ACADEMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES
Une élection à V Académie des inscriptions. —L'Académie des inscriptions et belles-lettres a procédé dernièrement à l'élection d'un membre dans la section des inscriptions et médailles. M. Deloche a été élu tu remplacement de M. Charles Robert, décédé.
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iOCféréS SAVANTES.
f>^M,ûté àen étude» historiques, — La Société des <'.'^C*^ l4.t«//f l'eues a constitué son bureau pour 1888 i ubi '^Ktt. tmt ; l'residents honoraires : MM, J.-C. hin*v€r, i^fKini<r président à la Cour de cassation, et ^>it!' .. ;« lJou<^t, ^ecrciairc pcrpe'tuel de l'Académie ii.a.vi<i»>e; preMdtiU ; M.#lc général Favé, membre Ct iJnbdtut; vice-présidcnis : MM. J. Flach, profes- .sv uf au O^Ucgc de France, et Marbaux, ancien con-
seiller d'État; secrétaire général : M. G. Joret-Desclosiéres; secrétaires adjoinfc : MM. Dufour et de Boisjoslin ; administrateur : M. Ludovic Racine.
Société de géographie commerciale. — La Société de géographie commerciale a tenu, le 20 mars, sa grande séance annuelle.
Après la lecture de la correspondance, M. Binder expose son voyage dans le Kurdistan et sur les frontières turco-persanes. Il s'étend principalement sur les routes, les moyens de voyager, les productions et l'avenir du pays.
M. Pigeonneau, vice-président de la Société, présente ensuite le rapport de la commission des prix.
Le prix Berge (grande médaille d'or) est décerné à M. Paul Leroy-Beaulieu, membre de l'instiiut, pour son ouvrage sur l'Algérie et la Tunisie, publié en 1887.
La médaille Crevaux a été décernée à M. Emile Darraux, pour son livre intitulé : les Mœurs et la vie 'à la Plata, résuhat de dix ans de séjour et d'études dans ce pays.
La médaille Dupleix a été accordée à M. Cotteau pour son voyage dans le Caucase et dans le territoire transcaspien.
La médaille Caillié est obtenue par M. Rolland, ingénieur des mines, pour les puits artésiens creusés sous sa direction dans l'Oued-Rir. La nouvelle médaille La Pérouse aura pour premier titulaire M. Raoul, pharmacien de la marine, qui a crée un jardin botanique à Talti.
Enfin, les médailles offertes par la chambre syndicale des négociants commissionnaires sont accordées à MM. Soller, explorateur du Maroc; Camille Gautier, qui a relevé l'itinéraire de Saîgon à Luang- Prabang; et Chafraujon,'pour son voyage au Venezuela et aux sources de l'Orénoque.
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Le cercle Saint-Simon (Société historique), qui occupait l'immeuble style Renaissance situé au coin du boulevard Saint-Germain et de la rue Saint-Simon, a été sur le point de se dissoudre. 11 avait été fondé, il y a six ans, dans le but de créer à Paris un lieu de réunion analogue à ce que possèdent l'Angleterre dans l'Athenaeum-Club de Londres, l'Espagne dans TAteneo de Madrid, et la Belgique dans l'Athénée de Bruxelles. Absolument littéraire, le jeu y était interdit. Le cercle Saint-Simon avait groupé des hommes appartenant aux carrières et aux opinions les plus variées ; il possédait des salles où des conférences très suivies étaient faites, et une bibliothèque fort riche; il faisait paraître également des bulletins et des publications spéciales. Pendant cinq années le nombre des membres du cercle avait été en augmentant et avait atteint le chiffre de 573; mais cette année il était tombé à 507, et comme les charges restaient les mêmes, tandis que les recettes diminuaient, le comité, composé de MM. Monod, président, Lavisse et Sorcl, vice-présidents, Mayrargues, tréso-
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
rier, et Péaux^ secrétaire, s'est vu forcé de prendre des mesures décisives. Il se voyait acculé à la nécessité d'une liquidation finale, s'il n^avait trouvé à alléger de beaucoup son loyer en se logeant dans Thôtel des Sociétés savantes.
La Société des gens de lettres et M. Lucien Descflivi.— Les candidats qui se présentent pour faire partie de la Société des gens de lettres doivent préalablement remplir les conditions suivantes :
L Remettre au siège de la Société :
1* Une demande d^admission en qualité de sociétaire, adressée au Comité, signée du candidat et apostiltée par deux parrains, membres de la Société;
2' L'acte de naissance du candidat;
3° La nomenclature des œuvres du candidat;
4* Un exemplaire d'œuvres imprimées, représentant aumoins deux volumes in-8», soit un minimum de 400,000 lettres;
5* Une adhésion aux statuts de la Société, signée par le candidat. A cet effet, un exemplaire des statuts est adressé à tout homme de lettres qui en fait la demande au délégué;
6* Si le candidat est une femme mariée, Tautorisation de son mari conformément au Code civil.
n. Déposer entre les mains du délégué, au siège social (art. 19 des statuts) :
I* Quarante francs pour premier apport %ocia^ci 40 fr.
a*^ L^ montant de l'apport annuel de Tannée courante, ci 12 »
52 fr.
Dans ces conditions statutaires, M. Lucien Descaves, fils d'un graveur bien connu, écrivain de talent, à quelque école qu'il appartienne, auteur de quatre romans qui ont eu du retentissement, ayant pour parrains M. Ernest Daudet et M. Paul Bonnetain, s'est présenté pour faire partie de la Société et a été repoussé. De là protestations, appel à l'opinion publique, scandale. H paraît, d'ailleurs, qu'il peut se représenter au bout de trois mois, et qu'il est sûr, celte fois, d'être reçu. Risum teneatis.
— Le bureau de la Société des gens de lettres. — Le comité de la Société des gens de lettres, dans sa séance du 26 mars 1888, a procédé à la formation de son bureau pour l'exercice 1888- 1889.
Ont été élus :
Président : M. André Theuriet (à l'unanimité). — Vice-présidents : MM. Gourdon de Genouillac et Emile Richebourg. — Rapporteurs : MM. Edouard Grimblot et Arthur Arnould. — Questeurs ; MM. Félix Jahyer, Edmond Thiaudière.
Secrétaires : MM. Edouard Cadol, Charles Chincholle. — Suppléants : MM. Camille Le Senne et Elie Fourès.
Trésorier : M. Charles Valois. — Bibliothécairesarchivistes : MM. Eugène d'Auriac et Henri Demesse. — Rédacteur de la chronique : M. F. Jahyer. — Délégué du comité : M. Edouard Montagne (à l'unanimité).
ÉTRANGER
Italie. — Autre académie, — Sous ce titre : le Charivari nous révèle l'existence de V Académie romaine de V Immaculée-Conception, Elle a pour but de célé* brei* de toutes manières la Vierge mère et sans tache.
Hollande. — Concours de la Société pour l'avancement des sciences naturelles. — La Société pour l'avancement des sciences naturelles, de la médecine et de la chirurgie, à Amsterdam, vient de mettre au concours la question suivante, dont le prix est de 3oo florins, plus une médaille d'or de la valeur de 3o ducats :
« Faire la part qui revient aux chimistes français, anglais, allemands et néerlandais, dans l'élaboration et l'adoption du système de Lavoisier, en expliquant les différences nationales qui existent à ce sujet. »
Les mémoires devront être adressés, avec un billet cacheté contenant le nom et le domicile de l'auteur, à M. Tilanus, secrétaire général de la Société, à Amsterdam, avant le 3 1 décembre.
BIBLIOTHÈQUKS PUB1.IQUK8 KT PRIVEK8
Avis. — Le secrétaire de la rédaction du Livre recevra avec reconnaissance tous les renseignements que messieurs les conservateurs et bibliothécaires de France et de l'étranger voudront bien lui faire parvenir, et il en sera scrupuleusement tenu compte dans cette partie de la Galette bibliographique.
FRANGE
Bibliothèque nationale.
La conquête de M. Delisle, — Les cent soixante-dix manuscrits volés par Libri et Barrois à nos collec-
tions, et que M. Léopold Delisle a si heureusement fait restituer à la France, sont exposés en ce moment à la Bibliothèque nationale, dans la salle du Parnasse français.
Toutes ces pièces — manuscrits et autographes —
sont du plus haut intérêt. II y a, entre autres, un Pen» tateuque du vu» siècle, orné de dix-neuf grands dessins, qu'on peut estimer à i5o,ooo francs. C'est le seul manuscrit à peintures antérieur à Charlemagne qui existe en France.
A côté de ce Pentateuque — c'est au Temps que nous empruntons ces détails — se trouve un manuscrit irlandais ou hiberno-saxon^ probablement du viii* siècle, contenant les quatre évangiles. Le commencement de chaque évangile est orné d'enlumi. nures très remarquables, qui sont d'autant plus intéressantes à examiner qu'elles permettent de voir dans quelle mesure nos enlumineurs se sont inspirés des Irlandais.
Vient ensuite une trentaine de manuscrits carolingiens des ix« et x« siècles. Les uns contiennent les textes des classiques latins, tels que Cicéron, Justin, Virgile, Horace, Lucain et Stace. Le Justin notamment est célèbre, car il a servi à établir le texte des œuvres de cet auteur. D'autres manuscrits ont trait à la grammaire et à la dialectique. Un autre comprend la loi romaine des Wisigoihs : il a été utilisé par les éditeurs du Code ihéodosien. Dans un manuscrit du fonds Barrois se trouve la loi salique. «
A côté de ces ouvrages se place un psautier en écriture tironienne ou sténographie romaine. Comme l'écriture tironienne a été employée par les clercs des écoles du Bas-Empire et des temps féodaux jusqu'au xii" siècle, on avait rédigé des dictionnaires et surtout des psautiers pour familiariser les étudiants avec la valeur des signes conventionnels. Le psautier tironien qui figure dans la collection, sous le numéro 24, a appartenu autrefois au président Bouhier.
La plupart de ces manuscrits carolingiens sont magnifiques comme écriture. Il y a un Saint Augustin écrit par Adalbaldos, religieux de Saint-Martin de Tours, un des plus célèbres calligraphes français de la première moitié du ix« siècle, qui est dé toute beauté. Une histoire de Cassiodgre est également fort remarquable.
Parmi les manuscrits des siècles suivants, il convient de citer celui qui contient la vie de saint Alexis et le poème français de Herman de Valenciennes sur la sainte Vierge. Cet ouvrage peut remonter à la fin du xii« siècle. Son texte est l'un de ceux qui ont été le plus utilement employés pour étudier les premiers développements de la langue française. Dans le même ordre d'idées se place le Credo de Joinville, unique exemplaire de cet opuscule de notre vieil historien.
