‹ Le livre (volume 5)Chapitre 77 sur 173 · ao — • . 4 — i/a · texte numérisé non relu

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V Amérique et la Société des Bibliophiles devant la reliure. — The Bookmart, dePittsburg, Pennsylvanie, reproduit, dans son numéro d'avril, un article sur l'art de la reliure publié par M. Théodore Child 'dans The New-York Sun. L'article cbmmence ainsi : « Les collectionneurs américains seuls nous donnent de la besogne intéressante aujourd'hui, me disaTt l'autre après-midi Joly, le relieur, pendant qu'assis sur un tabouret, je le regardais dorer un dessin à la fanfare très compliqué sur une couverture de maroquin rouge. Ils payent le prix, et quelques-uns ont du goût et des idées neuves. Mais les amateurs français, même ces messieurs de la Société des bibliophiles, veulent tout à trop bon marché; ils chicanent sur une pièce de cent sous et ne peuvent se payer que les reliures les plus simples... » Quoi qu'il en soit de la libéralité des Américains et de la

liarderie de ces messieurs de la Société des biblio-

philcs, l'article passe en revue les grands relieurs français, depuis les Eve jusqu'aux Gruel, aux Marius, auxMichel etautres artistes contemporains. En faisant la part de certaines exagérations, les remarques portent le plus souvent assez juste, surtout lorsque l'auteur se plaint de la stérilité ou de la gaucherie que montrent les plus illustres relieurs de ce temps à renouveler les ornements extérieurs du livre. Sans fausse modestie, nous lui signalerons une lacune dans son étude si intéressante : il ignore les innovations artistiques dont le Livre et son rédacteur en chef se sont fait les initiateurs, et grâce à l'influence desquels l'art bibliopégique est en train d'avoir une floraison toute nouvelle et originale.

Un Journal unique. — - The Bookseller (4 mai) dit : « Nous avons reçu le sommaire d'un journal hebdomadaire publié au pénitencier de l'Etat de New- York {New-York State Reformatory), à Elmira. Le prix d'abonnement est de 2 fr. 5o l'an, ou i fr. 2 5 le semestre. Il est rédigé, imprimé et publié dans la prison. 11 compte 8 pages gr. in-8<*, et est excessivement bien imprimé. Nous ne connaissons pas d'autre journal imprimé dans l'intérieur d'une prison. »

Le Bookmart et M. du Pontavice de Heussey. — Le Bookmart, de Pittsburg, Pensyl^nie, est toujours intéressant et plein de choses friandes pour Tami des livres. On y remarque entre autres (numéro de mai) une traduction en vers des Commandements du bibliophile, de M. Fertiault, par le rédacteur en chef, M. Halkett Lord; le Libraire assassin, de M. Prosper Blanchemain, que le Bookmart appelle « Proper », coquille qui ressemble à un jeu de mots; des notes sur la valeur des livres rares au point de vue des collectionneurs américains; un assez long morceau emprunté à M. Octave Uzanne sur le prêt des livres; la continuation de l'étude que nous avons signalée dé]k, De Ortu Typographice, par M. William Blades, etc., etc. II. contient aussi une lettre de notre collaborateur M. Robert du Pontavice de Heussey, en réponse à certaines critiques forniulées par l'éditeur

du Bookmart à Toccasion du dernier article de M. du Pontavice de Heussey daDS le Livre. Le spirituel et savant écrivain y démontre d'une façon amusante et péremptoire que les French bîunders dont on l'accusait ne sont que des bévues américaines.

Italie. — Le français en Italie. — La langue française, quoi qu'on en ait et quoi qu'on en die, continue à être le véhicule cosmopolite par excellence de la pensée dans le monde civilisé. Tout le monde la sait, la parle et l'écrit. Cette promiscuité Texpose à des aventures. Elle s'en tire, d'ailleurs, gaillardement, et, même quand un l'écorche, elle dit juste ce qu'on veut lui faire dire. Ces réflexions nous sont suggérées par un récent prospectus de la RivistcCdi Filosofia scientificaj de Turin, où l'on peut lire, sous la signature de son directeur, le professeur £nrico Morselli, plusieurs paragraphes analogues à celui que nous transcrivons.

