LUNETTES DES PRINCES
DE JEAN MESCHINOT
'est le cas ou jamais de répéter, pour les Lunettes des Princes de Jean Meschinot, le fameux aphorisme :
Habent sua fata libelli.
Avoir joui d'une vogue égale à celle qui accueillit Y Alphabet de la mort de Hans Holbeîn, avoir été le livre de chevet d'Anne de Bretagne
et de Charles-Quint, et ne plus exciter que l'attention des bibliographes,
qui en ont lu tout juste le premier vers,
Après beau temps vient la pluye et tempeste ;
il y a là de quoi faire réfléchir sur l'instabilité des jugements humains, les décadents très illustres, voire les parnassiens très précieux. Pareil et aussi profond oubli a noyé l'autre grand succès de la librairie française au xvi« siècle, le Théâtre du monde de Pierre Boaistuau. Qui lit aujourd'hui ces deux Bretons, ces deux Nantais, Meschinot, Boaistuau?