Signalons encore deux superbes manuscrits provenant de la bibliothèque de Charles V.
Dans les cartons du fonds Libri, il y avait un grand nombre d'autographes. Tel un billet de Michel-Ange du 6 février i523, et deux cahiers de notes et dessins de Léonard de Vinci. On sait que l'illustre peintre se plaisait à varier les distractions de son puissant esprit. L'un de ces deux cahiers est rempli de figures géométriques. L'autre est plein d'esquisses d'architecture. Ils figurent, à côté du Pentateuque et du manuscrit irlandais, comme les documents les plus rares de la collection.
Les pièces historiques sont nombreuses. Citons un Mémoire du cardinal de Richelieu sur les mesures à prendre pour résister à la flotte anglaise, et dans lequel se trouve cette curieuse observation : « Mandés moi vostre advis de ceus à qui on doit donner les pataches de Dieppe. Je désire plus lost de gros mariniers, vaillants, nourris dans l'eau de la mer et la bouteille, que des chevaliers frisés. Car ces eens-là servent mieux le Roy. »
Une lettre de la Grande Mademoiselle à son père, Gaston d'Orléans, se distingue par son écriture toute virile, qui rappelle bien le caractère de la femme.
Donnons enfin le texte, probablement inédit, d'une lettre adressée par Henri IV à sa maîtresse, la marquise de Verneuil :
« Mon cher cœur,
« J'ai voulu esire un jour ycy devant que vous escryre, pour voyr le cours du marché. Je vous dyré donc, que les dames- sont venues reloger céans, et lors quyls (qu'elles) en estoyent partyes, yls (elles) avoyent lessé tous leurs meubles aus chambres, de peur que l'on ne les merquat (donnât) à d'autres. La vyelle (vieille) dyt quelle devyent maladyve et quelle n'est plus propre pour la cour. Ma famé luy respondyt quelle devoit plus prandre garde à sa santé qu'à chose du monde, et quelle n'estoyt plus jeune. — Ce n'estoyt pas la reponce quelle vouloyt. — Elle fayt fort la retenue; l'on ne san soucye gueres. La serpante (car les luizards (lézards) ne font point de mal) est plus «ouple et plus cajolante que jamays; mais Ion sayt tout ce que lune et lauire ont dyt et vous asseure quyls (qu'elles) sont fort étonées. Tout le monde le connoyt.
« La marquise de Magnelé vynt ansoyr (hier soir) céans, quy ne les oublia pas. Yl y auroyt de quoy ranpiir la feuylle sy javoys le loysyr et sy je nestoys poynt pareseux. Contantes vous pour anuyt (aujourd'hui) de cecy. Et chsLnf^cnt de propos, je vous dyré que je vous ayme fort, que sy vous estes sage vous ne serès que trop heureuse, que je suys fort contant de vous que je bese un mylyon defoys.
Les mots en italique sont soulignés dans. l'originaL
On voit quel intérêt présentent, à titres divers, les manuscrits et autographes exposés actuellement à la Bibliothèque nationale. Aussi ne saurait-on savoir trop de gré à M. Léopold Delisle d'avoir su mener à bien la tâche délicate qu'il s'était proposée.
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Les manuscrits grecs, — La librairie Alphonse Picard a mis récemment en vente la seconde partie de VInventaire sommaire des manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale, par M. H. Omont. Le tome III est sous presse.
La Bibliothèque dé là ville dé Paris. — En 1742, un conseiller de la Ville de Paris, nommé Baize, avait
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
réuni dans sa maison de U rue Saint-Antoine une riche collection de documents relatifs à Thistoire de Paris. Cette collection fut achetée par Antoine Moriau, procureur du roi et de la Ville, qui Tinstalla dans l'ancien hôtel d'Angoulême, rue Pavée, au Marais, où il demeurait, et il la légua libéralement à la Ville.
Telle est l'origine de la Bibliothèque municipale. Quand l'Institut fut ^réé, le bibliothécaire de la commune, Âmeilhou, ancien prêtre défroqué, qui en fui nommé membre, fut chargé d organiser la bibliothèque des nouvelles Académies républicaines. Il trouva plus facile et plus simple de puiser dans la bibliothèque qu'il était chargé de conserver, et, sur sa proposition, le Directoire prit un arrêté aux termes duquel la bibliothèque dite de la Commune était mise à la disposition de Plnstitut national des lettres, des sciences et des arts-
Lorsque la préfecture de la Seine fut organisée, on pensa à doter Paris d'une nouvelle bibliothèque municipale. Le préfet Frochot s'en occupa et la bibliothèque de la Ville de Paris fut reconstituée sur des bases d'abord modestes, dans une simple maison de la rue Saint-Antoine. C'est le comte de Chabrol qui la transféra à l'Hôtel de Ville. Elle s'était enrichie progressivement dans le cours; du siècle et elle comptait soixante mille volumes quand elle brûla jusqu'au dernier livre avec l'Hôtel de Ville, en 1871.
Pour la seconde fois, la bibliothèque de la Ville avait disparu.
On la reconstitua et elle fut rétablie rapidement, grâce à la générosité de son bibliothécaire, M. Jules Cousin, qui apporta «a bibliothèque personnelle, et grâce aux nombreuses acquisitions que fit faire la Ville. Aujourd'hui, plus riche que jamais, elle possède 80,000 volumes, 6o,coo estampes, 23,ooo médailles et une belle collection d'anciens plans.
Mais le conseil municipal trouve ces richesses insuffisantes et, remontant à l'origine de la bibliothèque de la Ville, se croit en droit de posséder davanuge.
C'est M. Lamouroux,. conseiller municipal, qui, en i885| dans un rapport sur la bibliothèque et le musée historique de la Ville de Paris, a signalé qu'à l'époque du Directoire, la bibliothèque dite de la Commune avait été mise arbitrairement et illégalement à la disposition de l'Institut national.
La Ville réclame donc aujourd'hui tous les livres, estampes, plans, etc., qui faisaient partie de la bibliothèque municipale et qui se trouvent dans les bibliothèques de l'État où le décret du Directoire les a placés, au mépris des volontés formelles des donateurs et principalement d'Antoine Moriau.
L'État refusant cette restitution, la Ville va, dit-on, en appeler aux tribunaux.
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en Orient et données par lui à la Ville de Paris, est presque terminé. Il est situé sur la place d'Iéna et est la reproduction exacte d'une maison de Pompéi.
Au premier étage seront les bureaux et la bibliothèque, riche de 14,000 volumes. Elle renferme des manuscrits sur feuilles de palmier et 6,000 ou 7,000 volumes imprimés en chinois et en japonais, qui traitent des religions de l'extrême Orient.
L'inauguration doit en avoir lieu au mois de juin.
Musée Guimet. — Nous empruntons au Courrier de Mrf (i3 avril) les détails suivants :
Le musée Guimet^ destiné à conserver les collections réunies par M. Guimet au cours de ses voyages
La Bibliothèque de la nouvelle École de médecine. — L'ancienne bibliothèque de l'École de médecine, qui faisait face au secrétariat, est destinée à loger le musée Orfila. Le nouveau local soulève, avant l'ouverture, des protestations qui s'accentueront avec l'usage.
C'est, dit le Figaro, une galerie qui mesure quatrevingt-dix mètres de long et qui correspond dans toute son étendue à la colonnade du premier étage, boulevard Saint-Germain. Elle absorbe tous les bruits du quartier, elle emmagasine tous les roulements d'omnibus, avec une continuité affolante. Il eût été plus pratique de l'installer à l'angle du boulevard et de la rue Hautefeuille, dans une salle à peu près carrée, où 'le service des employés eût été commode. Dans l'intérêt de l'effet, on a préféré la construirer sur une étroite langue de terrain comprise entre le grand amphithéâtre et le boulevard, ce qui rend le service et la surveillance également difficiles.
Si le local offre un nombre de places supérieur à l'ancien, il a l'inconvénient d'abaisser le nombre des rayons. Mais ce qui irrite absolument le sens commun, c'est cette extravagante idée d'avoir percé les fenêtres à quatre mètres au-dessus du plancher. La moitié de la bibliothèque se trouve ainsi plongée dans l'ombre, et quand les murs, couverts de livres, auront perdu la blancheur qui réfléchit la lumière, quand le plafond sera terni par la fumée du gaz, on n'y verra goutte à midi. L'opinion du professeur Fournier est formelle sur ce point. Il y a là un vice originel contre lequel il est peu de remèdes.
L'avenir de la Bibliothèque s'annonce comme aussi lamentable que le présent. Et cependant il y avait urgence extrême à corriger les défauts dont on se plaint dans la salle de lecture actuelle, mal éclairée, mal chaufil'ée, mal surveillée, où les armoires vermoulues ne ferment pas, où les tables sont délabrées, où les travailleurs ne trouvent pas toujours place vacante et, découragés par la pauvreté de l'installation, perdent le goût et l'habitude d'y venir compléter leurs recherches.
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Bibliothèque typographique. — Le 18 mars a eu lieu l'ouverture de la Bibliothèque typographique de la rue de Savoie. La bibliothèque est ouverte les mardis et vendredis, de huit heures et demie à dix heures du soir, et le dimanche matin de neuf heures et demie à onze heures et demie. La salle de lecture est ouverte à tous les travailleurs du Livre. Le prêt à domicile
n'est accordé qu'aux membres de divers syndicats fédérés de la corporation du Livre résidant à Paiis.