« Je crois qu'il est de l'intérêt de MM. les éditeurs étrangers d'élargir les confin {sic) de leur marché libraire sur un pays qui, comme Tltalie, présente plus de chances de succès et de vente pour les ouvrages et les livres étrangers que pour ceux de ses écrivains. C'est pour ça que je viens, M. l'éditeur, à vous engager d'envoyer à la Direction de la • Revue italienne de philosophie scientifique » un exemplaire des ouvrages et des livres nouveaux que vous avez publiés dans ces jours, ou que vous pourrez publier en avenir... La « Rivista » annoncera tous les livres et ouvrages déposés chez son Bureau, et plus promptement quUl est possible, elle en donnera aussi ou une recension, ou une analyse critique, ou une notice bibliographique. En ces cas, si vous le désirerez, on pourra vous envoyer le cahier du journal... »

Quel volapûck vaudra jamais cela ?

Les raretés de la a Marcianan. —M. G. Castellani, préfet de la Bibliothèque Marciana, à Venise, nous envoie une notice extraite de la Rivista délie Bibliotheche (n"* 3-4), et tirée à part (Firenze, G. Carnesecchi eFigli) sur un graduel et certains antiphonaircs édités à Venise vers la fin du xv« et au commencement du XVI* siècle, conservés à la Marciana.

Le Dictionnaire épigraphique. — Le grand dictionnaire épigraphique de De Ruggero en est à son neuvième fascicule. On y remarque particulièrement Tarticle yEgyptus. ^

• *«-oOF*^C>o«-»- ■

REVUE DES REVUES

FRANCE

— A lire dans le Journal des Arts du 24 avril, une étude sur l'exposition de la caricature au xix' siècle, faite par un juge compétent, sinon bienveillant, notre collaborateur M. J. Grand-Carteret. Dans le numéro du 8 mai, le même écrivain consacre un ar« ticle qui doit fair^ autorité au Daumier de M.Arsène Alexandre.

— Le Gutenberg Journal pyihWef depuis le 23 avril, une série d'articles instructifs et édifiants sur la Contrefaçon des gravures et des livres aux États-Unis.

La Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg, — Nous n'avons plus à faire l'éloge de la Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg . Un éclatant succès a répondu à l'initiative de son directeur Arsène Houssaye. Le septième numéro vient de paraître. Nous y remarquons : une étude philosophique et scientifique de Camille Flammarion; des souvenirs personnels d'Arsène Houssaye sur Esquiros; un aperçu de l'école française de peinture par Armand Silvestre, préparant ainsi sa critique du prochain Salon. Paul Dhormoys, dans ses a Chiens du jardinier », raconte avec verve les souvenirs de la pseudo^restauration monarchique de 1874. Perrault et ses contes, par Emm. des Essarts; Lupienne, par l'exquis poète Jean Rameau; la Névrose, par C.-H. Dyne, Etudes de femmes d'après nature, par Joséphin Peladan ; le Hanneton, de J.-H. Rosny ; la Fée Amosina, par E. de Lacretelle, se recommandent au lecteur délicat par la vérité de l'observation et le charme de la facture. Les poésies de lord Lytton, Lermontow,' A. Lemoine, Pianelli, Michael ; les Bêtes à bon Diçu, d'Alphonse Karr, complètent cette superbe publication dont les bureaux sont 14, rue Halévy. (Un an, 3o fr.)

ETRANGER

Allemag^ne. — A lire dans la Deutsche Rundschau de mai, un article sur la question de renseignement et les classiques en Allemagne, par Hermann Grimm; et une élude sur Talleyrand, signée August Fournier.

— A travers les grandes publications périodiques du mois de mai :

Dans le Magasin filr die Litteratur des In-und Auslandes : Lacunes dans les mémoires deGaribaldi, par Kart Blind ; la Viole d'amour de Mariéion, par M. Benley; la Femme de Thomas Carlyle, par R. Waldmûller; Nouveaux critiques fran;ais, par A. Bettelheim; la Collection Alfred Bovel, par Mor Sunegg; la France littéraire, par Sacher-Masoch; la Facture poétique de Heine, par W. Kirchbach.

Dans les Blaetter filr litterarische Unterhaltwig : Réalisme et pseudo-réalisme, parSosnosky; Drames

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

naluralistes, par H. Bulthaupt; Littérature philosophique, par K. Hermann; Romans et nouvelles (différents articles par M. Benfey, A. Schroeter, L. Vagt).

