Cartes
Zola et Daudet en Allemagne. — Deux de nos romanciers ont eu dernièrement les honneurs d'une longue étude dans les revues allemandes.
Emile Zola (dans la Deutsche Rundschau) a été analysé consciencieusement par Georg Brahdes, qui cependant n'a vu Phommc que dans les détails et non dans l'ensemble. Le travail abonde en remarques judicieuses sur les « procédés » de Zola, mais ne parvient pas à donner les grandes lignes caractéristiques du grand romancier. Brandes a manqué complètement de largeur de vues, et en dehors de la constatation de ce fait que Zola, naturaliste en théorie, est romantique en pratique, rien ne se peut conclure de cette étude.
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
Alphonse Daudet s^est vu mieux défini par F. Gross, dans Nord und Sud. Le travail de Gross n'est pas simplement analytique, d'ailleurâ, il est aussi biographique, ce qui est plus aisé à mener à bien« Le morceau est d'un style très alerte, et Gross parle en homme qui connaît son sujet; il trouve à Daudet les plus grandes affinités avec Dickens et termine en disant que Daudet peut être regardé par les Allemands comme un des leurs. Ceci nous semble quelque peu hasardé. Nous ne savons quel secret plaisir M. Gross a à écrire obstinément Erneste pour
Ernest (Daudet).
Amérique du Sud. — Nous avons reçu le sixième numéro de la Revista Puertorriquena, revue publiée àPorto-Rico, sous la direction de M. Fernandez Juncos, etDOus sommes. heureux de signaler aux amateurs de littérature hispano-américaine ce recueil, bien rédif^é et bien informé.
Statistique de la librairie en Amérique et en Angleterre,— Dfous empruntons au Publisher's WeeklXfde New-York, le tableau comparatif suivant de la production des livres en Amérique pour les deux années
1886 et 1887 :
Fiction 1.080 1.023
Ouvrages pour la jeunesse 458 487
Droit 469 4)8
Théologie et religion 377 i$)
Education; langues U7S sBj
Histoire littéraire et miscellai<^\.8 . . 3B8 351
Poé«ie et théâtre 220 221
Biographie, mémoires 15$ lioi
Deicriptioug, voyages 1^9 "180
Beaux-arts, livres illustrés 151 I7S
Sciooce médicale, hygiène 17 7 171
Histoire 18a IS7
Sciences politiques et sociales .... 174 i^j
Arts utiles iia 123
Sciences physiques et mathéinatipes.. 148 76
Vie domestique et rurale 46 61
Sports et divertissements 70 48
Humour et satire 17 26
Philosophie et morale 18 ai
En Angleterre il a été publié 4,410 ouvrages nouveaux est 1,276 rééditions, formant un total de 5,686, soit 476 de plus qu'en 1 886.
Angleterre. — Une déception, — On se rappelle qu'il y a quelque temps on avait trouvé dans un ancien bâtiment de la ville de Stratfort-sur-Avon, (lui servait d'école, des liasses de vieux papiers remontant à deux ou trois siècles. Tous les shakespeariens d'Angleterre s'émurent de la découverte, et l*on se crut assuré de faire d'amples moissons de documenta nouveaux sur le poète de Stratford. Hélas ! Après uniconsciencieux dépouillement, il a fallu reconnaître qu'on s'était fait des illusions.
Des contemporains de Shakespeare sont nommes souvent dans les actes; mais sur Shakespeare même, pas un mot, pas une note qui puisse donner une indication ou fournir matière à controverse.
Les héroïnes de Shakespeare, — Un des meilleurs journaux illustrés de Londres, le Graphie, a eu l'ingénieuse idée de publier les portraits gravés des héroïnes de Shakespeare et il a dematidé aux plus célèbres peintres anglais les tableaux d'après lesquels seraient exécutés ces portraits. L'exposition de ces vingt et une toiles est une des plus intéressantes de Londres. Le président de l'Académie royale, sir Frederick Leighton, a peint une Desdémone; M. Alma-Tadema une Portia très remarquable; M"* Alma-Tadema une Catherine de France, Citons encore la Jessica de M. Luke Fildes.
Les Romanciers français en Angleterre, — L'éditeur Wizeteily, qui s'occupe beaucoup de publications étrangères, communique à la Pall Mail Galette quelques renseignements sur Taccueil fait en Angleterre aux œuvres de nos compatriotes. Viennent en première ligne : Gaboriau et du Boisgobey; on vend annuellement jusqu'à 100,000 exemplaires de leurs livres.