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Vols à la bibliothèque d'Évreux, — (Jn vol de livres assez considérable a eu lieu récemment à la bibliothèque d'Évreux dans la collection connue sous le nom de collection Maulvault, du nom du donateur. Les volumes ainsi soustraits par un des habitués de la bibliothèque étaient revendus à des libraires de Paris. Plainte a été portée au Parquet, et des recherches ont été immédiatement poursuivies parla police. Vingt-six des volumes dérobés ont été retrouvés à la librairie Morgand, à Paris. Le montant des achats faits par M. Morgand s'élève à 3,420 francs. Un certain nombre d'ouvrages ainsi achetés ont été revendus. Parmi ces œuvres se trouvait la fameuse édition des Contes et Nouvelles, de La Fontaine, dite des Fermiers généraux, en deux volumes petit in-H**, ornée de magnifiques gravures, que le libraire avait payée 5oo francs. Les Idylles de Berquin, en un volume, avaient été payées 900 francs et revendues i ,000 francs. On a retrouvé chez MM. Morgand, Durel, Fontaine et Rouquette : un Lucien, traduction de Perrot d'Ablancourt (1709) ; les Pastorales, de Némésien et de Calpurnius, traduites en français (1744); les Œuvres de Régnier (1746); IcsSatyres nouvelles, dGScnccé[i6g5); le Cabinet satyrique, ou Recueil de vers piquants et gaillards; deux autres éditions des Contes et A^ouvelles, de La Fontaine (1732); VHypnérotomachie, ou Discours du Songe de Polyphile (1546); ce dernier vendu 65 francs. Les autres livres manquants sont,
pour la plupart, des plus licencieux. Trois livres ultra-décolletés, qui sont restés à la bibliothèque d'Evreux, ont été dépouillés de leurs planches, qui représentaient des sujets extrêmement grivois. Dans tous les livres vendus et retrouvés, le timbre de la bibliothèque avait été effacé à l'aide d'une substance chimique qui a laissé sur le papier comme la trace d'un lavage et dont on recherche la composition. Les détournements ayant été comsnis par un officier de la garnison, un capitaine nommé Grandmange, l'autorité militaire a été saisie de Taifaire.
ETRANGER
Angleterre. — Un catalogue de « Circulating Library ». — La propriétaire de ]& General Subscription Circulating Library , à Reading (Angleterre), miss Langley, nous adresse le catalogue des livres de son cabinet de lecture. C'est un fort beau volume in-8% de près de 400 pages, à 52 lignes par page, doré sur tranches, et fort élégamment cartonné. Les ouvrages étrangers, dont les livres français forment la très grande majorité, sont catalogués à la fin du volume, de la page 36i à la page 375.
Italie. — Le Musée Borgia a reçu dernièrement sept manuscrits arméniens qui ont, paraît-il, une grande valeur. Ils comprennent : les Évangiles, les hymnes de l'Eglise arménienne, un calendrier, et les œuvres philosophiques de Proclus.
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PUBLICATIONS NOUVELLES
Ouvrages récemment parus, — Bibliographie du mois.
— Paris — Province — Étranger —
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Avis. — Le secrétaire de la rédaction du Livre prend la liberté de prier M éditeurs et libraires, de lui adresser les informations qu'ils désirent porter à la
MM. les directeurs de revues, , -^ .„. ^^. .^« ..,. qu'Us désirent porter à la connaissance du public, touchant les publications nouvelles, les ouvrages en préparation, les articles littéraires ou bibliographiques parus ou à paraître, les catalogues, ventes, etc., tant en France qu'à l'étranger.
FRANGE
Le Salon de peinture; les comptes rendus artiS' tiques, — Le Figaro a commencé la publication de son salon annuel, Figaro-Salon, Ayant les mêmes qualités et la môme valeur que les précédents, il est assuré de trouver dans le public le môme succès.
De son côté, ^Illustration consacre au Salon son numéro du 28 avril. Les reproductions, fort nombreuses, sont en général bien venues, et quelques-
unes donnent vraiment, toutes proportions gardées, l'impression de l'original. La critique du Salon est confiée à M. Gabriel Séailles, le jeune professeur de philosophie dont les ouvrages sur l'esthétique ont été si remarqués.
Enfin, last but not least, nous avons reçu le catalogue illustré, publié pour la peinture et la sculpture par la librairie d'art de Ludovic Baschet. Ce catalogue, qui renferme la liste des exposants et peut servir de guide, ne contient pas moins de 289 pages
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
de reproductions, dont plusieurs avec deux ou trois sujets difTêrents. L'exécution, pQur être sommaire, n'en est pas moins artistique, et la collection de ces catalogues formera une intéressante histoire en images de l'art coniemporain (i vol. in-8*; 3 fr. bo).
Les Caricaturistes français. — A propos de Pex position de la caricature contemporaine ouverte à rÉcole des beaux-arts, la maison Quantin vient de faire paraître, sous le titre : les Maîtres de la Caricature française au xix" siècle, un curieux album in-4% contenant 120 fac-similés en noir et en couleur, et une notice par Armand Dayot.
Le Dictionnaire de r Ameublement, — Le toqie U i\x Dictionnaire de V Ameublement y de M. H. Havard, vient de paraître à la Maison Quantin. Comme le précèdent, ce volume est illustré de nombreuses gravures dans le texte et contient prés de 70 grandes planches hors texte et en couleur.
La littérature française à Vétranger. — Notre littérature du moyen âge, langue d'oc et langue d*oil, est de plus en plus ardemment étudiée en Europe. Mr. S. L. Lee vient de publier la troisième *ec dernière partie de son édition de Huon of Bordeiix pour la Early English Text Society (Lond., Trûbnerl; le i)' Wendelin Furster donne une édition du Chevalier au Lyon, de Chrestien de Troyes {Der Lôwenritter, Halle, Niemeyer;, et M. W. Bernhard met pour la première fois au jour les œuvres d'un troubadour du xui' siècle, N'at, ou Ato, qui florissait à Mons, près de Toulouse [Die Werke des Trobadors N'at de Mons. Heilbronn, Henninger). Pendant ce temps, on sV muse en France à estropier la Chanson de Roland, sous prétexte d'en faire une « traduction archaïque et rhythmée » (L. Clédat. — Paris, Leroux).
Le Molière Lemerre, — L^édition de Molière, faite par les soins de M. A. Pauly, chez A. Lemerre, et depuis longtemps épuisée, a atteint dans les ventes un prix fort élevé. Pour répondre à un grand nombre de réclamations, la voilà rééditée à 2 fr. 5o. Nous avons déjà rendu compte du tome I'^ Le tome H vient de paraître, et sera également bien accueilli des lettrés.
— Avec Choses vues commence, dans la bibliothèque Charpentier, la publication des œuvres inédites de Victor Hugo. D'un prix modéré et d'un format commode, ce livre est assuré de trouver un très boa accueil auprès du public. C'est le complément indispensable de Tœuvre du grand poète.
caricature en France en cinq volumes. M. Champtleury a réuni dans cet ouvrage les spécimens des plus curieuses fantaisies de l'imagination orientale, dont la verve satirique n'oflre pas de moins intéressants sujets d'études à l'historien que les compositions du même genre de Tart européen.
— Notre rédacteur en chef Octave Uzanne publie, à la Maison Quantin, un-ouvrage d'érudition et de fantaisie qui sera vite recherché par le public lettré. Titre : les Zig^çags d^un curieux, « causeries sur l'art du Livre et la littérature d'art ». — Ce petit ouvrage in-18, de 3oo pages, orné d'un frontispice à Teau*forte et imprimé sur vergé à 1,000 exemplaires, forme en quelque sorte le tome II de Nos Amis les livres, parus en 1886.
Le nouveau roman d'Emile Zola. — Emile Zola a commencé la publication de son nouveau roman, le Rêve, illustré par Jeannior, dans la Revue illustrée. C'est une histoire d'une absolue chasteté; elle peut être mise entre les mains de toutes les femmes et même des jeunes filles. C'est le roman d'une enfant pauvre, passionnée et pure, dont les souhaits se réalisent au travers des souffrances poignantes de son cœur.
Un roman ethnologique. — Nous tenons à signaler d'une façon particulière un beau volume, joliment illustré, que Carla-Maria vient de faire paraître chez Picard etJCaan, sous. le titre : Une Idylle au Cachemire. L'auteur, dont le pseudonyme cache, en même temps qu'un homme du monde accompli, un ardent voyageur, un professeur habile et un savant éminent, a su faire entrer le sentiment si vif qu'il a de l'Orient* dans un récit simple et frais qui peut charmer tous les âges en les instruisant.
— La Librairie des bibliophiles (7, rue de Lille), qui a inauguré dernièrement par le Paysan, de M. Jean Sigaux, Mademoiselle Abeille, de Ferdinand Fabre, et Une Dot, de Legouvé, sa Petite Bibliothèque française, publie aujourd'hui le quatrième fascicule à 5o centimes de cette charmante collection. C'est Dans VArgonne, un émouvant et patriotique récit que M. Jules de Glouvet a écrit spécialement pour cette collection, et qui forme un élégant petit volume in-i8, imprimé en caractères eizéviriens par Jouaust et Sigaux.
— M. G. Rothan, ancien ministre plénipotentiaire, publie, dans la série des « Souvenirs diplomatiques », la Prusse et son roi pendant la guerre de Crimée,
— Notre collaborateur et ami ChampHeury vient de publier chez Deniu le Musée secret de la caricature, qui forme le complément de son histoire de la
— M. Armand Gasté, l'éminent professeur à la Faculté des lettres de Caen, vient de publier une deuxième édition, revue et corrigée, de son étude historique, critique et philologique sur les serments de
EIBL. MOD. — X.
Strasbourg (Paris, V« Eugène Belin et fils). C'est une monographie complète, et où ne manquent pas les aperçus originaux, d'un sujet d'importance capitale pour rhistoire de notre langue. Le même écrivain insère, dans le Bulletin de la Société des beauxarts de Caen (7* vol., 4* cahier), un mémoire d'un intérêt archéologique considérable sur un chapiteau très curieux de l'église Saint-Pierre de Caen. Ce mémoire, très moderne d'esprit et très érudit à la fois, est illustré de trois belles planches phototypiques. — La décentralisation intellectuelle, qu'on réclame de tant de côtés, sera faite quand ceux qui la réclament produiront beaucoup de travaux de cette valeur.
Documents sur Douai et les communies environnantes. — Un catalogue de plans anciens et nouveaux, de vues de villes, châteaux, sièges et batailles, vient de nous parvenir. C'est un collectionneur du Nord, M. Lucien Crépin, de Douai,' qui a publié cet intéressant travail, qu'il adresse gratuitement contre toute demande aliVanchie, et qui contient la nomenclature d'un choix sérieux de gravures et de dessins.
Paris qui passe, — Les chroniqueurs du Parti national, MM. Paul Bclon et Georges Price, donnent en volume les articles publics par eux au jour le jo\ir dans ce journal sous le titre de Paris qui passe (Albert Savine, i vol. in-i8; 3 fr. 5o). L'auteur delà Vie à Paris, M. Jules Ctareiie, attache à cette revue littéraire, artistique et mondaine de Tannée 1887 ^"^ préface qui est pour le volume une recommandation en même temps qu'un attrait de plus.