Dans Unsere Zeit: deux études, Tune sur Ruckert, le poète et le patriote, par V. Kiy; Tauire sur Karl Barisch, mort récemment, par A. Jeitteles.

btns Nord undSûd: une Causerie de Daniel Sandcrs, le célèbre lexicographe allemand (avec un portrait à Tcau-forte) ; De la beauté des formes, particulièrement dans le corps humain, par. Th, Lipps; Physionomie architecturale de Vienne, par P.-F. Krell; la Bulgarie, le pays et les habitants, par Folticineano.

— Die Graphischen Kûnste de Vienne donne, dans son deuxième numéro de Tannée, une remarquable élude sur Raphaël, par le D' C. von Lûtzow, avec plusieurs figures d'une grande beauté d'exécution. Dans la partie qui s'intitule Chronick fUr vervielfAltigende Kunst, on s'occupe d'Edmond de Beaumont, de Félix Buhot, de l'Exposition internationale de blanc et noir, 'etc.

— A citer dans VUlustrirte Zeitung du 21 avril, un article sur le quatrième centenaire d'Ulrich vgn Hutten, par Arthur Kleinschmidt, avec un portrait du héros d'après une ancienne gravure ; et un autre article sur le troisième centenaire de Paul Veronèse, aussi illustré d'une intéressante reproduction d'un vieux portrait.

~ La Neue Illustrirte Zeitung de Vienne (22 avril) donne une intéressante étude sur Hippolyte Clairon, signée du D' Waldeyer, dont le portrait, ainsi que celui de la célèbre comédienne, illustre l'article.

• — Zeitschriftfûr bildende Kunst ^ la revue d'art dirigée par le D' Cari von Lûtzow, donne, dans son numéro du 19 avril, entre autres articles intéressants, une revue de l'art berlinois sous Guillaume I'% par Paul Seidel, et un compte rendu très étudié de l'ouvrage de M. Georges Lafenestre sur le Titien, publié par la maison Qu^Tiy\^{Einfran:{àsischesPracht' vwk ûber Tipan), par A. Springer. Nous n'en voulons citer que le début : « Les ouvrages sur l'histoire de l'art publiés par la maison Quantin forment, pour employer un terme de commerce, une « spécialité B de notre littérature. Bien qu'ils soient, ou peut-être parce qu'ils sont écrits en français, ils appartiennent aux marchés de livres du monde entier, et ils sont, dans toutes les contrées de l'Europe, également chez eux. »

Angleterre. — The Academy (28 avril) rend compte des ouvrages français suivants (original ou traduction) : François de Scépaux, sire de Vieileville, par C. Coignet ; Mémoires de la Princesse de Ligne, édition Lucien Perey, et Erasme en Italie ^ par Pierre de Noihac. On est heureux de constater le soin avec

lequel les journaux étrangers, et surtout ceux de langue anglaise, tiennent leurs lecteurs au courant de ce qui se fait, se dit, se pense, et surtout s'imprime chez nous.

Dans son numéro du 12 mai, le même journal consacre un premier article à la récente publication de l'éditeur Vieweg, la Bibliothèque de Fulvio Orsini, par Pierre de Noihac. L'étude sera complétée dans le numéro du 19.

— The Art Journal de mai, dans un court article de M. R. F. Sketchley sur les collections Dyce et Forster, au musée de South Kensington, donne d'intéressants dessins représentant John Keats, le poète, J. M. W. Turner, le peintre, Goethe, Mrs. Siddons, Daniel Maclise, lord Byron, par le comte d'Orsay, et Walter Scott, par Landseer. Le même numéro contient un article-consacré à Sarah Bernhardt et signé Alice Meynell ; des notes sur le Japon et ses poteries artistiques, par Marcus B. Huish; et une fort curieuse étude sur les illustrations du Virgile de Sébastien Brant (i5oi), par M. Gilbert R. Redyrave. Le texte est partout semé de gravures fort reiaarquables. L'eau-forte hors texte est une vue de Trafalgar Square. C'est fort joli comme eau-forte, mais nous devons dire que l'impression faite sur l'étranger par Trafalgar Square est tout autre en réalité.