C'est ensuite Zola qui fait fureur dans la pudibonde Angleterre. Il s'y vend par semaine 1,000 volumes de ses œuvres.
M. Georges Ohnet arrive bon troisième : M. Wizeteily a vendu 60,000 a Ironmaster » (traduction du Maître de forges).
Une adaptation anglaise de Fromon^J^ime^/ /{t^/er ainèy de Daudet, n'a pas eu de succès; la vente n'a atteint qu'un chiftre de 6,000 exemplaires. En revanche, la traduction de Sapho est allée à 170,000.
La librairie à bon marché. — L'éditeur anglais J. W. Arrowsmith déclare avoir vendu 348,000 exemplaires du TomdiTixnixxuMCalled Backy et, depuis 1884, plus d'uQ million de ses romans à i shilling (i fr. ib).
L'anglais et le volapûk, — M. Mel ville Bell entreprend de prouver que l'anglais est l'idiome qui se prête le mieux à servir de langue universelle. Le seul obstacle, c'est son orthographe difficile et nullement méthodique. Il remédie à ce défaut par un alphabet corrigé et augmenté de plusieurs lettres. Voilà qui menace terriblement le volapûk.
Pourtant le volapûk fait son petit bonhomme de chemin, même en Angleterre, et son grand-prêtre en France, M. Kerckhoffs, a le plaisir de voir ses œuvres traduites de l'autre côté du détroit, ainsi que celles du professeur allemand KirchhofP.
The Bookworm d'avril est encore pliis intéressant que d'ordinaire. Citons, en courant, deux morceaux
sur H femme^ ennemie des livres en proportion que le mari les aime davantage, Pun en prose : Fair enemies of books {Lan g' s Library), Tautre en vers : A Bookman's complaint ofhis Lady (Richard Le Gallienne), l'histoire de Langlès sauvant, pendant la Révolution, les livres de la Bibliothèque nationale [A Life risked /or a Library), De ortu typographie, par William B lad es, la Chasse aux livres à Paris (Book'Hunting in Paris), petit article dont une citation empruntée à M. O. Uzanne fait les frais, etc.
— A lire dans The Fortmghtly Review pour mars : The Study of English literature, par- le professeur Dowden, si avantageusement connu par ses études sur Shakespeare et sur Shelley, et Guy de Maupassant, par Henry James.
The Forum (avril) donne une analyse de l'art du romancier dans Tanicle intitulé : The Elément of Life in Fiction, par Edward P. Roe.
The Gentleman's Magasine (avril) oftre aux collectionneurs une étude sur les affiches de théîttre : The Play Bill : its origin and development, par Percy Fitzgerald. Elle s'arrête avecTactcur Garrick, en 1776.
The Magasine of Art, de la maison Cassel et C'«, Londres, Paris, New-York et Melbourne, contient, dans son numéro d'avril, entre autres articles intéressants et artistement illustrés, The Barbi^on School; Jean-Baptiste Corot, par David Groal Thomson; Cra:{es in Art: Pre-Raphaelitism and Impressionism, par W.-P. Frith; A personal view of Japanese Art, par Mortimer Menpes ; Old Nasters of Sculpture at ihe Royal Academy, par Alfred Higgins.
— On remarque dans The National Review (avril) : The Devil in the Middle Ages (le Diable au moyen âge), par A. C. Champneys, et Pindar and Athletics, ancient and modem [Pindare et les Jeux athlétiques, dans Vantiquité et les temps modernes), par le Très Rév. le Lord Évêquc de Saint-Andrews.
The Nineteenth Century pour avril donne une curieuse et chaude étude sur Ben Jonson,par Algerman Charles Swinburne.
— Nous avons lu avec plaisir, dans The Saturday Review du 14 avril, un long et élogieux compte rendu de l'ouvrage du baron de Vaux, les Hommes de cheval. Le même numéro contient un bon article sur les lettres de Charles Lamb.
Belgique. — Le grand prix de littérature belge. — M. Camille Lemonnier vient d'obtenir, à Punanimilé des voix, le grand prix quinquennal de littéra-
ture en Belgique. Ce prix, d'une valeur de 3, 000 francs, ei qui n'avait pas été décerné depuis dix ans, couronne la haute situation littéraire de l'auteur du Mâle, du Mort, des Charniers, de Happe-Chair. Toutefois, ce n'est pas pour l'ensemble de ses œuvres que le |eune et célèbre écrivain vient d'obtenir cette récompense nationale. Cellje-ci vise uniquement le grand livre qu'il a publié à la fin de l'an dernier, chez Hachette, sous le titre : la Belgique. Cette fois, Pàpreté d'observation fiimilière au maître belge n*était plus en jeu, mais uniquement le talent littéraire; et sur ce terrain tout le monde s'est trouvé d'accord.