La Grande Encyclopédie. — Le cinquième volume de la Grande Encyclopédie (Ladmirault et C'% 6i> rue de Rennes) vient de paraître. 11 contient la suite de la lettre B.
Nous signalerons particulièrement aux historiens les curieuses biographies des Baudoin, rois de Jérusalem, l'article Bavière, les Banquets civiques et les indiscrétions sur les Banquets maçonniques. Les savants et les amateurs de science seront satisfaits des remarquables articles publiés sur la Balance et sur le Baromètre. Les questions maritimes et militaires. Bataille, Bataillon, Batterie, Bateaux à vapeur, sont traitées à fond et frapperont l'armée autant que le public. Les économistes et les jurisconsultes trouveront dans ce volume des détails complets sur les mots Banque, Banqueroute, etc. Enfin tout le monde lira avec fruit les études publiées sur les mots Bain, Baleine, Ballon, avec intérêt les articles Ballade, Basoche, avec curiosité les biographies de Balzac, d'Aug. Barbier, de Barthélémy Saint-Hilaire, celles de M™* du Barry et de M"« Baretta.
De nouveaux progrés ont été réalisés : l'illustration plus soignée prend une véritable valeur artistique. Ce nouveau volume contient plus de 5oo figures de
tout genre et des cartes en couleur hors texte parfaitement exécutées.
Larousse for ever! — Viennent de paraître : le quinzième et le seizième fascicule du deuxième supplément au Grand Dictionnaire universel du xix9 siècle, de Pierre Larousse.
Ces fascicules contiennent des articles d'un grand intérêt. Les amateurs y liront Un compte rendu (avec musique) de Boccace, le charmant opéra-comique de Suppé; — un article général sur la Biologie; — une biographie très détaillée du prince de Bismarck ; — un exposé sur la conquête de la Birmanie parles Anglais; — un tableau politique et littéraire de la Bohême contemporaine ; — Bière (fabrication de la); — Birmingham; ^ Blancs d'Espagne et Blancs d'Eu; — Blasphèmes (de Jean Riche^ pin); — Blé ; — Boissons.
Le mot Bonaparte a fourni la matière d'importants articles, parmi lesquels nous relevons, les biographies des princes Jérôme, Victor et Louis, l'analyse des ouvrages du colonel lung sur Bonaparte et son temps et sur Lucien Bonaparte, etc. Deux colonnes sont consacrées aux magasins du Bon Marché. Parmi les articles humoristiques, nous citerons les curieux détails sur les Bonnetcurs et les Bookmakers. La Bosnie est l'objet d'une étude historique intéres^ sanie, et les progrès de la Botanique sont exposés avec une saisissante clarté. Citons enfin la biographie anecdotique du général Boulanger. — Prix du fasci-' cule : I fr. 10. Librairie V® P. Larousse, 19, rue Montparnasse.
Un nouvel index. — La Revue des questions historiques a publié la table générale et détaillée de ses vingt premiers volumes. Celle des vingt volumes suivants .va être mise sous presse. — Voilà de la besogne utile !
Nouveaux périodiques et journaux quotidiens. — Sous le titre de : Bulletin des travaux de l'Université de Lyon, les professeurs des différentes facultés de Lyon ont fondé une revue trimestrielle résumant, au fur et à mesure, leur œuvre et celle de leurs élèves, depuis la Faculté de médecine jusqu'à la Faculté de droit, en passant par la Faculté des lettres et la Faculté des sciences. C'est, en d'autres termes, une sorte d'encyclopédie au jour le jour de la science et de là littérature lyonnaises.
La publication d'un bulletin de ce genre excitera l'émulation des sa^yants et des lettrés de la région, assurés désormais que leurs efforts ne seront point perdus et que le fiambeau allumé par leur travail ne demeurera point enseveli sous le boisseau. Elle aura cet autre avantage de synthétiser les différentes branches de l'activité intellectuelle, dont les produits, épars aujourd'hui çà et là dans les revues techniques, ne sont guère connus que des spécialistes, au grand détriment de la culture générale.
Le premier fascicule de ce Bulletin, publié par
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
2tQ
réditeur Storck, est du meilleur augure pour les succès futurs.
L'Université de Lyon avait déjà Tune des publications scientifiques les plus intéressantes qui soient au monde : les Archives de l'anthropologie criminelley fondées et dirigées par Téminent D' Lassagne. Si le Bulletin des travaux de V Université tient ses promesses, il ne dérogera point à cet honorable précédent.
— L'Instruction, journal hebdomadaire illustré, sous la direction de M. Maurice Wahl, professeur au lycée Lakanal, a récemment commencé sa publication. Chaque numéro contient un cours d'histoire, un cours de géographie, un cours de grammaire historique, un cours de littérature française, un cours de mathématiques, un cours de comptabilité, un cours de physique, un cours d'allemand, un cours d'anglais, des variétés sur la littérature étrangère, sur les actualités, etc., etc., et donne autant de matière qu'un volume classique ordinaire. — Toute celte science ne coûtera que 5o centimes par semaine. C'est vraiment le fourneau philanthropique des intelligences.
— Ulilustré moderne : tel est le titre du nouveau journal à images qui vient de paraître ; directeur : Gustave Goetschy.
Vlllustré moderne a ceci de nouveau qu'en dehors de ses trois pages de dessins et de son texte, il publie, dans chacun de ses numéros, seize pages d'un roman inédit illustré, dont la livraison se détache pour former volume, grâce à un sy.stème de pointillé combiné très ingénieusement.
Le roman d'ouverture s'appelle Rose de mai; il est signé Armand Silvestre.
— Le dimanche 8 avril a paru le premier numéro du Parti ouvrier, journal politique quotidien ^ ^ centimes, né d^une scission dans la rédaction du ^fi au peuple.
ETRANGER
-^eniagne. — A paru récemment à Berlin, chez
*"/ Hcnnig, Der Deutsche Reichstag, Seine Ge-
^^^^chte^ Organisation, Rechte und Pflichten, par Cle-
^^ F'reyer, qui est comme^un manuel — officiel —
droits et surtout des devoirs du Parlement alle- ^*nd.
^Ue
Signalons à ceux de nos lecteurs qui ont quel-
:^**^ Eoût pour le roman allemand une heureuse
'^^^^lion de la Deutsche Verlags-Anstalt de Siutt-
^ ^ * cette maison vient de créer une édition de luxe
^^ Deutsche Roman-Bibliothek qui, sous cette
Uvçjlg forme, donne tous les quinze jours une
livraison. Le mode de publication p&rmet de détacher les différentes parties d'un même ouvrage pour les réunir en volumes ne gardant aucune trace qu'un titre courant de la forme primitive de mise en vente; on obtient ainsi de très beaux volumes de bibliothèque au prix moyen de jS centimes, ce qui est d'un bon marché extraordinaire, — les volumes ayant de 25o à 35o pages et l'exécution typographique étant très belle. (A Paris, chez les éditeurs Peelman et G'% 189, boulevard Saint-GTîrmain.)
— Pour les amateurs de roman aussi :
Spielhagen vient de faire paraître un nouveau volume, Noblesse oblige, qui en est déjà à sa quatrième édition (chez Stackmann, à Leipzig).
Dans le flot montant des romans, citons encore :
Der Zug nack dem West et Arme MaeJthen ! de Paul Lindau, études de mœurs berlinoises fort discutées, mais d'une valeur littéraire incontestable ; Basilla, récit fort attachant de E. de Wolzogen ; Sommerfrischen, cinq agréables nouvelles de H. Villinger ;'Wo//fe/i und Sunnschein, un réjouissant recueil de récits villageois de L. Anzengruber, un maît?e du genre. Tous ces volumes ont paru chez l'éditeur W. Spemann, de Stuttgart.
Gluck und Geld, de G. Rcuter, dont les paysages empruntés à l'Egypte moderne ont quelque chose de saisissant. (W. Friedrich, éditeur à Leipzig)
Ziel und Ende, de KaplV-Essenther, une Viennoise dont le talent s'affirme nettement avec un singulier mélange de fantaisie, d'observation et de causticité. (Verlags-Magazin, à Zurich.)
Schriftsteller-Roman, de Berthe de Suttner, étude fort curieuse de la situation actuelle de l'homme de lettres dans la société allemande. (Dresde, Pierson, éditeur.) M"*" de Suttner est regardée avec raison comme un des plus remarquables écrivains de l'Autriche moderne. Comme tous les précédents, ce volume est en vente chez les éditeurs Peelman et Cic, 189, boulevard Saint-Germain.
ion de 160 à 200 pftges, format petit in-8°, sur *Pi^r vergé ' teinté, à 40 pf., soit 5o centimes, la
— Ferdinand Gross, le feuilletoniste viennois,
vient de publier chez Wilhelm Fiiedrich, à Leipzig,
sur Werther en France^ une étude fort spirituelle et
fort amusante.
— Breitkopf et Haertel, les éditeurs bien connus de Leipzig, mettent en vente (à Paris, chez Peelman et Cie, 189, boulevard Saint-Germain), en deux luxueux volumes,/^ Correspondance entre F. Lis:{t et Richard Wagner, de 1841 à 1861. C'est là une publication d'un intérêt vraiment puissant, dans laquelle on retrouve tout entiers deux hommes qui sont deux glorieuses figures de notre siècle : Liszt, aimable, bon, complaisant, dévoué, plein d'admiration pour
son àmi et d'oubli pour lui-même; Richard Wagner, inégal, morose, rarement confiant en la fortune, souvent désespéré. Le second volume contient^ en annexe, le texte original de quelques lettres écrites en français par Lkzt; nous tenons d'ailleurs de source certaine que la même maison prépare, pour paraître l'hiver prochain, une édition française de cette Correspondance.
L. Ramann publie chez les mêmes éditeurs la suite de son travail très reinarquable et très consciencieux sur Lis^tf Vhomme et Vartiste : cette première partie du deuxième et dernier volume va de 1841 à i85o. La seconde partie est en préparation.
— Une revue consacrée aux arts du dessin (la gravure et ses dérivés), envisagés au point de vue vul-. garisateur, vient de se créer à Vienne, sous le titre de Chronik fUr vervieîfaltigende Kunst, Elle paraît tous les ckux mois, en livraisons de douze pages in-folio, avec gravures et suppléments, et coûte par an 4 marks, soii 5 francs.
— A Stuttgart (Emil Hanselmann), on annonce un nouveau périodique illustré, sous le titre de Fur Yung und Alt, Ein Buch fur das deutsche Hans (Pour les jeunes et les vieux. Livre du foyer allemand). 11 forme chaque année un volume de dix-huit livraisons.