— The Athenceum (12 mai) consacre un lonjetélogieux article à l'édition abrégée des Mille et une Nuits donnée par Mrs. Burton, d'après la traduction nouvelle de son mari, arrangée de manière à pouvoir être Iriie de tous, par M. Justin H. Me Carthy. On n'a jamara rendu l'Orient si vivant dans un langage occidental que l'a fait sir Richard Burton dans cette version des Arabian Nights, et si nous avions seulement en France l'équivalent des six volumes émondés par Mrs. Burton et M. Me Carthy, nous ne nous amuserions plus guère avec M. Galland.

— On lira avec intérêt dans Blackwood's Edinburgh Magasine (mai) l'étude de M. John Skelton sur Marie Stuart en Ecosse et l'article de M. Charles Mackay sur l'argot (English Slang and French argot : Fashionable and Un/ashionable). Ce dernier a été inspiré par l'ouvrage de M. Barrère dont nous annoncions dernièrement une nouvelle édition. J'y relève une ou deux fautes d'impression, bien pardonnables après tout : être poupette, pour être pompette, et les gaudins, pour les gandins. Souhaitons qu'il ne s'en glisse pas davantage dans notre Revue.

— The Bookworm de mai contient le commencement d'une étude sur le fameux libraire Lackington et ses curieux mémoires, par M. A.-L. Humphreys, des notes sur les premières éditions du Pilgrim's Progress de Bunyan, le livre qui, après la Bible, a été le plus souvent imprimé en Angleterre, quelques pages de M. C.-A. Ward sur les habitudes et la manière de

vivre du D^ Johnson, qui, une fois assis à une table de taverne, se sentait sur « le trône de Thumaine félicité » , et quantité d^autre matière intéressante pour les amis des livres, — des livres anglais surtout, bien entendu.

— On remarque, dans le Century Maga:^ine pour mai, une étude sur Milton par Matthew Arnold, le lettré éminent dont l'Angleterre pleure la perte récente.

— Dans la Fortnightly Review, M. Henry James continue ses études sur les écrivains français contemporains. Après Guy de Maupassant, c'est Pierre Loti qu'il présente au public de langue anglaise. Il y apporte la même sympathie compréhensive, mais aussi les mêmes réserves qui nous paraissent, quoi qu'il en soit, dictées trop souvent par ce que les Anglais appellent la conventionality. Nous remarquons dans le même numéro de la Fornightly (mai) quelques pages émues sur Matthew Arnold,'' dues à M. Frédéric W. H. Myers.

— M. Thomas Archer a donné dans The Graphie (avril-mai) un travail intitulé What is Known about Shakespeare (Ce que l'on sait de Shakespeare). Nout le recommandons à ceux qui désirent avoir un résumé (exact et judicieux de toutes les questions si contro* versées relatives au grand poète anglais. Il est orné d'agréables et instructives illustrations.

— London Society (mai) publie les expériences d'une Française à Londres (il Frenchwoman in London, by One)» L'article est amusant et les observations y sont prises sur le vif.

— M. Alfred Austin a consacré dans la National Review (mai) un article plein de regrets et de sympathie à la mémoire de Matthew Arnold. On y trouve en outre un jugement porté en connaissance de cause par un esprit supérieur sur un de ses pairs.

Italie. — La Nuova Antologia (Rome) du i6 mai contient, entre autres choses d'intérêt, de^ sonnets inédits de Vincenzo Monti, et un article de M. C. Placci sur Félix Mendelssohn et sa correspondance.

— Ce qu'on dit de notre Revue. — Le Livre a été assez souvent cité et apprécié ce mois-ci. Sans parler d'une chronique de la Liberté taillée tout entière dans l'article de M. B.-H. G. de Saint-Héraye sur les colporteurs d'autrefois, nous trouvons dans le Bookmart d'avril une courte mention, quite mattero/-/2Cf, pourrait-on dire: a Un poème, jusqu'ici' inédit, de M. Victor Hugo, parait dans le numéro de mars du Livre, Il consiste en quatre stances de six vers et est intitulé A Elle, n

— The Nation (12 avril) est frappée de l'étude consacrée par notre rédacteur en chef à Félix Buhot. Elle dit:

« Félix Buhot est le sujet du principal article du LiVrepour mars, par le rédacteur en chef. M. Uzanne fait entrer, au milieu de sa propre appréciation de cet «illustrateur aquafortiste», l'article de M. Philippe Burty paru dans le Harper's Magan^ine, — mais en français, bien entendu. On donne de nombreux spécimens de l'œuvre de Buhot, mais les vignettes surtout montrent la puissance et la portée de son talent. Ce numéro est assez riche en lettres inédites de grands hommes provenant de ventes récentes. >