— Un prix de 25,ooo francs. — La Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut a publié le programme de ses concours de 1888. Le prix annuel de 23;000 francs, institué par Léopold II, sera accordé en 1888 à l'auteur du meilleur ouvrage sur cette question : 0 Enseignement des arts plastiques en Belgique et moyen de développer Part en Belgique et de le porter à un niveau de plus en plus élevé. » Pour 1889, la question est : 0 Des progrès de l'électricité comme moteur et comme moyen d'éclairage, des applications qui en sont ou en peuvent être faites, et des avantages économiques qui sont appelés à résulter de Pemploi de l'électricité. » Le concours de 1888 n'est ouvert qu'aux écrivains de nationalité
belge.
Bulgarie. — Un concours historique en Bulgarie. — La Société bibliographique bulgare, siégeant à Sophia, a mis au concours la question suivante : « Histoire de Péducaiion des Bulgares en Russie, principalement de i83o à 1880. » L'ouvrage doit être déposé le i'^'' décembre 1889 et peut être rédigé en une langue slave quelconque. Le prix est de 2,000 fr.
Chine. — On a envoyé, dit The Graphie (24 mars), à un fabricant de papier américain un journal imprimé sur du papier fait avec des toiles d'araignée. C'est une feuille légère, presque transparente, de II pouces sur 14, contenant deux colonnes de matière bien imprimée. Le papier a été fabriqué à Hong- Kong avec la toile de l'araignée blanche sacrée des Chinois.
États-Unis. — Un nouveau démolisseur de Shakes* peare. — Le général J. Watts de Peyster,publicisie américain d'une remarquable fécondité, vient d'apporter son mot à la polémique engagée sur Shakespeare. Dans une brochure intitulée Was the Shakespeare after ail a myth? il soutient que le grand dramaturge n'était qu'un éditeur, adaptateur et compilateur habile dans son métier.
V American Book-Maker tsi un des journaux techniques les mieux faits de ceux qui s'occujfcnt de Part du livce. Le numéro du mois' donne des spécimens
GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE
dignes d'aiteniion. .
tcnsëei e[ ërudites sur la retii quililës propres de la gravure en Amérique.
:s, culG-de-lan des appréciai
7'fte Library Journal, de New-York (février), doi une nomenclature des bibliographies, catalogues listes de références relatives à l'Amérique, dres par M. Paul Leicesier Fords. Nous devons la sig 1er aux bibliophiles français — et ils sont noinbrt — qui colleciionnenl les impressions américaines
Le journal 7'A« iVdtJon, de New- York, insère dans son numéro du 28 mars une lettre signée E. S., qui etl pleine de renseignements sur Dickens et sur son séjour i Gènes.
Hmgrie. — Nous avons re(u une publication de Budapesl (Hurnyinski Viktor Kindâia), intitulée Magyar Alûvés^ek (Les Artistes Hongruïs), el qui, ]'ar leluiedc la lypographie, l'originalité el l'abondance des illusiralions, fait le plus grand honneur, à la presse hongroise.
Italie. — Le journal de Caroline d'Autriche, — M. Rosati, conservateur du musée du roi d'Italie, à Napics, vient de faire une trouvaille précieuse dans la bibliothèque du paiaia royal. C'est un gros volume (icrii tout entier de la main de la reine Caroline d'Autriche, contenant jour par jour tes événemenis san> glinis de 1799, célèbres dans les fastes de l'histoire Mpolitaine, ainsi que des informations très précises lur les relations de la cour avec l'Angleterre et ses représeniants à Naples : Nelson, sir Hamilton et la femme de celui-ci, dont on connaît ta liaison avec Nelson.
Il Bibliophilo, de Bologne (février-mars), consacre un loog article au catalogue d'autographes de la col> leciion Alfred Bovet. Signalons aussi une liste de livres interdits à Venise par la censure politique
e Cracovie va étevei élèbre poète polonais Mick e slave au Collège de Frai
recueillis dans un
Ce mopument si en Europe, car il i
: souscrfpiiol
Mickiewicz a déjà s salles du Collège de F Michçlei.