— On annonce, chez S. Fischer, de Berlin, une nouvelle feuille satirique, intitulée Deutsche Wespen, les Guêpes allemandes, Alphonse Karr et Aristophane n'ont qu'à se bien tenir.
Une revue hispano-allemande, — M. J. Lopez Lapuya vient de fonder une revue littéraire, politique et commerciale, qui se publie en espagnol et en allemand. Elle a pour titre die Spanisch- Deutsche Revue.
Angleterre. — W. Allen et O^ font paraître un volume sur la Palestine [Palestine lllustrated), par sir Richard TemjMe, avec trente-deux chromolithographiesd'après les dessins de l'auteur, et trois cartes.
— On publie une nouvelle édition des poèmes de, Mr. Browning. Le premier volume, contenant Pauline &\. SordellOy vient de paraître. L'édition sera complète en seize volumes.
— MM. Cassell et C" publient une Vie de Guillaume /•', par Mr. Archibald Forbes.
~ lU annoncent aussi un nouveau roman intitulé : Quatre- Vingt-Neuf (Eighty-Nine).
— Chapman et Hall ont mis en vente récemment
le nouveau volume de l'histoire du théâtre français entreprise par Mr. Frederick Hawkins. Il a pour titre : the French Stage in the Eighteenth Century.
— Les mômes éditeurs donnent un volume d'essais par Mr. W. L. Courtney, intitulé : Studies, New and Old.
— Chatto et Windus annoncent, pour ce mois-ci, The Devil's Die {le Dé du Diable), roman en trois volumes, par Mr. Grant Allen.
— Kegan Paul, Trench et C'« publient la relation d'un voyage récent de Mr. J.-J. Aubertin à travers les Etats-Unis, les îles Hawaî, le Canada, la Colombie, Cuba et les îles Bahama. Le titre est caractéristique : A Fight with Distances {Lutte contre les distances).
— On annonce en Amérique et en Angleterre un nouvel ouvrage de Max O'Rell : Impressions of Ame* rica and the Americans,
— L'éditeur Murray annonce l'ouvrage en deux volumes de Mr. Sydney Buxton, intitulé : Finance and Polit ics,
— J. C. Nimmo vient de donner une édition à bon marché du Benveriuto Cellini de Mr. Symond, qui était déjà épuisé et rare.
— L'éditeur Nuit annonce, outre Poems, par Mr. Henley, un nouveau livre de Mr. Oscar Wilde : Five Fairy Taies {Cinq contes de fées), illustré par Mr. Walter Crâne et par Mr. Jacomb Hood; et les études de Mr. Albert Nutt sur le Saint-Graal (Studies in the Legend of the Grail), Ce dernier volume f»it partie des publications de la Folk-Lore Society.
AftF
— Mr. William Sharp fait paraître un petic volume de vers sous ce titre : Romantic Ballads and Poems of Phantasy,
— Chez Elliot Stock : Naturels Fairyland, ou excursions par les bois, les prés, les rivières et le rivage, par H. W. S. Worsley-Benison, naturaliste fort distingué.
— Mr. Alfred PoUard, du British Muséum, fait paraître, chez Péditcur David Stot.t une édition d^Astrophel and Stella, par sir Philip Sidney.
— La maison Marcus Ward et C", de Londres, publie en édition de grand luxe, les scènes dramatiques grecques de Mr. Warr, sous le titre de Echoes of
I Hellas, avec quatre-vingt-d^ux dessins en rouge et en noir de Mr. Walter Crâne.
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
— Ward et Downey annoncent : Idie Taies, par Mrs. Riddell, et Miracle Gold, rontan en trois volumes, par Mr. Richard Dowling.
— On annonce chez Whittaker et C** de Londres, une nouvelle et moins chère édition du Dictionary of Argot and Slang, de notre compatriote A. Barrère.
— Les éditeurs Frederick, W. Wilson et Frère, de Glasgow, publient une tragédie de Mr. John Davidson, intitulée : Smith, Mr. Davidson a déjà écrit un drame bien accueilli par la critique anglaise : Bruce.
Amérique du Sud. — Nous avons reçu le premier numéro des Annales de l museo Michoacano, imprimé àMorelia. La vie littéraire s^affirme de plus en plus dans l'Amérique espagnole.
Belgique. — La librairie E. Deman, de* Bruxelles, annonce la Tentation de saint Antoine, album lithographique de dix planches in-folio, dessins de M. Odilon Redon. Prix de souscription : 40 francs. Depuis le i5 avril, les exemplaires restant sont portés i5o francs. Le tirage est à soixante exemplaires seulement (pierres barrées). Cette œuvre continue la série des albums, la plupart dès à présent introuvables. Dans le rêve; Hommage à Goya; la Nuit, etc.
— L'Anthologie des prosateurs belges a récemment paru à Bruxelles. Le volume est un bel in-S'' de près decinq cents pages, imprimé avec soin par la maison \* Monnom. Les morceaux vont de lygS à 1887, ^^ appartiennent à cinquante-cinq écrivains. Chaque auteur est caractérisé en une courte étude.
Étais-Unis. — D. Appletoir et C'*, de New-York, annoncent un volume de Julian Hawthorne, intitulé : David Poindexter's Disappearance et autres récits, ainsi qu'un roman de Howard Seely, A Nymph ofthe WesU Le premier' paraît aussi en Angleterre, chez MM. Ward et Donwey.
— Shakespeare et Ignatius Donnelly, — Le grand ouvrage sur le cryptogramme (n'imprimez pas cryptogamme, s. V. p.), découvert par M. Donnelly dans les œuvres que Ton connaît comme étant de Shakesptare et qu'il attribue à Bacon, aura paru (i^' mai) AU moment où nous mettons sous presse. Mais la cause est entendue d'avance.
— Les éditeurs américains Funk et Wagnalis mettent en Vente un volume de morale humoristique dirigée contre la danse, les théâtres, Me jeu et autres damnablesetvainementdam^iés plaisirs. Il est intitulé : Miir A^of, par J.-H. Vincent, chancelier de l'Uni- ^'«rsitc de Chantauqua, et un livre d'éducation pra-
tique et familière adressé ayx jeunes filles, A Bundle ofLetters to Busy Girls, par Grâce H. Dodge.
— Paul et Virginie vient d'être retraduit en anglais par Clara Bell, écrivain des États-Unis, et publié chez Gottsberger.
— La maison D. Lothrop et C* a mis en vente : My Wonder Story, par Anne K. Benedict; Margaret Régis and someother Girls, par Annie H. Ryder; An Océan Tramp (Un vagabond de l'Océan), par Philip H. Haywood.
— Porter et Coates, de Philadelphie, ont publié, vers le milieu d'avril, le quatrième volume d&VHistoire de la guerre civile en Amérique, par le comte de Paris.
— Roberts et Frères puTlier\t une traduction de V Histoire du peuple d!" Israël de M. Renan.
— Ch. Scribner et Fils annoncent the Early Days of Mormonism, par J. H. Kennedy.
— Le Shakespeare Society de New- York a publié récemment le premier volume d'une nouvelle édition du grand poète dramatique anglais; elle s'appellera le Bankside Shakespeare, Chaque pièce sera imprimée à part à la Riverside Press (Houghton, Mifflin et C'*), à cinq cents exemplaires numérotés.
— Ticknor et C'«, de Boston, publient : Agatha Page : A Parable, par Isaac Henderson; Isidra, roman mexicain, par Willis Steell.
— R. Worthington et C'* annoncent un piquant livre de voyage par Louise T. Sheldon : Yankee Girls in Zulu Land, avec illustrations.
— La ville des Mormons, Sali Lake City, nous envoie le premier numéro (mars) d'une revue illustrée dont tous les collaborateurs appartiennent à rUtah. Elle a^our titre The Western Galaxy. Galaxy signifie la ^rtV/an/e réunion, l'essaim de beautés.
Hollande. — Nous avons reçu la première livraison de Internationales Archiv fiïr Ethnographie^ revue publiée à Leyde, chez P. W. M. Trap (Paris, Ernest Leroux), par les soins de M. J. D. E. Schmeltz, conservateur du musée ethnographique de Leydf. Elle a pour rédacteurs réguliers MM. Krist. Bahnson, de Copenhague; Guido, Cora, de Turin; G. J. Dozy, de Noordwijk; E. Pétri, de Saint-Pétersbourg, et L. Serrurier, de Leyde, sans compter toute une phalange de collaborateurs dont les noms ont une célébrité scientifique européenne. Cette belle publication vise avant tout « à la description des docu-
ments jusqu^icî inexplorés », et doit « servir de traitd^union entre tous les musées et tous ceux qui s^intéressènt à la science anthropologique ». Outre les figures semées abondamment dans le texte, elle donne des planches en couleur d'une exécution vraiment remarquable. Rien n'est, du reste, négligé matériellement pour en faire une publication de luxe, irréprochable au point de vue typographique.
Italie. — Vient de paraître une Bibliografia numismaiica delleZecche Italiane (moyen âge et temps modernes), par Francesco et Ercole Gnecchi.
— Les successeurs de Le Monnier, à Florence, poursuivent la publication des œuvres inédites de Carlo Cattaneo, recueillies par Agostino Bertani. Le cinquième volume contient les écrits sur l'économie f)olitique. •.
— Sous le titre de : le Due mogli di Napoleone /, Péditeur Zanichelli, de Bologne, a publié une importante élude historique et psychologique sur Joséphine Beauharnais et sur Marie-Louise, par Ernesto Masi.
— Nous avons reçu le premier numéro d'une nouvelle revue publiée à Florence sous la direction du D** Guidd Biagi, bibliothécaire de la Marucelliana,
et intitulée Rivista délie Biblioteche. Nous y remarquons, entre autres articles d'intérêt, le Prêt des manuscrits, par le professeur N. Anzianî ; les Examens des bibliothécaires par le directeur de la Revue; Documents inédits pour Vhistoire de la bibliothèque lauren!(ienne, par B. Podestà.
— Il nous arrive de Milan le premier fascicule de Revisla italiana di Numismatica, sous la direction du D' Solone Ambrosoli, conservateur du cabinet des médailles de Brera. C'est une revue trimestrielle qui coûte 20 francs en Italie et 22 francs dans les pays de l'Union postale. Elle formera chaque année un volume de cinq CQnts pages environ, avec planches de médailles.