— Dans Notes and Queries du 21 avril, on lit ce compte rendu de notre numéro d'avril :

« La Balle d'un colporteur d'an tan, par M. B.-H. G. de Saint-Héraye, traite des chap-books publiés à Troyes et ailleurs au siècle dernier, et formant le contenu ordinaire de la balle du colporteur. L'article est un agréable supplément à Touvrage bien connu de M. Nisard sur les « Livres populaires ». M. Jules

Petit donne des détails sur le baron de La Roche Lacarelle (Notes and Queries l'appelle Locarelie, soit dit en passant), fameux collectionneur de livres. En outre de son article de tête sur les autographes, M. Octave Uzanne donne de très jolies pages sur les récentes éditions de luxe. »

Mais l'appréciation la plus complète se rencontre dans The Academy (21 avril) :

c Le Livwe d'avril contient deux articles, assez longs tous les deux, et d'un très grand intérêt pour le bibliophile et pour certains amateurs de littéraiurt, — distinction qui, nous en sommes persuades, n'est point offensante, car, après tout, il n'y a pas de raison pour qu'on ne soit pas à la fois l'un et l'autre. Le premier, par M. de Saint-Heraye, est sur « la Balle d'un co\porxtur (The Academy imprime Comporteur) d'antan. d C'est une curieuse revue de la littératuredu xviii" siècle, dans laquelle, il est à peine besoin de le dire, les livres les plus connus de l'histoire de la littérature officielle ne figurent point. L'autre est sur la collection du baron de Laroche-Lacarelle, avec un portrait de cet amateur, et le fac-similé d'un exemplaire de La Fontaine qui a appartenu à M"* de Pompadour avant d'appartenir au baron. Cette collection, son propriétaire étant mort, va être vendue; et si quelque généretix capitaliste voulait l'acheter en bloc et la donner à quelqu'un qui sût l'apprécier, le directeur du The Academy révélerait, nous n'en faisons pas de doute, mais dans ce cas seulement, le nom et l'adresse de l'auteur de cette notice. »

Voilà qui n'est pas mal tourné, et qui a dû faire sourire M. Jules Le Petit.

FRAIf es '

^ M. Francisque de Bioliére, fondateur et directeur du joumBl PAIlianee des arts et des lettres, est mort à la fin d'avril.

C'ciiil un catholique et un impérialiste militant.

^ On annonce de Bourges la mort d'un archéologue distingué, M. Alfred de Boissoudy, qui, par ICI nombreuses et savantes publications sur la caihédrale de Bourges, a suscité la restauration de cette metveilleute basilique.

^ M. J.-A. Caitagnary est mon subitement le n mai des suites d'une albuminurie dont il aouftrait depuiideux ans. Il était né i Saintes en i83[. En iKi7, il débuta dans le journalisme par le compte rendu du Salon dans le journal le Présent. Il y rompait avec les idées conventionnelles et prenait rélolument parti pour l'école nouvelle qui recherche aiatitlout la nature, ta réalité et la vie. Critique d'art désormais placé, Castagnary collabora auccesMvement à l'Audience, au Monde illustré,aii Nain jaune et au Courrier du Dimanche. Élu au conseil munitipal en 1874 par le quartier de Javel; réélu en 1877, il entra en 1879 au conseil d'État. Il y siégeait depuis huit ans, quand M. Spuller l'appela à succéder à M. Kaempfen à la direction des beaux-arts. La mort l'a saisi en plein travail et au milieu de grands projets.

— Nous apprenons la mort, à Nice, de M. Adrien Després. Il s'était particulièrement voué aux études historiques et bibliographiques. On a de lui plusieurs volumes d'histoire chez Furne, Jouvet et G", et quelques romans chez Dentu.

