubli.
-^ On annonce aussi la mort de M. Ludovic de Vauzelles, conseiller honoraire à la cour d'Orléans, décédé à Tâge de soixante ans, à Hyères. M. de Vauzelles s'était fait connaître par des recueils de vers et des tragédies antiques, comme Alceste, Polyxène, et encore par des drames historiques, comme les Chevaliers de Rhodes.
ETRANGER
Allemagne. — On annonce la mort à Leipzig, à l'âge de quatre-vingt-sept ans, du célèbre orientaliste Fleischer, doyen des professeurs de l'université de cette ville et rédacteur du Journal de la Société orientale allemande.
Parmi ses publications, nous citerons : une édition de VHistoria ante-islamica, d'Abulfeda; le commentaire du Coran de Beidhawi; les Cent dictons d*Ali; la traduction des Colliers d'or, de Samachschari; la traduction de la Grammaire de la langue persane, de Mirza-Mohamet-Ibrahim.
■tWi*
— Oscar Pletsch, le célèbre dessinateur de scènes enfantines, dont beaucoup d'oeuvres sont devenues populaires en France grâce à l'éditeur J. Hetzel^ est mort le 12 janvier, à Niederlôsonitz, près de Dresde. Il était âgé de cinquante-sept ans.
■ ■im- —
m^ Wilhelm de Braumûiler, directeur de la librairie BraumûUer et fils, de Vienne, est mort le i5 jan-
vier. Il était à la tôte de la maison depuis 1884 seulement; la maison elle-même date de 1783.
Angleterre. ^— Sir Henry Sumner Maine, un des historiens les plus considérables de l'Angleterre, est mort à Cannes le mois dernier. Né en 1822, il était à vingt-cinq ans regius professor à l'Université de Cambridge, où il avait fait de brillantes études. Son premier grand ouvrage, Ancient Law, qui date de 1861, eut un succès comparable à celui de l'Origine des espèces, de Darwin, paru vers la même époque, et révolutionna l'histoire des origines du droit anglais.
Dès Tannée suivante, il était nommé dans l'administration des Indes légal member of the governorgeneraVs council, fonction qu'avait occupée Macaulay. C'est à celte occasion qu'il publia plusieurs études sur l'Inde et ses coutumes dans les revues et les journaux anglais auxquels il collaborait assidûment* En 1875, il donnait des Leçons sur l'histoire primitive des institutions, et en i883 des Dissertations sur les lois et les coutumes primitives. En 1877, il avait été promu à la Mastership, au Triniiy-College de cette même Université de Cambridge, et il cumula ces fonctions avec celle de membre du Conseil des Indes. M. Gladstone lui offrit la place de chief-clerk à la Chambre des communes, après la démission de sir Erskine May, en 1886, mais il la refusa; sa chaire de droit international, où il avait succédé à sir William Harcourt, lui prenait, disait-il, tout son temps. Son ouvrage le plus célèbre, Popular govemment, parut en i885; des fragments en avaient été publiés dans la Quarterly Review., Il donna lieu à de très vives controverses qui ne sont pas épuisées.
— — M. Dale, philologue distingué, est mort au mois de janvier dernier à Oxford.
»mi»-
Autriche. -» Les journaux autrichiens enregistrent le décès de M. le D' Lipp, qui laisse de nombreux travaux sur l'archéologie.
— — Le R. P. Auguste Fischer, l'ancien confesseur de l'empereur Maximilien, — qui l'avait assisté dans ses derniers moments, — vient de mourir dans un petit village de la haute Autriche.
Le Père Fischer laisse des Mémoires qu'on dit très curieux, mais qui ne paraîtront que dans dix ans.
»im*
— Il vient de mourir à Vienne un anatomiste distingué, M. Lauger d'Edenberg, qui laisse de nombreux ouvrages.
— On annonce de cette même ville le décès, survenu le 3o novembre dernier, de M. Przystanski, professeur de philosophie à la Faculté de Varsovie.
SOHHAIRES DES PÉRIODIQUES FRANÇAIS
SoDunairafl d«B pêriodlqnaa.
' Artiolas Uttérairaa on solontiSiiQes das Jonmanx ([aotldiona de Paris. -- Tribananx.
ANNALES DE BRETAGNE (janvier). Dupuy: L« *piitwia en Brctagie an sïiii' liicle. — J. Loth : Un logof^pbc breton -françali de ta fin du ivi* siècle. — Lufel : Chanion» brelonnn inidilcs, — ANNALES DE L'EST (n* i). Dïbidour: Le géndral Grangerot. — Diehl : Court d'irchfologie. — Pâtier : L'Altace et la Lorraine, de jii i 8«. — Lichlenbcrper : La légende du Niebelungen dani la «liée du Rhin. — ART (ij janïier). P. Lefranc : M.Sardon.
— Ad. Badin : Cuitave Guillaume!. — F. Henriei : Question d'aihélique 1 le titre. — (i" février). Ad. Badin: Gusnvt Goillaaaiet. — E. Molinicr : La faïence à Venise. — E. de Chenncïi(re. : Une corre.pondance d'amateur (17Û0iTsio). — ARTISTE (janvier), E. Muller: An pays de Millet.
— De ChcDDcvièret : Souvenirs d'un directeur des Beaux- Ans;
M. il
a Salle.
. Ledrai
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