Japon. — Le premier exemplaire de la traduction japonaise de la Bible vient de paraître à Tokio. Cette traduction présentait de nombreuses difficultés : beaucoup d'animaux, d'oiseaux, d'insectes, d'arbres dont parlent les Livres saints n'existent pas au Japon, et il a fallu trouver des équivalents, ce qui n'a pas toujours été facile.
Les frais de traduction et d'impression ont été supportés, pour l'Ancien Testament, par la Société biblique d'Ecosse, et pour le Nouveau Testament, par la Société biblique américaine, dont un des membres, le docteur Hepburn, a surveillé et dirigé les travaux des traducteurs.
'Hy'
PUBLICATIONS ANNONCÉES OU EN PRÉPARATION -^
en France et à l'Etranger A
FRANGB .
— M. Alphonse Daudet a remis, le mois dernier, à son éditeur, M. Lemerre, le manuscrit complet de son nouveau roman : V Immortel,
— M. Désiré Nisard, qui vient de mourir, avait, depuis quelque temps déjà, remis à son éditeur des Mémoires qui ne devaient paraître qu'après sa mort.
Sans nul doute, celui-ci publiera prochaine-ment cette œuvre posthume, qui ne* peut manquer d'exciter la plus vive curiosité.
— M. S. Dosson travaille à une histoire de la littérature latine, qui paraîtra probablement chez Hachette et C'«.
— On annonce pour décembre le tome III de la Bibliographie des œuvres de Voltaire ^ par M. Georges Bengesco. Le quatrième et dernier volume, qui sera
consacré aux Œuvres complètes, aux Œuvres choisies, aux principaux Extraits et aux ouvrages apocryphes, paraîtra en 1890.
— Empressons-nous de signaler un plat de haute saveur aux afhateurs friands de morceaux littéraires pimentés d'une forte originalité.
Lequel de nos lecteurs ne connaît de nom Jean- Paul, le fameux, le paradoxal Jean-Paul ? Aucun sans doute'. Lesquels en revanche l'ont lu? Très peu sans doute, et Tune des meilleures raisons, c'est que de cet auteur allemand presque rien n'a été traduit en France. Notre collaborateur, Louis de Hesscni, a donc eu une excellente idée en préparant une version française d'un curieux petit travail dans lequel Jean- Paul s'est abandonné à son extraordinaire verve et à son amour du paradoxe. Titre : De la bêtise. Le volume, qui sera orné d'un joli portrait à l'eau-forte signé Le Nain, et tiré à 525 exemplaires seulement, e&t l'objet de tous les soins de jeunes éditeurs, MM. Peelman et C'*, 189, boulevard Saint-Germain,
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
qui veulent faire un petit bijou de ce livre, leur début.
Nous y retiendrons, du reste, au moment voulu.
— M. Arsène Houssaye vient de terminer un drame en trois actes, intitulé Diane. Il a Pintention de le présenter au théâtre de TOdéon.
— Ltf Société des bibliophiles bretons et de Vhistoire de Bretagne, dont le siège est à Nantes, a sous presse le tome I*' des Œuvres nouvelles de Des Forges Maillard, et les derniers fascicules des Chroniques de Bretagne d'Alain Bouchart. Elle a voté, dans sa séance du 4 avril, la publication d'une édition nouvelle de la Vie des saints de Bretagne, par le Père Albert le Grand, édition qui sera illustrée par MM. Charles Toché, Busnel et d'aUtres artistes bretons.
— La Revue contemporaine, que dirigeait sous PEmpire M. Alphonse de Galonné, va reparaître prochainement, sous la forme hebdomadaire, avec la collaboration de MM. le marquis d^ Barbentane, Barbey d'Aurevilly, Boucher d'Argis, Bouquet de la Grye, le marquis de Ghervillc,. Edouard Hervé, Georges Lafenestre, Leconte de Lisle, de Pari eu, Paul Perret, etc.
— On annonce l'apparition très prochaine de la Revue d^histoire contemporaine, fondée avec le concours de plusieurs écrivains en renom et des capitaux suffisants pour lui assurer une longue existence.
Cette publication, dont le titre est un programme, s'occupera d'une manière spéciale des questions historiques se rapportant aux vingt dernières années.
^6 plus, cette Revue poursuivra le développement de la part attribuée à l'histoire contemporaine dans 1m programmes d'enseignement.
ÉTRANGER
^^©xiaagne. — A l'occasion du centenaire du poète patriote Rûckert, né le 16 mai 17^8, sa famille va PiJblier Us Lebenserinnerungen (Réminiscences), qu'il
' '*'ssés et qui sont restés inédits.
*^ ^n annonce comme devant paraître prochaine- '"^^% chez l'éditeur Otto Janke, de Berlin (Peelman
^**» 189, boulevard Saint-Germain, à Paris), un oûvragç qui fg^a certainement sensation : ce sont des "*^^^s sur l'empereur Guillaume recueillies par Louis Schneider, son lecteur; elles vont de 1849 à 1873 et o^t été revues, rectifiées par le monarque lui-même, ^^^ avant sa mort, en a autorisé la publication; elles
^'^^eront trois volumes.
" I3ne Revue de l'art chrétien, richement illustrée,
verra incessamment le jour à Dusseldorf; elle sera ^ mensuelle et dirigée par M. Schpûtzen, du chapitre de Cologne. L'assemblée générale des catholiques d'Allemagne a pris elle-même Tiniiiaiive de cette publication, qui se trouvera à Paris chez Peelman et C'% cités plus haut,
Angleterre. — Le traducteur anglais des Mille et une Nuits, sir Richard Burton, vient de terminer le sixième et dernier volume des Nuits supplémentaires (Supplemental Ni ghts). l\ tr^vaiUe imimcnant à une sorte d'historique, de biographie, si l'on peut dire, de l'œuvre à laquelle il a consacré tant d'années, et qui doit faire tressaillir en leur tombe les os de feu Galland.
— Chapman et Hall ont sous presse la Biographie de W.-E. Fôrster, par Mr. Wemyss Reid. Elle formera deux volumes ornés de portraits et d'autres illustrations.
— La Clarendon Press, Oxford, annonce comme devant prochainement paraître : the Morphology of Knowledge, par B. Bosanquet, 2 vol.; An Essay on the History of the Process by which the Aristoteiian Writings arrived at their Présent Form, par feu R\~ c\\B.rd Shuxc; History 0/ the Rébellion, de Clarendon, éditée par le Rév. W. D. Macray, 6 vol.; the Minor Poems, de Chaucer, édités par le prof. Skeat, etc., etc.
— Mr. Sidney W. Clarke, secrétaire du Club littéraire de Hull, met sous presse un volume consacré au théâtre, sous le titre : Chronicles 0/ the Stage.
— Le prochain ouvrage de Mr. Percy Fitzgerald aura pour titre : The Chronicles of Bow Street Police Court, 2 vol., avec de nombreuses illustrations.
— La maison Macmillian va publier en un volume les œuvres posthumes en prose d'Arthur Hugh Clougb, avec un choix de ses lettres et une biographie, par sa veuve.
— On annonce pour paraître incessamment : Our English Shores {Nos cotes anglaises), pAV Mr.William Miller, avec de nombreuses reproductions de dessins à la plume par l'auteur, chez Oliphant, Anderson et Ferrier.
— Une nouvelle édition de Renaissance Studies, par Mr. Pater, que prépare la maison Macmillian, contiendra un chapitre nouveau sur l'école de Giorgione; la conclusion, qui avait été retranchée de la seconde édition, sera rétablie dans celle-ci.
— Mr. John E. Price prépare un ouvrage sur les vestiges romains de Londres, où il reconstituera la physionomie exacte de la vieille colonie romaine. Ce travail paraîtra d'abord dans VArchœolojgical Review,
— Mr. E.-J. Rapson, de Saint-John's Collège, Cambridgei prépare la traduction du Daçakumaracaritam, de Dandir, qui sera publié par MM. Trûbner dans leur Oriental séries.
— Elliot Stock promet un volume sur les légendes et traditions du YT)rkshire, par le rév. Thomas Parkinson.
— Il met, en outre, en souscription un livre qui • ne peut manquer d'intéresser les amateurs de légendes, traditions et folk-hre en général. 11 a pour titre The Counting-out Rhymes of Children, their antiquity, origin and wide distribution. L'auteur, Mr. Henry Carrington Bolion, y a rassemblé huit cent soixante-treize exemples, en dix-neuf langages différents, de ces chants enfantins où les nombres jouent un rôle prépondérant, comme dans celui-ci, qui nous a amusés et amuse encore nos enfants de ses rimes léonines et naïves :
Un, dcux,troi8, j'irai dans les bois, Quatre, cinq, six, cueillir des cerises, Sept, huii, neuf, «dans un panier neuf; Dix, onze, douze, elles seront toutes rouges !
S'il ne figure pas dans les vingt et un exemples français recueillis par Mr. Bolton, voilà une addition toute trouvée à Pédiiion prochaine.
.«Jo
— La maison Swan Sonnenschein promet à brève échéance The History of South Africa^ i486'i6gi , par G. M. Theal ; Ireland in* q8y d'après les manuscrits du D*" R. Madden, par J.-B. Daly; Sierra Leone, ou le Tombeau du Blanc^ par G. A. Lethbridge Banbury; Samoa, ou le Dernier Blanc sur la grève, par W.-B. Churchward ; Life in the Cut, par Amos Reade; the Russian Peasantry, par Stepniak, une traduction de la Science des Religions d'Kmile Burnouf, par J. Liebe, etc., etc.
— Mr. Aaron Watson vient de mettre la dernière main à un roman intitulé Through Lust of Gold, quelque chose comme la Soif de l'or.
— Les illustrés du xviii« siècle vont paraître, en reproductions pour les gravures et en traductions pour le texte, chez les éditeurs Wizetelly et G**. Le premier volume de la collection co'ntiendra les Baisers et le Mois de mai de Dorât. Nous souhaitons succès à l'aventure. On l'a tentée en France sans avoir lieu de s'en féliciter, croyons-nous. Il y a peut-être plus de chances pour qu'en Angleterre les socalled amateurs souscrivent à ces reproductions. Les vrais bibliophiles, là comme ailleurs, n'en seront que plus ardents à rechercher les éditions originales.
Belgique. — On annonce pour ce mois-ci un nouveau roman de M. Georges Eckhoud, la Nouvelle Carthage, chez Kistemaekers. Le même écrivain prépare, en outre, Schrabadans, roman où il étudie lej mœurs pénitentiaires, les Jf^rères Mitsu, nouvelle
consacrée à la population des pécheurs d'Ostende, une traduction de la Duchesse de Malfi de Webster, avec une étude sur les contemporains de Shakespeare, qui doit paraître à Paris, chez Jouaust. Enfin il travaille, avec M. Albert Giraud, le poète auteur de Hors du siècle, à un drame national intitulé Kees Dorik, dont l'éditeur Deman donnera une édition de luxe, à tirage restreint.