— M. le docteur Ji

Venailles. Il s'était fai par des recherches c sur la première pério couronnées en 1837 i Paris. On lui doit aus aux rapport» du phyii

sur l'auscultalioi phtisie pull

s opuscules relatifs

— Un des plus brillants collabo» leurs de la Revue rhitoiophique, M. Guyau, est mort à Menton le 3 1 mars

dernier, à l'âge de trente-trois ans. Après un mémoire très remarqué sur Épicure, il publia la Morale anglaise contemporaine, Esquisses d'une morale sans obligation ni sanction, l'Irréligion de Pavenir, Vers iTu.t philosophe. Problèmes de Vesthésique contenipo-

— On annonce la mort de M. Ernesi Louët, ancien trésorier-psyeur général des finances du Gard et commandeur de la Légion d'honneur ( i* avril). '

M. LouËi, attaché au service de trésorerie des diverses guerres de l'empire, avait offert ses services à la République et avait été, en 1870, intendant général de l'armée du Midi, puis trésorier général. Rendu à la vie privée it cause de ses opinions réactionnaires, M. Louél fonda à Versailles un journal c leur ; le Postillon de Seine-el-Oise. 11 av huit ans.

^— M. Georges Mas

, l'un des fondateurs et le de l'Imprimerie nouvelle, assodont le siège est rue Cadet, vient de mourir à Paris.

M. Masquin était né en i8s5; il fut l'un des collaborateurs du journal PAtelier. Dévoué tout entier aux idées de coopérations appliquées à l'Imprimerie nouvelle, il fut appelé à prendre part il l'élaboration du projet de mise en régie des travaux du Journal officiel, et c'est d'après ses devis que M. Fallières, alors EouE-secrétiire d'État, put faire adopter, pour l'exécution des travaux, le principe de l'association

nable, 1

l'indulgent humour, un des lettrés de notre âge, un ami dt M. Charles Monselet, vient de i une longue et cruelle maladie

nîqucur plein d'esin de fine bonhomie erniers gourmands

.urir(i9mai) après 1 était né à Nantes

i5. Sans compter quelques pièces de théâtre, comme les Femmes qui font deS scènes, trois actes avec M. Alphonse Lemonnier (1871), Vene^, je m'ennuie, un acte (1873}, représenté d'abord au Kursaal de Bade; l'Ilote, un acte en vers avec Paul Arène, au Théâtre- Français (iSySl; la Revue sans titre, deux actes au Palais-Royal (1876), etc., on peut citer dans la foule de ses ceuvres ; Marie et Ferdinand, poème (Bordeaux, 1844); Histoire du tribunal révolution-

wjire(i85o); Statues et Statuettes, portraits contemporains (i85i); Restif de la Bretonne (i853); Figurines parisiennes (i854); les Vignes du Seigneur, poésies (i855); la Lorgnette littéraire, revue des écrivains contemporains, et les Oubliés et les Dédaignés, portraits du siècle dernier (1857); les Chemises rouges, les Foliés d'un grand seigneur, Monsieur de Cupidon (i858); la Franc- Maçonnerie des femmes j les Tréteaux de Charles Monselet (1859); Théâtre de Figaro (1861); l'Argent maudit, les Galanteries du xviii" siècle (1862); les Originaux du siècle dernier (i863); les Femmes qui font des scènes, Fréron ou r Illustre Critique {i%6^)\ le Plaisir et V Amour, De Montmartre à Séville, Monsieur le duc s'^amuse et VAlmanach du gourmand (i865); Portrait après décès, la Fin de l'orgie, François Soleil (1866); les Pre' mières Représentations célèbres (1867); les Créanciers, Œuvre de vengeance (1870); Chanvallon, Histoire d'un souffleur de la Comédie française (1872); Gastronomie, les Frères Chantemesse, les Marges du Code, le Canif de Damiens (1873); Lettres gourmandes, les Amours du temps passé, les Années de gaieté (1875) ; les Ressuscites, Scènes de la vie cruelle (1876) ; Panier fleuri, Prose et Vers (1878); une Troupe de comé* diens, le Petit Paris (1879), ^^^-^ ^^^^

— - Uun des principaux libraires anciens^ M. Léon Techener, vient de mourir à Paris, après une maladie de plus de quatre années. Il était âgé de cinquante-cinq ans.