Russie. — Expositi A l'occasion du 3oo' ai la première imprimer!
cette ville oni l'înieniii internationale de produ
ità la mémoire du qui fut professeur
re est de 400,0110 fr.
s grands de ce genre
face de celui de
" typographique à Riga. — liversaire de la fondation de à Riga, les lypographes de r» d'organiser une exposition is de l'art typographique.
lex
ècle.
Pologne. — Une statue à Mickieivicj. — La ville
Turquie. — Statistique de la librairie à Constantiiiople. — La sialiatiquo que publie tous les ans le capitaine Stabb, de Siiiyme, sur la Turquie, nous appuend que les livres publiés à Constantinople.dans le cours de la dernière année de l'hégire, se répartissent ainsi : 107 ouvrages en turc; 4g en grec; 41 en américain; 6 en français; 3 en anglais; 4 en bulgare; 3 en hébreu et 1 en volapak! Consianiinople possède 40 imprimeries et autant d'imprimeries lithographiques.
Japon. — Une imprimerie japonaise. — Dans les ateliers d'impression d'un journal japonais, la fonte
complète
disposés livres da
de car
id'un sur de
acteres comprend 5o, usage courant. Les s rayons dans l'ateli salle de lecture, el le
choix de
types
à travers le bâtime i prenant en même
— L'empereur du Japon, dit le Figaro, trouvant que la liberté de la presse est nuisible aux intérêts du trône, vient de donner à son minisire de l'intérieur le droit de suspendre ou de supprimer tout journal qui paraîtrait dangereux pour la sûreté de l'Étal.
■Xî^^S^^::^^
roCR0L06I6
FRANCE
Hippolyte Blot, membre de
l'AcadéL
ie de
médecine
agrégé, membre de la Soci
tédecbirurgie
3nc.en pr
ésideni de cette Société, vien
t de mo
jrir a
l'âge de soixante-cinq ans.
Parmi
es principaux travaui, ciion
s : sa th
se de
dot to rat
ur l'albuminurie des feram
s; note s
jrune
nouvelle
application de l'auscultation
obstétric
le au
diagnostic de l'hydrocéphalie, etc. 1
avait d
plus
imagine
jn perforateur du crâne, ir
s ingéni
ux e
décédé à Paris dans sa s<
Charles Brame, êléve >
pendant trente-deux ans
de médecine de Tours. 1
mon du docteur Ch. Brame, iiante-quinzièiiie année.
. ami de M. Ghcvreul, a éié rofesseur de chimie à l'école laisse de nombreux travaux
^— Nous apprenons la mon de M. Louis Dramard, décédé à Alger dans sa irenle-neuvïeme année.
M. Dramard était un écrivain de mêrile dans le parti républicain socîallsie.
^— M. Georges Marie, ancien rédacteur du Journal des Débals et du Télégraphe, correspondant de la Dépêche de Toulouse, esi mort à Cannes, après six mois d'une cruelle maladîei il n'était âgé que de irenie-quaire ans.
M. Dési
é Nisard, membre de
l'Académie fran-
çaisc
et doyen
de cette compagnie, e
sl mort (25 mars)
dans
a propriété-de San-Remo, ta v
lia Maria-Niserd.
Il était âgé de
quatre-vingt-deux an
Né
le îo m
rs 1806 à Châiillon
sur-Seine (Cùce-
d'Or)
M. Nisa
d entra en tSit a<i Journal des Débats,
qu'il
quitta b
eniôt pour entrer a
u National, avec
Armand Carre
, son ami.
Sous la mo
archie de Juillet, il
prit une grande
part aux querelles liiiéraîres de l'époque, «e déclara dès le début pour les classiques contre les roman* tiques, et publia, en i834, son premier livre, Its Poètes latins de la décadence, qui ât grand bruii.
M. Nisard fut successivement maître de conférences k l'École normale et professeur au Collège de France,
mpla;a Burnouf dar
chaire d'éloquence
En iS3o, il entra à l'Académie française, où il refut successivement MM. Ponsard, le duc de Broglie et Cuvillier-Fleury.
En iS55, son cours fut troublé par des scènes tumultueuses qui prirent l'importance d'un,éTênement'polilique. Inspecteur général de l'enseignement secondaire, il prit une très grande part à la réorganisation de l'École normale, dont il fut nommé directeur en [8;'7.
II fut fait sénaieur en quittant la direction de l'École normale, le 18 novembre 18G7.
Il laisse, outre ses ouvrages de critique littéraire, un grand nombre de brochures et d'articles publiés, pour la plupart, dans la Revue des Deux Mondes, doni^il fut de tout temps un des collaborateurs