Etats-Unis. — On annonce les mémoires de miss Alcott, la femme écrivain qui vient de mourir, où elle raconte sa jeunesse et où se pressent des souvenirs pleins d'intérêt sur les Hauwthorne, les Emerson et les Channing.
— Mr. James Wood Davidson va faire paraître chez John B. Aldçn, de New-York, the Poetry of the Future (la Poésie de Vavenir). Celui qui nous en donnerait une dans le présent serait le bienvenu.
— Un bibliographe anîéricain, Mr. Booker, rédacteur du Library Journal, va publier une liste des bibliothèques particulières existant aux États-Unis et possédant plus de mille volumes. Pour TÉtat de Massachusetts seul, il en compte au delà de cent.
— T. Y. CrowelPet G'" publieront prochainement une Vie du général La Fayette à la portée des enfants, par Mrs. Lydia Hoyt Farmer, qui a eu à sa disposition, paraît-il, certains documents inédits.
— Houghton, Mirtlin ci G'* publieront prochainement un roman de Mrs. Margaret Deland, connue par un recueil de jolis vers.
— Lee et Shephard annoncent plusieurs livres sur l'Orient : See the Land her Easter Keeping, par Charles Kingsley; Arise,my Soûl, Arijtf, — l'équi valent anglais âiQ'Sursum corda! — par Sarah Flower Adams; the Message of the Bluebird^ par Irène E. Jérôme, et un recueil de passages tirés des poètes orientaux sous le litre de Gladness of Easter. Tous ces volumes seront illustrés.
— La littérature du ventre aux États-Unis. — Le Publisher's Weekly de New-York (17 mars) nous . informe qu'un écrivain déjà connu par ses ouvrages culinaires et gastronomiques prépare, depuis plusieurs années, un dictionnaire historique et anecdotique des idiotismes, locutions et mots français et anglais appartenant à l'art culinaire. Il ne le publiera qu'autant que les demandes qui lui parviendront seront en nombre suffisant pour garantir le succès,
Inde. — Un savant hindou, le pandit Hrishi Kesh Shatri de Woking, prépare une traduction en sanscrit du Hamlet de Shakespeare et du Rasselas de Johnson.
FRANCS
^»* document sur la famille de Molière. — Il y a quelque temps, on a découvert à Fontainebleau, dans l'étude de W Gauliry, un acte portant la signature de Jean Poquelin, père de Molière. Il s*agit d'un marché de fournitures conclu à Fontainebleau avec le roi de France par Jean Poquelin :
« L'acte a été passé par Claude Letellier, a notaire c royal et garde-notes héréditaire r», le 29 mai i63i.- 3ean Poquelin, orthographié Poquellin, associé avec un autre bourgeois de Paris, nommé Esiienne Lhoste, s'oblige à livrer, dans un délai maximum de vingt jours, à Paris, entre les mains du trésorier extraordinaire ^es guerres, une fourniture de 3oo matelas, de 3oo paillasses^ 3po chevets de coutil, 3oo niantes ou couvertures, 600 paires de draps. Le roi, de son côié, payera aux fournisseurs une somme de 8,55o livres tournois.
A la date de ce marché, Molière avait neuf ans et quelques mois; sa mère, Marie Cressé, la première femme de Jean Poquelin, vivait encore. »
Lettres inédites de Napoléon /«''. — On vient de découvrir, dans le grenier de M. Verheyen van Estvelt, juge du canton de Boksmeer (Hollande), la correspondance particulière échangée entre l'empereur Napoléon et son frère L.ouis, roi de Hollande. Le paquet de lettres était accompagné d'un billet par lequel le roi Louis déclarait confier ces pièces à la garde de M. Verheyen van Estvelt, son secrétaire particulier, .lequel était grand-père du juge de canton actuel de Boksmeer. On procédera à un*inventaire minutieux de cette volumineuse correspondance^ que la presse de Hollande considère, dès maiptenant, comme pouvant avoir une importance considérable pour la période de rhistoire de la Néerlande pendant laquelle le roi Louis occupa le trône.
le congrès bibliographique international. — Le congrès bibliographique international, qui s'est tenu, comme nous l'avions annoncé, du 3 au 6 avril, dans l'hôtel de la Société de géographie, sous la présidence "C M. le marquis de Beaucourt, a clos ses travaux en émettant les vœux suivants :
i** Qu'il soit fait appel aux érudits et aux Sociétés savantes pçur la publication de monographies scolaires départementales, diocésaines et communales;
a. Pour l'ancien régime,
b. Pendant la Révolution.
2® Qu'on dresse une bibliographie méthodique de l'histoire de l'enseignement primaire;
3^ Qu'on publie un recueil des décrets des conciles provinciaux français, des ordonnances synodales des diocèses de France relativement à l'enseignement populaire;
40 Qu'on réimprime certains ouvrages rares relatifs à l'histoire et à la pédagogie des petites écoles de France sous l'ancien régime.
Les Expositions. — L'Exposition des caricaturistes. — L'Exposition des maîtres français de la caricature au XIX* siècle, dont l'idée est due à M. de Courcy, président de l'Œuvre de secours aux veuves et orphelins des marins français, s'est ouverte jeudi i(^ avril, à l'École des beaux-arts.
La salle du rez-de-chaussée de l'École, où figurent les bustes de Daumier et de Gavarni, commandés par la direction des beaux-arts à MM. Injalbert et Alfred Lenoir, est transformée en un salon de lecture où l'on peut feuilleter d'intéressants albums, prêtés par des collectionneurs.
Le premier étage, divisé en cinq- salles, renferme environ six cent cinquante peintures, aquarelles, dessins, lithographies, choisis avec le plus grand soin parmi les œuvres des caricaturistes et des peintres de mœurs du siècle, depuis Boilly, Isabey, Karl Vernet, Bosi^o, etc., jusqu'à Cham et Gill.
Les recettes de cette intéressante exposition seront versées entre les mains de M. Alfred de Courcy, pour grossir les fonds de secours de l'Œuvre si intéressante dont il est président.
Exposition de Vart français sous Louis XIV et Louis XV. — L'Œuvre de l'hospitalité de nuit a entrepris une expçsition de V Art français sous Louis XI V et sous Louis XV.
Les difficultés eussent été grandes si tout d'abord le comité n'avait rencontré auprès de l'administration la plus grande bonne volonté. Parlant au nom des pauvres qu'elle abrite chaque soir, l'Hospitalité de nuit savait d'avance qu'elle aurait tous les bons vouloirs, et c'est ainsi que la direction des beaux-arts a mis à sa dispositioif deux grands éléments de succès en lui prêtant pour l'exposition le local de l'ancien
hôtel de Chimay et de nombreux objets appartenant au mobilier national.
Exposition de Vhisioire du travail et des sciences anthropologiques. — M. P.-L. Laforêt a soumis à la commission supérieure d*organisation rétrospective du travail et des sciences anthropologiques une proposition tendant à représenter, sur huit scènes différentes, l'histoire complète du théâtre depuis son origine jusqu^à nos jours. On y verrait les Mystères et Moralités, les Farces et Sotties, le Chariot de Thespis, les Parades du Pont-Neuf, le Théâtre de la foire, les Marionnettes et les Ombres chinoises, le Théâtre de la Révolution et les Funambules. Les scènes
seraient disposées de manière à permettre au public de passer successivement devant chacune d^elIes.
Un concours poétique en province, — L'Académie des Muses santones vient de publier le programme de son concours poétique de 1888. L'Académie fera imprimer à ses frais le meilleur volume de vers qui lui sera présenté; l'auteur recevra gratuitemer\t trois cent cinquante exemplaires de son œuvre, et le prix offert par le président de la République lui sera décerné. Ce prix consiste en deux pièces de la Manufacture nationale de Sèvres. Il y aura plusieurs autres prix.
Le programme complet du concours est adressé à toute personne qui en fait la demande à M. Victor Billaud, secrétaire de l'Académie, à Royan (Charente- Inférieure).
Les Statues. — La Fontaine, — Le sculpteur Dumilatre vient de terminer la maquette en plâtre de la statue de La Fontaine. Elle est exposée, depuis le 1" avril, rue des Tuileries, dans un local accordé par l'État.
Au centre d'un hexaèdre, sur lequel on pourra s'asseoir, l'artiste a dressé un piédestal au sommet duquel est placé le buste de La Fontaine. A droite de ce piédestal se dresse le groupe principal : VApothéose de La Fontaine, entre la \jloire et le Génie de la Fable, représentés, l'une sous les traits d'une femme qui jette des Heurs au pied du buste, et l'autre sous ceux d'un enfant portant une verge et un masque.
A gauche, au pied du piédestal, un Lion se dresse majestueux.
Les fables les plus connues sont représentées par quelques animaux : un singe et un chat, le corbeau et le renard, l'alouette et ses petits. .
Ce monument aura sept mètres de hauteur ; l'hexaè* dre, huit mètres de large. La sculpture sera en bronze; la partie architecturale en roche des Vosges. L'architecte est M. Jourdain. Le sculpteur s'est adjoint M. Ducros pour la partie ornementale.
Le monument définitif sera élevé au Ranelagh de Passy.
On sait que les frais de cette statue doivent être couverts par une souscription nationale qui reste
ouverte. On trouvera à l'exposition un registre où l'on peut s'inscrire.
Le Dictionnaire des mots et des choses, — Nous' avons grand plai:>ir à annoncer que la centième livraison du Dictionnaire illustré des mots et des choses, par MM. La rive et Fleury, est en vente chez Georges Chamerot. Ce grand ouvrage formera environ cent quarante livraisons à cinquante centimes.
C'est dVbord un dictionnaire français des plus complets et des meilleurs au pornt de vue étymologique; et puis, c'est une perpétuelle leçon de choses. Les#iuteurs n'ont pas laissé échapper une seule occasion de faire un article développé sur tous les mots qui le comportent.
La géographie a été traitée avec tous les développements qu'elle entraîne; cent trente cartes tirées en deux teintes dans le texte, et douze cartes hors texte en plusieurs couleurs, dressées spécialement pour le dictionnaire, sous la direction du savant géogf'aphe, M. Paul Pelet, seront insérées dans le texte et formeront un atlas complet.