Bibliophile passionné autant et peut-ôtre plus que libraire, M. Techener avait été en relation avec les plus grands amateurs. Il a possédé et vu passer entre ses mains les livres les plus précieux. Il avait d^ailleurs pour les apprécier une érudition solide, que peu de ses confrères possèdent au même degré et il avait un flair particulier pour les découvrir. En dehors de sa librairie très connue, il avait réuni une collection particulière de raretés, de manuscrits gothiques, d'impressions des plus précieuses du xv® siècle et du xvi", de livres armoriés, de belles reliures, qu*il cachait aux yeux des profanes avec un soin jaloux et que bien des gens ont été désolés de ne pouvoir visiter et... écrémer. On savait, quel goût délicat avait présidé au choix des livres de son intéressante bibliothèque et divers bibliophiles auraient été heureux de se partager un certain nombre de ses trésors. Mais toutes les tentatives faites près du possesseur avaient été impitoyablement repoussées. Il a fallu qu'une longue maladie le clouât chez lui pendant plusieurs années pour le décider à se séparer d'une partie de ses livres. Deux ventes importantes en furent faites ces deux années dernières. Malgré cela il laisse encore un grand nombre de livres superbes.

-"• On annonce la mort, à l'âge de soixante-quatre ans, de M. le baron G. de Sède, ancien directeur du journal bonapartiste le Courrier du Pas-de-Calais,

■ 'tm« —

^— Nous apprenons là mort de M. Jacques Garnier,

bibliothécaire honoraire de la ville^d'Amiens, auteur de plusieurs travaux d'histoire locale et des catalogues méthodiques et raisonnes des livres et des manuscrits de la Bibliothèque communale de la ville d'Amiens. Il était né en 1808.

— M. Hervé Mangon, ancien élève de 1 Ecole polytechnique, ingénieur, directeur du Conservatoire des arts et métiers, membre de l'Académie des sciences, ancien ministre de l'agriculture, est mort vers le milieu du mois de mai. Il était né en 1821. Oa a de lui plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : Traité du génie rural, Mécanique agricole, et des mémoires sur le drainage et l'irrigation.

— - Nous apprenons la mort de M. Van Isacker, né à Anvers et naturalisé français depuis 1870. Sous le nom de Victor Kervani,il a fait représenter la Maison du mari avec M. Xavier de Montépin; VObstacle, SLVtc M. Pierre l'Estoile ; Miss Bébé et les Conseils de mon oncle. Il était âgé de cinquante-sept ans.

— On annonce la mort à Tours, de l'abbé Janvier, auteur de plusieurs ouvrages hagiologiques et ascétiques, à l'âge de soixante et onze ans.

— Nous apprenons la mort de M"" veuve Jaubcrt, belle-fille de l'orientaliste Jaubert. M"*« Jaubert était une femme d'un esprit distingué; on lui doit plusieurs romans fort appréciés, entre autres: V Aveuglede Fossi, EyriellCf Irréconciliables,

— - Nous apprenons la mort du D'' Joseph Gaspard- Robert de Latour, ancien président de la Société de médecine de Paris, auteur de plusieurs ouvrages médicaux.

^^ Le fondateur de la grande maison de librairie Marpon et Flammarion, M. Lucien Marpon, est mort le 22 avril.

'■■mt- —

^^ On 'annonce la mort, à l'âge de soixante-dixhuit ans, d'un homme qui joua un rôle politique à Nantes lors de la chute de l'empire, M. Ernest Menard, ancien collaborateur du Phare de la Loire et auteur de deux romans bretons fort émouvants, Penmarch et le Champ des Martyrs.

— — Célestin Moreau, auteur de travaux remarqués sur le xvii^ siècle (Choix de ma:{arinades ; la Jeunesse de Ma^arin; les Courriers de la fronde; Mémoires de Jacques de Saulx; Mémoires du marquis de Chouppes), et sur la colonisation de l'Amérique [Histoire de l^Acadie française), est mort à la lin de février. Il était né en i8o5.

GAZETTE BIBLIOGRAPHIQUE

-**Nou8 apprenons la mort de M. Saint-Cricq, plus connu sons le pseudonyme de Paul Marcoy, dont i! a signé des relations de voyages publiées d'abord dans îe Tour du monde.

STRANOBR

Allemagne. ->— M*"* Valestra von Gallwitz, née Ton Temski (i833)y romancière, vient de mourir à

Berlin.

^m Nous apprenons la mort de l'écrivain viennois H. Hollpein, qui, après avoir été quarante ans un peintre de portraits à la mode, était devenu aveugle, et avait acquis de la popularité comme auteur dramatique.

— On annonce la mort à Leipzig du D' Keil, an? cien professeur à'Dorpat, et bien connu par ses travaux d'exégèse.