Les questions de médecine, d^hygiène, d'agriculture, d'architecture, et celles concernant l'archéologie du moyen âge, ont été aussi très développées.
L'illustration, très riche, est souvent artistique. Tous les dessins sont inédits. L'exécution typographiqae ne laisse rien à désirer.
Enfin ce dictionnaire, qui est à lui seul une petite bibliothèque, coûtera très peu cher aux souscripteurs : soixante francs, quel que soit le nombre de livraisons, et encore par versements espacés.
La propriété littéraire. — Nous devons signaler dans la France Judiciaire (V^yrW une très intéressante étude, avec exemples à l'appui, sur la question de la propriété littéraire, au point de vue du collaborateur si souvent imposé dans les œuvres dramatiques, par M. Louis Signorino, avocat à la cour d'appel, à la fin du travail de M. Ch. Allezard, intitulé : Aperçu juri" dique sur Vexercice du droit d'hauteur,
M, Paul Bourget jugé par le Décadisme. — Le Dé^. cadent, revue littéraH-e bi-mensuclle, nous informe qu'il tire à six mille, dont quatre mille abonnés, ce qui, à son compte, ^ représente de deux à trois cent mille lecteurs. C'est la grandeur de la décadence. — Le numéro du i5-3i mars contient un article du directeur, M. Anatole Baju, sur M. Paul Bourget, où ce dernier est traité assez cavalièrement. Aux yeux de M. Anatole Baju, M. Paul Bourget a bien l'air de ne pas connaître du tout le cœur féminin qu'il veut mettre à nu. Chez lui, un viveur n'aime pas autrement qu'un simple employé du Bon Marché. Il ne scinde pas la vie humaine en deux périodes, « la première faite de sentimentalisme, la seconde de curiosité ». Et comme le directeur du Décadent se demande « quel plaisir on peut trouver avec une femme qu'on a déjà possédée deux ou trois fois, si ce n'est pour l'expérience de pratiques rares ou de raffinements
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
inédits», il n'est pas étonnant quMI s^écrie, en parlant de l'auteur de Mensonges : « Quand on Ta lu, peuton s'empêcher Je crier : faux, faux, faux ?» — Décidément le Décadisme a ses heures de gaieté.
— VEstafette annonce que, tenant à satisfaire sa nombreuse clientèle universitaire, elle publie chaque jour, en dehoc^ des chroniques si goûtées de Francisque Sarcey, un Bulletin de T Enseignement^ des articles appréciés sur Vlnstriiction primaire de E. Cassagne, et des études très remarquables de Heurtar, qui traite, chaque vendredi, des questions relatives à V Enseignement secondaire et à V Enseignement supé' riettr^ surtout au point de vue de VEnseignement spécial.
De plus, M. Edouard Petit, agrégé de renseignement spécial, docteur es lettres, qui, si nous sommes bien informés, a plus d'un nom dans les colonnes du journal, donne chaque mardi tantôt une Causerie historiqueflSLntài une Causerie géographique , où il passe en revue tout ce qui s'est fait, dit ou écrit d'important touchant ces deux sciences en France et à Tétranger.
Le Bulletin bibliographique international. — La librairie H. Welter (59, rue Bonaparte) publie sous ce titre un catalogue, dont l'utilité pratique ne saurait faire doute.
Il paraît le 25 de chaque mois. Chaque numéro, composé de 16 pages à 2 colonnes, comprend entre 400 et 450 titres de nouveautés avec indication : i® du format; 2^ du lieu de publication ; 3'* du nom de Védiitur ; ^^ à\x prix original dans la monnaie du pays d'origine; 5* du nombre de pages pour les volumes en ayant moins de 100. Les douze numéros d'une année forment, avec, leur table, un beau volume de 25o pages environ, donnant les indications les plus précises sur 5,ooo à 6,000 publications nouvelles (livres et périodiques).
Le prix de l'abonnement est fixé : pour la France, à 5 francs avec la table, et à 3 francs sans la table. Pour l'étranger, à 5 fr. 75 avec la table, et 3 fr. 75 sans la table.
— Le Bulletin du bibliophile, publié par Léon Techener,et dont le numéro cte février nous parvient en même temps que celui de mars, est à lire d'un bout à Pautre. Signalons spécialement un « Catalogue des impressions françaises, portant l'adresse : A Cologne, chez Pierre du Marteau », par Léonce Janmart du ^TomW^tit) les Bibliophiles du Conseil municipal^ exposé des revendications de la ville de Paris contre la Bibliothèque nationale, et le Carnet d'un Bibliophile^ véritable mine de renseignements curieux et inattendus.
Dans le numéro de mars, le comte E. de Barthélémy donne une notice sur les Saulx-Tavannes en Bourgogne pendant la Ligue, un compte rendu de la restitution des manuscrits volés par Libri, et le Catalogue de la Bibliothèque de Palerme.
BTRANOER
Allemagne. — Vn Faust inconnu, — Le professeur Erich Schmidt a, dit-on, découvert, dans les archives de Gœthe, à Weimar, un plan développé du second Faust, inconnu jusqu'ici. La nuit du Walpurgis y manque, et il s'écarte en plusieurs autres détails de l'œuvre telle qu'elle nous est parvenue.
L'Exposition graphique, à Leip:çig. — L'exposition graphique qui a lieu en ce moment à Leipzig renfermera une Collection de Revues spéciales de la librairie et de l'industrie du livre. Cette collection réunie par l'Export-Journal (G. Hedeler, Leipzig) doit comprendre toute la littérature périodique de ces branches dans tous les pays et dans toutes les langues. Il paraît à peu près 200 revues spéciales de ce genre dans le monde entier. Elles seront représentées à peu près toutes à cette exposition en un numéro de date récente.
— Le Centralblatt fur Bibliothekswesen {^yril'mtii) publie en français un travail bibliographique qui n'est certes pas sans utilité : Inventaire sommaire des Tables générales des périodiques historiques en lan* gue française, par Henri Stein. Cet inventaire comprend tous les périodiques qui traitent « de l'histoire ou des sciences qui s'y rattachent, comme l'ontéologie. Part, la numismatique, la philologie et l'histoire du droit; et naturellement, ajoute l'auteur, j'ai men- . tionné les périodiques qui traitent de tous les genres de science et d'histoire accessoirement, comme la Nouvelle Revue ou la Revue de Belgique ^^ On ne s'étonnera pas que cet inventaire, tout consciencieux qu'il puisse être, soit resté incomplet. Le Livre y est omis, en bonne et nombreuse compagnie d'ailleurs..
— A signaler dans la Deutsche Revue d'avril une étude de M. Moriz Carrière, sur la culture intellectuelle en Allemagne et en France à propos de M. Renan : Frankreichs und Deutschlands Kultur^ aufgeben Ein Friedensbrief an Ernst Renan,
— éH^ —
— La Deutsche Rundschau (avril) publie Die Ein' filhrung der fran^osischen Régie dure h Friedrich den Grossen, ij66. Akademische Rede :(urn 26 januar. (Introduction du système administratif français par Frédéric le Grand), par Gustave Schmoller, et une étude très remarquable de F, X. Kraus sur le philosophe Antonio Rosmîni.
— Dans le ^lOrd und Sud de Paul Lindau (avril), M, Paul Marsop, de Munich, donne une intéressante étude sur le musicien Hans von Bûlow. Le portrait de Bûlow à Teau-forte sert de frontispice à ce numéro d'une des revues d^Allemagne les mieux faites.
— Nous trouvons encore en parcourant les grands périodiques allemands du mois d^avril :
Dans Unsere Zeit, un article assez long de E. Burger sur le volume Pro Patria de Jules Legoux, et une étude sur la situation politique de la Perse en 'i8S8.
Dans la Deutsche Dichtung, la suite d^une série d^étudessurle Burgtheater de Vienne et le drame allemand (documents inédits), un travail critique, clair, sobre, net de B. Ruttcnauer sur Wilhelm Jensen, l'un des grands romanciers modernes d'Allemagne, enfin les deux premiers actes du Maître de Palmyra, poème dramatique d'Adolphe Vilbrandt.
Dans le Maga:{in fur die Litteratur : la Tosca et la Souris par Alexandre Bûchner, un article sur lady Brassey et miss Mulock par Eug. Oswald, un autre sur la Poésie lyrique par le comte de Schack, grand poète lui-même, en5n un article de Iago>v sur la Puissance des ténèbres au Théfttre-Libre.
Dans les Bldtter fur litterarische Unterhaltung : Léon Wespy: La littérature allemande en France. — O. Speyer : Correspondance d'Andersen. — F. Walther : Mémoires du comte de Montgelas. — R. WaldmuUer : Les poésies d'Alfred de Musset. — B. Mûnz : Le dernier roman de Spielhagen. — B. Mûnz : Schopenhaueriana. — A. Friedmann : Romans et nouvelles.
Dans la Wiener Mode, une esquisse charmante de G. Karpelès sur Henri Heine et les femmes.
Un catalogue de libraire allemand. — La librairie ancienne Ludwig Rosenihal, de Munich, a récemment publié son cinquante-neuvième catalogue, qui mérite d'être signalé à l'attention des bibliophiles. Les incunables, les heures, les livres à figures, les grands ouvrages sur les beaux-arts, les livrets rares et précieux y figurent en grand nombre, avec des descriptions étendues qui paraissent fort exactes. Ces descriptions sont presque toujours en français, en français quelque peu tudesque, de ci et de là, mais que l'on peut comprendre partout. Parmi les curiosités figure un poème religieux italien, commençant par (nous transcrivons littéralement) :
A non se puo bon princlpio fare senza la grazta dello eterno idio.
Et finissant par :
■ i^ncor pregamo qiiella alta regina maire di Cristo nostro saluatore die per noi priegi aéra e matina.
S. 1. n, d., ni nom d'imprimeur, vers 1480; goth., 4 f. à 32 lignes, in-4*.
Le libraire ajoute (littéralement toujours) : • Ouvrage absolument inconnu, tant pour le texte poétique, tant pour l'impression; aucun bibliographe, aucun savant ne Ta connu jusqu'aujourd'hui. Prodigieusement rare! » Et il \i, cote 400 marks. — N'y a-t-il point quelqu'un de nos lecteurs qui possède cette rareté et ne connaît point son bcJTiheur ?
Statistique de la librairie.— Le BÔrsenblatt du 25 janvier donne \& tableau suivant de la production de la librairie dans l'empire allemand, l'Autriche et la
Suisse :