"^ On annonce de Dresde la mort du D' Ferdiaand-Gastave Kûhne (22 avril), dans sa quatre-vingt et unième année. 11 fut, de i835 à 1842, le rédacteur en chef du Jahr bûcher fur Wissenschaftliche Kritik, On a publié une édition collective de ses romans et drames en 12 vol. (1862-1867). Son dernier ouvrage, Roman^en, Legenden^ und Fabeln, a paru en 1880.

— « Ernst Lausch, écrivain pédagogique de réputation, est mort dans sa cinquante-deuxième année, le i5 avril.

— * Le D' Emil Mathiesen, fondateur et rédacteur en chef du journal Neuen Dorpater Zeitung, est mort à Dorpat, dans sa cinquante-troisième année (fin de

mars).

— Le D' Munkel, pasteur à Hanovre, depuis longtemps éditeur du Neuen Z eit blattes fUr die lutheriiche Kirche, est mort le 9 avril, dans sa soixantedix-neuvième année.

— Nous apprenons la mort d^Alexander Maximilian Seitz, de Munich, historien d'une certaine valeur(à Rome, le x8 avril), dans sa soixante-quinzième

animée.

— Friedrich Adolf Strauss, prédicateur de la cour àPotsdam, auteur d'ouvrages bien connus sur la Palestine et d'autres contrées d'Orient qu'il avait longtemps parcourues, né. à Eberfeld le i«' juin 1817, est mor> à Poisdam le 16 avril.

— S. Trabitsch, pendant longtemps éditeur de la Wiener Handelsblatt, est mort dernièrement à Vienne (i3 avril), âgé de cinquante-neuf ans.

^— Karl Weise, tourneur de son état et poète renommé, est mort le 3i mars, en Freienwalde, à l'âge de soixante-quinze aifl.

— Le D» Karl Werner, auteur d'une histoire de la théologie catholique en Allemagne depuis le concile de Trente (Geschichte der Katholischen Théologie Deutschlands seit dem Trientiner Concile est mort à Vienne, le 4 avril, à Tàge de soixante-sept ans. *

— On nous annonce la mort (19 avril) de Franz Xaver, chevalier de Neumann-Spallart^ auteur de plusieurs ouvrages de démographie et de statistique, dont le plus connu est Uebersichten der Weltwirthschaft. Il était né à Vienne le 11 novembre 1837.

— On annonce la mort du professeur Bertheau, de Gœttingue (17 mai), à l'âge de soixante-seize ans. C'était un exégète et un orientaliste dé grande réputation.

Angleterre. — ■ Un des hommes dont le talent et le caractère font le plus d'hon*neur à l'Angleterre contemporaine, Matthew Arnold, poète distingué, prosateur de premier ordre, critique érudit et subtil, penseur ingénieux et quelquefois profond, est mort subitement à Liverpool, le i5 avril. Il était né à Laleham, dans le Middlesex, en 1822. Ses principales œuvres sont, dans l'ordre chronologique : The Strayed Reveller, and other poems (1849), où son nom ne figure que par son initiale A.; Empedocles and Etna, and other Poems (1862), également anonyme (ces deux volumes sont devenus très rares); On Translating Homer ( 1 86 1 ) ; Essays in Criticism ( 1 865) ; Celtic Literature (1868); Saint Paul and Proiestantism ( 1 871 ) ; Literature and Dogma ( 1 87 3) ; God and the Bible (1875); Last Essays on Church and State («877). Professeur de poésie à Oxford, Matihew Arnold s'est occupé tout spécialement des questions pédagogiques les plus techniques, et ses rapports sur l'éducation en France, en Allemagne et en Hollande sont des documents d'une importance capitale.

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-"•Un archéologue anglais de grand mérite, Matthew Holbeche Bloxam, est mort à Ruglby (24 avril), à rage de quatre-vingt-trois ans. On a de lui d'importants ouvrages sur Parchitecture, tels que The Principles ofGothic Ecclesiastical A rchitecture ( 1 829), Glimpse at the Monumental Architecture of Great Britain (1834), et ses Fragmenta sepulchralia, qui n'ont jamais été terminés.

— On annonce la mort de M. F.-W. Chessen (29 avril), journaliste fort répandu à Londres. Il a

^IBL. MOD. — X.

collaboré d'une façon remarquable au Morning Star, au Daily'- News et à VAthenœum.

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